TEST TARGET (MT
LO “lé Rs quo su Fu pue
“ Le 2 . re F—— "1 us LS
ELET TE
Photographic SCIENCES Corporation
RS
“ rant les travaux des champs, a-t-il ajouté, si une de “ nos faucheuses mécaniques se brisait ou si quelques “ pièces de nos autres machines se dérangeaient, mon “ fils était toujours le premier à découvrir le point dé- “ fectueux.” Mr Shortis, le père, nous dit cela, c'est vrai, mais rappelez-vous qu'il a ajouté : “ J’ai voulu “ Jui faire étudier la mécanique, mais il à refusé, il a “ préféré apprendre mon négoce, c'est-à-dire com- ‘ mencer par être bouvier.”
Que l'accusé ait donné la preuve qu'il possède certaines dispositions pour la mécanique, cela prouverat-il qu'il n’est ni un imbécile ni un maniaque? Non, Messieurs. L'histoire nous enseigne que parmi les inventeurs qui ont fait les découvertes les plus surprenantes, plusieurs étaient ou des détraqués ou des fous. Denis Papin, qui a révolutionné le monde et qui à fait faire à la civilisation un pas de géant par sa découverte de la force expansive de la vapeur, est mort dans une asile d’aliénés. Le bras de fer attaché à la roue excentrique par lequel s'opère la distribution de la vapeur dans les pistons des locomotives a été inventé par un bambin de huit à dix ans. Et ne me dites pas que cet enfant était un génie précoce ; il n'a jamais inventé autre chose. Chez l’imbécile et chez le fou, l'intelligence existe et travaille. Souvent, et précisément à cause de la fièvre qui le consume ou de la maladie qui l’excite, le cerveau du fou ou du maniaque et même celui de l’imbécile sera plus actif que celui de l'homme en santé ; maïs les conceptions de ce cerveau malade si étonnantes qu'elles pourront paraître de prime abord seront sans solidité et sans jugement. C’est la chaloupe lancée avec toutes voiles au
ine de elques , mon nt dé- , C'est voulu 6, ila
com-
le ceravera-
Non, mi les |S Surou des nde et
t par : est aché à bution été inne me jilna t chez nt, et ou de
: ns juiles au
cs MO
vent, sans boussole et sans gouvernail, et qui, ballotée en tous sens, ne pent manquer de sombrer sous l'effort des vagues et le souffle de la tempête.
Mais revenons aux projets sugoérés à Mr Young par Shortis ; il me sera facile de vous faire icucner du doigk tout ce qu'ils contiennent d'absurdité et de folie.
Parlons d'abord de la machine à ouvrir les balles de coton. Cette machine sert à étendre et à démêler le cotton pressé en ballot, de manière à le rendre souple et prêt à passer dans la machine à carder avant d’être filé par les rouets mécaniques. Vous savez que le coton nous arrive au Canada dans des ballots entourés de cercles de fer. Lorsqu'on veut faire passer un ballot dans cette machine, on commence tout naturellement, par briser et enlever les cercles de fer qui l'entourent. Durant cette opération, il arrive quelquefois, qu’il reste aans le coton soit des bouts de cercles ou des clous qui passent dans la machine avec le coton, Vous avez peut-être vu fonutionner quelqu'une de ces machines. Le coton est jeté à l’une des extrémités comme les gerbes de blé dans un moulin à battre le grain, Une fois à l'intérieur, il est d'abord battu par des fléaux, puis attiré par une roue munie d’éventails qui tourne snr elle-même à raison de mille révolutions à la minute. Le coton sort par l’autre bout de la machine, en glissant sur une plaque en fer placée à une inclinaison de quarante cinq degrés. L'idée suggérée par Shortis était d’aimanter cette plaque de fer afin qu'elle pût attirer les morceaux de .:reles et les clous qui se trouvent parfois mêlés au coton. Shortis n’a pas prétendu être l’iuventeur de ce
système. Il affirmait l'avoir vu fonctionner en Irlande dans un moulin à farine qu'il avait visité et dans lequel, paraît-il, on se servait d’une plaque aimantée pour séparer de la farine les petits clous qui tombent dans les quarts lorsque l’on pose les couvercles.
Un moment de réflexion suffira pour nous convaincre que l'innovation suggérée par l'accusé, d appliquer cette plaque à la machine destinée à défaire les ballots de coton était absolument impratiquable.
Dans la machine du moulin à farine, la substance qui passait sur la plaque aimantée n'était qu’une poudre légère, et les petits clous tombés dans la farine étant directement en contact avec la plaque aimentée se trouvaient retenus par sa force d'attraction, mais dans la machine de la filature, c'était tout autre chose ; les clous dont on se sert pour lier ensemble les bouts Ù de cercles de fer sont beaucoup plus gros; ces clous, ainsi que les morceaux de cercles en passant sur la la plaque de fer sont supportés par le coton au moment ou il sort de la machine en lit continu de quatre à cinq pouces d'épaisseur. Comment ces clous et ces morceaux de fer pourraient-ils passer à travers le | coton pour aller se coller sur la plaque ? La chose ML est absurde. Supposez même que, par accident, le fall clou ou le morceau de fer se trouve en-dessous du lit DUR formé par le coton, quelle est la plaque assez fortement aimantée pour les retenir, surtout lorsque le coton descend dans une inclinaison de quarante-cinq degrés et qu'il est poussé par la force de propulsion irrésistible produit par une roue à palette tournant, nous dit le témoin, à raison de mille révolutions par
Ir-
‘Onapaire ble.
ince "une rine ntée mais OSe ; outs LoUS, r la MOatre
ces s le hose t, le u lit rtee le cinq n irant, Û par
minute ? Vous voyez bien que c'était un projet insensé. Aussi Mr Young, en homme sage qu'il était, n’en a-t-il tenu aucun compte. Îl n’en a pas même soufflé mot à Mr Sparrow, le mécanicien en chef de la filiature.
La seconde inspiration de l'accusé a été au sujet du compteur mécanique. “ Un jour, dit le témoin, j'étais “ à préparer les pièces d’un compteur qui devait mar- “ quer les quarts d'heure au moyen d’une clochette. “Ce compteur devait s'adapter à un métier ‘“ à fabriquer le tissu, et je voulais le régler de ‘“ manière à ce que la clochette sonnât chaque fois que “ cinq cent cinquante verges de tissu auraient été “ manufacturées. Shortis m'ayant vu au travail me “ demanda ce que je faisais. Je lui dis que je travail- “ lais à confectionner un compteur automatique. Il ‘“ me demanda si j'avais quelque objection à ce qu'il me ‘ fournît un plan. Je lui répondis que je n’en avais aucune. Quelque temps après il me montra un dessin qu'il avait préparé, mais cette esquisse n'était accompagnée d'aucun devis explicatif ; je le priai de “Je compléter en y ajoutant les explications néces- ‘“ saires. C'est ce qu'il fit Quelques jours plus tard “ Shortis me remit son plan avec toutes les sections ‘et ‘es explications demandées.”
Savez-vous ce qui est arrivé, Messieurs ? C’est que après avoir examiné ce plan, Mr Young, malgré les devis explicatifs et les sections que Shortis y avait ajoutés n'a pu rien y comprendre, et que Mr Young enterra le dessin de ce nouveau Vaucanson dans le fond de son tiroir d'où il n’a été extrai’ qu'aujourd'hui. Jusqu'à ce jour on avait traité ce dessin
ce
TN mm on en
or + er EP ne Sora
comme l'élucubration d'uu cerveau malade, mais ce matin, sous l'inspiration de Mr Simpson, ce dessin a été tiré du fond du tiroir où il dormait depuis douze mois, enterré sous une épaisse couche de poussière, pour l’apporter ici. On vous dit : ‘“ Regardez ce “ papier, voyez ce dessin. À première vue on pren- “ drait ces lignes baroques et enchevêtrées pour un “ griffonnage d'écolier, mais tout cela n’est qu’une “illusion ; contemplez-les avec respect, c'est l'œuvre “ d'un génie. Ilest vrai qu'à venir jusqu'à ce matin “ ce génie était ignoré par tout le monde, même par “ nous, mais depuis ce matin tous nos doutes sont dis- “ parus. C’est un génie, n'en doutez pas. ”
Et le ministère public appelle cela faire son devoir, venger la société outragée, punir un coupable et faire triompher la vertu.
O justice! que de crimes la fourberie affublée du manteau de la vertu n'a-t-elle pas commis en ton nom !
On dit à Mr Young: “Ce plan, ce dessin qui “ prouve tant d'intelligence chez l'accusé, expliquez- “ nous-le” “ Impossible ! nous dit-il, je n’y comprends “ rien. Il est vrai que moi aussi, je suis mécanicien, il “est vrai que j'ai réussi à faire ie compteur mé- “ canique qne j'avais commencé, lorsque Shortis me “ parla d’en faire un Ini-même et que ce compteur “ fonctionne à merveille, mais j'invoque mon incompé- “ tence et je déclare que je n’y comprends rien. Atten- “ dez cependant, je ne suis, moi, que l'humble précur- “ seur d’un plus grand que moi, attendez Mr Sparrow “ le mécanicien en chef et lui vous expliquera tout.”
s ce in à puis )OUSez ce renr un June uvre satin e par t dis-
evoir, faire
ée du ton
n qui quezrends ien, il méis me pteur mpé- A ttenrécur-
arrow tout.”
Messieurs, nous avons entendu M. Sparrow ; que nous a-t-il expliqué ? Rien. Il nous a dit que ce plan était un bon commencement, mais que, évidemment, il devait manquer des morceaux essentiels.
Messieurs, si à ce plan il manque des parties essentielles, ce plan n’est donc pas pratiquable. L'idée de Shortis était donc absurde. Dans une pièce de machinerie tout se tient, tout se supporte ; les pièces qui la composent doivent contribuer à former un tout harmonieux, et la moindre pièce joue son rôle et remplit sa partie dans l'harmonie de l’ensemble.
