XXV. — Epitliéliômas
3 cas. — 2 traités; 1 opéré. 1 mort.
Les 3 malades afteclés d'épiîhéliâmas étaient dans un état de cacbexie avancée.
2 ne fureni pas opérés ; l'un avait un épithélioma végétant très volumineux du scrotum, avec dégénérescence des ganglions de l'aine et du bassin; l'autre, âgé de soixantesept ans, souffrait d'une dysurie produite par uu épithélioma de la prostate.
Le troisième malade portait un épithélioma de la verge, laquelle fut amputée. Il succomba à la cachexie au bout de trois semaines (obs. 313).
Obs. 313. — Amputation de la verge pour un épithé/iôma; mort de cachexie. — Q... (Joseph), âgé de 56 ans, journalier, est admis le 2 octobre 1885.
Tout le gland est transformé en une tumeur végétante, saignante, ayant l'aspect d'un choux-fleur. Le prépuce est refoulé en arriére et commence à être envahi. Les corps caverneux sont le siège d'une induration profonde, qui est certainement une infiltration cancéreuse du tissu érectile. Pendant la miction, l'urine sort, à l'extrémité delà tumeur, par une fente située entre les efflorescences de l'épithéliôma. Les ganglions inguinaux des deux côtés sont dégénérés. La tumeur exhale une odeur repoussante. Le malade est amaigri, d'une pâleur cachectique, et soufïre beaucoup. L'opération me paraît indiquée, non pour obtenir une guérison, mais pour améliorer l'état du malade, en supprimant une cause de douleur, de pertes sanguines et d'infection putride.
Le 6. Le malade étant chloroformisé, je fais une incision circulaire du fourreau de la verge avec le bistouri ; puis cette manchette étant rétractée en arrière, je sectionne les corps caverneux avec le thermocautère au niveau du pubis. Deux
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artères sont liées. Une sonde est placée à demeure dans le bout postérieur de l'urèthre.
Les suites opératoires sont très simples.
Le 24. L'opéré, qui était depuis longtemps très cachectique, s'affaiblit tout à coup et tombe dans un état comateux.
Le 26. Mort sans avoir repris connaissance.
XXVL — Cancers du testicule.
14 cas. — 8 opérés (1 mort); 6 noa opérés (2 morts).
Le cancer du testicule se montre vers la période moyenne de la vie, aux environs de quarante et un ans et demi d'après ma Statistique. Mais il n'est pas rare dans la jeunesse. Je l'ai observé chez un enfant de vingt mois et chez un jeune homme de vingt-six ans (obs. 319). Je ne l'ai pas vu flK'z le vieillard.
Les deux testicules peuvent être pris en même temps (obs. 320), c'est un fait exceptionnel. Ordinairement un seul testicule est atteint, et la maladie siège indififéremmenl sur le testicule droit ou sur le gauche.
Comme je n'ai rencontré qu'l fois, sur 14 malades, des antécédents héréditaires cancéreux (obs. 314), je suis tenté de croire que l'influence de l'hérédité est moindre pour le cancer du testicule que pour le cancer des autres organes.
Le traumatisme joue aussi, dans l'étiologie, un rôle fort secondaire. Chez tous mes malades, à l'exception d'un seul (obs. 315), le cancer paraissait spontané.
Son évolution est plutôt rapide : en six à huit mois, le testicule avait acquis un volume inquiétant, celui d'une orange, celui du poing. Cependant, chez 2 malades, l'accroissement avait duré quatre ans et même sept ans.
Une tuméfaction lisse ou légèrement bosselée du testicule, devenu dur et plus lourd que son volume n'eût semblé le faire supposer, a été le premier signe du cancer. Entre temps, la peau du scrotum restait intacte, sans transparence, à moins qu'un épanchement de sérosité ne se fût formé dans la tunique vaginale. Eu palpant la tumeur, j'ai
souvent pu reconnaître où se trouvaient le testicule et l'épiclidyme,à la sensation spéciale que développe la pression sur ces organes. Mais, k une période plus avancée, le testicule était insensible et totalement perdu dans la masse morbide.
