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“ bassins de la chambre à toilette, sans ôter ses chaus- “ settes, le croiriez-vous ?
“R. Il me semble qu'il aurait dû me faire rapport « de cet incident. Cependant, si Malabar a mentionné
“ cela sous serment, je le croirais tout autant que je “ voudrais être cru moi-même, s Ici encore, au lieu d’une contradiction, je trouve Ù une corroboration positive du témoignage de Muala- : bar. Si ce témoin eût été en état de contredire le à récit de Malabar, il aurait dit: Tel fait affirmé par | Malubar est faux et je sais que ce fait est faux. Au | + lieu de cela il nous dit: ‘“ J’ai peu observé le jeune % “ Shortis : Malabar était bien mieux que moi en état sé “ de le voir et de le remarquer. Malabar est un hon- ” “ nête homme et s’il a affirmé avoir vu ce qu'il rap- | “ porte, son récit doit être vrai. Quant à moi je ne é “ prendrai pas sur moi d'affirmer le contraire de ce js “ qu’il a avancé.” | au ik — Le troisième témoin est John Barnes, le domestique \r en charge de la chambre à toilette. Il est assigné lé pour contredire Malabar sur deux des faits rapportés | | . parlui: lo. sur le fait que Shortis, lorsqu'il se lavait | | les mains et la figure se servait de trois bassins ; | l n 20. sur le fait que Shortis un. jour s’est lavé les pieds dans un de ces bassins sans enlever ses chaussettes. Le ministère public a-t-il établi ces deux contradic- ; 1 a tions ? Il suffira de référer à la dernière partie de la Ni . déposition de John Barnes pour s'assurer que non. | FER ES “# Q. Shortis a pu faire une foule de choses dans la Ai hi À al ‘“ chambre de toilette entre huit et neuf heures du À
“ soir sans que vous ne l’ayez vu ? :
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“KR. Oui.
“ Q. Vous ne prendriez pas sur vous d'affirmer “ qu'il n’a pas fait ce qui a été rapporté ici ?
“R. Non, je ne sais pas ce qui s’est passé pendant “ que je n'étais pas là ; ces faits ont pu se passer pen- “ dant que j'étais absent.”
Voilà pour un des faits. Voyons ce que Barnes affirme concernant l’autre.
“ Q. L'avez-vous jamais vu se servir de trois bas- ‘“ sins pour se laver ?
“R. Non.
“ Q. L'avez-vous jamais vu se servir de deux bas- ‘ sins ? |
“ R. Oui, souvent.
Messieurs les jurés, Shortis s’est servi de deux bassins lorsqu'un seul devait lui suffire ; à un moment donné il a bien pu se servir de trois comme le rapporte Malabar. C'est déjà un indice que Malabar vous à dit la vérité. Et rappelez-vous bien que le témoin vous a expliqué qu’il n’était pas toujours présent dans la chambre de toilette et que tout ce que vous a raconté Malabar a bien pu se passer pendant que lui était absent. Où est la contradiction ? c:
Mais il y a plus. C’est Malabar surtout qu'on veut contredire. Eh ! Messieurs, il y avait un moyen simple sûr et catégorique de le contredire carrément. Malabar a juré que souvent Shortis se mettait à l’atfut pour
. guetter les servantes, et qu'il s’élançait sur elles pour
les embrasser. Pourquoi n'a-t-on pas amené ici les servantes de l’hôtel, si le récit de Malubar était faux ? On ne l’apas fait; on s’est contenté du témoignage de gens qui viennent vous dire: Moi je ne l'ai pas vu
pur Dur les
vu
faire. De pareilles déclarations ne prouvent pas que les affirmations de Malabar soient fausses, mais simplement que ces personnes ne se sont pas trouvées à voir ce que Malabar a vu, et voilà tout.
A ce compte, on aurait pu amener cinquante témoins qui tous, auraient pu rendre le même témoignage que messieurs Matthews, Crierie et Barnes ont rendu sans le moins du monde affecter l'authenticité du récit fait par Malabar et Mackay.
Le témoignage de Malabar et celui de Mackay restent donc devant nous avec toute l'importance que nous leur avons attribuée. Shortis en présence de ces deux hommes, s’est comporté de façon à les convaincre tous deux qu’il n'était rien autre chose qu’un lunatique, et cette conclusion acquiert dans la bouche de Malabar une importance majeure et toute spéciale. Malabar a vécu pendant plus de dix années dans la compagnie des fous. Les observations ju’il a faites durant cette longue période de temps lui permettent de reconnaître plus facilement qu'un autre, les passions, les habitudes et les manières des personnes dont le cerveau est malade et qui sous l'empire du délire maniaque perdent momentanément et périodiquement leur raison.
Messienrs, j'en suis arrivé aux témoignages donnés par mademoiselle Millie Anderson et par son frère Jack Anderson.
Je vous avouerai que ce n’est pas sans une extrême répugnance que mes savants collègues et moi nous avons décidé de faire comparaître devant vous mademoiselle Millie Anderson.