X. — Névralgies intercostales
p. ( 2 hommes : 2 traités et guéris.
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Les névralgies intercostales, si fréquentes dans les services de médecine, ne sont admises dans les salles de chirurgie que par erreur, lorsqu'elles simulent les douleurs d'une affection du rachis ou des côtes. Chez l'un de ces 3 malades, on avait cru avoir affaire à une affection du rein. Le traitement de la névralgie et un examen plus approfondi viennent bientôt dissiper tous les doutes.
Tumeurs.
XL — Kystes hydatiques du 'poumon.
3 cas S ^ hommes, 2 non opérés, 0 opéré ) q ^^^^^^ / 1 femme, 0 — 1 — \ . '
Les kystes hydatiques du poumon sont, presque toujours pris pour des pleurésies, parce que la rigidité de la cage Ihoracique masque les signes habituels de la tumeur. Pour
que le diagnostic soit établi, il faut ou que le malade expulse, avec ses crachats, des crochets, des membranes d'hydatides ou des hydatides entières, ou qu'une ponction exploratrice, et quelquefois une ponction faite dans le bul d'évacuer un épanchement pleurétique, donne issue au liquide clair caractéristique.C'est ordinairement par hasard qu'on reconnaît la véritable nature du mal. Chez un jeune garçon de 17 ans, dont le thorax présentait une voussure avec malité sans signes de pleurésie, je fis une ponction exploratrice avec une aiguille de Pravaz. Il ne sortit rien, et je restai avec mes soupçons de kyste hydatique. Je gardai ce garçon en observation pendant deux mois. Aucun phénomène ne vint me mettre sur la voie du diagnostic. Ne se sentant pas malade, il voulut sortir du service, promettant d'y revenir de temps en temps, mais je ne l'ai pas revu. Une autre fois, tout le monde croyait à une pleurésie suppurée. L'empyènie fit sortir des hydalides (obs.103).
Si le kyste hydatique n'occupe pas un trop grand espace dans le thorax, la poche, une fois vidée, revient sur ellemême, et le poumon reprend sa place. Mais, si le kyste hydatique est très volumineux, les parois de la poche ont contracté des adhérences et la cavité ne s'oblitère pas complètement.Il reste alors une fistule. Un de mes malades avait été opéré d'un kyste hydatique du sommet du poumon droit dans un hôpital de Paris ; il conservait une fistule à la partie antérieure de la poitrine, conduisant dans une cavité qui ne suppurait presque plus. Pour le guérir, il aurait fallu affaisser la paroi en réséquant une ou plusieurs côtes.
Obs. 103. — Kyste hydatique du poumon pris pour une pleurésie suppurée ; empyème ; issue des hydalides. Guérison. — H... (Jeanne), âgée de 48 ans, journalière, fut transférée du service delà clinique médicale dans le service de M. Polaillon, le 2 juin 1892, parce qu'un épanchement pleurétique nécessitait l'opération de l'empyènie.
Depuis près d'un an, elle avait une certaine gêne pendant la respiration, se manifestant seulement quand elle faisait un
effort, pour monter un escalier par exemple. Mais cette dyspnée n'était pas suffisante pour qu'elle s'en préoccupât.
Au mois de Janvier 1892, elle contracta la grippe et resta uQ mois au lit. La grippe paraît avoir revêtu surtout la forme pulmonaire car les accidents de la bronchite furent prédominants. Quand la malade commença à se lever, elle se trouva bien plus gênée pour respirer qu'avant sa grippe. Elle maigrit, eut de la fièvre et devint très faible. Après trois semaines de lutte contre ces malaises, elle fut obligée de s'aliter de nouveau pendant un mois. Puis elle traîna encore pendant deux mois, avec un peu de fièvre, de l'inappétence, de la dyspnée. Ces accidents devinrent plus intenses à la fin de mai, et la malade entra le P"" juin à la Pitié dans le service du professeur Jaccoud.
Elle avait une dyspnée extrême, avec aspect cachectique, pâleur, -amaigrissement considérable et 39° de température.'
On constata une matité complète dans toute la hauteur du poumon gauche, aussi bien en arrière qu'en avant. Par places la matité était plus prononcée. A l'auscultation, on n'entendait pasle murmure respiratoire. Près durachis et en bas, égophonie peu marquée. Dans les deux tiers supérieurs du poumon, souffle faible, présentant les caractères du souffle pleurétique. Le cœur était dévié à droite; sa pointe battait au niveau du mamelon droit. Pas d'œdème de la paroi, ni de circulation veineuse supplémentaire. Léger œdème des jambes. L'espace de Traube était en partie conservé ; sa limite supérieure était seulement un peu abaissée.
On porta, d'après tous ces signes, le diagnostic de pleurésie suppurée; mais, en raison delà persistance de l'espace de Traube, ce qui était en discordance avec un épanchement remplissant toute la cavité, on diagnostiqua une pleurésie purulente cloisonnée.
Le diagnostic sembla confirmé le 3 juin, dans le service de ^. Polaillon, car le malade cracha du pus, et l'auscultation montra que la respiration tendait à revenir sur les côtés du racnis. ii y avait donc là une poche qui s'était vidée en partie.
Le4juin.Empyème dans lehuitième espace intercostal. L'exiremitopostérieure de rincision,qui mesure quatre centimètres
esta cinq travers de doigt des apophyses épineuses. Il s'écoule un liquide purulent.La malade,prise d'un accès de toux,expulse ensuite parla plaie un liquide clair comme de l'eau de roche, et en même temps plusieurs vésicules d hydatides. La quantité de pus et de liquide clair peut être évaluée à deux litres et demi ou trois litres. Deux drains sont placés dans l'ouverture de l'empyéme. Pansement avec la gaze iodoformée et la
ouate. , , , , ,
Le 5. Le lendemain matin, la malade est très soulagée. Température 37°. Le cœur est un peu revenu à sa place , mais il dépasse encore le bord droit du sternum. La respiration s'entend un peu dans toute la hauteur du poumon, surtout au
sommet. . p,
Le 9. Ou commence à faire des lavages dans la cavité, bes
lavao-es provoquent au début un peu de toux.
Depuis ce jour, l'état de la malade ne cesse de s'améliorer. Elle perd son teint terreux. La température ne remonte plus au-dessus de 37°. La dyspnée a complètement disparu, et la malade peut rester couchée aussi bien sur le côté droit que sur le côté gauche. La pointe du cœur est située au niveau du bord gauche du sternum. La respiration, presque normale au sommet, un peu soufflante au-dessous, s'entend partout. Il V a quelques râles de congestion à la base. Il ne reste qu un peu de submatité. La cavité, qui suppure à peine, a beaucoup diminué, et la malade se trouve si bien qu'elle demande a reprendre son métier.
Le il juillet. Sortie de l'hôpital. La guérison est complète. L'incision cutanée de Tempyéme n'est pas encore tout a fait cicatrisée .