Que penseriez-vous d’un plan pour construire une horloge dans laquelle on omettrait deux ou trois roues ? Evidemment il n’y aurait pas d'horloge possible et le plan dans lequel on aurait omis ces parties essentielles deviendrait incompréhensible et absurde. C’est là exactement notre cas, Messieurs. J'ignore s’il s'en trouve parmi vous qui ont quelque connaissance de la mécanique, mais si par hasard vous avez quelques notions de cette science, apportez dans votre chambre de délibération ce plan produit par le témoin Young, et si vous parvenez à le comprendre, à saisir l’engencement des pièces, le fonctionnement de la machine projetée, nous consentirons, mes collègues et moi, à nous retirer de cette cause et à livrer Shortis sans défense à l’échafaud.
À part ce plan, nous dit Mr Young, l'accusé a prouvé son intelligence d’une autre manière, il a fait un calcul, un seul il est vrai, mais enfin il en a fait un et il s’est trouvé que ce calcul était exact.
Voici Shortis mathématicien maintenant.
Examinons ce calcul, Messieurs. Il s'agissait de sa-
PS D TOR PE mr MR
Gen DE
voir quelle était la production du travail fait dans un temps donné dans le département dont Mr Young est le contre-maître. Voici comment ce calcul devait se faire : 10 additionner ensemble le nombre d’écheveaux de coton employées dans un temps mentionné ; 20 diviser le total par le nombre de rouets en usage dans ce département, afin d'obtenir la quantité employée par chaque rouet ; 30 multiplier ce résultat par le nonbre total de rouets afin d’avoir la quantité de tous les rouets accumulés ; 4o diviser ce total par le nombre des boudins autour desquels s’enroule le fil manufacturé et qui doit servir à la confection du tissu ; ce résultat obtenu ; 50 prendre le poids moyen de chaque boudin en déduisant le poids du boudin lui-même, et enfin, additionner ensemble le nombre total des boudins afin d'avoir le poids total de tout le coton employé pendant le temps donné.
Cette opération nécessite l'emploi de trois des quatre règles simples de l’arithmétique, l'addition, la multiplication et la division. Je connais des enfants de huit ou neuf ans qui peuvent faire ce travail sañs difficulté. |
Remarquez bien que tous les éléments qui ont servi de base à ce calcul ont été fournis à l'accusé par Mr Young. C'est lui qui lui a donné le nombre des écheveaux, le nombre des rouets, le nombre des boudins, le poids moyen du fil enroulé autour de chaque boudin ; tout ce que l'accusé avait à faire, c'était de procéder à chacune des opérations que le témoin nous à lui-même indiquées. Maintenant, Masssicurs, est-ce l’accusé qui a fait la découverte de cette suite d'opérations ? Non, ce travail, nous dit Mr
Young, se trouve tout indiqué dans un livre que je lui avais prêté, “ Nesbitt’s Textile Book ; ” il n'avait qu'à suivre les indications conteïues dans ce livre. Ecoutez ce que dit le témoin :
“Q. Was not that problem one of those to be “ found in Nesbitt's Textile book ?
“R. Yes Sir. ”
Je traduis :
“ Q. Ce problème n'est-il pas un de ceux qu'on “ trouve dans le livre de Mr. Nesbitt sur l’art de fu- “ briquer les tissus ?
“R. Oui.
“ Q. Are there rules in this Textile book for work- “ ing out a problem of that kind ?
“KR. Yes, Sir.
“Q. Ce livre enseigne-t-il comment on doit s'y “ prendre pour faire un problème du genre de celui-ci ?
“KR. Oui.”
Vous voyez que son travail n'était pas difficile, l’accusé n'avait qu'à prendre les chiffres qu'il avait reçus de Mr Young. les additionner ou les multiplier sui-
vant les indications contenues dans le livre qu'il avait sous la main.
Je pourrais ajouter une autre observation :
Mr Young nous dit bien que l'accusé lui a apporté la solution du problème qu'il lui avait donné à faire et que cette solution s’est trouvée être correcte, mais il ne nous dit pas que les calculs ont été faits en sa présence. Au contraire, il nous informe que Shortis a fait ce travail chez lui. Alors où est la preuve que c'est bien lui qui l’a fait le calcul en question ?
Encore un mot avant de terminer avec ce témoin.
On lui demande :
“Q. Avez-vous jamais eu beaucoup de rapports “avec Shortis ?
“ R. Non, je n'en ai eu que très peu.
“ @. Lorsque vous lui parliez, quel était le sujet “ de vos conversations ?
“R. Lorsqu'il arrivait le matin je lui disais “ bon- “ jour.”
“ Q. Vous n'avez jamais eu aucun rapport avec lui “ en dehors de la salle de votre département ?
“R. Non.
“Q. Lorsqu'il vous a parlé de magnétiser la plaque “* de votre machine à ouvrir les balles de coton, com- “ bien de temps a duré la conversation ?
‘“ R. Peut-être cinq minutes.
“Q. Vous n'avez pas eu de conversation avec lui au “ sujet de son plan pour construire un compteur ?
“KR. Non, il m'a donné son plan et c’est tout.
“# Q. L'avez-vous jamais vu avec des revolvers dans “ ses poches ? |
“R. Oui, une fois, il est venu travailler et je me “ suis aperçu qu'il avait apporté deux revolvers char- “ gés. Il les avait laissés dans les poches de sa blouse “ de travail. J’ai découvert ces revolvers durant son “ absence pendant l'heure du diner. Il m'a demandé “ de les lui remettre et je les lui ai donnés le soir à ‘“ six heures.
“ Q. Vous ne vous êtes jamais beaucoup occupé de “ lui pendant qu'il était dans votre département ?
“KR. Non”
nOÏn.
ports
sujet bonec lui
laque , coM-
lui au r ?
s dans je me
charblouse
t son andé
soir à
Après Mr Young, nous avons eu Mr Sparrow, le mécanicien en chef de la filature.
Ce témoin, de même qe Mr Young n’a eu que très peu de relations avec l'accusé.
Il nous dit qu'il a eu l'avantage, lui aussi, de recevoir les inspirations de Shortis au sujet des machineries de l'établissement. Un jour Shortis lui apporta un plan lithographié annexé à une circulaire qu'il avait reçue de-quelque maison des Etats-Unis et lui fit la proposition de remplacer une partie de la force motrice de la filature par celle dont il lui montrait le modèle. Il s'agissait de rien moins que de faire disparaître les trois immenses chaudières qui sont installées dans la fabrique. C'était tout simplement vouloir révolutionner tout le système adopté par les propriétaires de la filature de Valleyfield et faire encourir aux actionnaires une dépense de quatre ou cinq mille dollars : une bagatelle, quoi ! Naturellement l’idée de Shortis toute précieuse qu’elle fût eut le sort réservé aux élucubrations des fous. Elle fut enterrée sous le voile du plus profond silence et c'est aujourd'hui seulement qu'on a découvert tout ce qu’il y avait de vraiment utile,et de précieusement avantageux dans cette idée lumineuse que dans le temps on a reçue avec une si complète indifiérence.
Le dessin du compteur à clochette rêvé par Shortis a été montré à M. Sparrow, mais il n’a pu en tirer aucun parti dans le temps, et lorsqu’à la demande du ministère public, Mr Sparrow a été requis par le tribunal d'étudier le plan de ce compteur que Mr Young avait produit devant vous, il a été forcé de vous déclarer
après plusieurs jours d'étude que ce dessin était incomplet et qu’il manquait à la machine des parties essentielles. Quelles sont les parties qui manquent, il n’en sait rien.
Voilà en substance ce que viennent nous dire Mr Young et Mr Sparrow.
Que résulte-t-il de ces deux témoignages ? C'est que ’accusé qui,tout imbécile moral et intellectuel qu'il fùt, pouvait fort bien s’imaginer être un mécanicien et un nventeur, leur a suggéré de faire des choses absnr'es et que tous deux ont traité ses projets comme les créations d’un idiot ou d'un cerveau malade.
Ici encore, je me vois dans la nécessité de répéte: l'observation que j'ai déjà faite tant de fois en discutant la contre-preuve de la poursuite. Mr Young nous dit qu'il ne s’est pas du tout occupé de Shortis pendant qu’il était dans son département. Mr Sparrow aflirmc qu'il l’a vu fréquemment, mais qu'il n'a eu que très peu de relations avec lui. Je comprends tout de même que la poursuite ait jugé important de faire venir ces deux témoins, le premier pour lui fournir l’occasion de produire les plans qui sont maintenant au dossier et le second pour tâcherde les lui faire expliquer; mais pourquoi a-t-on laissé dans l'ombre le sous-contremaitre Reid en compawnie duquel l'accusé a travaillé pendant trois mois ? Pourquoi toujours choisir ceux qui n'ont eu que peu d'occasion de l’observer, de converser avec lui,et pourquoi laisser de côté ceux au contact desquels il a vécu tous les jours pendant des mois entiers ?
Pourquoi ? Je vais vous le dire, c’est parce que pas un, non pas un seul des témoins qui l'ont connu intime-
ncomessenil n’en
ire Mr
est que vil fût, etun sn 'es me Îles
répéter scutant us dit endant affirroc rès peu me que es deux de proer et le s pourmaitre é pen- UX qui
verser ontact S mois
ue pas ntime-
Pi, | De
ment et qui ont eu des rapports journaliers avec lui n'oserait élever la voix pour le déclarer sain d'esprit.
On s’est bien donné garde de faire comparaître le sous-contremaitre Reid. C’est un honnête homme : il aurait fait la même déclaration qui est tombée des lèvres de toutes les personnes qui ont vécu avec l’uccusé, ou qui l'ont connu intimement ; il aurait dit, (il n'aurait pas pu s'empêcher de le dire): “ce garçon est un imbécile et un fou.”
