II. — Entorses des articulations du bassin
6 cas ^ ^ hommes : 2 IraiLés et guéris. ( 4 femmes : 4 — —
Ces entorses ont été rares. J'en ai observé 4 cas à l'articLilation sacro- coccygienne. L'articulation sacro-iliaque et l'articulation du pubis n'en ont présenté chacune qu'un seul exemple.
Une chute sur le siège, alors que la pointe du coccyx vient frapper contre un corps dur, est la cause habituelle de l'entorse de l'articulation sacro-coccygienne. 3 fois sur mes 4 cas, l'entorse avait été produite par cette cause, et les blessés étaient du sexe féminin. Une seule fois, Tentorse avait été produite, chez un homme, par la pression du fer d'un cheval.
Toutes les pressions sur l'extrémité inférieure du rachis, toutes les contractions musculaires qui impriment un mouvement au coccyx, produisent de la douleur. Les blessés soutirent dans la position assise et dans le décubitus dorsal. Ils souffrent pour aller à la garde-robe, par suite de la pression du bol fécal et par suite de la contraction des
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muscles du périnée. Ils souffrent encore pendantlcs efforts, pcndantia toux, pendantréternuenient, parce que les viscères abdominaux sont refoulés contre le plancher du bassin. La douleur est parfois très vive. Elle met sur la voie du diagnostic. On la localise au niveau de l'articulation sacrococcygienne en palpant la face postérieure du sillon interfessier. On l'exaspère, en faisant basculer le coccyx, par une pression sur sa face postérieure ou sur sa face antérieure avec le doigt introduit dans le rectum.
Le repos, les bains, quelques appplications résolutives et narcotiques, ont amené la guérison de mes malades, après un traitement de dix jours en moyenne. C'est donc une lésion légère, mais c'est une lésion qu'il ne faut pas négliger, parce que l'articulation peut s'enflammer et déterminer une des formes de la coccyodynie.
Chez le blessé,homme de quarante ans,qui avait une e;z/or5e de l' articulation sacro-iliaque bassin avait été comprimé transversalement entre un mur et une voiture. Une roue de fiacre avait passé obliquement sur la hanche et sur le pubis chez l'autre blessé, femme de vingt-cinq ans, qui avait subi mee?îtorsedu pubis. h'\m et l'autre ne pouvaient se tenir debout ni marcher. Au boutd'une dizaine de jours ils purent quitter mon service.
IIL — Luxation de l'os iliaque.
1 cas. 1 homme. 1 guéri.
Obs. 225. — Luxation du pubis ; déchirure de Vurbihre ; infiUraiion d'urine dans le périnée.^ le scrolwn ei lliypogaslre ; guérison.
Le nommé M... (Léon),àf>é de 36 ans, charretier, sans tare alcoolique et d'une santé excellente, tombe, le 20septembre 1880, d'une voiture pesamment chargée. La roue lui passe entre les jambes, monte sur le pubis en écorchant. légèrement les bourses du côté gauche, puis s6 dévie sur le flanc gauche. Pas de perte complète de connaissance, mais engourdissement pro-
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fond. Le blessé est apporté dans cet état à la Pitié. Il ressent une douleur vive au niveau du pubis et du sacrum. La sensibilité des membres inférieurs est intacte, mais leurs mouvements sont très difficiles et douloureux. Une sonde en caoutchouc rouge, d'un gros calibre, est introduite facilement dans la vessie, et donne issaecà une petite quantité d'urine. La sonde est laissée à demeure, mais pendant la nuit elle sort spontanément et n'est pas remise en place.
Le 21. Une petite quantité d'urine s'écoule par la verge.
Le 22 au soir, le malade souffrant beaucoup, l'interne de garde est appelé et trouve une infiltration d'urine formant au périnée une saillie du volume d'un œuf. Eu même temps, les bourses, très œdématiées, ont le volume d'une tête de fœtus et présentent, à leur partie déclive, une tache noirâtre. Incision de la poche périnéale ; écoulement d'une assez grande quantité d'urine. Sonde à demeure.
Les jours suivants, le blessé, qui est très peu intelligent, enlève sa soude à plusieurs reprises. L'urine s'écoule par la plaie périnéale et par la sonde. Il se forme, à la partie inférieure des bourses, une eschare du volume d'une pièce de cinq francs.
Le 20. La température est à 39°. La percussion de la fosse iliaque gauche donne un son tympanique qui fait reconnaître une infiltration de gaz putrides dans le tissu cellulaire. Incision de la paroi abdominale, parallèle à l'arcade crurale. Issue de gaz et de liquide fétides. Lavage de la poche avec une solution phéniquée, qui ressort par la plaie périnéale. Le doigt, introduit dans cotte poche, permet de sentir très nettement lesos du pubis disjoints. Le cartilage interpubien est rompu et les os du pubis sont séparés par une distance de deux centimètres. En outre, le pubis gauche est sur un plan antérieur au droit.
Pas de douleur à la pression au niveau des articulations sacro-iliaques. Il est évident que l'os iliaque gauche a été luxé en avant par la pression de la roue de la voiture, et que l'articulation sacro-iliaque gauche a dû participer au déplacement.
Le 27. L'état général est meilleur, cependant les urines présentent une teinte foncée qui fait craindre une intoxication
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phéniquée; aussi, après le lavage de la poche Je liquide injecté est-il retiré à l'aide de la seringue.
Le 28. Les urines ne sont plus noires, et, depuis ce jour, ne le redeviennent pas malgré les injections d'eau phéniquée dans la plaie cavitaire.
Le 15 octobre. Le malade est en excellent état. La plaie périnéale est presque fermée ; depuis plusieurs jours, elle ne donne plus issue au liquide injecté par la plaie abdominale. La plaie du scrotum est en bon état. L'appétit est satisfaisant.
Le 17. On ouvre un abcès à la racine des bourses, du côté gauche ; issue d'une assez grande quantité de pus crémeux, inodore. Ce foyer communique avec la grande cavité.
Le 29. L'amélioration continue. La cavité de l'abcès, ouvert le 17, estpresque entièrement refermée. La plaie des bourses et celle du périnée sont presque complètement guéries. Du côté de la pluie abdominale, on voit, après la miction, s'écouler goutte à goutte une petite quantité d'urine. Du reste, depuis l'accident, le malade n'a jamais perdu involontairement son urine, et l'infiltration urineuse ne s'est produite que consécutivement à une miction volontaire, ce qui éloigne toute idée de plaie vésicale.
Depuis le24,le malade a retiré sa sonde et urine par la verge très facilement. La sonde est replacée. On sent au toucher que les pubis se sont rapprochés ; ils donnent la sensation des deux fragments d'une rotule séparés par un cal fibreux.
Le 8 novembre. Excellent état général. Le malade veut se lever et on a peine à s'y opposer. Une petite quantité d'urine sort par la plaie abdominale ; le reste s'écoule facilement parla verge.
Le 25. Le malade commence à se lever. Il se tient debout, mais peut à peine marcher. ]1 lui semble qu'à chaque pas ses jambes s'enfoncent dans le ventre. En plaçant la main sur le pubis,onsent,lorsqu'il marche, une mobilité anormale decesos.
Le 5 décembre. La plaie abdominale est fermée. La marche devient plus facile.
Le 28. Le malade marche assez bien pour faire le tour de sou lit. Il n a presque plus cette sensation de mobilité des pubis.
l'O. 22 janvier 1881. Guérison. Exeat.
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