‹ Affaire Shortis [microforme]Chapitre 29 sur 83 · D A ATP AC SD ED TRE ET · texte numérisé non relu

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“ Lorsqu'il m'’arrivait de le réprimander au sujet “ de l'usage qu'il faisait de ses armes il me disait que “ c'était pour se défendre en cas d'attaques. Il parais- “ sait croire que le moindre assaut lui donnerait le “ droit de se servir d’une arme à feu et qu'il serait ‘ justifiable de faire feu sur n'importe quelle personne “ qui lèverait la main sur lui.

‘Il avait l'habitude de bousculer les gens dans la “ rue, Une fois sur le quai il avait poussé un matelot “ de cette manière; celui-ci riposta par un coup de “ poing. Shorts courut immédiatement chercher son “revolver et se mit à la recherche de son homme “ pour le tuer, mais à son retour il avait disparu.

“ Une autre fois, j'étais en bateau avec lui, vis-à- “vis du quai du bateau passeur et vis-à-vis l'hôtel “ Adelphi. Tout-à-coup l'entendis la détonution d’une “ d'arme à feu. C'était Shortis qui avait tiré dans la “ direction du quai vers les fenêtres de l’hôtel Adel- “ phi. Dans cette occasion ses poches étaient remplies “ de cartouches et il tirait sur tout ce qui se présen- “ tait. Farrell était avec nous, et lui et moi nous fimes “ notre possible à plusieurs reprises pour l’engager à “ne pas tirer ainsi. Nous lui fimes observer qu'il “ s'exposait à blesser les personnes qui se trouvaient “ sur le rivage, mais toutes nos protestations ne ser- “ virent de rien. Un demi mille plus loin, nous vimes “ venir le Steamer ‘“Rook.” Shortis tira dans la direc- “ tion du Steamer et atteignit la cale du vaisseau près “d’un endroit où se trouvaient deux chauffeurs “ debout à côté de l’écoutllle. Il avais tiré dans la ‘“ direction de ces hommes.

“ Un peu plus loin, il aperçut une large enseigne

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“ dans un champ qui servait de promenade. Il y avait “là des centaines et même des milliers de prome- “ neurs. Il tira sur l'enseigne sans s'occuper du dan- “ ger auquel il exposait ces personnes, et un instant “ après il tira sur un phare qui se trouve dans le “ voisinage.

“ Dans la même occasion, il tira du côté de la “ rivière où dans le moment ils y avaient nombre “ de personnes en chaloupes. Quelques-unes de ces per “ sonnes vinrent se plaindre, en disant que les bulles “ avaient riccché tout près d'elles. Il leur répondit en & jurant qu'elles n'avaient pas d’affaires là.

“ Une autre fois j'étais dans le vestibule de la “ chambre de commerce avec Austin Farrell ; Shortis “ sortit un revolver de sa poche et le braqua sur “ Farrell. Celui-ci se fâcha et lui enjoignit de cesser “ cet acte de folie, mais Shortis n’en continua pas “ moins à le coucher en joue. Farrell saisit ma canne “et le menaçu de l’en frapper s’il ne cessait pas ce “ jeu dungereux.

“Je montai alors dans la bibliothiqne et Shortis “ me suivit, Là il continua à fair: toute sorte de “ folies avec «on revolver, malgré quil y eut plusieurs personnes dans cette salle,

“ Lorsqu'il apercevait une de ses connaissances

“dans la rue, il ne l’abordait pas comme J'aurait fait

“ toute autre personne, mais il se précipitait sur elle ‘ au risque de la renverser par terre.

“ Il était d’une nature cruelle, Je l'ai 11 maltraiter “ses chevaux, ou frapper des chiens sans raison, à “ coup de pieds. Un de ses tmizs favoris était de les écraser avec son vélocipède où de dégager un de “ ses pieds et de les frapper eu pas: ait près d'eux.

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Daniel J. O’Brien, âgé de 21 ans, clerc dans un bureau d'avocat.

“Je connais bien Val Shortis, dit-il, c'est un jeune “homme excentrique et d'un caractère mobile et “ changeant, J’ai eu occasion d'aller chez lui, et une “ fois d'y passer quatre ou cinq jours. Dans cette cir- “ constance j'ai couché dans la chambre qu'il occupait “et où il couchait lui-niême. J'ai remarqué que le “ soir avant de sé mettre au lit, il plaçait à la téte “ de son lit un fusil à deux coups chargé. Il retirait “ la charge de cette arme le lendemain matin.

“J'ai observé qu'il avait une nature cruelle. Je l'ai “ vu souvent frapper des enfants et leur donner des “ friandises après, pour les calmer. Z{ était d’un tem- “ péramment violent et il devint de plus en plus ir- “ ritable avec l'âge. Jamais, je ne l'ai vu rechercher “ la société de gens de bas étage.

Anthony P. O’Brien, âgé de 22 ans.

“Je suis assistant trésorier de la Ville. Je connais “ Valentine Shortis depuis plus de dix ans.

“ Dans l'été de 1892, j'ai eu occasion de voyager de “temp: à autre de Tramore à Waterford par le “ chemin de fer. Un jour, j'étais à la station de ‘'Tramore, en route pour Waterford, Shortis s'ap- “ procha du train pour me parler far lu fenêtre du ‘“ waggon. Un des préposés de la compagnie vint lui “ dire de s'éloigner, que le train était sur le point de “partir. “Ne vous alarmez pas, dit Shortis” Sur “ ces entrefaites, le train partit et Shortis continua à “ le suivre tout en me parlant à la fenêtre. Tout à “ coup pendant que le train était en marche, il prit

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“ son élan et sauta dans le waggon par la fenêtre. Il “ tomba à l’intérieur du waggon sur la poitrine. Je “lui demandai pourquoi il avait fait cela. Il me ” répondit que c'était pour rire.

“ J'ai passé, une fois, quelques jours en visite chez “ lui, à la ferme de son père, à Carrickpherish.'

“ Q. Avez-vous remarqué rien de particulier dans ‘“ sa chambre dans cette occasion.

“R. T] gardait constamment une carubine dans sa “ chambre à la tête de sou lit.

“ Q. Était-elle chargée ?

“ R. Je ne l'ai jamais vu la charger,

“ Q. L'avez-vous vu faire quelque chose de parti- “ culier sur le quai ?

“ R. Je l'ai vu tirer un coup de pistolet dans la “ porte d’une maison. (C'était la maison servant à ‘“emmagasiner les échantillons de la compagnie du “gaz de Waterford. Shortis a tiré un coup de re- “ volver duns la porte.

“ Une autre fois, sur la route de Tramore, il a sorti “ un revolver de sa poche et a tiré plusieurs coups en “ l'air.

“ Dans une autre occasion, j'étais avec plusieurs “ Autres camarades dans une boutique, et pour nous ‘umuser nous l’avions enfermé à clef dns la bou- ‘ue Tout d'abord il frappa dans la porte, et “ bientôt nous le vimes défoncer les paneaux avec sa “ tête et se fourrer dans cette ouverture. Il resta pris “ Jà, pendant quelque temps.

“ Il était connu sous le nom de “ Shortis la tête “ craquée.” “ Son tempéramment était violent. Il avait parfois

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