Mes malades soulfraient peu. Ils étaient surtout gênés par le volume du scrotum qui, dans 2 cas, était devenu énorme (obs. 319 et 320). La perte de l'instinct génésique m'a été quelquefois signalée.
La dégénérescence des ganglions lombaires, qui reçoivent les lymphatiques du testicule, est très précoce. Je l'ai observée 5 fois, et il est probable que, dans plusieurs autres cas, cette dégénérescence existait, bien qu'elle fût inappréciable à la palpation. Chez 1 malade, les ganglions inguinaux étaient pris en même temps que les ganglions loml)aires. Chez 1 autre malade le cordon participait au cancer.
Plus tard, lorsque le cancer est abandonné à lui-même, la peau du scrotum est envahie à son tour. Elle s'ulcère et, à travers l'ulcération, le néoplasme végète de manière à produire un gros fongus cancéreux (obs. 316).
Dès que le diagnostic est établi, l'ablation du testicule est le seul traitement qui puisse enrayer le mal. Et cette ablation doit être faite sans le moindre retard, à la condition toutefois que le cordon soit sain, et qu'il n'y ait, au pli de l'aine et à la région lombaire, aucune tuméfaction ganglionnaire appréciable.
Chez 8 malades, la castration me parut indiquée, parce que l'affection était bien limitée au testicule. Ils furent opérés par le procédé ordinaire {voy. page 736), en liant le cordon très haut avec deux fils de catgut croisés en X, et en liant encore quelques vaisseaux sur la section du cordon, si cela avait été nécessaire. 7 opérés guérirent sans suppuration, ou presque sans suppuration, dans un délai moyen de vingt jours. Mais le huitième opéré, dont la plaie opératoire s'était aussi cicatrisée par première intention, succomba, trente-sept jours après la castration, à une généralisation foudroyante du cancer (obs. 318).
Chez 4 malades, la castration était contre-indiquéepar l'ex-
MALADIES DES ORGANES GKNITAUX DE l'hOMME
tension du cancer: 2 quittèrent l'hôpital sans changement favorable, et 2 moururent de cachexie (obs. 319 et 320).
2 autres malades qui avaient été castrés dans un autre hôpital, passèrent seulement quelques jours dans mon service : ils avaient une récidive de leur cancer.
Le cancer testiculaire a un pronostic extrêmement grave, parce qu'il se généralise rapidement (;l fatalement. Ce fait tient au nombre et au volume des lymphatiques qui transportent de très bonne heure dans les ganglions lombaires les cellules cancéreuses. De sorte que le cordon et les lymphatiques sont dans une intégrité aftparente parfaite, alors que les ganglions lombaires sont déjà envahis.
Sur mes 8 opérés, j'ai observé 5 cas de récidive à distance, dans les ganglions ou dans les viscères, récidive apparaissant au bout d'un mois, au bout d'un mois et demi, au bout d'une année. Et chez l'I d'eux, la cachexie marcha si vite qu'il mourut le trente-septième jour, avant de sortir de l'hôpital (obs. 318).
Obs. 314. — Hydro-sarcocèle du testicule ; castration ; guérison. — Le nommé T. .. (Charles), âgé de 43 ans, journalier, est entré à la Pitié le 12 mars 1879.
11 a perdu sa mère d'un cancer du sein. Son père est mort de vieillesse. Lui-même a toujours joui d'une excellente santé. 11 n'a jamais eu d'accidents syphilitiques ou vénériens, à l'exception d'une uréthritedont l'écoulement n'aurait duré qu'une journée. Il n'est point alcoolique.
Il y a dix ou douze mois, il aperçut, à la face interne de son testicule gauche, une petite tumeur presque indolente, de la forme et du volume d'un haricot. Depuis, la tumeur s'est accrue sans déterminer d'autre inconvénient que de la gêne et quelques douleurs rares et peu intenses.
Actuellement la tumeur, du volume du poing d'un adulte, englobe le testicule gauche, avec lequel elle se confond. Cette tumeur est très pesante, absolument opaque, dure à sa partie moyenne et molle à ses deux extrémités. Sa forme est celle d'un rein, dont elle atteint presque les dimensions. La pression éveille de la douleur dans toute son étendue, mais plus
particulièrement à la partie inférieure de son bord postérieur, ce qui fait penser à la présence du testicule en cet endroit.
