IX. — Ostéites du sternum
11 cas
9 hommes 2 femmes
4 traités ; 5 opérés ; 0 mort.
Les 2 ostéites sypliililiques furent traitées par l'iodure de potassium, les frictions mercurielles et les pansements avec l'iodoforme. L'un des malades guérit; l'autre, qui était affecté en même temps d'une tuberculose pulmonaire très avancée, succomba à cette dernière maladie (obs. 101).
3 malades, qui étaient gravement atteints par la tuberlose et qui portaient d'autres manifestations tuberculeuses, furent traités par des pansements, des lavages antiseptiques et ne furent pas opérés.
L'incision de l'abcès, le débridement des fistules pour mettre à nu le foyer d'ostéite, puis le grattage ou l'évidement du sternum avec une curette tranchante, ou une gouge, sont les opérations le plus souvent indiquées. J'ai pratiqué 6 fois ces opérations. Tous les malades ont guéri, et la cicatrisation de la plaie opératoire s'est effectuée au bout de vingt-neuf jours en moyenne.
Obs. 101. — LanomméeM... (Marie), journalière, âgée de49 ans est entrée dans le service le 21 mai 1890. Elle a eu la syphilis. Actuellement elle est atteinte d'une ostéite tertiaire suppuréedu sternum et de la clavicule droite. En même temps elletousse, craclie du sang, et à l'auscultation on trouve que les sommets sont le siège de craquements.
Elle prend chaque jour deux grammes d'iodure de potassium et on lui fait des frictions mercurielles.
Mais la tuberculose pulmonaire s'aggrave de plus en plus. Elle a des accès d'étouflement. Elle ne peut plus s'alimenter et succombe le 3 juin.
Obs. 102. — Ostéite du sternum à la suite d'une fièvre ly~ phoïde. Curage. Guérison.
P... (Jules), journalier, âgé de 40 ans, vit survenir, pendant la convalescence d'une fièvre typhoïde, un abcès à la partie supérieure de la poitrine. Entré dans mon service, le 17 novembre 1891, ie constate que l'abcès est situé à la partie supérieure de la région sternale et qu'il fuse sous le grand pectoral gauche. Le sternum est douloureux et paraît être le point de départ de la suppuration.
Le 28 décembre, le malade est endormi par le chloroforme. L'abcès étant incisé, j'arrive sur la première pièce du sternum qui est dépouillée de son périoste, vascularisé et ramolli. Avec une curette tranchante, j'évide les parties atteintes d'ostéite, puis je lave l'excavation avec la solution phéniquée forte et je la cautérise au thermocautère.
Pansements iodoformés.
Le 21 janvier 1892, le malade quitte l'hôpital, sans que sa plaie soit tout à fait guérie.
Le 17 février, il rentre dans le service pour une fistule persistante à la place de l'incision.
Injections d'éther iodoformé dans le trajet fistuieux. Pansements iodoformés.
Le 31 mars, guérison.