‹ Affaire Shortis [microforme]Chapitre 39 sur 83 · ES TO AUOT AIO TUE GE ÉTESGA · texte numérisé non relu

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le | On s'imagine nous enbarrasser en nous disant : Quel : est l'homme qui n'a pas commis quelques actes de 11 folie dans sa jeunesse ? Oui, messieurs, je suis prêt à Fe | l'admettre, il y a bien peu de personnes, qui dans leur enfance ou dans leur jeunesse n’ont pas été les

auteurs de quelques actes qui les ont rendus ridicules.

Bien peu peuvent se dire que toutes leurs actions,

même à l’âge mûr, ont été marquées au coin de la

sagesse et du bon sens, mais il faut savoir distinguer

entre quelques faits isolés qu'il est raisonnable d’at-

tribuer à la jeunesse, à la passion, et même à l'absence

de réflexion, et cette série de faits insensés qui tous

les jours se répètent, et partout et toujours font

prendre leur auteur pour un être privé de sa raison.

Messieurs, voulez-vous connaître l'importance que peuvent avoir dans un débat de la nature de celui qui nous occupe, certains faits en apparence frivoles, tels que l’on en trouve quelques-uns dans l'enquête de Waterford ? Ecoutez l'exemple suivant que je trouve dans le Traité de la Folie du docteur Marc, dont je vous ai déjà cité quelques extraits au commencement | de mon discours.

Il s'agissait là d'un jeune homme qui, lui, au lieu de tomber dans des accès de fureur et d’être dominé par la monomanie homicide, comme (ç'a été. le cas - | | pour l'accusé, avait la manie de mettre le feu. Ce LI 4 jeune homme avait été arrêté comme incendiaire, mais sur le rapport du célèbre médecin expert Nieman qui le déclara aliéné, il fut acquitté de l’accnsation portée contre lui et interné dans une asile. En lisant ce cas, j'y ai trouvé une analogie si frap-

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pante avec celui de Shortis que je n'ai pu résister à la tentation de vous le faire connaître. Il y a cette différence cependant, que vous observerez facilement du reste, c'est que les preuves d'imbécillité et de folie dans le cas de Shortis sont infiniment plus nombreuses et plus accentuées que celles qui sont attribuées au jeune incendiaire déclaré irresponsable par le tribunal sur le rapport du docteur Nieman.

Le cas à décider était posé comme suit par le tribunal : “ Déterminer si l’inculpé C. L. W. K... est atteint “ d'une aliénation mentale ou d’une imbécilité pério- “ diques ou de toute autre faiblesse d'esprit.”

“ C. L. W. K.... naquit en 1795 à A.... dont “ son père était alors le pasteur.”

On observerax que Shortis, comme lui, est né de parents religieux, qui assurément ne lui ont pas enseigné à faire ce qui est défendu, et encore moins à commettre des crimes.

“ À l’âge de six ans, dit l’auteur, on le plaça chez “ les sœurs de son père. Il fréquenta dans cette ville “ l'école de Mr D.”

À l’âge de six ans, loin de pouvoir aller à l’école, Shortis, l'accusé, commençait à peine à parler.

“ Six ans plus tard, dit Marc, c'est-à-dire lorsqu'il . “eut atteint l’âge de douze ans, Mr D. donna à K, “ des leçons d’arithmétique.”

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Laccusé n'a jamais pu rien apprendre en fait d’arithmétique, pas même la table de multiplication, nous a dit sa mère, et nous ont répété le Révérend, = Frère Dunn et Mr Cunningham, son précepteur privé.

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“ Deux ans après, il suivit pendant deux années la

HIT “ quatrième classe sous la direction du maître de mu- [ETES “ sique R...” Hit L'accusé n’a jamais pu ni apprendre la musique, ni

ni faire de cours d'étude.

L. | “ “ Il fit sa troisième classe chez le commissaire M... | # Enfin, il suivit la deuxième sous le recteur F... “ Ces trois derniers professeurs ont remarqué en | ‘ ur beaucoup de faiblesse d'esprit et de stupidité, 1 14 “ R... le trouve presque toujours distrait. M... “ porta le même jugement sur ce jeune homme, ajou- ‘tant qu'ü n'avait tiré aucun fruit de ses leçons et “que souvent il s'était trouvé dans une situation | “telle qu'ayant l’uir d'étre calme et attentif, il sor- “tait tout-d-coup de cet état apparent et indiquait “ par ses gestes, ainsi que pur les mouvements de son “ corps une absence totale d'intelligence.”

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Ne croirait-on pas entendre les témoignages du ‘11m 1 Frère Dunn et de Mr Cunningham ?

A Mais ce n'est pas tout ; écoutez ce qui suit cette première déclaration :

“ F... a remarqué une sorte de sauvagerie brutale “ duns ses jeux avec ses camarades.”

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Précisément ce que le Frère Dunn, le jeune John Henry Farrell, le jeune DeLandre et une douzaine d’autres témoin ont dit de l'accusé.

# Cependant tons ses instituteurs ne se rappellent '

“ pas avoir observé dans son caractère quelque chose “ de fâcheux.” FE

Le Frère Dunn nous dit au contraire que les dispositions étranges qu'il avait vu se développer graduellement chez l'accusé, l'avaient alarmé au point qu'il avait conçu sur l’'a\enir qui était réservé à son élève les plus sombres appréhensions.

“ Après avoir terminé son instruction primaire,

“ continue l’auteur, il fut placé dans le mois d'octobre “ 1810 en pension chez le sieur T... facteur de forges “à R... pour y apprendre l'exploitation des minerais.