Le scrotum offre sa coloration normale. La peau glisse facilement sur les couches sous-jacentes des bourses. Le cordon spermatique paraît parfaitement sain ; aucun changement dans son volume, sa forme ni sa sensibilité. Les ganglions iliaques et lombaires ne sont pas engorgés. La palpation abdominale la plus minutieuse ne permet pas de sentir la moindre tuméfaction. Pourtant elle détermine une certaine douleur dans la région rénale gauche.
M. Polaillon diagnostique un hydrosarcocéle et soumet le malade à un traitement antisyphilitique pendant une semaine.
Le 20. Ponction avec l'aspirateur Dieulafoy. Il s'écoule cent vingt grammes de sérosité citrine.
Le 26. Castration pendant l'anesthésie chloroformique. On lie le cordon avec trois fils de catgut. Drain; suture du scrotum avec des fils d'argent. Pansement phéniqué.
Le 27. On renouvelle le pansement ; les lèvres de la plaie sont un peu œdémateuses.
Le 30. Pansement phéniqué. Les lèvres de la plaie sont réunies dans la moitié de leur étendue. La cavité occupée par le drain s'est notablement rétrécie.
Les jours suivants, le pansement est renouvelé tous les deux jours, jusqu'à ce que la plaie soit complètement cicatrisée.
La température, prise matin et soir, pendant les premiers jours n'a jamais dépassé 38''5.
Le 21 avril. Le malade quitte l'hôpital complètement guéri. L'examen le plus attentif de la fosse iliaque a démontré que les ganglions iliaques ne sont pas tuméfiés.
Obs. 315. — Cancer du testicule gauche; castration; récidive dans les ganglions et le fuie. — L... (Hugues), âgé de 41 ans, commissionnaire, se présente le 29 mars 1881 avec une tumeur du testicule gauche, tumeur du volume d'une orange, composée de bosselures hémisphériques, de consistance différente, mais pour la plupart assez dures. L'épididyme est compris dans la tumeur. En bas et en dedans se trouve une masse
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plus molle, qui, par son volume et sa consistance, rappelle le testicule.
La tumeur n'est pas douloureuse à la pression, et c'est à peine si l'on peut retrouver la douleur spéciale provoquée par la pression sur le testicule. Le cordon olire au toucher une série de petites saillies, formées par des veines variqueuses, au milieu desquelles on reconnaît le canal déférent, qui est sans bosselures. Le toucher rectal permet de constater que la prostate et les vésicules séminales sont saines. La peau est indemne et sans adhérences avec la tumeur.
Les ganglions inguinaux sont assez volumineux, mais ne sont pas dégénérés. Aucun symptôme thoracique, ni cardiaque.
Le malade donne les renseignements suivants :
Depuis sa jeunesse il porte, du côté gauche, un varicocèle qui ne lui causait aucune gêne Toutefois, dans ces dernières années, le varicocèle augmenta un peu et nécessita l'usage d'un suspensoir.
En janvier dernier, Hugues L... tomba sur le côté gauche pendant qu'il portait une malle. Les testicules furent comprimés entre les cuisses. Il ne se ressentit pas d'abord de cette chute, mais, au bout de deux ou trois jours, les bourses augmentèi'ent un peu de volume, surtout du côté gauche. Le malade continua à travailler. Bientôt il eut quelques frissons, des douleurs dans les reins, de la perte d'appétit.
Environ un mois après la chute, le malade remarqua sur le testicule gauche quelques bosselures, qui augmentèrent progressivement. En même temps il ressentit des coliques assez violentes et quelques élancements dans les bourses. Il était courbaturé et maigrissait de plus en plus.
Il a toujours eu une assez bonne santé. En 1867, il resta quatre mois au lit pour des rhumatismes. Depuis lors, il se plaignait assez souvent de douleurs. En 1872, il eut une hémoptysie. Il est marié, père de deux enfants bien portants. Il en a perdu trois du croup. Il ne présente pas d'accidents syphilitiques ni d'accidents alcooliques. Ses père et mère sont morts âgés.
