X. — Kystes hxjdaiiques
\ 1 homme : 1 opéré ; 1 guérison.
^ ( 4 femmes : 4 — 4 —
Au tronc, comme aux memlDres, aucune tumeur n'est plus difficile à reconnaître qu'un kyste hydatlque, parce que le frémissement, signe caractérisque, manque presque toujours. Dans 2 cas (obs. 29 et 30), j'avais soupçonné la présence d'un kyste hydatique ; mais je n'ai pu avoir une certitude qu'après la ponction, qui donna issue au liquide transparent spécial. Dans 3 cas (obs. 31 et 32\le kyste avait suppuré. Tout faisait croire à un abcès. Rien, même la ponction, n'aurait pu faire éviter l'erreur.
Tous ces kystes s'étaient développés dans le tissu des muscles.
Après l'incision, la membrane enveloppante se mortifie et se putréfie avec une grande facilité. Si Ton n'emploie pas des lavages antiseptiques fréquents pour bien nettoyer le foyer, il se produit un phlegmon et de la septicémie. C'est pour cela que l'ouverture des kystes hydatiques des muscles était considérée, avant l'antisepsie, comme une chose grave. De nos jours ces accidents ne se produisent plus ou peuvent toujours être combattus avec succès.
Obs. 29. — Kysle hydaLiquc développé dans Ve'paisseur des muscles abdominaux. (Citée in thèse de M.Audiat sur les kystes hydatiques des muscles ; Paris, 1886.)
Le nommé R..., âgé de 16 ans, imprimeur, est né à Ptiris qu'il n'a jamais quitté.
Aucun antécédent morbide, si ce n'est une chute d'un troisième étage, il y a un an, chute qui n'a pas laissé de traces.
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Un mois après la chute, il aurait constaté une tumeur, ou plutôt une tuméfaction de la fosse iliaque droite.
Il n'a jamais eu de douleurs dans cette région. Ce n'est que depuis quelques jours qu'il y éprouve un peu de gêne.
En juillet 1883, il fait un premier séjour dans mon service de la Pitié. La fosse iliaque droite est le siège d'une tumeur ovoïde, à grand axe parallèle au pli inguinal, non réductible, fluctuante, grosse comme une noix de coco. La peau est absolument saine et mobile, mais il est impossible de déplacer toute l'épaisseur de la paroi abdominale sur la tumeur. Celleci semble située dans l'épaisseur même de la paroi. Le bon état de santé du sujet, l'absence de tout signe morbide du côté du squelette me font écarter l'idée d'un abcès par congestion. Je note enfin qu'il existe une zone de sonorité très marquée entre la tumeur ét le foie, et qu'il n'y a aucun frémissement particulier quand on percute la tumeur.
Je m'arrête donc à l'idée d'un kyste, sur la nature duquel je ne peux me prononcer.
Une ponction capillaire avec aspiration est pratiquée. Elle donne issue à un liquide séreux, transparent, un peu jaunâtre comme de l'urine claire. Au micro'^cope, M. Sapelier, interne du service, y constate quelques globales rouges, quelques globules blancs, pas de crochets, mais un petit lambeau de membrane ressemblant à celle d'un kyste hydatique.
Quelques jours après la ponction, le malade sort de l'hôpital, mais le liquide ne tarde pas à se reproduire et, le 13 août, il revient avec une tumeur aussi volumineuse que précédemment et présentant les mêmes caractères,
Le 22. Une seconde ponction donne issue à un liquide rosé dans lequel on parvient à découvrir quelques rares crochets. Il s'agissait donc évidemment d'un kyste développé dans les muscles de la paroi abdominale. La poche kystique est évacuée complètement et lavée avec la solution phéniquée au 20'.
Le 24, soir. Céphalalgie, inappétence. Température 38",6. Pas de douleur au niveau de la fosse iliaque.
Les jours suivants la fièvre continue. Le kyste suppure et la suppuration s'accumule dans la poche qui prend le volume d'une tête de fœtus.
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Le "8 Incision avec le bistouri dans une étendue de trois centimètres environ. Issue d'un flot de pus. Lavage phéniqué. Drain. Pansement de Lister.
