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Eb, quoi, Messieurs, on oserait imnontrer de la défiance envers tous ces témoins; mais si on x pu croire un instant qu'ils exagéraient les faits ou déguisaient la vérité, pourquoi n'a-t-on pas tenté de les contredire ?
Il était loisible au ministère public de se joindre à la commission requise par la défense, ou même d'en demander une nouvelle dans le but de faire entendre une preuve contradictoire ; on ne l’a pas fuit. N'est-ce pas là l'admission la plus formelle, la preuve la plus concluante que la poursuite se sentait impu' nte à détruire la preuve faite par les témoins qui snt été entendus de la part de la défense devant le Commissaire-Enquêteur ?
Cette preuve est longue, Messieurs : cinquante témoins ont été examinés; j'aurais voulu la fondre, la condenser en la groupant sous différents chefs, mais les faits de folie rapportés par les témoins sont si multiples et si variés qu'il m'est impossible de vous les présenter autremeat qu'en référant à chacune des dépositions du dossier, l'une après l'autre.
Je compte sur votre indulgence et votre patience. Rappelez-vous qu'il s'agit ici d’une question de vie ou de mort.
Une «les premières choses que la science guidée par le bon sens commande de faire chaque fois qu’une personne semble donner des signes d'insanité, c’est de rechercher si quelques-uns des parents de cette personne n'ont pas également été atteints d'aliénation mentale ; car rien n'est mieux constaté que lu transmission au moyen de l'hérédité, des maladies du cerveau qui déterminent la folie.
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Voyons donc tout d'abord si Valentine Shortis compte dans sa famille des parents qui ont été atteints d'aliénation mentale.
Ecoutons ce que nous dit le témoin James John Shea, âgé de 76 ans, Juge de Paix pour le Comté de Waterford, coroner pour le comté de Tipperary et gérant depuis nombre d'années de l'asile des aliénés de Clonmei :
“ Q. Vous connaissez Françis Shortis, le père de ‘ Valentine Shortis, l'accusé ?
“R. Oui,et je connais aussi quelques membres de
sa famille. J'ai également connu dans le temps Thomas Shortis, père de Francis Shortis, et grandpère de Valentine : I avait épousé Mary Winebury.
“ Avez-vous connu John Shortis, frère de Francis
Shortis et oncle de l'accusé ?
€ R. Oui, ilest mort dans l'asile de Clonimel dont je suis le gérant. Il « été interné convme lunatique dans cet étublissement pendant longtemps.
Clonmel est un village situé à peu de distance de Waterford, C'est là où se trouve l'asile des aliénés
| pour la ville de Waterford et les comtés environnants.
Le témoin à produit trois extraits mortuaires ; ce sont les exhibits désignés respectivement par les lettres C, D, et E. L’exhibit “ C ”, est le certificat uttestant le décès de Thomas Shortis, le père de Francis Shortis : l’exhibit “ D ”, atteste le décès de John Shortis son frère, et l’exhibit ‘“ E ”, celui de Francis Winebury son oncle maternel, le frère de sa mère.-Ces trois certificats prouvent que Thomas Shortis, John Shortis
et Francis Winebury sont tous trois morts fous.
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Le témoin continue : —“ J'ai connu Catherine “ Wincbury sœur de Francis Winebury et tante de
“ Francis Shortis le père de l'accusé.
“ Q. A:-t-elle jamais été internée dans l'asile de “ Clonmel ?
€R On n'a informé de ce fuit, mais je ne l'y a ‘pas vue moi-même.
“ Q. Avez vous ecnnu Willium Scott, cousin-ger- “main du père de l’uccusé ? |
“R Oui, je l'ai vu à l'asile de Clonmel parmi les ‘“internés de l'asile.
Vient ensuite le docteur Thomas Joseph Crean. C'est un vieux médecin de Clonmel.
“Q. Avez-vous connu Thomas Shortis, père de “ Francis Shortis et grand-père de l'accusé ?
“R. Oui. |
‘ Q. C’est vous qui étiez son médecin ?
“KR. Oui.
‘“ Q. De quelle maladie est-il mort ?
R. Zl est mort du ramollissement du cerveau.
“Q. Etait-il fou avant sa mort ?
“R. Oui, il était privé de sa raison depuis long- “temps lorsqu'il est mort.
“ Dans les commencements de sa maladie, il était “sous l'empire de la monomanie ; plus tard il tomba ‘“ dansla démence, et à la fin, ü était dans un etat “ d'imbécillité et d'inconscience complète. Il avait des ‘illusions et des hallucinations. Il s'imaginait voir “ autour de lui quelques-uns de ses parents décédés. “ Il croyait qu'on allait le pendre. Il avait des accès “de fureur, qui le rendaient incontrélable. Gra-
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