‹ Affections chirurgicales du tronc [electronic resource] (volume 2)Chapitre 4 sur 92 · III. Plaies non pénétrantes par instruments tranchants ou · texte numérisé non relu

III. Plaies non pénétrantes par instruments tranchants ou

piquants»

Presque toujours ces plaies ont été le résultat de coups de couteau ou d'instruments analogues, agissant par leur tranchant et surtout par leur pointe (54 cas). Les plaies par instruments piquants, tels que poinçon, épingle à cheveux, ont été beaucoup plus rares (4 cas). En recherchant les circonstances dans lesquelles ces plaies avaient été faites, j'ai relevé au moins 12 plaies par tentative de suicide. Enfin, dans 4 cas, des vases s'étant rompus sous le poids du tronc, les éclats avaient produit, aux fesses, des coupures aussi nettes que celle d'un instrument tranchant.

Le thorax est beaucoup plus souvent atteint que les autres régions du tronc. Sur 44 plaies du thorax, 25 siè-

62 cas.

55 hommes : 31 trait, sans suture ; 24 suturés 7 femmes : 2 — 5 —

AFFECTIONS GÉNÉRALES

geaieiiL sur sa face antérieure, dans les régions mammaire, précordiale ou sternale, et 13 sur sa face postérieure ou dorsale. L'abdomen n'a eu que 10 plaies par insLrumenl tranchant ; la région fessière, 5 ; la région lombaire, 3.

La profondeur et l'étendue de ces plaies ont été très variables. La plupart n'intéressaient que la peau et le tissu cellulaire sous-cutané. Mais, dans 14 cas, les aponévroses et les muscles étaient sectionnés. 11 peut être Irès cnibarrassant de reconnaître si une plaie pénètre ou non dans line des cavités viscérales. Chez 1 blessé, une grande dyspnée, chez 1 aiîtrc, une hémoptysie, pouvait faire croire à une plaie pénétrante du thorax ; cependant celte pénétration ne fut pas démontrée. Un jeune garçon de seize ans, à la suite d'un coup de ciseaux dans le (lanc, eut une hernie, enlre les lèvres de la plaie, d'un paquet graisseux qui fut pris, d'abord, pour de l'épiploon. Il fallut y regarder de très près pour voir qu'il s'agissait seulement de plusieurs globules graisseux de la couche souscutanée.

Quelques plaies avaient huit ou dix centimèlres d'étendue. Leur trajet élait souvent oblique et 1 fois la plaie était en séton.

5 fois le tronc avait été lardé de plusieurs coups de couteau et 8 fois les coups de couteau avaient f)orté en nième temps sur le tronc et sur les membres.

Les hémorrhagies graves ont été j'ares : au nombre de 4 seulement. Dans 1 de ces cas, la perle de sang yenajt d'une blessure des plexus rachicliens (obs. 10).

1 des blessés a été pris de délire alcoolique. Toutes les fois que les bords de la plaie avaient de la tendance à s'écarter, une sulure était faite après lavage préalable et asepsie de la région. Sur 29 sutures, la réunion immédiate a eu lieu 28 fois.

La guériron par suppuration a élé i-are. Ainsi : 31 blessés ont été guéris entre 2 et 5 jours. 13 0 et 10 —

Q — — 11 et 15 —

7 — — plus de 1() -—

U\RAUMATrQUES. 23

La durée moyenno du séjour à l'hôpital a été de sept jours.

Obs. 10.— Plaie profonde par un coup de couteau à la région vertébrale. Hcmorrhacjie abondante venant des plexus veineux rachidiens. Guérùon.

Le nommé G... (Fortuné), âgé de 19 ans, exerçant la pror fession de modèle, est amené dans la nuit du 27 juillet 1884. Pendant une rixe, il vient de recevoir un coup de couteau à la partie postérieure du tronc. Le blessé a déjà perdu une .grande cpiantité de sang et la pliio continue à saigner. L'interne de garde applique de suite un pansement de Lister, avec compression.

Le 28. A la visite du matin, je constate, en dehors de la ligne médiane, du côté droit, à la partie postérieure et inférieure du thorax une plaie largement ouverte, de quatre centimètres environ de longueur. Les muscles sacro-lombaires ont été coupés. En introduisant le doigt dans la plaie, je trouve qu'elle se dirige en bas et en dedans, vers la colonne vertébrale. Elle semble avoir son fond entre deux apophyses épineuses. La plaie est très profonde. Elle mesure toute la longueur de l'index. Les plexus rachidiens sont certainement ouverts, car il s'écoule une grande quantité de sang veineux. L'écoulement augmente pendant les secousses de la toux, et alors l'irruption du sang se fait avec violence, comme en jet.

L'absence d'hémoptysie et de phénomènes stéthoscopiques du côté de la poitrine prouvent qu'il n'y a pas pénétration dans la cavité thoracique. Il n'y a pas non plus de symptômes abdominaux.

Absence complète de phénomènes médullaires. La sensibilité des membres inférieurs est normale. Pas de troubles vésicaux, ni rectaux.

On lave soigneusement la plaie avec de l'eau phéniquée, on la suture, on place un drain et on applique un pansement de Lister compressif.

Le malade est, en outre, aflfecté d'une blennorrhagie snba'înii;.

24 AFFECTIONS GÉNÉRALES

La journée du 28 est bonne, malgré la fatigue des interrogatoires multiples qu'il a subis pour l'instruction de la police. Appétit. Alimentation abondante comme si la blessure n'existait pas.

Les suites sont des plus simples. Cicatrisation par première intention. Aucun phénomène pouvant faire croire n une lésion de la moelle n'a été observé.

Le 16 août. Exeat.

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