Le lavage phéniqué et les pansements sont renouvelés tous les deux jours. De temps en temps les lavages ramènent quelques lambeaux de membrane hydatique. Suppuration modérée, Etat général excellent.
Pendant le mois de septembre et la première moitié d'octobre, je m'étonne de voir que la cavité ne se ferme pas. Le malade va très bien et se lève toute la journée.
Le 18 octobre, le petit malade est pris subitement de douleurs dans la fosse iliaque et au niveau de l'orifice flstuleux.
Le lendemain je trouve, engagée dans l'orifice flstuleux, une grosse membrane hydatique, blanche, épaisse. Si on essaie de la tirer avec des pinces, on la déchire. Mais en comprimant les parois abdominales, je parviens à la faire sortir en totalité. Elle est suivie d'un flot de pus épais, verdâtre et fétide. Lavage phéniqué.
La membrane expulsée est blanche, épaisse de deux à trois millimètres. Elle forme une poche ovoïde dont les dimensions égalent celle d'une tête de fœtus. Elle est constituée par des couches superposées d'une substance transparente, sans structure, lamelliforme, fournissant des membranes minces, analogues à celles que nous avions plusieurs fois constatées dans le liquide des ponctions et des lavages. Sur la face interne de la poche, il n'y a aucune trace d'autres kystes hydatiques.
Cette expulsion fut suivie d'un retrait rapide du foyer purulent.
Le 19 novembre, la cavité est complètement comblée. L'orifice fistuleux est cicatrisé.
Il n'y a point de rétraction de la paroi abdominale.
Obs. 30. — Kyste hydatique volumineux développé dans Vépaisseur du grand dentelé. (Citée in thèse de M. Audiat.j
S... (Victorine), âgée de 19 ans, giletière, entre le 16 mars 1885, salle Gerdy, lit n° 11.
Pas d'antécédents héréditaires.
Elle n'a jamais été malade ; pas de strume ; pas de syphilis.
AFFECTIONS GÉNÉRALES
Elle a toujours été réglée régulièrement depuis sa première menstruation, qui remonte à l'âge de treize ans.
Il y a deux ans, la malade s'est aperçue, un soir en se déshabillant, qu'elle portait sur la ligne axillaire, à gauche, une grosseur du volume d'une noisette. Cette tumeur n'était pas douloureuse spontanément, mais le devenait par la pression du corset. Elle a grossi progressivement. Au dire de la malade, la tumeur aurait évolué beaucoup plus rapidement depuis un an, tandis qu'elle n'aurait que fort peu augmenté pendant la première année.
Actuellement pas de douleurs spontanées ; quelques légères douleurs à la pression. La peau n'a pas changé de coloration.
Le diamètre vertical de la tumeur mesure treize centimètres. Son diamètre transversal en mesure quatorze. La circonférence de la tumeur mesure environ quarante centimètres.
Elle est mate, fluctuante, transparente, sans frémissement hydatique. Elle est mobile sur les parties profondes, mais si l'on fait contracter les muscles de la paroi thoracique, le dentelé en particulier, la tumeur devient plus fixe.
Aucun ganglion dans l'aisseilo.
Il n'y a jamais eu de douleurs au niveau de la colonne vertébrale, ni au niveau du point où la tumeur s'est développée.
Le 26 mars, une ponction donne issue à un liquide clair comme de l'eau de roche (trois cents grammes environ), présentant tous les caractères du liquide des kystes hydatit^ues. Cependant, l'examen du liquide au microscope ne montre pas de crochets.
Une deuxième ponction, faite le 9 avril, laisse écouler un liquide jaunâtre (cent cinquante grammes environ), contenant beaucoup d'albumine, ce qui indique la mort des hydatides. Injection dans la poche d'une certaine quantité d'eau phéniquée au 1/20.
Pas la moindre inflammation après les deux ponctions ; pas de fièvre.
Après la deuxième ponction le volume de la tumeur reste stationnai re.
Le 23 avril. Dissection et extirpation du kyste dont les
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parois présentent l'apparence foliacée caractéristique. Sutures, pansement de Lister, drainage, légère compression avec du coton antiseptique.
Le soir de l'opération le pansement est traversé par une sérosité sanguinolente.
Un peu de suppuration pendant la cicatrisation.