Nous sommes rendus au témoignage de Mr MeGinnis. Un mot d'explication avant de parler de ce témoignage.
Mr MecGinnis a épousé il y a quelques années Mme A:derson, &iors veuve et mère de deux enfants, Mile Millie Anderson et Jack Anderson. Il paraît que Jepuis longtemps, à la suite de certaines difficultés que le premier mari de Mme McGinnis aurait eues avec Mr Simpson à propos de l'exécution ou de l’inexécution de certains contrats avec la filature de coton, Mr Simpson avait cessé ses relations non-seulement avec lui, mais même avec tous les membres de sa famille. Mr Anderson était mort, mais les rancunes de Mr Simpson étaient restées aussi vivaces que jamais. Inutile de vous dire que, d’un autre côté, dans la famille dont Mr McGinnis était devenu le chef, Mr. Simpson était loin d’être en odeur de sainteté.
Un jour ayant appris que l'accusé visitait cette famille, Mr Sinpson en conçut un tel dépit qu'il le fit venir à son bareau pour lui annoncer qu'à l’avenir il ne !‘i serait plus permis de travailler dans 1
DE or
fabrique dont il était le gérant et pour le prévenir qu'il eût à se chercher une autre occupation. L'accusé supplia Mr Simpson de ne pas lui retirer sa protection et promit de ne plus mettre les pieds chez Mr MecGinnis. Cette promesse cependant était plus facile à faire qu'à tenir; Shortis était devenu amoureux de Mlle Anderson, et malgré sa détermination d'obéir aux injonctions de Mr Simpson, force lui fut de céder aux désirs de revoir la femme qu'il aimait, et ses visites chez Mr. McGinnis recommencèrent comme de plus bel. Mr. Simpson apprit la chose et en devint furieux. Pour la seconde fois, il fit comparaître l'accusé devant lui, mais cette fois ce fut pour lui donner définitivement son congé. Vous vous rappelez la petite scène qui se passa lors de cette dernière entrevue. L’accusé renouvela sa demande d’un certificat pour faire attester sa bonne conduite et son assiduité au travail. Mr Simpson refusa tout net et Shortis dut s’eu aller sans avoir obtenu son certificat. Mr Simpson va même jusqu’à dire qu'en sortant de son bureau, Shortis lui a crié qu'il n'était pas un gentilhomme et que tôt ou tard il aurait son tour.
Ceci se passait vers la fin de décembre de l’année
Maintenant quelle était la nature des relations de Shortis avec Mr McGinnis ? Les visites de l'accusé et ses assiduités auprès de Mile Anderson étaient loin de plaire à Mr McGinnis. Plusieurs fois déjà il avait ouvertement manifesté son aversion pour ce jeune homme; mais de son côté Mile Anderson était. devenue amoureuse, de sorte que malgré lui et en dépit de ses répugnances, les visites de Shortis
révenir ‘accusé protechez Mr s facile oureux d'obéir fut de naik, et comme devint l'accusé er défi- , petite e, L'acur faire travail.
eu aller a mêine tis lui a ou tard
l'année
ions de l'accusé étaient déjà il pour ce iderson pré lui Shortis
continuaient plus régulières et plus assidues que jamais.
Maintenant revenons un instant à la déposition de Mr Simpson.
“ Vers la mi-janvier, nous dit-il, je fus averti que “ Mr McGinnis désirait me voir; je lui écrivis un “ mot l'invitant à venir à la filature. Mr MeGin- “ nis se rendit à mon invitation et se présenta à mon “ bureau le même jour. En arrivant, il tira de ses “ poches quatre revolvers qu'il déposa sur mon pu- “ pitre en me disant : * Mr Simpson, l’un de ces re- “ volvers m'appartient ; un autre appartient à Shortis “ qui l'a laissé sur le piano chez moi ; le troisième a “ été trouvé sous l’oreiller de Mlle Millie Anderson
.“ ma belle-fille, et le quatrième sous celui de Jack An-
“ derson, mon beau-fils Je viens vous avertir que “ Shortis m'a exprimé son intention de vous tuer en “tirant sur vous avec ces revolvers.” Le plan de “ Shortis tel que Mr McGinnis me l’a expliqué était
“ que Shortis devait coucher une nuit avec Jack An-
‘ derson, que durant cette nuit, il sortirait par une “ fenêtre et que Jack déclarerait sous serment qu'il “avait passé toute la nuit avec lui.” Mr Simpson ajoute : “ Mr McGinnis me donna à entendre que sa “ belle-fille, Millie Anderson et son beuu-fils Jack
“ Anderson, formaient partie de la conspiration.”
C’est dans le but de corroborer cette partie du récit de Mr Simpson que le ministère publie a demandé l'émission d’une commission rogatoire, afin d'aller prendre la déposition de Mr McGinnis à sa résidence à Valleyfield. Comme vous le savez, M. MecGinnis
relève à peine d’une sérieuse attaque de fièvre typhoïde qui le retient encore à la maison.
Messieurs nous avions si peu d’objections aux déclarations de ce témoin que c'est nous qui les premiers avons proposé qu'ilfût entendu devantuncommissaireenquêteur, au moyen d'une commission rogatoire. Lorsque nous fimes notre demande, on nous a dit que - Mr McGinnis était encore dans le délire de la fièvre, et bien malgré nous, il nous fallut attendre. Quoi qu'il en soit, cette déposition est maïntenant consignée au dossier, et qu'elle ait été obtenue à la demande du ministère publie ou sur notre initiative, il importe peu. Du moment qu’elle est devant nous, cela nous suffit ; nous en tirerons tout ce qui peut légitimement servir à notre cause.
Trois choses se présentent à notre observation : 10 Est-il vrai que l'accusé a déclaré à M. McGinnis qu'il avait l'intention de tirer sur M. Simpson à coups de revoiver et qu'il lui x demandé l'assistance de son concours pour l'exécution de ce dessein ? 20 Cette proposition était-elle sérieuse ? 30 M. McGinnis et M. Simpson lui-même ont-ils considéré cette proposition comme étant le projet sérieux d’un criminel qui agit avec pleine connuissance de cause, ou ne l'ont-ils pas plutôt traitée comme l’élucubration d’un aliéné incapable d'apprécier la portée de ses folles conceptions ?
Permettez-moi de référer à la déposition même de M. McGinnis.
“ J'étais, dit-il, dans l'étage supérieur de ma maison, “ Jack m'appela au salon. Je descendis, et là en sa pré- “ sence, Shortis me dit : “ Que pensez-vous de l’idée que
“ j'ai de donner une bonne rossée à Simpson ?”—Je lui “ répondis que çà ne im'intéressait en aucune manière
P , ali “ mais que ça ne serait peut-être pas un mal. Shortis
oïde
niers “ ajouta : “ Que penseriez-vous de l'idée de le farcir
aire- “ avec du plomb froid ?” Puis il me demanda si je
oire. “ consentirais à prouver un «libi dans le cas où il se
; que “ chargerait de cette opération. Je lui répondis : “ Bien | èvre, “ sûr que non, jamais de la vie.”
Quoi “Q. Vous a:t-il expliqué de quelle manière il en-
Het “tendait vous faire jurer cet alibi 77 à la Faire la preuve d’un «libi, c'est prouver que celui ù de qu’on accuse d’un crime n'a pas pu commettre le crime
nous qu’on lui attribue, parce qu'il n’était pas sur les lieux nt lé- ; au moment de l'attentat.
Voici la réponse du témoin :
Em
tion : “R. Il m'a simplement demandé si je consentirais à qu'il “ faire la preuve de l'alibi, et sur ma réponse négative | ps de “il me dit : “ Votre conscience n’est pas suffisamment 1 556 ‘élastique, je suppose." C'est là tout ce qui s'est dit Î Sposi- : entre nous à ce sujet. Jack était présent. Il a enimp- 6 tendu la conversation, mails il ny a pri aucune pars Lition et aucune proposition ne lui a été faite de se mêler à agit TA gere affaire. nr 8 pas \ ‘Q. Shortis a-t-il suggéré l’idée de coucher chez tons vous le soir durant lequel Ia chose se ferait ? she ? ‘ “R. Non—Et je n'ai jamais dit à M. Simpson que Shortis m'avait proposé pareille chose. Je n'ai e de “ jamais écrit de lettre à M. Simpson comme il l'a
“affirmé dans sa déposition. Je l'ai fait avertir par
* “ Joseph St-Onge de l’hôtel Queen, de Valleyfield, et A1SON, . . ‘ +
| * M. Simpson m'a prié par lettre d'aller le voir-j'ai Li
“ sa lettre ici. Elle est datée du 23 janvier 1895. Il | ji
ET ANA RENE TNA ) Re RE MONTE PRO CARTER F AE |
RE
‘“ est faux également que j'aie apporté au bureau de “M. Simpson quatre revolvers tous chargés comme il ‘“ l'a juré. J'ai apporté trois revolvers et non pas “ quatre, et deux de ces revolvers seulement étaient “ chargés, le troisième ne l'était pas. Je lui ai dit que “ ina femme en avait trouvé un dans le lit de Jack, ‘un autre dans la chambre de Millie et le troisième “ quelque part au deuxième étage de la maison. L'un “ de ces revolvers appartenait à Shortis et un autre “ était dans la maison depuis longtemps. Dans la ‘“ même occasion, je lui ai dit que, comme ce garçon “ Shortis était un détraqué, il se pourrait qu'il fit du ‘“ mal a quelqu'un avec ces revolvers. M. Simpson m'a ‘ fait la même observation lui aussi. Il m'a dit qu’il le “ connaissait pour un détraqué.
“ Ztold him the fellow was not all there, and he ‘ might do some harm, and Mr Simpson said the same “ himself, that there was a screw loose in him.
