‹ Affections chirurgicales du tronc [electronic resource] (volume 2)Chapitre 11 sur 92 · XIII. — Epithéliômas · texte numérisé non relu

XIII. — Epithéliômas

( 7 hommes : 7 opérés : 6 guéris ; 1 mort. I 2 femmes : 2 - 2 - 0 -

A l'exception d'une jeune fille de dix-neuf ans, qui avait vu se développer sur une verrue congénitale un papillôme gros comme une noix et tendant à l'ulcération (obs. 41), tous les autres malades étaient d'un âge avancé. Soixante-trois ans représentaient leur âge moyen.

4 fois l'origine de Tépithélioma était une verrue contusionnée, écorchée et enflammée (obs. 42 et 4-3). 1 fois l'épithéliôma avait pris naissance sur un polyadénôme de l'abdomen, qui était recouvert d'une peau épaisse et de longs poils. Enfin 1 fois un molluscum pédicule du dos s'était ulcéré et était devenu un véritable épithéliôma.

J'ai présenté à la Société de Chirurgie (obs. 44) une curieuse production cornée, qui s'était développée sur unnœvus pigmentaire et dont la base était un épithéliôma.

Chez 7 malades, répithéhôma était ulcéré et formait une plaie cancroïdale de grandeur variable. Chez un vieillard de soixante-quatorze ans l'ulcération recouvrait tout la moitié gauche de la partie supérieure de la poitrine (obs. 43).

L'ablation hâtive et large avec le bistouri est le seul traitement à recommander. Mais, chez ce vieillard, dont l'ulcération était si étendue (obs. 43), la destruction par les flèches de chlorure de zinc m'a paru préférable, afin d'évi-

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ter toute perte de sang. En effet, il supporta bien cette cautérisation, quoiqu'il fût affaibli par la cachexie cancéreuse. Sa vie se prolongea encore pendanl près de quatre mois et il succomba à une pneumonie des vieillards (obs. 43).

Tous les autres opérés guérirent par réunion immédiate au bout de quatorze jours en moyenne.

J'ai observé 2 cas de récidive locale, l'une au bout de treize mois, l'autre au bout de dix ans; et, chez un troisième malade, que j'avais opéré d'un épithéliôma du plancher de la bouche quatre mois auparavant, un nouvel épithéliôma apparut au-devant du sternum.

Obs. 41. — Papillôme de la paroi abdominale. Ablation. Guérison.

Une jeune fille de 19 ans, L... (Gabrielle), couturière, entre dans mon service, le 18 juillet 1888, pour une tumeur, grosse comme une noix, située sur la ligne médiane de l'hypogastre. Une verrue brune, existant depuis la naissance, avait pré-

FiG. 8. ~ PapiUôme de la paroi abdominale.

cédé la tumeur. Peu à peu cette verrue s'était élargie et était devenue plus saillante. Sa surface s'était recouverte de

petits mamelons, quiluiavaient donné l'aspect d'il ne framboise (fig. 8). Gomme la tumeur ne cessait de s*accroître,comme elle devenait gênante, douloureuse même, comme elle était sur le point de s'ulcérer, il fallut l'enlever.

Le 21 juillet, l.a malade étant endormie, une incision elliptique cerna la tumeur, qui fut enlevée avec tout le tissu cellulo-graisseux sur lequel elle reposait. Suture de l'incision avec des crins, de manière à obtenir une cicatrice verticale. Pansement phéniqué.

Le 27. Exeat. La réunion avait été immédiate.

Obs. 42. — ■ Epithéliôma ulcéré de la paroi abdominale. Ablation. Guérison. «

La nommée P... (Julie), âgée de soixante-dix-huit ans, exerçant la profession de journalière, entre à la Pitié le 17 août 1887.

Ses père et mère avaient été bien portants, et étaient morts tous les deux à quatre-vingt-quatre ans. Sa santé antérieure a toujours été bonne.

Ilyacinq ans, elle s'aperçut qu'il lui venait sur la ligne médiane de la paroi abdominale, au-dessous de l'ombilic, une petite verrue, qui grandit peu à peu, et s'ulcéra superficiellej ment. Il se formait une croûte qui, en tombant, découvrait une I ulcération. Puis la croûte se reformait, tombait, et ainsi de suite. L'ulcération persiste depuis dix-huit mois. Elle s'est I agrandie rapidement et est devenue 16 siège de douleurs. On remarque, à cinq centimètres au-dessous de l'ombilic, une ulcération épithéliômateuse, ovale, à grand diamètre transversal, large de dix centimètres et haute de six centimètres. Sa surface est bourgeonnante, sanieuse. Ses bords sont élevés, durs, un peu enflammés. Les ganglions de l'aine sont petits, un peu durs, néanmoins ils ne semblent pas envahis par le cancer. La tumeur, assez mobile, semble limitée à la peau et à la couche superficielle du tissu graisseux souscutané.

La malade refuse d'abord obstinément toute espèce d'intervention. Enfin, elle se décide à l'opération. Le 15 septembre. Après avoir fait endormir la malade avec

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le chloroforme, M. Polaillon cerne la tumeur par une incision circulaire et la dissèque en la soulevant. Seule, la partie centrale de l'ulcération est adhérente à l'aponévrose abdominale. M. Polaillon sectionne l'aponévrose, de manière à enlever avec la tumeur les parties qui lui adhérent.

