‹ Affaire Shortis [microforme]Chapitre 13 sur 83 · A CL ON · texte numérisé non relu

A CL ON

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“ duellement son intelligence s'éteignit. T1 perdit en “ même temps l'usage de ses membres et le sens de la “ vue, Zl mourut a l'âge de soixante cinq ans.

“ Q. Avez-vous donné vos soins comme médecin à

un autre membre de la famille Shortis ?

“KR. Oui, à Thomas Shortis, l'un des cousins de “ Francis Shortis, père de l'accusé.

“ Q. De quelle maladie souffrait-il ?

“R. Il scuffrait d'hemaiplégie, ou paralysie de la “ moitié du corps. Il est encore vivant, mais 4l est ‘resté paralysé. Cette maladie est une indication #* qu'il existe chez celui qui en souffre, une tendance, “à un dérangement du cerveau.”

Le docteur William Hastings Garner, âgé de soixante-cinq ans, demeure lui aussi à Clonmel. Il est depuis vingt ans le surintendant de l'asile des aliénés.

‘“Q. Connaissez-vous Francis Shortis, le père de “ l'accusé ?

“KR. Oui.

“ Q. Avez-vous connu son frère, John Shortis ?

R. Oui, John Shortis a été interné pour la pre- “ mière fois dans l'asile de Clonmel en Mai 1868. I] “ en est sorti quelques mois après. [lu de nouveau “ été interné au mois de juillet 1871, jusqu'au mois de

“ janvier 1872. Il est rentré une troisième foisle deux

mui de la même année et il en est sorti le sept juin “1872. Enfin, le 5 août 1876, il a été interné dans “ l'asile pour la quatrième fois ot il y est demeuré “ jusqu’à sa mort arrivée le sept février 1886.

‘“ Sa folie était La manie épileptique. IL avait des “ intervalles lucides. Dans ses accès de folie, nl deve-

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naît tres violent et très dangereux. Après ses at-

“taques d'épilepsie, \ fallait der v ou trois hommes

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pour le tenir et l'empécher de se, ‘re du mal à luimême ou d'en faire aux autres.” Le docteur Garner nous parle ensuite d’un autre

cousin de Francis Shortis, le nommé Walliam Scott, qui lui aussi a été interné, du moins pendant quelque temps dans l'asile de Clonmel.

pas

“ William Scott, nous dit-il, à été admis à l'asile le 30 mars 1888. À cette date, il était âgé de onze ans, À la suite d’une attaque nerveuse provoquée par la frayeur que lui avait causée une vieille femme en menaçant de le frapper avec sa canne, son état avait révélé une forte tendance à l’épilepsie Cet enfant, ajoute le docteur Garner, n'a demeuré que quelques mois à l'asile, mais j'ai continué à lui donner des

soins après son départ, pendant trois ou quatre mois.

Le docteur Garner continue : ‘“ Le 29 octobre 1871, un autre parent de l'accusé fut admis à l'asile de Clonmel, c'était Francis Winebury, l'oncle maternel de Francis Shortis. A son arrivée à l'asile, Francis Winebury souffrant de démence. Graduellement son état s'aggrava et en fin de compte, il mourut de la paralysie connue en médecine sous le nom de “ paralysie des aliénés.” Admis à l’asile en octobre 1871, Francis Winebury y fut interné environ dix-sept mois, et mourut au mois de mars 1873. À la date de son entrée dans l'asile il avuit complètement perdu la raison et il ne l'a jamais recouvrée plus tard.

“ Kate Winebury, une des sœurs de Francis Winebury et tante maternelle de Francis Shortis, a aussi

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“ été internée à l'asile de Clonmel comme aliénée ; “ mais, ajoute le docteur Garner, à la date de son in- ‘“ ternement à l'asile, nous ne tenions pas de livre “ constatant la marche de la maladie de chaque patient, ‘“ tel que nous le faisons aujourd'hui ; pour cette raison “il me serait impossible de donner toutes les parti- “ cularités de sa folie.

Le docteur cependant produit un extrait du régistre tenu à l'asile par lequel on voit que lors de son admission, Kate Winebury était âgée de 26 ans et qu'à cette date, elle était folle depuis douze mois. Ælle soufjrait de démencr, et le caractère de sa folie, dit Le registre, la portait à faire du mal aux autres. Le registre fuit aussi mention qu’elle tombait d’épi- Lepsie.

Messieurs les jurés, Francis Shortis, le père de l'accusé, n'a Jamais été soupçonné, du moins jusqu’à au- Jourd'hui, de ne pas être sain d'esprit, mais nous avons le fait clairement constaté que Thomas Shortis son père à lui, John Shortis, son frère, et Francis Winebury, son oncle maternel, son. tous les trois morts fous, et que Kate Winebury sa tante maternelle, et William Scott un de ses cousins, ont tous deux été internés comme aliénés dans l'asile de Clonmel.

Vous ne pouvez mettre en doute le témoignage de ces deux vieux médecins, surtout lorsqu'ils viennent corroborer leur affirmation par des extraits des registres et par les livres que l’on tient depuis nombre d'années dans l'asile de Clonmel.

Cette preuve, nous amène dès le début, à nous

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occuper d’une question, qui, dans mc: opinion, joue un rôle capital dans cette cause : je veux parler de L'HÉRÉDITÉ et de L’ATAVISME.

Tardieu, parlant des recherches que l'expert doit faire tout d'abord, pour découvrir la folie, s'exprime dans les termes suivants :

“Parmi les antécédents de l'accusé, il n’en est pas de plus importants à rechercher et de plus signifi- “ catifs que l’hérédité. La transmission héréditaire de “ la folie n’est pas douteuse, et même parmi les per- ‘“ sonnes étrangères à la science, on peut dire qu'il ‘“ n'est pas de caractère de l'aliénation mentale moins “ contesté et plus universellement accepté ; si bien, “ que, lorequ’après une enquête minutieuse, l'expert ‘arrive à trouver dans la famille de celui qu'il est “appelé à examiner plusieurs aliénés.... c'est un “# des meilleurs arguments qu’il puisse apporter à la “justice. L'Hérédité joue évidemment un grand rôle

“ dans la production de la folie”

Legrand Du Saulle dans son “Traité sur la Médecine Légale ” nous dit à la page 688 : “ L'enfant prend ‘“instinctivement le sein de sa mère, eh bien, à y «a “des aliénés qui commettent des actes extraordi- “ maires sous l'influence d'une impulsion instinctive ‘“ dont ils ne se rendent aucun compte. LES HÉRÉDI- ‘ TAIRES SONT DANS CE CAS.

Quel trait de lumidre ces trois dépositions ne jettent-elles pas sur le débat qui nous occupe. Aussi les savants représentants du ministère public ont-ils fait tout en leur pouvoir pour en atténuer l'effet. Leurs craintes étaient d'autant plus grandes qu'ils savent

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