“ Q. Vous avez dit à M. Simpson que Mme McGinnis “ vous avait informé que l'un de ces revolvers avait “ été trouvé dans la chambre de Mile Anderson ?
“R. Oui, je lui ai dit que ma femme avait trouvé “ ce revolver sur une étagère ou sur une table dans “ la chambre de Mlle Anderson.
“ Q. Shortis vous a-t-il expliqué de quelle manière “ il entendait vous faire prouver son œlibi ?
“R. Non.
“ Q. Shortis a-t-il paru comprendre que c'était mal “ de faire une pareille chose ?
“ R. Je ne pourrais pas l’affirmer. Il se croyait tout “ permis. C'était là sa manière d'apprécier les choses.
“ Q. Etait-ce pour cette raison là que vous le conâi- “ dériez comme étant un détraqué ?
em
a de ne il pas ent , que Jack, ièmne L'un autre ns la arçon tit du n ma u’il le
nd he
» same
innis
| avait ?
rouvé
dans
anière
it mal
t tout hoses.
conëi-
“R. J'ai toujours dit que ce garçon était fou. J’ai “ dit cela dès les premiers temps que je l’ai connu.
“ Q. S'est-il jamais plaint devant vous qu'il souffrait “ de maux de tête ?
“R. Non. Nos rapports n'étaient pas assez amicaux “ pour qu'il me parlât de ses maux de tête.
“ Q. Après cette proposition de la part de Shortis “ de tuer M. Simpson, avez-vous conseillé à votre “ femme de ne pas permettre à Shortis de visiter sa “ fille Mile Millie et son fils Jack Anderson ?
“R. Je crois lui avoir dit qu’elle ne devrait pas “ Jaisser sa fille sortir dans les rues avec un lunatique.
‘“ Q. Tout naturellement vous avez pris pour le rêve “ d’un fou l’idée de Shortis de tuer Mr Simpson ?
“R. Oui, j'ai considéré cette idée de Shortis de tuer “ cet homme sans motif comme étant la conception “ d’un lunatique. |
“ Q. Aviez-vous été informé dans le temps que M.
“ Simpson avait défendu à Shortis de visiter votre “ maison ?
“R. Oui.
“ Q. Shortis vous a-t-il paru froissé de cette injonc- “ tion de la part de M. Simpson ?
“R. Non, pas du tout. Il a continué 4 venir tout “ de même.
“Q. Aviez-vous recommandé à Mme MecGinnis “de ne ne pas permettre à Shortis de venir chez “ vous ?
“R. Oui, bien des fois, je ne voulais pas le voir “ chez moi.”
Interrogé de la part de la défense, M. MeGinnis répond comine suit :
te :f | TR À.
“Q. Etait-ce lors des premières visites de Shortis ‘“ ou plus tard que vous avez exprimé votre détermi- “ nation de ne pas le laisser visiter votre maison ?
“ R. C’est à l’époque de ses premières visites. Il y ‘avait à p’ine une semaine qu'il avait commencé à “ venir, lorsque j'ai dit à Madame McGinnis que je ne voulais pas le voir dans la maison.
“Q. La maison où vous demeurez vous appartientelle, à vous ?
“R. Non, elle appartient à ma femme et à ses enfants. :
“Q. Quelle était la cause de votre aversion pour “ Shortis ?
“ R. Je vais vous le dire. La première fois que j'ai “rencontré Shortis, c'était dans une expédition de “ chasse, Jack était avec nous. Nous étions partis “tous trois en canot pour faire la chasse aux canards, En approchant d’une île, un chasseur en voulant ‘“ tuer des canards tira par accident de notre côté et “ quelques plombs vinrent frapper notre canot. D'un “ bond, Shortis se leva dans le canot, son fusil à la “ main et jura qu’il allait brûler la cervelle de cet “homme. Je lui dis : “ Shortis vous feriez mieux de “ vous asseoir. Il n’y a pas plus de danger pour vous “qu’il y en a pour Jack et pour moi.” Malgré mes “ supplications, il continua de faire un tapage tel que “ je jugeai prudent de m'en revenir à la maison le “ plus tôt possible. En arrivant chez moi, je dis à * Madame McGinnis et à Mademoiselle Anderson que “ je ne voulais plus rien avoir à faire avec ce garçon-là.
“Q. Vous a-t-il paru excité dans le monent :
“R. Il était en fureur ; il jurait. Il a saisi sa ca-
ès enpour
1e j'ai on de partis ards, ulant ôté et D'un ] à lu le cet eux de
vous é mes el que son le
dis à n que on-là.
sa Ca-
“ rabine pour tirer sir le chassenr, mais je lui ai or- “ donné de s'asseoir.
“ Ce garçon était dangereux, il n'était pas prudent “ de compter sur lui. Souvent il amenait Jack avec “ lui et s’'amusait à tirer dans les portes de ma grange “au moment ou j'avais à y entrer.
“ Lorsqu'il venait à la maison, je m'éloignais de lui, “ j'évitais son contact. J'éprouvais un sentiment “ d’aversion pour lui et je fuyais sa compagnie.
“ Q. Lors de l'affaire Simpson, Shortis vous a d'a- ‘“ bord parlé de‘donner une rossée à Simpson, c'est-à- “ dire de le battre, n'est-ce pas ?
“R. Oui.
“ Q. Ce n'est qu'après votre réponse à cette pre- “ mière propositiou, qu’il vous a parlé de tirer sur lui “et de le farcir avec du plomb ?
‘ Oui. ;
“ À la date de cette conversatlon, Shortis savait-il “ que vous le détestiez ?
“R. Oui, il savait qu'il était détesté par ma femme “et par moi.
“ Q. Lorsqu'il a voulu tirer sur le chasseur, savait- “il sur qui il allait tirer ; connaissait-il cet homme ?
“R. Non, aucun de nous ne le connaissait.
“ Q. Est-il à votre ecnnaissance que Shortis était d dun l'habitude de porter des revolvers et de tirer
‘ au hasard dans les rues ?
“R. Oui.’
Messieurs les jurés, l’accusé lorsqu'il a demandé à M. MeGinnis ce qu’il pensait de l’idée de farcir M. Simpson avec du plomb avait-il réellement l’inten-
tion de tuer M. Simpson ! Je ne le crois pas. Si réellement il eût eu un pureil dessein, il aurait certainement mieux choisi son complice, si tant est qu'il eût eu besoin d'un complice. M. McGinnis est un homme respectable qui n’a jamais commis de crime ; c’est un citoyen qui jouit de l’estime de tout le monde ; quelle probabilité y avait-il qu'il eût voulu consentir à devenir le complice d’un meurtrier surtout si ce meurtrier était Shortis ? De son côté l'accusé, tout fou qu'il est, devait aisément s'imaginer que M. McGinnis ne consentirait jamais à se mêler à une pareille affaire. Et puis, s’il eût été sérieux, pensez-vous qu’il aurait été faire une telle proposition à un homme qui le détestait et qui ne pouvait manquer de le dénoncer ?
On nous dit: Mais l'accusé savait que M. McGinnis n’était pas en bons termes avec M. Simpson et luimême avait été congédié par Mr Simpson quelques semaines auparavant. Mais peut-on sérieusement invoquer de pareils motifs pour expliquer le projet de commettre un meurtre ?
Et remarquez bien que la première idée exprimée par Shortis n’est pas de tuer M. Simpson, mais de le battre. Ce n’est qu'un instant après, qu'il parle de “ le farcir avec du plomb froid” pour me servir de sa propre expression.
Vous voyez bien que ce langage était celui d’un fou. C'était chose toute naturelle pour Shortis de parler de revolvers et de plomb ; l’idée des armes à feu est celle qui prédomine constamment dans son esprit.
Mais il y a plus, les deux iueilleurs juges des irtentions de Shortis étaient incontestablement M. MeGinnis et M. Simpson, or qu'est-il arrivé? C'est que ni
l'un ni l’autre n'ont cru que Shortis était sérieux, mais, en revanche, (et ici la preuve est claire et concluante), tons deux l'ont pris pour un maniaque dangereux, je dis tous deux, je devrais inclure Madame McGinnis et dire tous trois, car Madame McGinnis, si j'en juge pur les paroles que son mari nous a rapportées, a parlé exactement comme lui. M. McGinnis nous a dit qu'il avait été prévenir M. Simpson, non pas parcequ'il craîgnait que l'accusé ne commiît un meurtre, mais parce qu’il le considérait comme un fou dangereux. Permettez-moi de vous citer les paroles mêmes dont il s'est servi :
“ Q. Of course, you regarded this proposal to kill © Mr Simpson, as a mad proposal ?
“R. Z thought it was the idea. of a madman, to “ want to shoot « man for nothing.”
Je traduis :
# Q. Naturellement, vous avez considéré que cette “ proposition de tuer M. Simpson n'était que l’élucu- ‘bration d’un fou ?
“ R. J'ai pensé que c'était l’idée d’un fou. Il n’y “ a qu'un fou qui pouvait songer à tuer un homme ‘“ sans raison.”
Maintenant, lorsqu'il va parler de la chose à Mr
Simpson, que fait-il ? Il apporte avec lui trois revol-
vers, (Mr Simpson a dit quatre, mais qu'importe, le nombre y fait peu de chose), pourquoi Messieurs ? Etait-ce pour prouver à Mr Simpson que Shortis avait préparé ses armes pour le tuer ? Non, mais pour démontrer à Mr Simpson que ce garçon était un fou, un maniaque dangereux. De quel langage se
am EM Em a STE
sert-il lors de cette entrevue ? Je cite textuellement : “I told Mr Simpson that the fellow was not all “there, and that he might do some harm.” “J'ai dit “à Mr Simpson que ce garçon n'avait pas son esprit “à lui et qu'il pourruit bien lui arriver de faire du “mal à quelqu'un.”
