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et Shortis plutôt que de se voir emprisonner consént à signer tout ce qu'on lui demande. On exige alors qu’il rembourse l'argent que, lui dit-on, il a reçu en trop au mois de janvier précédent. Commeil n’a pas cette somme sur lui, il va chez une de ses connaissances pour l’emprunter. Brophy ne le lâche pas d’une seconde. Il l'accompagne jusque chez son ami. Chemin faisant, Shortis qui était sous l'empire de la terreur et qui craignait d’être immédiatement emprisonné dans le cas où il lui serait impossible de trouver la somme demandée, dit à Brophy : “ Ne “ parlez pas de cette affaire à mon ami, ça pourrait “ l'indisposer à mon égard et peut-être le porter à me “ refuser l'argent dont j'ai besoin” L'ami consent à avancer l'argent et toute l'affaire est terminée.
Nos adversaires s'ecrient d’un air triomphant : “ Vous le voyez, non-seulement ce garçon est intelli- “ gent, maïs c'est un rusé voleur et nous avons en “ main une déclaration signée par lui pour le cons- “ tater.”
Messieurs, s'il y a au monde une chose qui soit de nature à révolter un honnête homme, c’est l’abus de l'autorité, c'est la menace proférée par le fort, le puissant, contre le faible abandonné à lui-même sans secours et sons défense. |
En entendant le récit que nous ont fait Brophy et Palmer, j'avais peine à contenir mon indignation, et si dans le cours de la discussion, il m'arrive d'avoir pour quelqu'un des paroles amères, tant pis pour ceux qui les auront provoquées par leur conduite indigne.
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introduit dans cette cause ce regrettable incident. Oui je le regrette.
Cet incident, Messieurs du ministère public, vous l'avez greflé maladroitement sur lu discussion principale, au moyen d’un faux prétexte. De quoi s’agissait-il en effet ? quelle était la question en litige entre nous ? Une seule chose, l’état d'esprit de l'accusé.
Pour obtenir la permission d'introduire la preuve que vous avez faite, vous avez dit au tribunal : “ Nous “ entendons prouver par l'incident du bureau des ‘“ postes, que non-seulement Shortis n’est pas un im- “ bécile, maïs qu'il est un rusé et un retors” Vous avez affirmé, qu’au moyen d’un coup d'adresse démontrant une intelligence peu commune, Shortis avait réussi à s'approprier une somme de $17.05 à laquelle il n’avait pas droit. Vous ax: fait votre preuve et cette preuve terminée vous vous êtes écrié : “ Voyez ! c'est un filou et un voleur !” Votre motif, votre véritable motif, c'était de faire une chose que le tribunal ne vous aurait pas permis de faire, parce qu'elle est contre la loi; votre vrai motif, c'était d’empoisonner les esprits déjà si prévenus contre l'accusé, et de faire croire aux jurés que le jeune homme que nous avons devant nous n'était pas un novice dans le crime. Le fait reproché serait-il vrai, que vous n’aviez pas le droit d'en faire la preuve.
Vous vouliez prouver, dites-vous, que ce jeune homme agissait avec intelligence dans certains moments ;
. mais qui vous à jamais nié cela? Et puis, après tout,
l'avez-vous faite, cette preuve ? L'employé du bureau des postes commet une erreur, il estampe sur le mandat
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de £1. 0. 0, dont Shortis était le porteur les chiffres £3.10.0. Disons que Shortis s'est aperçu de l'erreur; il se rend à la banque et touche £3.10.0 ; quelle intelligence si extraordinaire lui fallait-il pour une opération aussi simple ? Mais dites-vous : Il a admis plus tard qu'il n'avait aucun droit à cette somme ; il a même signé un écrit attestant ce fait. Supposons qu'il aurait irrégulièrement reçu de la banque une somme à laquelle il n'avait pas droit, quel grand effort d'intelligence lui fallait-il pour admettre que de fuit, il avait obtenu plus qu'il n'avait le droit de recevoir ? Non, non, la peau d'agneau recouvre mal le loup dangereux qu'on a voulu cacher, l'oreille perce et se voit malgré tous vos efforts pour la déguiser. Votre objet, votre véritable objet, ça été de faire croire que Shortis avant de commettre des meurtres dans le but de voler quatorze mille dollars avait préludé à ce crime par un autre. Vous vous êtes dit à vous-mêmes : Faire croire aux jurés que Shortis qui est l'unique héritier d’une immense fortune a tué pour voler, c'est une tâche difficile; mais si, par un tour adroit, sous le fallacieux prétexte de prouver qu’il possède de l'intelligence, de la ruse, nous pouvions démontrer qu'il n’en est pas à ses premières armes comme voleur, quel effet ne produirions nous pas sur l'esprit des jurés.
Vous avez réussi, votre preuve est faite. Eh bien, hi, 4 j'accepte la lutte, et il me sera facile dans un instant | de démolir tout ce petit échafaudage maladroitement érigé par Messieurs Brophy et Palmer. À mon tour, je vais tirer le rideau et vous montrer chacun des acteurs dans cette petite scène sous son jour véritable,
Est-il vrai, Messieurs, que l'accusé ait reçu £3.10.0
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