‹ Affaire Dreyfus: Analyse de l'enquêteChapitre 74 sur 162 · IX. — Une déception d* Henry et de sa hande · texte numérisé non relu

IX. — Une déception d* Henry et de sa hande

M. Tomps, commissaire spécial de la police des chemins de fer, a été mis à la disposition de la section de statistique (lisez bureau des renseignements) à la fin de 189o.

11 nous apprend que M. Marchand était, en même temps, employé au bureau de la statistique et rédacteur hV Eclair, quand, au mois de septembre 1896, V Eclair pubha cet article dans lequel il était question de la pièce : «Ce canaille de D... », article où le nom de Dreyfus était écrit en toutes lettres. M. Marchand donna sa parole au colonel Picquart qu'il était absolument étranger à la rédaction et à la pubhcation de l'article.

M. Possien avait publié dans le Jour un article sur la non culpabilité de Dreyfus. Les renseignements provenaient de M. Forzinetti.

Enfin parut le fac-similé du Matin. M. Tomps découvre que c'est M. Teyssonnières qui a livré son exemplaire du bordereau au Matin.

Henry, Gribelin essayent de s'adresser à une autre personne et « laisser M. Tomps en dehors de cette enquête. » Gomme M. Tomps avait dit, dans son premier rapport, que le bordereau venait d'une personne qui « le détenait par ses fonctions » Gribelin traduisait :

Vous dites qu'un personnage officiel, qui avait la garde du bordereau, l'a emporté avec lui de l'endroit d'où cette pièce ne devait jamais sortir. Nous avons des renseignements qui corroborent cette version. Cela ne peut être que cela.

M. Tomps maintient son dire. Il est convoqué par le capitaine Lauth qui le reçoit en présence de MM. Junck et Gribelin et qui lui reproche en termes très vifs de n'avoir pas mené cette enquête comme il l'aurait dû : « Vous subissez l'influence de quelqu'un et vous avez tort. » Et Gribehn annonça à M. Tomps qu'il allait être remis à la disposition de la Sûreté générale.

D'où venait cette colère ? C'est bien simple : Henry, Lauth, Junck, Gribelin, voulaient que les communications faites à V Eclair et au Matin l'eussent été par Picquart ! Et comme M. Tomps ne pouvait pas dire que c'était Picquart qui avait communiqué le fac-similé du bordereau au Matin j ils étaient furieux.

Page 1