Quelle a été la réponse de Mr Simpson à cette observation de Mr McGinnis ?
“ Mr. Simpson said the same himself‘ that there “was a screw loose in him.”
“ Mr Simpson m'a répété la même chose, il m'« dit “ que Shortis avait quelque chose de dérangé dans le “ cerveau.”
Voilà qui est bien clair, n'est-ce pas ? Cependant ce n’est pas tout encore.
Messieurs, vous connaissez la loi. Vous savez que si quelqu'un profère contre vous des menaces qui sont de nature à vous faire redouter un mal corporel, et à plus forte raison, si ces menaces vous font craindre pour votre vie, vous pouvez déposer une plainte devant un juge de paix dont le devoir sera de faire arrêter immédiatement celui qui vous a menacé. Vous savez également que l’inculpé, si votre plainte est réellement fondée, n'aura d'autre moyen de reconquérir sa liberté qu’en produisant deux cautions solvables qui se porteront forts pour lui et garantiront sa bonne conduite pendant six ou douze mois. Mr Simpson qui est juge de paix ne pouvait ignorer cette disposition de la loi. Eh bien, qu'a-t-il fait ? Assurément, s’il a cru aux paroles de Shortis, il a pensé que ses jours étaient compromis ou sa personne en danger, il a dû sc hâter d'aller déposer une plainte ;
ent :
t all ii dit prit re du
cette there
a dit ins Le
dant
que si i sont ,età indre ainte faire nacé.
ninte de tions Yan ois.
horer ait ?
il a onne nte;
Non, il n’en a rien fait. Il se contente de faire venir le constable Miron à qui il remet les revolvers apportés par Mr MeGinnis et il fait avertir Shortis d'avoir à quitter Valleyfield.
Mr Simpson a-t-il fait arrêter Shortis ? Non.
Vous voyez bien, Messieurs, que Mr Simpson n'a pas pris au sérieux les prétendues menaces ri portées par McGinnis. Il ÿy a une chose cependant qu'il a prise au sérieux, c'est l'observation que lui avait faite Mr McGinnis en lui disant que ce gurçon était un détraqué et un maniaque dont les poches étaient constamment remplies d'armes à feu, qu'il y avait du danger à le laisser faire à sa guise et qu'il était prudent de s'en débarrasser. Cette partie-là de la déclaration de Mr McGinnis, Mr Simpson l’a cru sérieuse, et c’est pour cela qu'il à cherché à prendre les moyens de débarrasser la ville de cet hôte excentrique et dangereux que tout le monde appelait “ le grand fou.”
Mr Simpson a fait tout ce qu'il a pu ici pour donner une autre couleur à cette affaire ; il a même parlé de conspiration entre Shortis et les membres de la famille Anderson, dans le but de lui ôter la vie. Si les soupçons de Mr Simpson étaient réels, raison de plus alors pour faire arrêter Shortis et ceux qui avaient conspiré avec lui. Il n’en fait rien, cependant : Ceci se passait le 24 janvier dernier et Shortis est resté en liberté jusqu’après la tragédie du ler mars.
Toute cette histoire vous a été rapportée dans le but de produire sur vous la même impression qu'on a espéré obtenir au moyen de l'affaire du mandat sur le bureau des postes. On a voulu soulever vos pré-
jugés et tromper vos consciences. On s'est dit : Par l'affaire du bureau des postes, nous allons prouver oue Shortis est un voleur, et par l'affaire Simpson nous nous efforcerons de faire croire aux jurés que c'est un assassin. Les jurés sont naëiurellement peu enclins à favoriser l'accusé ; ils croiront tout ce que nous leur demanderons de croire, et entre ces deux affaires et la tragédie du ler mars, il n’y a qu’un pas que nous leur ferons aisément franchir.
Messieurs, je vous ai démontré que l'affaire du bureau des postes était une tentative injuste et malhonnête de fuire passer Shortis pour un voleur, et que de toute cette affaire il ne résultait absolument aucune preuve dont on pñt se prévaloir contre l'accusé. Je n'en dirai pas davantage. Dans l'affaire Simpson, je vous ai démontré non seulement par les paroles, mais plus encore par les actes de Mr McGinnis et de Mr Simpson que ni l’un ni l’autre n’avait cru aux prétendues menaces de Shortis, mais que tous deux l'avaient considéré comme un fou et un maniaque dangereux. Dans l'appréciation de cette dernière affaire, je ne puis vous offrir de meilleurs guides que ces deux Messieurs qui tous deux sont les ennemis de Shortis et qui malgré leur antipathie ont cependant été forcés soit par leurs paroles, soit par leurs actes, de faire l'aveu que l'accusé est un lunatique.
Eh quoi! Messieurs, voilà un homime qui sait que deux ou trois personnes conspirent contre lui: Sa vie est en danger. (C’est son pire ennemi qui vient l'avertir, et il ne fait rien pour se protéger ! Il laisse en liberté l'homme qui x menacé de le tuer!
Vous voyez bien que de cette tentative absurde, de
it : Par ver que impson rés que ent peu t ce que es deux d'un pas
e du bumalhon- + que de aucune usé. Je npson, je les, mais t de Mr x prétenl'avaient ngereux.
e ne puis essieurs qui malsoit par aveu que
sait que : Sa vie i vient Il laisse
surde, de
cette menace imaginaire, M. Simpson n'a pas cru le premier mot. Il a pensé comme M. McGinnis que Shortis était un fou qui pouvait devenir dangereux à ses heures, et c'est pour cela, et pour cela seulement, qu'il a voulu l’éloigner de Valleyfield.
Ah ! plût à Dieu qu'il eût poursuivi son dessein et rempli son devoir de Juge de paix comme il était tenu de le faire: il aurait évité l’affreux malheur qui a porté le deuil et le désespoir dans deux braves familles de Valleyfield et il aurait prévenu les afflictions et les douleurs si profondes dont nous avons été les temoins jusqu'au pied de ce tribunal.
Je laisse de côté la déposition du jeune MeVicar et de quelques autres témoins de moindre importance qui n'ont pas parlé de l’état d'esprit de l'accusé et dont le témoignage a plus particulièrement trait aux incidents de la tragédie du ler mars. J'aurai occasion, du reste, de référer à ces témoignages un peu plus tard
Je prends immédiatement la déposition du dernier témoin entendu à la demande du ministère public, je veux parler de M. Gault.
M. Gault est le président de la compagnie appelée “The Montreal Cotton Factory ” dont M. Simpson est le gérant à Valleyfield. |
Lorsque Shortis se vit dénoncé par M. McGinnis et par M. Simpson, il écrivit à M. Gault une lettre dans laquelle il se défend contre l'accusation qu'on a osé proférer contre lui, et que dans cette lettre, il qualifie de ridicule. Le ministère public a voulu démontrer par cette lettre que Shortis avait fait
preuve dans les explications qu'elle contient d’une intelligence remarquable.
Bien que cette lettre vous ait été lue, j'aurai occasion de vous la lire une fois encore lorsque je discuterai le témoignage des experts.
Comme je vous l'ai dit hier, M. Gault affirme que les premiers mots du cablegramme qu'il a envoyé à la mère de l'accusé étaient ; “ Madame, votre fils doit être fou ”’——‘" your son must be crazy,” et comme il ne vouluit pas faire mourir cette pauvre mère sous le coup de l'émotion, au lieu de lui dévoiler toute l'affreuse vérité, il continua son cablegramme en ces termes :
“ He has been using a pistol rather freely and has done serious, if not fatal injury.
Il s’est servi d'un pistolet avec trop de liberté et “il à blessé quelqu'un sérieusement, peut-être même “ fatalement.”
Messieurs, vous avez maintenant toute la preuve faite de part et d'autre sur l'état d'esprit de l'accusé,
Après avoir entendu les témoignages de la défense, les quatre experts appelés à vous faire connaître leurs conclusions vous ont dit : “Ce jeune homme est un ‘“ imbécile moral et intellectuel : de plus, c'est un “ maniaque homicide impulsif. Dans certains mo- “ ments, il est instinctivement et irrésistiblement “ entraîné à fâire des actes repréhensibles et même à “ donner la mort.”
Les quatre experts ont été unanimes. Il existe différentes catégories de fous, mais tous les quatre ‘sont tombés d'accord à classifier l'accusé parmi les imbéciles et les maniaques homicides impulsifs.
it d’une
ai OCCAdisvute-
me que oyé à la Als doit me il ne sous le l’affreutermes :
and has
iberté et re même
preuve l'accusé.
défense, tre leurs » est un c'est un ins mOblement même à
| existe
quatre srmi les
Te roue CHAR FI CES
Messieurs, je tiens à la main un livre qui a été publié il y a déjà une vingtaine d'années par une des lumières de la science médico-légale, je veux parler du célèbre aliéniste Legrand du Saulle. Assurément ce livre n’a pas été écrit pour la cause qui nous occupe, Voulez-vous entendre lire le portrait descriptif de Shortis, non pas une peinture vague ou plus ou moins définie, mais son portrait pris sur le vif, rendu trait pour trait ? Ecoutez la description que je trouve dans ce livre :
“ Pour caractériser la monomanie instinctive, il “ faut tout un ensemble de signes cliniques parmi “ lesquels se trouve l'impulsion muladive qui pousse à
“ l'acte malfaisant.”
“ La grande cause qui domine toute l'histoire de la “ monomanie instinctive, c'est la prédisposition héré- “ ditaire.”
“ La puberté, les émotions morales vives peuvent “ bien dans certains cas jouer le rôle de cœuses occa- “ gonnelles ; elles favorisent l'apparition de la mala- “ die. Il faut donc toujours rechercher dans les fa- “ milles des monomaniaques les conditions qui peuvent “ donner naissance à la folie héréditaire. Dans l’im- “ mense majorité des cas, on trouvera parmi les ascen- “ dants des névropathes, des aliénés, des épileptiques “ ou des alcoolisés.”