Le diagnostic penche pour un cancer du testicule, avec quel-
ques réserves sur la possibilité d'une infiltration tuberculeuse. Quoi qu'il en soit, la localisation très nette de l'affection rend la castration nécessaire.
Le5 avril. Anesttiésie par le chloroforme. Sur la partie antérieure de la bourse gauche, incision de dix centimètres environ. Le tissu cellulaire très œdématié est disséqué autour de la tunique vaginale. Le cordon est isolé, puis lié en deux faisceaux et en masse avec des fils de catgut fort. Sept sutures métalliques, dont la supérieure traverse en même temps le moignon du cordon. Pansement de Lister.
Pansements tous les deux jours avec de l'ouate seulement.
Le 20. La cicatrisation est complète.
Le 26. Le malade soi t guéri.
Mais le 25 mai, Hugues L... revient dans le service. Son ventre est volumineux par suite d"un épanchement ascitique et d'un tympanisme gazeux. Sa peau a une teinte ictérique. L'amaigrissement a augmenté. L^appétit est nul. La faiblesse est de plus en plus grande. La percussion fait reconnaître que le foie est volumineux. 11 n'est pas difficile de conclure, d'après l'ensemble de ces symptômes, que le cancer a envahi les ganglions lombaires et le foie.
Le 21 juin. Le malade quitte le service pour retourner dans sa famille. Il est en pleine cachexie, et sa fin est sans doute très prochaine.
Le testicule, examiné par M. Darier, est volumineux, bosselé. Les éléments du cordon dissociés montrent des veines très dilatées, variqueuses, et un canal déférent normal, ne contenant pas un seul spermatozoaire. De l'épididyme il ne reste pas trace. Il est confondu dans la tumeur. L'albuginée est normale, sauf en quelques points, où l'on rencontre des tubes épithéliaux de nouvelle formation, comme dans le centre de la tumeur. A la partie inférieure, on trouve une portion de la glande normale, refoulée, étalée sur la tumeur. Les tubes séminifères y sont normaux, sauf un certain degré de prolifération épithéliale. Sur les bords de la glande, on voit le passage graduel du tissu testiculaire sain au tissu du carcinome.
Obs. 316. — Encéphaloïde du testicule envahissant le >iordon
et les ganglions, inopérable ; sphacèle des bourses ; végétations cancéreuses. — Adolphe C..., estampeur, âgé de 40 ans, entre dans le service le 26 mai 1881.
Il n'a jamais eu d'orchite, ni de maladies syphilitiques.
Il y a environ quatre ans, le testicule droit a légèrement grossi et est devenu pesant. A part quelques tiraillements et une légère gêne pendant la marche, le malade n'éprouvait aucune douleur Cette tumeur augmenta'peu à peu. Il y a un mois, un petit abcès s'est ouvert à la partie postérieure de la tumeur et s'est cicatrisé sans laisser de trace.
L'état général resta bon jusqu'à ces derniers temps. Mais, depuis quelques semaines, le malade a une toux fréquente avec expectoration, sans sueurs nocturnes. Douleurs dans les reins s'irradiant au testicule. Œdème de la jambe droite. Il continua néanmoins à travailler ; mais les douleurs augmentant et la tumeur s'accroissant toujours, il se détermina à entrer à l'hôpital.
Il s'agit d'un homme de taille moyenne, à l'air fatigué, maigre, faible. Ses yeux sont excavés; ses pommettes rouges. Son appétit est assez bien conservé.
Les bourses sont le siège d'une tumeur, de forme sphérique, irrégulièrement bosselée, du volume d'une tête de fœtus à terme. La peau est tendue, sillonnée par des troncs veineux qui font relief à sa surface. La consistance de la tumeur est ferme. A sa partie supéro-postérieure et interne on sent le testicule gauche, qui paraît sain.
