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Tous ont évidemment été frappés de l’idée que le coup était parti aécidentellement, En voulez-vous la preuve ? Remarquez bien ce que fait chacun d'eux. D'abord pas un seul d’entre eux nè songe à se sauver, encore moins à s’élancer sur Shortis pour le désarmer. Lowe s’avance et saisit Wilson pour le supporter, le jeune Lebœuf se lève de son siège pour porter secours à Wilson, Loye se précipite vers le petit cabinet où se trouve le téléphone, nul doute pour appeler un médecin. Chacun d'eux vient se placer directement sous le feu du pistolet de Shortis. N'estce pas là la meilleure preuve que personne n’a soupçonné Shortis de mauvaise intention et que tous ont pensé que ce coup de feu n’était que le résultat d’un accident ?
Une autre circonstance qui, j'en suis sûr, ne vous a pas échappé, prouve également l’absence d'intention criminelle chez l'accusé. Le jeune Lebœuf, au moment du premier coup de feu, était assis tout près de la porte de la voûte de sûreté, Lowe était occupé à transporter dans cette voûte les petits gobelets contenant l'argent. Shortis l'avait vu entrer et sortir de la voûte plusieurs fois. Wilson et Lowe se trouvaient tous les deux à quelques pieds seulement de cette voûte dont la porte était entr'ouverte. Shortis, s'il était animé d'intentions criminelles, ne pouvait pas ne pas songer à l’idée que, dès la première attaque, ces trois jeunes gens iraient tout naturellement chercher refuge dans la voûte et mettraient entre eux et lui l’épaisse porte de fer qui la ferme. Cette porte est garnie de gros verrous qui projettent à l’intérieur et qui sont parfaitement visibles lorsqu'elle est
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ouverte. Pour inaintenir cette porte fermée, il savait que Lowe et ses compagnons n'auraient qu’à bien tenir ces barres de fer, tandis que tous ses efforts à lui pour l'ouvrir par en dehors seraient inutiles.
N'est-ce pas là la première chose à laquelle Shortis aurait tout naturellement songé ? Ne devait-il pas se dire : “ Mon premier coup de feu va les ‘tonner ; mais ‘il est évident qu’au second, tous vo:r . rcher un “ refuge dans la voûte.” Et de fait, c'est précisement ce qui est arrivé, au moins pour deux d’entre eux. Est-il possible de croire qu’un criminel aurait été assez maladroit, disons le mot, assez stupide pour ne pas prévoir ce qui était si évident ?
On «a prétendu que Shortis avait choisi une position avantageuse pour tuer tous ces jeunes gens, mais un moment de réflexion vous démontrera le contraire. Va-t-on prétendre qu'il n'avait pas pensé à cette retraite si facile et si sûre pour ceux qu'il attaquait. Il venait de voir Lowe entrer dans cette voûte et en sortir peut-être une douzaine de fois. L'entrée était là béante au-devant de lui, il ne pouvait pas ne pas la voir. Sa première pensée aurait été de se placer de manière à ce qu'il fût entre la voûte et ceux qu'il voulait assaillir, afin de leur couper cette retraite si évidente et si sûre.
Messieurs, si Shortis eût médité de tuer ses amis, il aurait choisi le moment où ils étaient assis autour de la table de Lowe. Il pouvait alors s'approcher d’eux et avant qu'ils fussent revenus de la surprise dans laquelle le premier coup de feu les aurait jetés, il aurait eu le temps de les tuer tous en tirant sur chacun d'eux à bout portant, et surtout, il n'aurait