Voilà pour l’hérédité.
Ecoutez maintenant comment le célèbre docteur décrit les traits caractéristiques de ces fous impulsifs :
“ Les fous impulsifs sont généralement d'un tem- | 19
“ pérament nerveux ; ils sont sujets à des douleurs “ névralgiques, à des maux de téle, à des anæiétés “ précordiales, en un mot à tout ce cortège de phéno- ‘“ mènes douloureux, bizarres et mal définis qui ‘accompagnent l’état névropathique.”
“ Leur caractère est irrégulier, insuisissable, triste “ow gai sans motif ; ils ont pour les personnes qui “ les entourent des sentiments d'affection exagérée ou “ d'antipathie que rien ne saurait expliquer. Etres “ sensibles et émotifs, is réagissent contre toutes Les ‘impressions d'une façon exagérée et imprévue ; un “ rien les trrite, un rien les apaise ; leur tendresse “ se change en haine pour un mot et la mobilité de « leurs sentiments rend leur commerce extrémement “ difficile. Ils sont toujours insubordonnés, irrita- “ bles, utopistes et puradoxaux. Avec des aptitudes “ intellectuelles d'une étendue très variable, ils ont “ Le jugement fuux et les instincts égoïistes très déve- “ loppés.
“ Dès leur plus tendre enfance, on Les voit donner “ des preuves d'une cruauté précoce, ils se plaisent à “ martyriser les animaux et à faire souffrir leurs “jeunes camarades. Ces étres névropathiques sont “ sujets à des impulsions instinctives qui reviennent “ périodiquement à des époques plus ow moins rap- “ prochées. Tantôt elles poussent le malude à com- “ mettre des actes puérils ou extravagants, tantôt au « contraire, elles Lui font commettre des actes malfai- “ sants où criminels.
“ Au moment où l'impulsion va se produire, le “ malade est ordinairement en proie à un sentiment! ‘“ d'angoisse et d'anænété précordiale extrémement pé-
uleurs næiétés phénois qui
>, triste nes qui érée Où , Etres utes Les ue ; UN ndresse ilité de mement irritaptitudes
ils ont
ès déve-
donner isent à r leurs es sont Lennent ne ra pà comntôt au \alfai-
ire, le timen!
ent pé-
“ mible, \ éprouve une céphalalgqie intense, ses artères “ temporales battent avec violence.
“« L'impulsion peut étre subite et l'ucte accompli “aussitôt que conçu. La volonté est subjuguée tout « d'un coup el l'ucte est exécuté sans avoir été l'objet « d'une délibératun mentale.
“ Tel est le cas de cette dame dont parle Mare (tom, ler, p. 252) qui, s'étant assise devant sa porte, s'oc- “ cupait tranquillement à coudre : “ Tout à coup elle se lève brusquement s'écrie: “ Il faut que je me noie, et elle va 8e précipiter dans un fossé voisin. On l’a retirée de l’eau à moitié asphyxiée. Le lendemain elle raconte qu'elle n'avait aucun motif pour attenter à ses jours et qu'elle ne sait pas comment “ Lui est venue l'idée extravagante de se jeter à l’eau.”
Reprenons cette description afin de comparer les traits décrits par l'auteur avec ceux que l’on trouve chez l'accusé.
“ La grande cause qui domine toute l’histoire de la ‘ monomanie instinctive, dit l'auteur, c'est la prédispo- “ sition héréditaire.”
Messieurs, ai-je besoin de vous rappeler les noms de Mr John Shea, le gérant de l'asile de Clonmel, du docteur Joseph Crean et du docteur William G. Hastings, le premier, médecin, et le second surintendant du même asile de Clonmel,qui vous ont fait l'historique de six des membres de la famille Shortis tous atteints d'aliénation mentale ?
“ La puberté, les émotions morales vives peuvent “ jouer le rôle de causes occasionnelles.”
Vous n'avez pas oublié les déclarations de la mère de l'accusé. “ À douze ans, nous dit-elle, son tempé- “rament a changé complètement : il est devenu “ très violent.”
C’est le développement de la folie dû à la puberté.
“ Les fous impulsifs, continue Legrand Du Saulle, “ sont d’un tempérament nerveux, ils sont sujets à “ des douleurs névralgiques et à des maux de tête”
Madame Shortis nous dit :
“Il se plaignait fréquemment d’éprouver de “ violents maux des tête.... Pendant tout le temps “qu'al a été à Clongoes, il s’est plaint du mal de “ tête.”
“ À de certains intervalles, uous a dit le frère ‘“ Dunn, pendant des périodes variant de deux à trois ‘“ jours, il se plaignait de maux de tête.”
J p'aig
Mr-Cunningham, son précepteur privé, nous dit la même chose. R
“Il se plaignait fréquemment d'éprouver des ‘“ maux de tête, dit John A. Ryan”
Madame Mulcahey se sert exactement des mêmes expressions.
“ Il se promenait nu-pieds dans les couloirs con- “ duisant à son cabinet dans l’Atlantic Chambers, dit “ Mr le capitaine Mathews, parce que ça lui faisait du “ bien à la tête.”
mère empé-
evenu 1berté.
Saulle, jets à tête” rer de
, temps mal de
e frère à trois
is dit la
er des
mêmes
rs COnpers, dit sait du
“ Je l'ai souvent entendu se plaindre et dire qu'il “ souffrait du mal de tête, dit Jack Anderson. Il ajoute : “ le soir du ler mars, il se plaignait d'avoir “ mal à la tête.”
Mlle Millie Anderson jure la même chose.
On pose à Mr Robertson, le premier témoin du ministère public, entendu en contre-preuve, la question suivante :
“ Q. Avez-vous jamais entendu Shortis se plaindre “ qu'il souffrait du mal de tête ?
“ R. Oui, une fois il a été obligé de s'absenter une “ demi-journée parce qu'il souffrait du mal de tête. ”
C’est un témoin de la poursuite qui nous dit cela.
Mon savant ami, Mr MacMaster, a demandé au docteur Sutherland si l'accusé avait jamais requis ses soius comme médecin pour le mal de tête, et le docteur a répondu que non. S’ensuit-il, Messieurs, que parce que Shortis n’a pus été voir le docteur au sujet de cette maladie, il n'éprouva:c jamais de maux de tête ? Il arrive assez rarement qu'on aille voir un médecin simplement parce qu’on souffre du mal de tête. Mais pour l'accusé, il existait une excellente raison de n’en pas aller consulter. Chez lui, cette maladie revenait périodiquement. Il en avait souffert toute sa vie et les remèdes n'y pouvaient rien. Vous vous rappelez sa réponse à Jack Anderson, qui vouluit aller lui chercher une iotion pour le soulager. durant l’attaque dont il souffrait le soir du premier de mars
dernier : “ C’est inutile, dit Shortis, le inal est à l’in- “ térieur du crâne ; les remèdes ne peuvent rien y “ faire.”
Ce n'était pas la première fois qu'il éprouvait ces douleurs névralgiques ; il en avait souffert toute sa vie. Il avait dû essayer bien des remèdes auparavant, et lorsqu'il disait à Jack Anderson que les remèdes étaient inutiles, il parlsit sans nul doute d’après l'expérience qu'il avait acquise.
Pourquoi alors, lorsqu'il éprouvait ces maux de têteaurait-il été consulter le docteur Sutherland, qui assurément n'était pas plus renseigné que les médecins d'Irlande, et qui très probablement (du moins il pouvait raisonnablement le croire), ne possédait pas plus qu'eux le secret de le guérir de sa céphalalgie.
Et puis, le mimistère public va-t-1l oser mettre en
doute le témoignage de Mr Robertson, son propre témoin ?
La preuve que Shortis soutfrait périodiquement de maux de tête est établie d’une manière irréfutable et ne peut laisser de doute dans vos esprits.
Poursuivons.
L'auteur dit : “ Les fous impulsifs sont, sujets à des anxiétés précordiales.”
C'est l’état dans lequel Shortis a été vu fréquemment pur le frère Dunn et par le jeune Ryan. C'est l’état décrit par Mr Brett lorsqu'il a vu l'accusé tout excité eb se promenant de long en large dans la salle des rafruîchissements de la gare, à la jonction du chemin de fer de Waterford. C'est éga-
] l'inen y
)r'OU- 1ffert èdes i que loute
tôteassulecins ns il t pas gle.
re en ropre
ment itable
jets à
uem- C’est ceusé large », à la t éga-
aë si
lement l’état dans lequel il était dans le salon chez Mile Anderson, le soir de la tragédie.
“ Leur caractère, continue l’auteur, est irrégulier, “ insaisissable, triste ou gai sans motif ; ils ont pour “les personnes qui les entourent des sentiments “ d'affection exagérée ou d’antipathie que rien ne “ saurait expliquer.”
John Henry Farrell nous dit : “ J'ai été son cama- “rade d'école pendant trois ou quatre ans. Son “* caractère était extrêmement variable, un moment “al était mon ami dévoué et le moment d'après, mon “ plus grand ennemi, et celu sans raison.”
“ Un moment, dit Malone, il nous parlait d'une “ manière sensée, quelques instants après il devenait “ furieux.”
“ Par moments il était très agréable, dit la fille “ Maher, mais l'instant d'après, il se mettait à chanter “ et se conduisait comme un fou.”
Patrick Sullivan dit la même chose.
“ C'était un jeune homme dont les habitudes ‘“ étaient des plus singulières et souvent tout à fait “ étranges, dit le sergent Wilson. Dans de certains “moments il était désordonné et indomptable ; il “ n'était plus le même. On aurait dit qu'il était sujet “ à des attaques qui lui enlevaient l'usage de sa raison.”
