‹ Affaire Shortis [microforme]Chapitre 40 sur 83 · PC PAU ENT OEE PAPAS CG APRES OR CETTE · texte numérisé non relu

PC PAU ENT OEE PAPAS CG APRES OR CETTE

“ maintenant devenue irrésistible et s'opposait à “ toute réflexion sur le danger qu’elle pouvait entrai- “ mer, qui nécesssairement aurit dû frapper l'esprit “le plus borné.

“ Le 11 juillet il porta encore des cnarbons bru- “ Jants sur le sol d’un atelier isolé de menuiserie. Il “ en plaça dans la serre au bois de la cour de T..., et “ le même soir à neuf heures, il en déposa sous la toi- “ ture d’une cave. Le jour suivant, il mit le feu au “ vide-bouteille du jardin ainsi qu’à une cloison en “ planches qui séparait l'habitation de M... de celle de LE 18

La manie chez l’accusé n'était pas de mettre le feu, mais de porter constamment des armes à feu et de tirer sur tout le monde.

“ Enfin reconnaissant les dangers et la criminalité “ du jeu auquel il s'était amusé, non-seulement K... “ le cessa, mais il se déclara l’auteur des divers incen- “ dies qui avaient eu lieu.

‘ Maintenant, dit le médecin expert, d’après cette “esquisse de la vie de K..., d'après un mûr examen “ des actes qui le placèrent sous la main de la justice, “il s'agit de résoudre cette question: “ Æ... est-il “ atteint d'une aliénation mentale, ou d'une imbécil- “ lité périodiques, ou encore de toute autre faiblesse “ d'esprit ?”

Ecoutez, Messieurs, la réponse de l'expert. “ ZL “ eœiste chez K...une simplicité ou faibleses d'es- “prit voisine de l'imbécillité, et qui, selon toute “ appurence, dépend d'une disposition héréditaire.

RE

“ Dans cet étut, et lorsqu'il a commis les nombreux “incendies qu'on lui impute, il à agi per l'effet “ d'une propension eatraordinaire et involontaire ; “ d'après Hoffbauer, par l'effet d'une propensiôn avec “ assugettissement de la volonté.”

Voilà à quelle conclusion en est arrivé le célèbre aliéniste Nieman, lorsque appelé à se prononcer sur l'état d'esprit de ce jeune homme, il le jugeait d’après ies faits que je viens de vous rapporter ; et cette opinion a reçu la sanction du docteur Marc, une autre lumière de la science médico-légale qui cite ce cas duns son livre.

Sur ce rapport de l'expert aliéniste, ce jeune homme fut acquitté de l'accusation portée contre lui, et d’après l’ordre du tribunal, il fut enfermé dans un asile d’'aliénés.

Eh ! messieurs, si telles ont pu être les déductions de ces deux illustres docteurs sur les données en apparence si légères que je viens de vous faire connaitre, quelle n'aurait pas été leur conviction, si on leur eût soumis les faits bien autrement sérieux et bien autrement concluants que les témoins de Waterford nous ont rapportés. Avec combien plus de facilité n’au-

raient-ils pas conclu.à la folie de l’inculpé, si on leur

eût dit: Voici un jeune homme dans la famille duquel on compte six aliénés, et parmi eux se trouvent son grand-père, le frère, l'oncle, la tante et le cousin de son père ; et sur ce nombre, trois sont morts fous ? Qu'’auraient-ils pensé si on leur eût prouvé hors de tous doutes, comme il a été fait dans cette cause, qu'à six ans

cet enfant ne parlait pas encore ; que dès le commencement de son adolescence il avait manifesté une manie irrésistible pour les armes à feu; qu'à onze ans, il tirait sans motif avec un revolver chargé de plomb sur vne enfant de quatre ans ; que plus tard, par pure fantaisie, par excentricité de caractère, il faisait feu sur tout le monde ; qu'à l’âge de dix-sept ans, il plaçait une arme chargée à la tête de son lit, de peur que son père ne devint souduinement fou, durant la nuit; que, pour s'amuser, il asphyxiait un chat ; que, plus tard, duns un accès de fureur inexplicable, il éventrait un chien ; que ce jeune homme se complaisait à enfoncer des fourches d'acier dans les flancs des bestiaux, à rouer de coups son pony, ses chevaux, ses chiens et tous les animaux qu'il avait à sa portée; qu'à chaque instant il mettait sa vie et celle des autres en danger; que dans la rue la plus fréquentée d’une ville considérable, il se promenait à cheval la tête tournée du côté de la queue de sa monture; que sa récréation ordinaire était de lancer son cheval ventre à terre dans les rues, au milieu des foules, en criant comme un forcéné et en tirant du pistolet; que, le soir, il se promenait sur un vélocipède, un revolver chargé à la main, pour se protéger contre les attaques d’ennemis imaginaires ; que, par pure fantaisie, il lançait un jour son vélocipède à toute vitesse pour aller faire un plongeon de quatorze pieds au bout d’un quai, dans une eau profonde ; que, souvent, on le voyait pénétrer à cheval dans les maisons et les boutiques des citoyens de Waterford ; qu’un jour, il voulut ouvrir la gorge à un jeune homme pour lui enlever avec son couteau les excroissances qui le défiguraient, et que sais-je encore ?

