‹ Affaire ShortisChapitre 5 sur 8 · VENT SUSCEPTIBLE DES ACTES DE LA PLUS GRANDE " VIOLENCE · texte numérisé non relu

VENT SUSCEPTIBLE DES ACTES DE LA PLUS GRANDE " VIOLENCE

Remarquez encore ce fait que rapporte le même docteur :

•' Les brigands, lors du massacre des prisons à Paris, " (l'auteur fait ici allusion à l'une des scènes les plus " regrettables de la révolution française), s'introdui- " sirent en forcenés dans l'hospice des aliénés de " Bicêtre, sous prétexte de délivrer certaines victimes " de l'ancienne tyrannie qu'elle cherchait à confondre ' avec les aliénés, ils vont en armes de loge en loge ; " ils interrogent les détenus, et ils passent outre si " l'aliénation est manifeste. Mais un des reclus retenu " dans les chaînes, fixe leur attention par des propos " pleins de sens et de raison et par les plaintes les " plus amères. N'était-il pas odieux qu'on le retint aux '' fers et qu'on le confondit avec les autres aliénés ? Il " défiait qu'on pût lui reprocher le moindre acte d'ex- ■' travagance ; c'était, ajoutait-il, l'injustice la plus " révoltante. Il conjure ces étrangers de faire cesser " une pareille opression et de devenir ses libérateurs. " Dès lors il s'excite dans cette troupe armée des mur- " mures violents et des cris d'imprécations contre le " le surveillant de l'hospice ; on le force de venir " rendre compte de sa conduite et tous les sabres sont " dirigés contre sa poitrine. On l'accuse de se prêter " aux vexations les plus criantes, et on lui impose " d'abord silence quand il veut se justifier. Il réclame " en vain sa propre expérience en citant d'autres " exemples semblables d'aliénés nullement délirants, " mais très redoutables par une fureur aveugle : on " réplique par des invectives, et sans le courage de son

" épouse qui le couvre pour ainsi dire de son corps, il " serait tombé plusieurs fois percé de coups. On or- " donne de délivrer l'aliéné et on l'emmène en triomphe " aux cris redoublés de " Vive la République." Le spec- " tacle de tant d'hovivies armés, leurs propos bruyants " et confus, leurs faces enluminées par les vapeurs du '' vin, raniment la fureur de l'aliéné ; il saisit d'un " bras vigoureux le sabre d'un voisin, s'escrime à " droite et à gauche, fait couler le sang, et si on ne " fût promptement parvenu à s'en rendre maître, il " eût cette fois vengé l'humanité outragée. Cette horde " barbare le ramène dans sa loge et semble céder en '' rugissant à la voix de la justice et de l'expérience."

Messieurs, le savant qui a écrit ces lignes a mérité d'être surnommé '• le bienfaiteur de l'humanité," c'est le célèbre docteur aliéniste Pinel, à qui la France, sa patrie, en reconnaissance de ses travaux sur l'aliénation mentale, a érigé des statues.

Doutez-vous de son expérience et de son savoir ? Ses connaissances qui ont révolutionné les systèmes jusqu'alors en usage dans les asiles d'aliénés, chez toutes les nations civilisées, seraient-elles au Canada traitées avec mépris et indifférence ? Ce serait nous^ exposer nous-mêmes au ridicule et au mépris des nations du monde civilisé tout entier.

Au reste, Pinel n'est pas le seul qui exprime cette opinion. Tous les aliénistes sont d'accord sur ce fait.

A la place du témoignage des hommes de science, voulez- vons des faits judiciairement établis devant les tribunaux ? Les cas de ce genre abondent ; permettezmoi de vous en citer quelques-uns. En voici un qui a été jugé en France : —

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