À “ C'est un jeune homme excentrique, d’un caractère
‘ mobile et changeant, dit David J, O’Brien,”
“ Quelquefois, dit le témoin Hearn, il me faisait mettre la selle sur le dos de son pony,en me disant “ qu'il était pressé de sortir. Il montaît à cheval et “ redescendrat immédiatement sans aucune raison et partait à courir à travers le jardin en criant de “ toutes ses forces.”
“ Avec des aptitudes intellectuelles d'une étendue “ variable, continue l’auteur, s ont le jugement “faux.”
Ceci vous explique les projets insensés qu’il a proposés à Mr Voung et à Mr Sparrow, son plan de changer la plus grande partie du système produisant
la force motrice de la fabrique, sa conception irréali- | sable d'un compteur automatique, son idée d’une plaque aimantée pour arrêter au passage les morceaux de cercle de fer et les clous dans la machine à ouvrir les balles de coton, son appréciation absurde des caractères du roman “ Le docteur Jykill et monsieur Hyde.”
D udl Pme mers ee
; \f | ‘“ Ils ont les instincts égoïstes très développés, dit A “ encore le docteur Legrand Du Saulle.”
“ Shortis, dit Wm. George Todd, avait une très
“ haute idée de lui-même. Il se croyait le droit de
En “ gouverner tout le monde « de donner des ordres à ta “ droite et à gauche.”
“ I] crachait sur les personnes qu'il rencontrait, dit “ le jeune Bury.”
Plusieurs autres témoins parlent de lui dans le même sens.
“ Dès leur plus tendre enfance, continue l’auteur, “ on les voit donner des preuves d'une cruauté pré- “ coce. Ils se plaisent à martyriser les animaux et “ à faire souffrir leurs jeunes camarades.”
Ici, les preuves abondent.
James J. O’Donohue nous dit : “Il était d’une “ nature cruelle. Je l’ai vu maltraiter ses chevaux ‘ ou frapper des chiens, sans raison, à coups de pied. ‘“ Un de ses trucs favoris était de les écruser avec “ son vélocipède ou de dégager un de ses pieds et de “ les frapper en passant près d'eux.”
Daniel J. O’Brien parle dans le même sens : “ J'ai “ observé, dit-il, qu’il avait une nature cruelle. Je l'ai “ vu souvent frapper des enfants et leur donner des “ friandises après pour les calmer.”
Il dardait les bestiaux ; 1l répandait leur nourriture par terre pour les en priver. Une fois, il attacha un chat à une presse et tira dessus tant qu'il donna signe de vie. Dans une autre occasion, il tuait un chien en le déchirant tout vivant d’une manière atroce avec la lame d’un sabre brisé.
Son amusement habituel était de frapper sur
tout le monde. Une fois, en revenant de Tramore,
il assomma à coups de bâton un ferblantier qui ne lui parlait même pas. Dans une autre occasion, il approcha sa voiture d'un pauvre journalier qui
f À Le & | à &
re en
frite
RE ac pente ha
revenait de son travail, et sans même crier gare, il lui cingla autour des épaules trois ou quatre coups de fouet à tour de bras. :
Il culbutait les gens avec son cheval et passait dessus. Enfin il tirait sur des enfants, sur les serviteurs de son père, sur tout le monde,
“ Ces étres névropathiques, dit l’auteur, sont sujets à ‘ des impulsions instinctives qui reviennent précisé- “ ment à des époques plus ou moins rapprochées. “ Tantôt elles les poussent à commettre des actes puérils “ou extravagants, tantôt au contraire elles leur font “ commettre des actes malfaisants ou criminels.”
LE
“ Les actes puérils ou extravagants....
Messieurs, pour vous les rappeler. tous, il me faudrait reprendre la preuve d'Irlande d’un bout à l'autre !
Tout enfant, il met le feu sans raison dans le voisinage d'une métairie, au risque de brûler son cheval et sa voiture; il attaque toute une compagnie de soldats en leur lançant des pierres ; il saute à l’intérieur d’un waggon de chemin de fer en s'élançant dans une des fenêtres du waggon au moment où le convoi dont ce waggon faisait partie était en mouvement ; il met le feu à des papiers remplis de poudre qu'il avait déposés sous les sièges bourrés d'un waggon de chemin de fer ; il veut se jeter dans l’eau au bout d’un quai, à cheval sur son vélocipède; il se promène à cheval sur une voie ferrée au risque de se faire broyer en charpie lui et sa monture par des con-
, À aps
lesurs
18 à isé- 1ées.
ris font
LT, re Pire TT
RARE Aron Ne DU
ER au og PU
Re
vois qui sont attendus d’un moment à l’autre ; il fait boire de la bière à son cheval ; il se promène dans les rues principales de Waterford à cheval et la tête tournée du côté de la queue de sa monture; dans maintes occasions il lance son cheval à toute vitesse au inilieu des foules ou dans des rues obscures en criant comme un forcené ; il tire une course en velocipède avec un cheval ombrageux et essaye de lui barrer le passage en s’élançant en avant de lui au risque de se faire tuer ; il lance son cheval au grand galop pendant qu'il se tient debout sur la selle; il coupe les cordes des planches suspendues au quai où un peintre est occupé à travailler, et cela au risque de faire noyer le peintre et de se noyer lui-même ; il s'amuse à enfoncer, d'un coup de poing, le chapeau sur les yeux de messieurs qu'il ne connaît pas et qui sont beaucoup plus âgés que lui; il cherche à faire chavirer au bout du quai une chaloupe ou se trouvent de de jeunes garçons qui ne savent pas nager ; plusieurs fois, il empoigne des constables de la police et les saisit à bras le corps pour les jeter à l’eau ; il pénètre à cheval dans les boutiques et les maisons privées ; il veut ouvrir la gorge à un jeune garçon pour lui enlever avec son couteau les excroissances qu’on lui voit au cou; il s'élance du haut d'un mur de dix pieds pour se laisser tomber sur le sol la tête la première ; il fait feu sur l'horloge de l’hôtel de ville, à Waterford ; il est surpris se vautrant comme un pourceau dans un trou fangeux ; à Montréal, en plein été, il se présente à dîner chez M. Bury portant un pardessus d'hiver garni de fourrures, des souliers de peau d'orignal et une corde enroulée autour de son pantalon, en guise de ceinture.
on ga ct VÉRrE-q GE St SN PT CIE TETE
Messieurs, je n'en finirais pas s’il me fallait citer " tous les actes puérils et extravagants que la preuve nous a révélés,
C’est donc un fou imp.lsif que nous avons devant nous, c'est-à-dire qu’il appartient à cette classe d’aliénés reconnue comme étant la plus dangereuse, pour la bonne raison que ces fous, jouissant, du moins en apparence, d’un certain degré d'intelligence, laissent moins soupçonner les accès de fureur qui par moments s'emparent d'eux et les rendent capables des plus grandes violences.
“ Chez les fous impulsifs, (je cite toujours le même
“ auteur), l'impulsion peut étre subite et l'acte ac-
| “ compli aussitôt que conçu. La volonté est subju-
| “ quée tout d'un coup et l'acte est exécuté sans avoir “ été l'objet d'une delibération mentale.”
C'est-à-dire que le malade agit sans préméditation, sans parti pris.
Pas de complices, pas de préparatifs, pas d’arrangements préalables ni de dispositions préliminaires. Il nt ll est frappé tout d’un coup comme l’épileptique. “ Une ti ‘ émotion vive et soudaine, dit l'auteur, suffira pour “ provoquer l'accès de fureur.”
Le spectacle d’un ami qui tbe tout à coup, frappé d'une balle, la vue du sang qui coule, l'expression d'horreur qu'il voit sur le visage de ceux qui l’entourent, l’excitent à la fureur et lui mettent comme un bandeau ensanglanté sur les yeux. Alors il frappe en aveugle, il tue sans savoir pourquoi et sans avoir conscience de ce qu'il fait Quelquefois c’est sur lui-
même que se concentrent sa fureur et ses coups; il s'enfoncera un poignard au cœur ; il s'élancera du dernier étage d'une maison pour aller se briser sur le pavé ; il se jettera à la rivière ; il se brûlera la cervelle ; d’autres fois c'est sur les personues qui lui sont les plus chères, ses amis intimes, son père, sa mère, ses enfants.
L'œuvre de sung accomplie, il ne fuira pas; il ne niera pas l'acte qui lui est reproché.
‘Il sait qu'il a agi contre sa volonté, dit encore le inême auteur, et il sait qu'il n’est pas moralement responsable du mal qu'il vient de faire....Aussi il ne cherche pas à fuir; ùl se laisse arréter sans résistance ; souvent même il va de son plein gré ra- * conter aux magistrats ce qui s’est passé. Quand on « l'interrcge (c'est toujours l’auteur qui parle) et quand “om lui demande les motifs de son crime, répond “Ainvariablement : je ne sais pas, quelque chose m'a “ poussé. Il ne cherche pas d’autres excuses ; il ne “ s'efforce pas, comme le monomauiaque intellectuel, ‘“ de légitimer un acte qu'il n'a pas voulu, qu'il n’a “ pas raisonné et qu'il n’a accompli que parce qu'il y a “ été irrésistiblement entraîné par une puissance in- “ connue.”
Voilà, Messieurs, voilà le maniaque impulsif qui, dans un accès de fureur, a été la cause de la mort de John Loye et de Maxime Lebœuf.
A ces traits si caractéristiques et si nombreux que je viens de vous décrire ne le reconnaissez-vous pas ?
Devant un portrait aussi ressemblant et aussi fidèle pouvez-vous douter encore ?
À cinq heures, l'audience est ajournée au lendemain,
Audience du 31 octobre 1895.
