II. — Gonseries
Quelques membres de la Cour de cassation, aussi irréductibles que Cavaignac, alors doutèrent de Tauthenticitédela dépêche de Panizzardi. Ils n'en avaient point douté quand Gonse, Guignet, leur présentaient un texte favorable à Faccusation. Nous avons dit que Gonse avait déclaré qu'il avait demandé le texte de la dépêche h l'administration des postes et télégraphes et n'avait pu l'obtenir. Il avait menti une fois déplus.
Ecoutons M. Paléologue :
Le général Gonse a déclaré devant la Chambre criminelle (comme il me l'avait déclaré à moi-même le 24 décembre dernier), qu'il s'était vainement adressé au sous-secrétaire d'Etat des postes et télégraphes pour obtenir le télégramme
98 ANALYSE DE l'eNOIÊTE
en question, lorsqu'au mois de mai 1898, le colonel Henry lui a dissimulé le résultat de la démarche dont il venait de s'acquitter auprès de moi ; M. Delpeuch aurait, à cette époque, répondu au général Gonse que Tadministration télégraphique ne gardait pas aussi longtemps les originaux qui lui étaient confiés.
Pour obtenir une copie du télégramme du 2 novembre 1894, le ministère des affaires étrangères n a eu qu'à s'adresser, dans les formes régulières, au sous-secrétariat d'Etat des postes et des télégraphes.
La pièce a été retrouvée et envoyée le jour même où elle a été demandée, le 24 février 1899.
La voici : elle est identique h celle qui a été déchiffrée, en 1894, au quai d'Orsay.