À DETENTE
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Quelle conclusion suis-je en droit de tirer de ces citations et de ces exemples ?
C’est qu’il existe des fous qui en apparence agissent et parlent comme des gens sensés. Personne assurément ne se serait imaginé de prime abord, à les vo’ agir ou à les entendre parler, que Jobard, Miller, 1 fille Cornier, Hadfield et Oxford, étaient des fous, Pour prouver le dérangement de leur esprit il a fallu recourir au témoignage des hommes de science, des experts; et malgré que l'opinion de ces médecins fût loin de rencontrer l'approbation de ceux qui auraient voulu voir ces accusés périr sur l’échafaud, l’expérience dans chacun de ces cas, a démontré que les experts avaient eu raison et que ces malheureux étaient réellement des aliénés.
Ce premier jalon étant posé, examinons maintens.. la preuve faite sur l’état d'esprit de l'accusé, à compter des premiers jours de son enfanre jusqu’au lendemain de la tragédie de Valleyfield.
Dans le cours de cet examen nous aurons à rechercher trois choses :
lo. L’accusé Shortis avait-il des prédispositions à la folie par l’hérédité ? En d’autres termes, a-t-on constaté que parmi ses ancêtres et ses autres parents, il y a eu des aliénés ?
20. Est-il établi que l’accusé est un imbécile de naissance, tant sous le rapport intellectuel que sous le rapport moral ?
80. A-t-on remarqué chez lui de ces accès de fureur de maniaque qui sont les indices de la marche et
du développement de la folie ? A-t-on remarqué qu'il
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souffrait de maux de tête et qu'il était sujet à des illusions et à des hallucinations ?
C’est surtout dans les témoignages pris en Irlande sous l'autorité de la commission confiée au juge Dugas, que nous allons trouver les réponses nécessaires aux prétentions de la défense.
Mais, ici encore, je me trouve en face du préjugé et de la plus insigne mauvaise foi.
Que n’a-t-on pas osé dire pour arriver à empoison- ‘ner l'opinion publique et priver ce malheureux jeune hornme de ses moyens de défense les plus honnêtes et les plus légitimes :——N'écoutez pas cette preuve a-t-on dit, le père de l'accusé est un homme immensément riche : avec de l'argent on peut tout faire ; il a dû acheter au poids de l'or la conscience de tous les témoins qui ont été examinés à Waterford en Irlande, devant le Commissaire-Enquêteur.
Messieurs, s’il s'agissait de toute autre ohose que de la vie de l'accusé, je ne répondrais que par le silence du mépris à des paroles aussi indignes du langage d’honnêtes gens et de chrétiens, mais j'ai à défendre la vie de ce jeune homme et mon devoir est de répondre à tout en dépit de mes répugnances.
Voici donc ma réponse : Vous connaissez bien les citoyens les plus haut placés et les plus marquants de votre district. Imaginez-vous qu’une commission émanée de Dublin en Irlande est envoyée à Beauharnois et que les témoins examinés sous l’antorité de cette commission sont, l'Honorable Juge Bélanger, Monsieur Laberge le Shérif, Monsieur Branchaud le Greffier de
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