Mtre St-Pierre continue son plaidoyer en ces
termes :
Messieurs les Jurés,
Nous sommes arrivés à la tragédie du ler mars dernier, C’est maintenant surtout que j'ai besoin de votre attention et de votre bienveillance, j'allais presque dire de votre sympathie. C’est maintenant que, plus que jamais, je sens le besoin de vous dire : Ecoutez-moi sans faveur ni passion et jugez ce malheureux jeune homme dans la simplicité et la sincérité de vos consciences. Que tout préjugé, tonte haine disparaissent ; pesez bien les considérations que je vais vous offrir et concluez courageusement sans vous occuper de servir d’autres intérêts que ceux de la justice, ni de rechercher d'autre satisfaction que celle du devoir accompli et de la paix
de vos consciences.
Ici, Messieurs, deux théories sont en présence, ou plutôt deux versions vous sont offertes, car la défense ne se base ni sur des suppositions ni sur des théories ; ce sont des faits que nous allons vous présenter.
Le ministère public vous dit: L’accusé loin d’être un fou est un garçon d'une intelligence au-dessus de la moyenne. Depuis longtemps il avait prémédité de s'emparer de l’une de ces fortes sommes d'argent qu'on recevait tous les quinze jours pour le paiement du salaire des ouvriers. Le soir du ler mars, ajoute-t-on, il s’est rendu au bureau de la filature de Valleyfield avec l'intention de tuer tous les employés qui se trou-
| Ces
; dervotre e dire ue ja- | SANS mme ences, z bien vcluez iutres ‘autre | paix
e, ou fernse br1es ;
vaient sur les lieux, et ce massacre fini, son dessein était de bourrer ses poches de billets de banque et de prendre la fuite avant qu'on pôt le découvrir.
De son côté, la défense vous dit: Shortis est un im-
bécile et un fou impulsif. Il avait une manie irrésis-
tible qui le portait à s'amuser avec toutes les armes à feu qui lui tombaïent sous la main. Le soir du ler mars, il est entré dans le bureau de la filature, non pas pour voler, (jamais cette pensée n'est entrée dans son esprit), mais pour causer avec ses amis, Comme il avait été jusqu'alors dans l'habitude de le faire.
Cédant à sa folle manie de jouer avec les armes à feu, il à braqué sur Wilson le révolver de Lowe lequel malheureusement, s'est trouvé sous sa main et le coup est parti par accident. Le spectacle de son ami qui tombe presque foudroyé, la vue du sang, la pensée qu'il a peut-être tué un homme a provoqué chez lui un accès de cette folie dont sa vie nous a fourni tant de preuves, la monomanie homicide, et alors il a vu rouge, il a perdu tout contrôle sur lui-même, son intelligence s'est obscurcie, et il a tué au hasard, sans savoir ce qu'il faisait.
Examinras les faits avec sin, Mescieurs, et vous allez voir que, autant la version de la poursuite est absurde et insoutenable, autant celle de la défense est raisonnable et conforme en tous points à la preuve des faits et en accord avec le caraciére et les dispositions bien connus de l'accusé.
On nous dit : Shortis avait pré. édité ce crime,
Où est la preuve de cette préméditation ? Il n’en existe aucune, Messieurs. On semble s'appuyer beaucoup sur quelques mots que le jeune MeVicar attribue à Shortis. Voici ces paroles, telles que McVicar les rapporte :
‘“ Un mois ou six semaines avant le ler mars, dit-il, “ Shortis et moi nous revenions ensemble de chez Mr “ MeGinnis, où nous avions passé la soirée. En traver- “ sant le pont du canal, nous vimes que le bureau de “ la filature était illuminé. Je dis à Shortis: “ Il y a “ quelqu'un qui travaille dans le bureau.” Si je me rap- “ pelle bien, Shortis me fit l'observation qu'il ne serait “ pas difficile pour un voleur de s'introduire là et de “ voler la manufacture.”
“ On the bridge we saw a light in the office, and 1 “ said : “There must be some one working in the “office.” If I remember right, Shortis said that it “ would not be hard for any person to go in there and “ rob the office.”
‘Le témoin ajoute: “ Il n'a mentionné le nom de “ personne, il a parlé en termes généraux. Il me semble “ que je lui ai répondu que ce ne serait peut-être pas “ aussi facile qu'il semblait le croire.
“Q. Avez-vous attaché aucune importance à ses ‘“ paroles ?
“KR, Non, aucune.”
McVicar nous dit que une semaine ou deux plus tard, Shortis lui a répété quelque chose dans le même sens, mais cette conversation a produit si peu d’impression sur son esprit qu'il en a à peine conservé le souvenir et qu'il lui est impossible de se rappeler se qui s’est dit alors entre Shortis et lui.
| n’en Messieurs, dire que des voleurs pourraient s’inbeau- troduire dans le bureau de à filature et s'emparer de ribue l'argent qui s'y trouvait, n'est-ce pas là une observair les tion qui pouvait venir à ‘esprit de n'importe qui ? MeVicar nous informe q''il était l'ami intime de dit-il, Shortis. Si Shortis eût eu des confidences à faire à ez Mr | quelqu'un, c’est bien à ‘ui qu'il les aurait faites. L aver- Shoïtis lui a-t-il jamais dit qu'il nourrissait le | au de projet de tuer une dem'-douzaine d'hommes pour bee Il ya parvenir à vo'er l'argent «e ia. manufacture ? Non, il | & e r'ap- lui fait en passant cette © oservation sur l’imprudence serait du gérant ou du caissicr de la manufacture, tout et de comine n'importe qui aurait pu le faire, et l’impres- | sion qui en reste à McVi:ar est si légère qu'il peut à and I peine se rappeler les ex ressions dont lui et Shortis n the se sont servis lors de a première conversation, et |. at it qu'il ne se rappelle pas du tout ce qui s’est dit lors de Æ e and la seconde. 4 bm de Mais passons à quelq1e chose de mieux défini et de emble plus tangible.
e pas : Le ministère public nous dit: “ L'accusé avait de- L “ puis longtemps médité son projet, :, lorsqu'il est à ses JA “ entré dans le bureau de la filature, c'était avec la
“ détermination de tuer tôus les employés qui étaient “ là et de s'emparer d:s quatorze rille dollars dépo-
te -
plus “ sés dans la voûte de sûreté.” même
d'im- Messieurs, lorsque les actes d’un homme sont susvé le ceptibles de deux interprétations, pour découvrir si ler se réellement il avait ur: projet en vue, un but à attein-
dre, il faut cherche: deux choses : 10 Quel était son
motif ? 2° Quels moyens a-t-il pris pour exécuter son projet ?
Pour que l'accusé ait pu concevoir et nourrir l'idée de s'emparer de cet argent au moyen du meurtre, il fallait qu'ilexistât chez lui un motif bien puissant. Cherchons-le done ce motif.
Qui est-il, ce jeune homme qu'on vous représente comme un criminel qui médite un vol et qui songe, non pas à commettre un meurtre, mais un véritable massacre pour parvenir à s'emparer d’une somme d’argent ? C:° l’nique héritier d’un père qui fait pour un million : .faires par année et dont la fortune s'élève à plus «e cent mille dollars. C’est l’idole d’une mère disposée à tout sacrifier pour lui.
Messieurs, la chose est incroyable.
Mais, nous dit-on, il avait fait quelques dettes. Ah! k 4 oui, en effet, et le inimistère public a pris la peine d’amener ici un témoin qui vous à dit que Shortis devait ! au propriétaire de l'hôtel l'énorme somme de cinquanl te-neuf dollars. Eh quoi ! c'est parce qu'il était endetté | (a l au montant de cinq'rante-neuf dollars que Shortis médite de tuer au moins quatre personnes ? C’est pour une pareille misère qu'il va jeter aux quatre vents du ciel la certitude de recueillir la fortune de son père, d'occuper dans le monde une position honorable ! C’est pour un motif aussi ridicule qu’il va consentir à risquer sa vie et à mourir ignominieusement étranglé (4) sur un échafaud !
PER Mais, Messieurs, pour obtenir de l'argent, il n'avait | qu'à s'adresser à Mr Bury, à Mr Gault, au capitaine
l SON
urrir neurpuis-
ésente songe, table e d’art pour prtune d’une
s, Ah!
1e d’adevait quan ndetté 18 mét pour nts du
père, rable !
bntir à ranglé
avait itaine
Matthews et même à Mr Cunningh:m, qui tous se seraient empressés de le secourir. 1 n'avait qu'à écrire à sa mère, Ah ! pensez-vous qu: s’il eût écrit à sa mère : “ Je suis dans le besoin, je lois au proprié- “ taire de l'hôtel où je loge cinquan .e-neuf dollars ; “on menace de me renvoyer si je n paie pas d'ici à “ peu de jours. Je suis dans une potion désespérée “ et je songe à tuer quatre personnes, afin de me pro- “curer la somme nécessaire.” Pen:ez-vous que sa mère lui aurait refusé ces cinquante-r euf dollars ? Messieurs, jen ai la conviction intime, elle serait accourue elle-même pour solder cette ba ratelle et relever le courage abattu äe son enfant,
Ce n’est pas tout enccre : Shortis. nous dit-on, était amoureux de Mlle Anderson, i vouluit l’épouser, et le vol accompli, son desseii était de s'enfuir avec elle.
J’admets qu'il était amoureux de Mlle Anderson, mais où se trouve la preuve qu'il voulait si tôt l’épouser ? Lui en a-t-il jama s soufflé un mot? Non. Lui a-t-il exprimé l’idée de : artir avec elle ? Pas davantage. Où donc se trouvent vos preuves ? A-t-il jamais écrit une ligne à son père ou à sa mère au sujet de ce mariage projeté ? Jamis. Il à vingt ans, il n'est pas rare de voir un jeune h mme se marier à cet âge ; pourquoi aurait-il caché à ss parents, à sa mère surtout, son projet d'épouser MI]: Anderson ?
Il se serait enfui avec Mile Anderson ditesvous ? Où aurait-il pu aller ? Son c épart avec cette jeune fille, en supposant que jusque là il aurait réussi à