Si on cherche la fluctuation, on n'a que des sensations peu nettes, excepté à la partie inférieure et postérieure, en un point très limité. Le cordon est notablement augmenté de volume à droite. Il est dur, et on le suit jusque dans l'abdomen.
En palpant le ventre, on constate plusieurs tumeurs indurées faisant suite au cordon. Il n'est pas douteux que ce sont des ganglions carcinômateux.
• La miction est noi'male. Les urines n'ont ni glucose, ni albumine.
L'auscultation fait constater des râles humides et secs dans les deux fosses sus-épineuses.
■ Le 27. Ponction capillaire avec l'aspirateur Dieulafoy, audessous de la verge, dans un point qui paraît fluctuant. On ne retire que quelques gouttes de sang.
Le 28. Nouvelle ponction capillaire à la partie postérieure de la tumeur. Il sort environ cinquante à soixante grammes d'un liquide rouge noir. M. Poiaillon diagnostique un carcinome du testicule avec dégénérescence du cordon et des ganglions. Par suite contre-indication à la castration.
Le 3L Douleurs dans les bourses. Fièvre.
Le 1" juin. Les douleurs ont augmenté. Elles produisent des élancements. Fièvre, perte d'appétit. La tumeur est devenue rouge, luisante, chaude. Les ponctions ont déterminé une inflammation de la tumeur.
Le 3. Au niveau de la piqûre de l'aspirateur, on voit une ulcération assez étendue, laissant suinter un liquide rougeàtre, recouverte de fausses membranes qui se mortifient. Dans d'autres points, on constate des parties ramollies, offrant la sensation d'une fausse fluctuation.
Le 4. La tumeur présente deux plaques de sphacèle aux points où ont été faites les piqûres. La plaque antérieure a environ la largeur d'une pièce de cin i francs. La plaque postérieure est moins large.
L'état général est assez bon.
Le 7. Les deux eschares sont soulevées par des masses charnues, grises, saignantes, fongueuses, ramollies, analogues à des têtes de champignon.
Le 9. Les champignons de tissu eucéphaloïde augmentent de volume. Les douleurs sont à peu près nulles et ne reviennent que par élancements. Le malade mange assez bien. Son sommeil est calme.
Le 19. L'état général s'altère. L'appétit se perd. Les végétations cancéreuses augmentent de plus en plus et exhalent une odeur très fétide. La jambe droite est légèrement douloureuse et toujours enflée.
Pendant le mois de juillet tous les symptômes augmentent d intensité. Les végétations s'accroissent et produisent des douleurs, qui reviennent par exacerbations (fig. 46).
L'état général devient de plus en plus mauvais. L'amaigris-
sèment est considérable. Les lésions pulmonaires ne paraissent pas avoir augmenté. Le malade peut à peine se soulever sur son lit; il a le teint jaunâtre, cachectique.
Figure 46. — Eocéphaloïde ulcéré du testicule formant d'énormes
champignons.
Le 4 août. La fin du malade était prochaine, lorsqu'il demande sa sortie, pour aller mourir chez lui.
AFFECTIONS ORGANIQUES 'ol
Obs. 317. — Tumeur enchondro-carcinômalense du testicule, casti-ation ; guérison opératoire, mais re'cidive foudroyante. — Le nommé V .. (Emile), âgé de 31 ans, gardien de la paix, entre à l'Hôtel-Dieu le 7 novembre 1893.
Aucun antécédent héréditaire. Lui-même n'a jamais fait de maladies.
Il y a dix ans, blennorrhagie, guérie au bout d'un mois. Pas d'antécédents syphilitiques.
L'afiection testiculaire, dont se plaint le malade, aurait débuté au mois de mars dernier, c'est-à-dire il y a huit mois. A cette époque, son attention fut attirée par des sensations de pesanteur et de tiraillements dans les bourses, survenant pendant la marche et à la suite de stations debout un peu prolongées. Il constata alors l'existence d'une petite tumeur, située au fond des bourses, au-dessous du testicule gauche, et semblant complètement indépendante du testicule. Cette indépendance, au dire du malade, était si nette que, suivant son expression, il lui semblait avoir trois testicules.
