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Avant de commencer l'examen des autres dépositions qui ont été prises en Irlande, permettez-moi une où deux observations. Le ministère public a cherché à vous pénétrer de l’idée que le plaidoyer de folie ne peut prévaloir en vertu des dispositions de notre loi, à moins que la défense n'établisse que toujours et dans chacun des cas mentionnés par les témoins, l'accusé était absolument inconscient et incapable de discerner entre le bien et le mal.
Dans le contre-interrogatoire auquel chacun des témoins d'Irlande a été soumis, vous trouverez invariablement la même question posée par l'avocat du ministère public : ‘ Ce jeune homme pouvait-il distinguer entre le bien et le mal ? ” Nécessairement la réponse des témoins varie suivant les circonstances.
Messieurs, la loi n'exige pas de la défense une pareille preuve, et soyez bien convaincus que nous n'avons jamais espéré trouver dans la bouche de nos témoins une réponse tendant à établir que toujours et dans tous les cus, l'accusé vor le caractère et la portée de ses actes.
Les experts nous ont dit que plus des trois quarts des aliénés internés dans les asiles dont la direction leur est confiée, sont en état de distinguer entre le bien et le mal, et cependant ce sont des fous.
Mais là n'est pas la question : Ce qu’il s'agit pour nous de démontrer, c'est qu'à de certains moments l'accusé, perdait tout contrôle sur sa volonté, et que dans ces moments-là son intelligence était obscurcie au point de le rendre incapable de savoir ce qu'il faisait et de distinguer entre le bien et le mal. Ce qu'il importe pour nous de faire ressortir de cette preuve
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d'Irlande, c'est que l'accusé n'était en réalité qu’un enfant dans le corps d’un homme fait, et que malgré qu'il fût susceptible d'acquérir certaines connaissances et de faire certaines distinctions entre ce qui est bien et ce qui est mal, son intelligence n'a jamais dépassé celle d'un imbécile et son sens moral est demeuré à l’état rudimentaire.
J'aurai à revenir sur cette question lorsque je discuterai le témoignage des experts, et je n'en dirai pas davantage pour le moment.
Autre observation : Les représentants du ministère public craignant l'effet que cette preuve d'Irlande pouvait produire sur vos esprit ont tout d'abord tenté de traiter comme des espiègleries que l'on doit attribuer à l'enfance et à l'adolescence quelques-uns des actes que nous allons examiner ensemble ; puis tout à coup, lorsque ces faits avaient un caractère de gravité tel qu'il devenait impossible de les ranger dans la classe des légèretés de l'enfance et de la jeunesse, alors vous les avez entendus s’écrier : Cet enfant était un enfant gâté ; il était devenu un démon, ur monstre, et ces actes sont des actes criminels qui dénotent ses instincts vicieux et corrompus.
Messieurs, à tout cela je ne veux rien répondre naintenant, car comme je vous l’ai dit plus haut j'aurai à discuter plus tard le véritable caractère des faits que nous allons examiner. Je me contenterai de vous dire que là encore, nous sommes sur le terrain de l'expert qui souvent trouve toute une révélation dans un fait qui, aux yeux du vulgaire pourrait passer inaperçu. Retenez bien dans votre mémoire les récits que vous allez entendre. Nous verrons plus tard si les faits que nos adversaires ont qualifiés d'espiègleries