‹ Affections chirurgicales du tronc [electronic resource] (volume 2)Chapitre 3 sur 92 · II. —Plaies contuses · texte numérisé non relu

II. —Plaies contuses

\ 21 liommes: 16 traités; 5 opérés. 1 mort. l 3 lemmes : 2 — 1 — 0 —

Dans l'étiologie des plaies contuses du tronc, les plaies par balle de revolver ont tenu la première place (10 cas). Tantôt les blessés avaient voulu se suicider, tantôt le coup de revolver avait été tiré par une main étrangère. Dans ces cas, c'est la région tlioracique et la région dorsale qui sont le plus souvent atteintes. Après les plaies par balle, les plaies par morsure de cheval ont été les plus fréquentes (6 cas). Puis viennent les plaies par chute sur un corps pointu, sur un éclat de verre, sur un éclat de porcelaine (5 cas). Ces dernières ont intéressé surtout la région fessière. J'ai observé une plaie contuse de la région lombaire par la pression d'un bandage herniaire. La plaie était peu grave, mais elle fut le point de départ d'un tétanos mortel (obs. 9).

Aucune de ces plaies ne pénétrait dans les cavités viscérales, ce qui me permet de les classer dans les affections générales du tronc.

13 plaies étaient superficielles, n'intéressant que le derme et le tissu cellulaire sous- cutané. Elles ne donnèrent lieu à aucune complication, sauf le cas de tétanos que je viens de citer (obs. 9j. Cinq jours en moyenne suffirent pour leur guérison.

11 plaies, plus profondes et plus graves, se compliquèrent, l'une d'un grand épancliement sanguin qu'il fallut inciser, l'autre d'une fracture de côte, une troisième d'une hémoptysie. Chez 2 blessés, les tissus se sphacélèrent. La guérison des plaies profondes ne put s'achever qu'après un Irnitcment, dont la durée moyenne fut de dix-neuf jours. ^ Sur les 10 plaies par balle de revolver, 9 fois la balle s'était perdue dans les tissus, et 2 fois plusieurs balles avaient fuit plaie.

Mon premier soin était de rechercher la balle en sondant la plaie avec un stylet et en palpant les régions

AFFECTIONS GÉNÉRALES

voisines. Si mes reclierclies étaient négatives, je n'insistais pas. Je n'ai pratiqué qu'une seule fois une incision exploratrice pour aller chercher une balle, qui paraissait logée dans la région sous-claviculaire, et qui fut introuvable. 5 fois la balle resta perdue dans les tissus, et les blessés guérirent sans éprouver le moindre inconvénient. Chez 4 blessés, la balle ayant été reconnue, il me suffit tantôt d'agrandir la plaie d'entrée par une petite incision, tantôt de faire une incision à distance sur le corps étranger pour aller saisir la balle avec une pince et l'extraire .

Toutes les fois que la disposition de la plaie contuse s'y prêtait, j'ai réuni ses lèvres par la suture et j'ai ainsi beaucoup hâté la guérison.

Obs. 9. — Plaie contuse de la région lombaire 'par la pression d'un bandage herniaire. Tétanos. Mort.

F... (Théophile), âgé de 57 ans, exerçant la profession de mégissier, entra dans mon service le 15 septembre 1879.

Il portait, dans la région lombaire, deux plaies symétriques avec eschares, plaies produites par la pression d'un bandage herniaire.

Cet homme est maigre et affaibli. En examinant ses urines, je trouve une grande quantité d'albumine, et je m'expHque alors comment des mortifications de la peau ont pu se produire sous rinfluence d'une pression, qui n'est jamais bien forte.

Des pansements sont faits avec des compresses phéniquées humides.

Les eschares se détachaient très lentement et les plaies ne marchaient pas vers la cicatrisation.

Le 24 octobre. Tout à coup le malade s'aperçoit qu'il a de la difficulté à ouvrir la bouche. Injections hypodermiques de morphine. Chloral.

Le 25. Le matin, le trismus est très marqué, mais les muscles de la nuque sont souples. Le soir, les muscles de la nuque sont contracturés. T. 37°,7. Pouls88. 2 centigrammes de morphine, 3 grammes de chloral.

TRAUMATIQUES.

Le 26. Opistliothonos. Impossibilité absolue d'écarter les mâchoires. Spasme du pharynx. La peau est couverte de sueurs. T. 37°, 9. Pouls 120. 6 grammes de chloral.

Le soir T.SO", 5. Pouls 158. Les crises de contractures spasmodiques se renouvellent à de très courts intervalles. La peau est inondée de sueur. Chloral en lavements. Injections souscutanées de morphine.

A onze heures du soir le pouls tombe à 128.

Le 27. Matin T. 38",7. Pouls 120. Les crises de spasme sont moins violentes. Elles se succèdent toutes les deux ou trois minutes. Somnolence. Les sueurs sont toujours aussi abondantes. Injection de morphine. Un lavement avec 1 gramme de chloral toutes les heures.

A trois heures, le malade expire au milieu d'une violente crise.

Autopsie. La moelle épinière était normale, peu congestionnée. Le rein gauche avait les caractères du gros rein blanc Le rein droit présentait les dimensions normales. Il était très congestionné, rouge, saignant à la coupe.

Page 1