La petite tumeur, d'une consistance molle, grosse comme une noisette, mobile, indolore à la pression, inquiéta si peu le malade, qu'il continua à se livrer à ses occupations, en portant toutefois un suspensoir. Peu à peu, la tumeur finit par se fusionner avec le testicule, et acquit assez rapidement le volume d'un œuf de poule.
Jusqu'au 25 mai, le malade fit son métier de gardien de la paix, marchant et restant debout une partie de la journée. A cette époque, il entra à l'Hôtel-Dieu, salle Saint-Côme. On constata alors la tumeur du testicule gauche, sur la nature de laquelle le diagnostic resta incertain.
Sa forme était arrondie, globuleuse. La peau des bourses étaient absolument saine et mobile. Le testicule présentait, le volume d'un œuf de dinde. D'une consistance ferme en général, il était d'une dureté presque cartilagineuse en certains points. Sa surface était inégale et légèrement bosselée, présentant par places des parties nettement fluctuantes, comme s'il y avait des kystes dans son épaisseur. CaracLère important, la tumeur était absolument indolore à la pression, et en aucun point la palpalion n'éveillait la sensation caractéristique que
788 MALADIES DES ORGANES GÉNITAUX DE l'HOMME
provoque ordinairement la pression du testicule. Le canal déférent était sain et ne présentait point de bosselures. Point de lésions du côté de la prostate, ni des vésicules séminales. L'appareil urinaire était également sain. Pas d'adénopathie. Il n'y avait pas d'épanchement dans la tunique vaginale, dont les feuillets semblaient faire corps avec la tumeur. Le testicule droit était sain.
Figure 47. — Coupe d'une tmnnur enchondro carcinômateuse du testiculo. (Demi-grandeur naturelle. — Dessin par M. de Grandcourt, externe du service.)
Ajoutons à cela que la santé générale était excellente. L'appétit était bon et le malade n'avait pas subi le moindre amaigrissement.
Une ponction, pratiquée au niveau d'un des points fluctuants, donna issue à du liquide sanguinolent, sans caractères particuliers.
Le 10 juin, Emile V... quitta l'hôpital malgré ce qu'on put lui dire sur la nécessité d'enlever le testicule malade.
Le 7 novembre, il rentra dans le service. Pendant ces trois mois d'absence, il avait repris son travail, sans éprouver de la gêne.
La tumeur présente, d'ailleurs, les mêmes caractères que
précédemment, si ce n'est qu'elle est notablement plus grosse, comme une orange à peu prés. Toujours absolument indolore, elle ne gêne le malade que par son volume. Les bourses sout saines. L'état général est resté bon.
En présence des caractères de cette tumeur, à évolution rapide, sans stigmates syphilitiques ni tuberculeux, malgré l'intégrité de la santé générale, force est bien d'admettre l'existence d'une tumeur maligne du testicule.
Le 14. L'ablation de l'organe est pratiquée suivant le procédé habituel de la castration.
Sur une coupe de la tumeur, on voit que toute la substance testiculaire est transformée en un tissu de consistance mollasse. En plusieurs endroits se trouvent des plaques d'enchondrôme, contrastant par leur dureté avec la consistance du reste de la tumeur. Dans l'épaisseur du néoplasme sont disséminés de petits kystes, contenant un liquide roussâtre (fîg.47).
Les suites de l'opération furent bonnes. Réunion par première intention.
La santé fut toujours excellente. L'appétit bon. Pas traces d'amaigrissement.
Le 7 décembre. Le malade quitta l'hôpital guéri.
Le 19 janvier 1894. La guérison fut de courte durée. Emile V... étant revenu dans le service, présentait un commencement d'ascite, due à une reproduction du cancer dans les ganglions ou les viscères de l'abdomen. Il fut perdu de vue; il a dû succomber peu après.
Obs. 318. — Carcinôme du testicule; castration; récidive foudroyante] mort. — G... (Alexandre), âgé de 49 ans, mécanicien, est admis le 3 septembre 1889.
Depuis six mois, il a vu se former, dans le testicule gauche, une tumeur, qui est allée en s'accroissant progressivement sans le faire souffrir. Il a suivi, chez lui, un traitement deRaspail, qui n'a eu aucun effet favorable.