TE pme noie ere oe mecare

x EEE ARIANE CREER SANDER MER RTE

PAM mr ar PP 255

pbs nc 0 47 tee

Messieurs, je n'ai pas d’hésitation à dire que si un pareil cas leur eût été soumis, ces deux docteurs se seraient contentés de lever les épaules, et que leur réponse aurait été: Qu'avez-vous besoin de notre science ? On ne demande pas au soleil sa lumière lorsqu'il nous inonde de ses rayons en plein midi, Vous voyez bien comme nous que ce jeune homme est un fou, un irresponsable, et modifiant quelque peu le rapport préparé pour le cas du jeune incendiaire, ils auraient dit :

“ IL existe chez le jeune Shortis cette simplicité “ d'esprit que l'on trouve chez les imbéciles, et quis “ selon toute apparence, dépend d'une disposition héréditaire. Dans cet état et lorsqu'il a commis les nombreuses tentatives d'homicide que la preuve constate et qu'on lui impute, il a agi par l'effet “ d'une propension extraordinaire et involontaire ; “ d'après Hoffbauer par l'effet d'une propension avec “ assujettissement de la volonté.

Voilà quel aurait été le rapport du savant Nieman du savant Marc et du savant Hoffbauer, et ce rapport ainsi rédigé il se serait trouvé en tous points conforme à celui que vo"s ont fait les quatre spécialistes, quatre savants distingués eux aussi, que la défense à fait entendre.

Il existe une autre prétention de nos adversaires à laquelle je veux répondre immédiatement. On a dit: Shortis a tiré sur la petite fille de Doody, c’est vrai; mais son pistolet n'était pas chargé et par conséquent cet acte n'a ni le caractère de gravité ni l'importance qu'on a bien voulu lui attribuer, et on ajoute: si tou-

SE PRE Des

tefois son arme était chargée, alors l'acte de Shortis était celui d’un criininel et non pas l'acte d’un fou.

Appliquant la même théorie à toutes les autres circonstances dans lesquelles Shortis a tiré sur quelqu'un, on répète : Si la chose est arrivée comme la défense le prétend, ces actes étaient ceux d’un criminel et non les actes d’un fou.

J'affirme, Messieurs les jurés, comme question de fait, que lorsque Shortis a tiré sur la petite fille de Doody, son arme était chargée. J’affirme que son arme était également chargée lorsqu'il a tiré sur la botte de foin que Malone portait sur son dos, lorsqu'il a tiré sur Shallow au moment où cet homme était occupé à construire une haie, lorsqu'il a tiré sur George Moore dans la cour du palais de justice à Waterford, lorsqu'il a tiré sur les fenêtres de l'hôtel Adelphie, lorsqu'il a tiré sur l’un des hublots du vapeur “Le Rook” et sur la cheminée du vapeur de Milford, lorsqu'il a tiré sur la rivière où se trouvaient nombre de personnes qui s'amusaient à canoter, lorsqu'il a tiré au hasard du côté du parc où se trouvaient des milliers de promeneurs, lorsqu'à la salle de tir à Tramore il se mettait en position pour tirer au milieu de la foule au lieu de viser sur la cible, lorsqu'il a vrulu tirer sur son

ami De Landre parce que ce dernier l'avait traité de . sale gueux, et lorsqu'il a voulu tirer sur un monsieur:

et une dame près du pavillon du Club des Régates.

Et j'affirme de plus que dans chacun de ces cas, l'acte de Shortis était celui d’un fou et d’un irresponsable,

Prenons d’abord la circonstance du coup de feu sur

Page 1