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‘“ compagne, la fille Cooney et moi, nous n'avons “ jamais rien voulu dire sur le compte du jeune “ Shortis, pour lu raison que nous le considérions “comme un écervelé et une téte craquée ; nous ne ‘“ tenions aucun compte de ce qu'il faisait, parce que “ nous savions qu'il n'avait pas la téte à lui.
Elle raconte ensuite l’histoire du chat à demi asphyxié,et son récit s'accorde en tous points avec celui de la fille Kate Cooney.
Puis elle continue :
“Je l'ai vu allumer de la térébenthine dans la “ cuisine.
“ Après ses méfaits, il venait nous faire des excu- “ ses. Par moments, il était très agréable, mais l’ins- “ tant d'après, il se mettait à chanter et se conduisait ‘“ comme un fou.
“ Jai toujours pensé qu'il avait le cerveau troublé. “ Parfois il avait de violents accès de colère.
‘“ Je n'ai jamais parlé de rien excepté avec l’autre “ servante de la maison. C’est la fille Cooney qui a “ informé madame Shortis de ce que je viens de ra- “ conter. Quant à moi je n'en ai parlé qu’aujour- “ d’hui à madame Shortis.
Ecoutons maintenant les membres de la police qui ont été en contact avec l'accusé :
James Wilson, âgé de 50 ans, sergent dans la Police Royale d'Irlande. |
“J'ai connu Valentine Shortis, dit le sergent “ Wilson, pendant dix ou douze ans. C'était un jeune “ homme dont les habitudes étaient des plus singu- 4 lières et souvent tout à fait étranges. Dans de cer-
“ {ains moments il était désordonné et indomptable, ‘€ Al n'était plus du tout le même. On aura dit qu'il “ étuit sujet à des attaques qui lui enlevaient l'usage “ de su raison.
“ Un jour, j'étais de faction sur le quai à Wa- “ terford. Des gens étaient occupés à faire monter à ‘“ bord d'un steamer des ânes qu'ils expédiaient en “ Angleterre. Le jeune Shortis s’empara d’un ânon : “et le porta au guichet du contrôle à l’autre bout du : . “ vaisseau, afin, disait-il, de le fâire enregistrer comme. “ passage’. Je lui dis que j'allais le faire enregistrer. “ parmi les fous, s’il ne ramenait pas cet ânon avec “ les autres ânes.
“ Une autre fois, il était sur son vélocipède, se “ promenant sur le quai; un passant lui ayant dit “ quelque chose de nature à l’exciter, ÿ voulut se jeter “ à l'eau sur son vélocipède, je lui enlevai son vélo- “ cipède que j'envoyai porter chez son père. La “ chute qu'il voulait faire était de douze à quatorze “ pieds. Il se serait probablement noyé, parce que la ‘“ marée étuit haute en ce moment. Ce passant, “ paraît-il s'était moqué de lui, et dans sa colère il “ voulait se jeter à la rivière à cheval sur son vélo- “ cipède.
* Dans une autre occasion, un peintre était occupé “ à peinturer le pont flottant du quai. Cet ouvrier “ était debout sur des planches suspendues par des “ cordes. Shortis se glissa à ses côtés et parvint à , | “ couper Jes cordes. Tous deux s'en allèrent à la “ dérive. Les planches s'étant séparées les unes des “ autres, Shortis se trouva sur une seule planche. Il ‘ fallut leur lancer des cordes peur les sauver de leur
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