L'affection paraît bien limitée au testicule. La santé du malade est assez bonne. La ca&tration est nettement indiquée.
Le 17. Anesthésie par le chloroforme. Ablation du testicule.
Le cordon est lié eu deux faisceaux, puis en masse avec un fil de catgut. La plaie est suturée.
Réunion immédiate.
Pendant que la plaie opératoire se cicatrisait sans suppurer, je constatai une tuméfaction suspecte sur le trajet du cordon.
Le 29. La palpation de Tabdomen fait reconnaître, dans la fosse iliaque gauche, une masse profonde, dure, qui n'est autre chose que des ganglions dégénérés.
Le 10 octobre. En même temps que les tumeurs abdominales augmentaient de volume, les membres inférieurs s'œdématiaient. L'appétit est perdu. L'amaigrissement devient de plus en plus grand.
Le 22. Alexandre G... succombe à la généralisation foudroyante du cancer.
Obs. 319. — Lymphadénôme du testicule; généralisation; mort. — Le 23 janvier 1887, entre à la salle Broca un malade nommé F... (Désiré), âgéde 36 ans, épicier, portant une énorme tumeur du testicule droit.
Ses antécédents héréditaires sont excellents. Il a un frère et une sœur, qui sont bien portants. Aucune maladie cancéreuse chez ses ascendants.
Sa santé est relativement bonne.
Depuis un an, il ressentait des douleurs sourdes dans le testicule droit ; mais ce n'est que vers Is 15 septembre dernier, qu'il s'aperçut que ce testicule devenait plus gros que l'autre. Il faisait alors ses treize jours de service militaire, et était obligé de monter à cheval. Au bout de trois jours, il fut incapable de continuer son service, et fut envoyé au Valde-Gràce.
Le testicule droit prit rapidement un développement
énorme. .
Une hydrocéle symptomatique fat ponctionnée deux lois pendant le séjour du malade au Val-de-Gràce.
Le décembre 1886, il sortit du Val-do-Gràce et resta chez lui pendant prés de deux mois, avant de se décider a entrer
Les bourses descendent jusqu'au tiers intérieur des cuisses.
Leur sui'face est sillonnée par un abondant réseau veineux. A la palpation on perçoit la rénitence spéciale à Tépanchement vaginal, puis, en appuyant un peu, on déplace le liquide et on arrive à percevoir vaguement les contours arrondis et durs d'une énorme tumeur testiculaire.
Le cordon est mince et semble épargné par le néoplasme, mais la palpation du ventre y révèle des masses ganglionnaires énormes, saillantes, surtout du côté droit, masses que Ton peut suivre jusqu'au-dessus de l'ombilic. Ces productions morbides sont arrondies, lobulées, et remplissent le petit bassin, ainsi qu'une grande portion de l'abdomen.
Le malade éprouve de vives douleurs, qu'il ne peut calmer qu'avec de fréquentes injections de morphine.
Il a une constipation opiniâtre résultant de la compression que la tumeur ganglionnaire fait subir à son rectum. L'appétit et le sommeil sont perdus. La cachexie arrive à grands pas.
Le 4 février. On fait une ponction évacuatrice avec l'aspirateur. On retire un litre de liquide d'un jaune brunâtre. Après cette ponction, on peut apprécier les contours de la tumeur, qui est grosse comme une tête de fœtus à terme, arrondie, légèrement ovoïde. Le testicule gauche, resté absolument normal, se trouve caché en haut et à gauche de la tumeur.
L'épanchemeut ne tarde pas à se reproduire.
Le 28. Seconde ponction.
Le 20 mars. Le malade ne mange presque plus. Il est d'une maigreur extrême, cachectique au dernier degré.
Le 22. Survient un ictère, qui s'accentue les jours suivants jusqu'à, donner à la peau une teinte très foncée. La constipation est de plus en plus opiniâtre ; ni les lavements, ni les purgations ne peuvent la combattre.
Le 25. Le malade est pris de hoquets fréquents.
Le 27. Mort.
