‹ Affaire Shortis [microforme]Chapitre 15 sur 83 · LS · texte numérisé non relu

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“ Q. Vous avez connu Valentine Shortis ?

“KR. Oui, intimement. |

“ Q. Il a été l’un de vos élèves pendant plusieurs années ?

“KR. Oui pendant cinq ou six ans.

“ Q. Dites-nous ce que vous connaissez de ses habitudes et de ses manières ?

“ R. Ses manières étaient on ne peut plus extraordinaires. Il était continuellement agité. Il avait un tic nerveux qui se manifestait dans sa figure. Par moment il avait une expression étrange. Je l'ai eu sous ma surveillance personnelle à compter du mois d'août 1889 jusqu’au mois d'août 1890. Pendant ces douze mois il a été pour moi une cause d’embarras continuelle. Il était fougueux, impulsif au suprême degré et constamment en querelle avec ses camarades. Îl n’était pas méchant, mais il était excentrique et turbulent. Durant les heures de recréation, il fallait le mettre sous la surveillance constante de l’un des maîtres. Il bondissait sur ses camarades et se livrait à toutes sortes de folies. Il avait un goût particulier pour la chimie et il était fréquemment occupé à faire des expérien: ec des explosifs, mettant souvent sa vie et c e ses camarades en danger. Cette particularité chez lui était d'autant plus remarquable qu'il était impos-

“ sible de lui apprendre nulle autre chose.

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“ Il partait quelquefois à rire brayamment sans motif et cela même dans la classe.

“ Q. À quelle cause avez-vous attribué toutes ces excentricités ?

“R. L'impression générale était que ce garçon n’avait pas son jugement; on disuit cela partout dans la ville. | “ Q. Avez-vous entendu parler de la tragédie dont il a été l’auteur au Canada ?

“R. Oui, et je n'ai nullement été surpris en apprenant ce qui était artivé.... j'ai toujours eu les plus sombres appréhensions sur l'avenir de ce jeune homme. Son tempérament étuit tellement incon- “trôlable qu'il était impossible pour lui de ne pas “ venir un jour ou l’autre en conflit avec quelqu'un. ‘Un jour une compagnie de soldats passait ; il lui “ prit fantaisie de les attaquer en leur lançant des “pierres. Les soldats répondirent à l'attaque en lan- “ çant des pierres à leur tour. L'officier commandant “ dut faire rebrousser chemin à sa compagnie. Cet “officier vint se plaindre à moi et je dus lui dire ce “ que je pensais du jeune Shurtis et lui faire con- “ naître l'opinion que tous ceux qui avaient pu l’obser- “ ver portaient sur lui. D’après moi, sa conduite dans “ cette circonstance ne pouvait s'expliquer autrement “ qu'en l’attribuant à la folie.

“Je cite cet incident parmi un grand nombre “ d’autres, du inême genre. « “ Je lui ri souvent confisqué des couteaux et des ‘“ petits pistolets avec lesquels il pouvait se faire du “ mal à lui-même et à ses camarades.

: “J'ai toujours considéré cet enfant comme un véri-

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