La malade sort le 6 mai; il ne reste plus qu'une petite plaie d'un centimètre environ et très superficielle.
La malade n'a eu qu'un peu de fièvre le deuxième et le troisième jour qui ont suivi l'opération. La température s'est maintenue entre 38°,5 et 39°. Le quatrième jour après l'opération, la température est redevenue normale et n'a pas cessé de l'être jusqu'à la sortie.
Obs. 31. — Kyste hydalique développé dans Vépaisseur du grand -pectoral (citée in thèse de M. Audiat).
M... (Blanche), âgée de 37 ans, corsetiëre. Entrée le 7 juin 1886, salle Gerdy, n° 7.
La malade a vécu à la campagne jusqu'en 1876. Elle n'a jamais été malade, sauf pourtant qu'elle avait des migraines fréquentes, qui ont entraîné la perte de plusieurs plaques de cheveux.
Elle est à Paris depuis 1876. En 1883, elle s'aperçut qu'elle avait, au-dessus du sein gauche, une tumeur grosse comme une bille, qui était le plus souvent indolente. Cependant, après une contraction prolongée du grand pectoral, elle devenait très douloureuse. La tumeur grossit et acquit le volume d'un marron.
Elle ne causait pas de douleurs lorsque la malade rapprochait son bras du corps, mais elle donnait lieu à de vives souffrances, lorsqu'elle voulait porter le bras en arrière.
La malade entra à l'hôpital, parce que tout-à-coup la tumeur avait pris le volume d'une mandarine. A son niveau la peau était rouge et semblait sur le point de s'ulcérer.
Par le repos, la douleur disparut et la peau, qui recouvrait la tumeur, reprit son aspect normal.
A la palpation, on sentait une tumeur dure, non fluctuante,
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étalée et adhérente, par uue large base, au grand pectoral. Cette tumeur était indolente et mobile, quand le muscle était dans le relâchement; elle devenait douloureuse, quand elle était fixée par la contraction du muscle. Elle avait six à sept centimètres dans tous les sens.
Le 15 juin. Une incision horizontale de sept centimètres ouvre la tumeur, qui est constituée par une poche purulente, dont s'échappent soixante grammes de liquide et la membrane d une hydatide de trois centimètres de diamètre. Excision des parois de la poche et grattage. Suture de la peau. Drain.
Le 16. Température 37°, 4. La malade se plaint d'un fort mal de tête, de douleurs dans le sein, de malaise. Tous ces phénomènes passent le soir.
Le 18. l*"" pansement. Réunion. On enlève le drain.
Le 21. 2'' pansement. On enlève les fils. Réunion parfaite.
Le 25. 3^ pansement. La malade est complètement guérie. Cicatrice, un peu adhérente aux parties profondes. Elle semble suivre les mouvements du muscle sous-jacent. Exeat.
Obs. 32. — Kyste hydatique de i muscles de la fesse j^ris pour un abcès froid. Tncisiov. Guérison.
V... (Elisabeth), cordonnière, âgée de 31 ans, entrée à i'Hôtel-Dieu le 23 décembre 1894, s'est aperçue, il y a deux mois, qu'elle portait une tumeur à la partie supérieure de la fesse gauche. Elle s'était bien portée jusqu'alors.
Actuellement, la tumeur est grosse comme les deux poings, fluctuante, peu douloureuse à la pression, sans changement de couleur à la peau. Tout concordait pour le diagnostic d'un abcès froid, venant probablement d'une ostéite suppurée de l'os iliaque.
Le 31. La malade est endormie par le chloroforme, parce que je compte faire le curettage du foyer, le grattage de l'os et, s'il y a lieu, une résection partielle. L'incision des parties molles donne issue à un flot de pus entraînant une grosse hydatide, qui baignait dans la suppuration.
J'avais donc afl"aire à un kyste hydatique avec inflammation suppurative entre la paroi de la poche et les tissus voi-
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sins. Un lavage exact de la cavité et une suture avec des fils de crin, furent suivis d'une guérison par réunion immédiate. Le 9 janvier 1895. Exeat.
J'ai vu, en février 1895, un autre kyste hydatique de la région lombo-sacrée chez une femme de soixante-quatre ans, qui avait été pris pour un abcès et qui avait été guéri par l'incision et le drainage.