Le 28. L'autopsie montre que le testicule droit forme une tumeur ovoïde, lisse, pesant près de deux kilos, tumeur formée par un tissu lardacé, coloré en jaune par l'ictère. Son tissu est mou, mais nulle part kystique.
Dans l'abdomen, la masse des ganglions dégénérés est
792 MALADIES DËS ORGANES GENITAUX DE L HOMME
énorme. Elle forme une colonne médiane, qui remonte jusqu'au diaphragme, et remplit presque toute la cavité péritonéale. Elle est bosselée, ramollie en plusieurs endroits. La coupe des portions les plus dures montre un tissu blanchâtre, peu résistant. Des cavités kystiques laissent échapper un liquide blanc comme de la crème dont il a la consistance.
Le rectum était absolument enchâssé dans la tumeur, qui le comprimait dans toute sa hauteui-.
Le pourtour du détroit supéi-ieur du bassin était partout en contact avec la tumeur et envahi par elle. Los branches horizontales du pubis et les deux dernières vertèbres lombaires étaient ramollies, et présentaient une dégénérescence néoplasique avancée.
L'uretère droit était comprimé, et il en résultait une hydronéphrose du rein correspondant.
Enfin le canal cholédoque, qui était en rapport avec la partie supérieure de la tumeur ganglionnaire, était absolument oblitéré par compression. C'est à cette cause qu'il faut rattacher la formation de l'ictère dans les derniers jours de la maladie.
Le poumon droit présentait deux cavernes cancéreuses au milieu de son lobe supérieur. Ces cavernes grosses, chacune, comme une mandarine, laissaient écouler un liquide blanchâtre analogue à celui de la tumeur abdominale.
Les ganglions trachéo-bronchiques étaient également dégénérés, et formaient une masse volumineuse au-devant de la trachée.
L'examen histologique a prouvé qu'on avait affaire à un lymphadénome. On trouvait sur les coupes un réticulum très fin entre les mailles duquel se montraient un grand nombre de leucocytes.
Obs 320. — Cancer des deux teslicuks ; mort de cachexie. — Le nommé G... (Louis), âgé de 55 ans, exerçant la profession de maréchal, entre à la Pitié le 28 mai 188S. Ses deux testicules sont le siège d'une tumeur, dont il n'est pas difficile ^ ■ reconnaître la nature cancéreuse. En effet, les cordons s( ^ tuméfiés, les ganglions lombaires forment une tumeur appre-
MALFORMATIONS
ciableà la palpation. Bien que la maladie ne date que de trois mois, d'après le dit e du malade, ce dernier commence à se cachectiser.
Toute opération est contre-iudiquée. Le malade reste dans le service, où Ton voit les tumeurs grossir progressivement. La peau du scrotum devient adhérente aux testicules. Peu à peu l'envahissement cancéreux gagne non seulement la peau du scrotum, mais encore la peau du pubis et de l'abdomen.
Le 22 septembre, Louis G... succombe à la cachexie.
En interrogeant les antécédents des mes malades, j'ai presque toujours trouvé la blennorrhagie comme cause de la coarctation uréthrale, et surtout la blennorrhagie récidivante ou contractée à des époques successives. Chez la plupart il s'était écoulé plusieurs années, quelquefois dix ou douze ans, entre l'apparition de l'écoulement gonoccocique et le rétrécnsement de l'urèthre. Le rétrécissement avait passé inaperçu, tant que la vessie avait conservé toute sa force d'expulsion. Mais, avec les années, cette force avait diminué, en même temps que le tissu de la muqueuse s'était resserré. C'est vers 1 âge de quarante-trois ans, en moyenne, que la dysurie s'est manifestée.
Tout ce qui congestionne la muqueuse de l'urèthre, excès vénériens, excès de boissons, excès de fatigue, exagère les symptômes du rétrécissement. Aussi, dans l'appréciation de ces symptômes, faut-il toujours tenir compte de l'élément congestif ou inflammatoire. Il m'est arrivé d'observer 4 rétrécissements, que je n'ai pu attribuer à aucune cause
Malformations.
a. — Malformations acquises.