‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 56 sur 162 · V. — De Boisdeffre et Gonse · texte numérisé non relu

V. — De Boisdeffre et Gonse

Pourquoi n'ont-ils pas dit au lieutenant -colonel '. quart, qu'ils trouvent trop préoccupé de la ques Dreyfus : « La preuve que vous avez tort, nous Tavon Pourquoi n'ont-ils point essayé de l'en détourner er mettant sous les yeux cette pièce probante ?

Ne serait-ce point parce que ce faux avait étécomj avec des fi^agments de dépêches antérieures; qu( Picquart l'avait vUy il aurait eu peut-être la curie de se faire représenter les dépêches déjà reçues^ qu\ serait alors aperçu que cette pièce n* était qxjCune ; saïque de dépêches antérieures, découpées et coin\ tées; et qu'immédiatement il aurait constaté des fa

Mais si c'est cette appréhension qui a empêché les généraux de Boisdeffre et Gonse de montrer le faux Henry à Picquart, ils savaient donc comment il avait été fabriqué; ils savaient donc que c'était un faux; Us étaient donc co7nplices/

Le général Billot parla de cette pièce à Picquart qui, sans la voir, dit immédiatement que c'était un faux,

4" Le général Gonse prétend que je ne lui ai jamais dit que le faux Henry fût un fauXj vu qu'il n'en aurait jamais été question entre nous.

J'oppose à cette affirmation un démenti formel. Quand je suis sorti de chez le ministre qui m'avait dit le texte approximatif de la pièce, ainsi que le prouve la reproduction que j'en ai faite à l'instruction Bertulus, le général Gonse m'a interrogé sur ce que m'avait dit le général Billot, et je ne lui ai pas caché mon sentiment. C'est à ce propos qu'il m'a répondu que quand un ministre lui disait quelque chose il le croyait toujours.

Le général continue à couvrir Henry de toute sa sympathie, n est informé de la lettre odieuse écrite par Henry ^ Picquart pendant que celui-ci était en Tunisie. Il se borne à lui dire : « Officiellement, je dois l'ignorer », ïûais au fond il l'approuvait, et il continue de Tapprouver : car il est toujours pour Henry contre Picquart.

Mais, d'après ce que m'avait dit Henry, en employant le *ûot enquête (qui était certainement exagéré, altendu que ^ia voulait dire renseignements pris auprès de ses inférieurs), je compris que les agissements du colonel Picquart à ^^ statistique avaient dépassé ce que j'avais su moi-même lors ^ son départ et les faits qui avaient motivé son envoi en lûission.

Je demandai au commandant Henry ce (lu'il voulait dire

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dans sa lettre : jusque-là il no m'avait parlé que vaguement (les agissements du colonel Picquart.

Je savais bien qu'il avait prononcé devant les officiers sous ses ordres des paroles compromettantes, alors que je ne voulais pas le suivre dans sa campagne, des paroles comme celles-ci, par exemple :

— Ah I ils ne veulent pas marcher, là-haut. Eh bien ! je lenr forcerai la main I

Voyant aussi qu'il y avait des sujets graves de dissentiments entre le colonel Picquart, le commandant Henry et les autres officiers de la statistique...

Et le général Gonse termine su déposition du- 13 décembre sur ces phrases épiques :

Et je pensais que si le colonel Picquart avait eu à se plaindre de la réponse d'Henry, il ferait parvenir une plainte régulière.

Cette plainte ne viut jamais.

Depuis lors, jcn'ai pîsis entendu dire que le différend se soit accentué.

Il paraît que le 1Î5 décembre 1898 le général Gonse gnore tous les événeuients (lui se sont déroulés dans le courant de Tannée.

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