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Le jeune homme dont parle l'auteur était né en 1795, ilavait par conséquent atteint sa quinzième anne en

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Dans notre cas, disons que si l'accusé n’a pas fait | | preuve de goût pour l'étude des minerais il en a | montré quelque peu pour l'étude de la mécanique et de la chimie, du moins pour cette partie de la chimie expérimentale qui traite des explosifs. it

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L'auteur continue : “ Il y suivit les leçons du sieur {| “ D... qui déclare que le jeune K... est doué d'un “ bon naturel ; mais que pendant l'instruction qu'il

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“ a cherché à lui donner, il a montré peu d'intelli- “ gence et mËme que pendant certains intervalles de “ temps, \ lui « été impossible de suisir la moindre “ motion.”

On dirait 'que c’est toujours le Frère Dunn qui parle.

“ Le facteur T.. vieillard de 70 ans, assure qu'il a “ montré de l'application, de l’ordre et même un désir “ de s'instruire dans la partie à laquelle on le desti- “ nait, mais que depuis qu'il étuit logé et nourri chez “Jui, à s'était livré à des actes d'enfantilage qui ‘avaient un cachet d'imbécillité.

“ Ainsi, par exemple il lui arriva plusieurs fois de ‘ faire sortir pendant la nuit les poules du poulailler, ‘et il vint l’annoncer dans la maison tout en rejetant “ cette malice sur d’autres. Il lui arriva aussi assez “ souvent d'ouvrir mal à propos la porte du vestibule “ dans lequel on avait l'habitude de donner à manger ‘“ aux poules, afin qu'elles y entrassent et commissent ‘“ du dégât. D'autres fois il plaçait les verres à boire “ si près du bord de la table, que ceux qui passaient à ‘ côté, devaient nécessairement les faire tomber. Le “ vent brisa plusieurs fois les vitres des croisées de “ l'étage supérieur, accident qui n'avait jamais eu lieu ‘ avant l'arrivée de K.. dans la maison, et qui ne s’est “ pas reproduit depuis son départ, car on avait toujours “ soigneusement fermé les croisées, mais il avait trouvé ‘Je moyen de les ouvrir secrètement, et affectait de “ la surprise toutes les fois qu'il entendait le son des “ vitres brisées par le vent. Une fois il prétendit que

“ deux barils remplis de lait solidement assujettis sur “ un support, avaient été renversés par le chat, ce qui ‘“ était dénué de toute vraisemblance, Une autre fois, il mit un charbon dans sa poche et prétendit qu’une “ étincelle jaillie du haut fourneau la lui avait brûlée, “ Il sema de l’avoiné par dessus le persil du jardin, “afin d’occasionner de la surprise lorsqu'on verrait “ pousser l’un au lieu de l'autre.

Outre ces niches ineptes,......” Nos adversaires, comme vous le savez, ont prétendu que tout ce que la preuve avait révélé dans notre cas, c'était que Shortis avait commis des niches ineptes, et rien autre chose; suivez bien ce récit et vous allez voir comment le grand médecin aliéniste a jugé à propos d’'apprécier ces prétendus actes d’excentricité: “ Outre “ ces niches ineptes rapportées pur le 'aur T..., ‘“ K... raconte lui-même qu'il avait enfermé un coq “ d'inde dans un grenier à blé, afin qu'il pût manger “ tout son aoûl.

“ Bien que ces divers actes ne prouvent pas en fa- “ veur de l’assertion du facteur T... qui prétend ne “ pas avoir remarqué chez le jeune K... de la dispo- “ sition à la méchanceté, on voit néanmoins par la “ circonstance que dans les derniers temps de son “ séjour chez T.., K... a tenu un journal de sa con- “ duite afin de mieux connaître ses fautes et de se “ tenir en garde contre elles, qu'il existait chez lui ‘“ une disposition à se surveiller ; de sorte que les “ mauvais tours dont se plaint T... devraient être “ attribués à de l'espièglerie enfantine plutôt qu'à de “ la méchanceté.”

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C'est précisément de cette manière que le minispi L: ; tère public a cherché à expliquer plusieurs des actes Lt | : d’imbécillité que les témoins d'Irlande ont vu faire à Shortis ; nous allons voir s'ils ont raison.

ie A | Continuons Messieurs :— “ Cependant, dit l’auteur, D A0 | ‘une circonstance peu importante en elle-même donna | “ à cette disposition une direction très dangereuse. “ Dans le mois de juillet de la même année, K... s’a- “ visa de jeter quelque chose après le chien du teneur | “ de livres M.., et celui-ci lui avait reproché viveno ‘“ ment cette action.”

F Shortis, lui, ne se contentait pas de lancer des | pierres aux chiens, il les frappait à coups de pieds et ERA | à coups de canne et les éventrait à coups de sabre.

| “ Mécontent de la rancune prolongée que lui mani- | “ festait le teneur de livres, K... conçut l'idée de s'en “ venger en portant obstacle aux parties de plaisir AE “ que M... avait l'habitude de faire dans les environs. . “K... ne trouva d’autres expédients pour mettre son “ projetèexécution que dejeter un charbon ardent dans | “ un des hangars où était établi le magasin de char- “ bon du martinet. I] supposait que l'incendie qui en “ résulterait, ainsi que l’alarme qui en serait la suite “ obligerait le teneur de livres à ne pas s’absenter ?

J'abrège :

‘ Quatre ou cinq fois nous dit l’auteur, ce jeune “ homme mit le feu à diverses constructions. Sa

“ propension à répandre des charbons ardents était

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