Une fois la tumeur enlevée, il suture avec du catgut finies bords delà boutonnière faite à l'aponévrose; puis la peau est suturée, de manière à former une cicatrice transversale,longue de quatorze centimètres. Une dizaine de points au fil d'argent sont nécessaires. Pansement de Lister.

Le 18. Premier pansement. La cicatrisation semble se faire 'par première intention. Malgré le grand âge de la malade, il n'y a audune inflammation .

Le 21. Deuxième pansement. On enlève les fils de la suture. La réunion est faite, sauf un petit écartement vers le milieu de la cicatrice.

Tous les trois jours pansement avec la gaze iodoformée.

Le 12 octobre P... (Julie) va à l'asile de convalescence du Vésinet.

Obs. 43. — T... (François), âgé de soixante-quatorze ans, est admis dans le service le 30 janvier 1879. Il portait une verrue sur le côté gauche de la poitrine. Il y a treize mois, cette verrue fut contusionnée et excoriée. Depuis lors, l'ulcération ne fit que s'étendre. Actuellement, elle occupe toute la partie supérieure du côté gauche du thorax. Le diagnostic 'd'ulcère cancroïdal ne fait aucun doute.

Comme le malade est affaibli par l'âge et par la cachexie cancéreuse, il ne me paraît pas prudent de faire une ablation avec le bistouri, qui occasionnerait une perte de sang très grande. Cependant il faut détruire la plaie cancroïdale qui exhale une odeur repoussante. Pour cela j'ai eu recours, le l"^'' février, à des plaques de pâte au chlorure de ziuc appliquées sur la plaie. Le résultat fut satisfaisant. Le cancroïde fut rapidement transformé, sans grandes douleurs, en une eschare sèche, qui s'élimina et laissa une plaie de bonne nature. Les pansements furent faits avec de la gaze phéniquée. La santé du vieillard ne fut pas trop mauvaise pendant les mois de février,

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de mars et d'avril. Au milieu de mai il contracta une bronchopneumonie, à laquelle il succomba le 25 mai.

Obs. 44. — Production cornée développée sur la peau du dos. (Présentation à la Société de chirurgie, 18 février 1885, in Bull., t. XI, p. 105.)

Cette corne a été enlevée à l'autopsie de la femme G-..., âgée de soixante-quinze ans, qui a succombé le 27 janvier 1885, à l'hospice des Ménages, dans le service de mon ami le docteur Albert Robin (fîg. 9).

■ Fi6.9. — Production cbroée développée sur un debylis congénital. Grandeur naturelle (dessin par Henri Polaillon).

Cette production cornée était située à la région lombaire, immédiatement au-dessus de la fesse gauche. Elle paraissait être congénitale, car la malade se souvient que ses parents en parlaient comme d'une « envie » qu'ils auraient constaté dés sa naissance. Elle n'a jamais occasionné de douleurs. Son grand diamètre est de quatre centimètres, son petit diamètre de trois centimètres et demi. Elle faisait à la surface de la peau une saillie de environ six centimètres.

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Sa surface est gris noirâtre, striée comme une corne de bélier. Elle a tout à fait la consistance delà corne.

Elle était mobile sur les parties sous-jacentes, et la peau formait autour d'elle une sorte de bourrelet en forme d'anneau, que l'on pouvait décoller sur une hauteur de deux millimétrés environ.

Cette malade, qui avait toujours joui d'une santé parfaite, avait été prise,deux mois avant son entrée à l'hôpital, de malaise et d'anorexie. Elle avait considérablement maigri depuis trois semaines et vomissait tous ses aliments.

Lors de son entrée, on porta le diagnostic de carcinome péritonéal, coïncidant avec un état cachectique très prononcé.

L'autopsie a relevé une carcinome miliaire du péritoine avec quelques granulations de même nature dans le foie.

Les antécédents sont muets. Le père de la malade était mort subitement à soixante-neuf ans; sa mère avait succombé à soixante-dix ans, très probablement à la suite d'une hémorrhagie cérébrale. Tous deux n'avaient jamais été malades.

Elle-même a eu trois enfants, qui vivent encore et sont en parfaite santé.

Résumé .

Le tableau I montre que les lésions traumatiques comptent 424 guérisons pour 22 morts, et les affections organiques 163 guérisons pour 2 morts.

La plus grande mortalité revient aux l3rûi Lires avec 16 décès. Les contusions ont occasionné 5 décès par déchirure des viscères ; les plaies contuses, 1 décès par tétanos (obs. 8)..

Chez 19 sujets, la mort a été produite par l'intensité même du traumatisme (obs. 2; obs. 3; obs. 5; obs. 6; obs. 10, n°^ 1, 2, 3, 4; obs. 11, n- 1,2, 3, 4, 5, 6; obs. 12, n"' 1, 2, 3j, ou par l'affeclion primitive résistant au traitement (obs. 20) et à l'opération (obs. 4).

Chez 5 sujets, la mort a été le résultat d'une maladie intercurrente : tétanos (obs. 8 et obs. 15), congestion pul-

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moiiaire (obs. 13 etobs. 42),méningo-encéphalite (obs. 14).

Les ponctions^ incisions, extractions de balle, curages de fongosités, étaient des opérations minimes qui n'ont causé aucime mort (tableau II). Les seules opérations importantes ont été les ablations de tumeur et la laparotomie. Leur mortalité aurait été nulle sans 1 décès tardif par congestion pulmonaire (obs. 42), et 1 décès par les progrès d'une péritonite septique (obs. 4).

Tableau I.

Guéri-

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