VI. — Èry thèmes
15 cas. — 15 traités.
Vérythème ou Véry thème eczémateux est la seule dermatose que j'aie observée dans mon service, et les femmes, qui en étaient affectées, n'y venaient pas pour la dermatose elle-même, mais pour des accidents consécutifs, savoir le vaginisme chez les jeunes femmes, les démangeaisons chez les femmes d'câge mûr et quelquefois l'adénite inguinale.
Le type de Vérythème aigu s'est présenté chez une femme de vingt ans, enceinte de sept mois; qui avait fait une marche forcée de trente-deux kilomètres. La muqueuse vulvaire était tuméfiée, d'un rouge très vif, humectée par un liquide muco-purulent, douloureuse au toucher et pendant
le rapprochement des cuisses. Des bains et le repos amenèrent la guérison en trois jours. L'érythème aigu cède ordinairement a quelques lotions de propreté, sans que les malades aient besoin de se faire soigner à l'hôpital.
Il n'en est pas de même de Xéry thème chronique. Dans ce cas, la dermatose s'est montrée sous la forme de plaques rouges-sombres, isolées ou disséminées, sur la muqueuse delà vulve ou sur la muqueuse du vagin, et quelquefois sur ■ l'une et sur l'autre à la fois.
Chez les jeunes femmes, les papilles qui recouvraient s ces plaques, étaient tuméfiées, séparées par de petites fissures, un peu saignantes. Elles étaient le siège d'une sen- j sibilité exquise, et souvent leur contact développait une douleur très vive. 9 fois cette hyperesthésie douloureuse' avait engendré une maladie, que j'analyserai plus loin, le j vaginisme.
Chez les femmes d'âge mûr, les plaques d'érythème chronique avaient une teinte violacée, ecchymotique. Elles; étaient lisses, à contours irréguliers, disséminés sur la,: vulve et sur le vagin. La muqueuse était plutôt sèchequ'humectée par un écoulement leucorrhéique. La vulve et: le vagin n'étaient pas le siège de douleurs, mais de prurit: et de démangeaisons, qui étaient un affreux tourment pour \ 3 de mes malades. L'une d'elles, femme de cinquante ans, 1 avait vu apparaître l'érythème à l'âge critique, et, depuis; six années, souffrait de démangeaisons que rien ne pouyait calmer. La muqueuse de sa vulve et de son vagin était tj parsemée de taches violacées, à contours irréguliers, empiétantes uns sur les autres.
L'âge moyen des femmes affectées d'érythème avec vag ginisme était de vingt-huit ans ; celui des femmes affectées • d'érythème avec démangeaisons était de cinquante ans.
Les lotions émollicntes très chaudes, dans quelques cas,, d'autres fois les lotions astringentes, les bains, ont soulagé le prurit et les démangeaisons. J'ai aussi employé avec ' quelque succès la poudre d'iodoforme, la poudre de bis- muth, les onctions avec la vaseline cocaïnée, et surtout! l'isolement des parties avec une toile de caoutchouc.
VIF. — Ulcérations simples.
6 cas. — 5 traités ; 1 opéré.
Si le nombre des ulcérations simples ou excoriations sans caractère est aussi restreint, c'est que ces légères plaies de la vulve se guérissent toutes seules. Elles n'attirent l'attention que si les ganglions inguinaux s'enflamment. Toutes mes malades avaient de l'adénite. 5 fois celle-ci se termina par résolution. Mais, dans 1 cas, le ganglion suppura et il fallut l'ouvrir par une incision.
L'origine des ulcérations superficielles de la muqueuse vulvaire est ordinairement une ou plusieurs vésicules d'herpès qui se rompent et s'enflamment. On voit alors de petites plaies arrondies, isolées ou disséminées, qu'il est très difficile de distinguer des chancres. Dans le doute, il faut se borner à faire des lotions antiseptiques et à observer la marche de l'ulcération. S'il s'agit d'un herpès excorié, la cicatrisation s'achève en une dizaine de jours. Chez une malade j'ai eu recours pour m'éclairer à l'inoculation d'épreuve; son résultat négatif démontra que je n'avais pas affaire à un chancre mou.
VI II. — Chancres non infectants.
21 cas. — 16 traités ; 5 opérés.
Il va sans dire que les malades affectées de chancres sont dirigées vers les services spéciaux de vénériennes. Néanmoins un petit nombre d'entre elles ont été admises dans mes salles en raison d'une difficulté de diagnostic ou d'un intérêt chirurgical.
Les chancres non infectants ont eu pour siège de prédilection la fourchette (10 fois) et les petites lèvres (8 fois). Je ne les ai rencontrés que 2 fois sur les grandes lèvres et 1 fois dans le cul-de-sac postérieur du vagin.
VULVE ET VAGIN
Chez 10 malades, l'ulcération ohancrcuse était isolée. Chez 11 malades, le virus chancreux s'était inoculé dans le voisinage, de manière à produire plusieurs chancres, soit vers l'anus, soit dans un point symétrique des grandes et des peLites lèvres. J'ai môme observé 1 malade, qui s'était inoculée un chancre dans l'espace interdigital de l'annulaire et du médius avec le pus de chancres qu'elle portait à la vulve.
Toutes les malades étaient jeunes (vingt-deux ans en moyenne) ; 1 seule avait quarante et un ans.
Le diagnostic m'ayant paru douteux chez 9 malades, j'ai pratiqué l'inoculation du pus sur le ventre. 8 fois l'inoculation fut positive, démontrant que j'avais affaire à un chancre non spécifique, inoculable sur le môme sujet; 1 fois l'inoculation fut négative, mais je n'ai pas vu apparaître les lésions syphilitiques pendant que la malade est restée soumise à mon examen.
La complication habituelle des chancres non infectants est le bubon qui suppure presque toujours. J'ai eu à ouvrir 5 fois des bubons symptomatiques suppurés. Au lieu de faire une incision, qui laisse toujours une trace, j'ai l'habitude de faire trois ou quatre ponctions avec la pointe du bistouri, puis de laver exactement la cavité de l'abcès. La canule du laveur est introduite dans l'ouverture de l'une des ponctions, le liquide injecté, qui est habituellement cie l'eau phéniquée forte, ressort en jet par les autres ouvertures. Lorsque tout le pus a été chassé, l'abcès se guérit souvent par première intention.
D'autres complications fréquentes sont la vaginite (3 cas), les végétations (2 cas).
Le traitement du chancre lui-même a consisté à cautériser l'ulcération avec le crayon de nitrate d'argent, ou mieux avec une solution de chlorure de zinc au cinquième. Ensuite, pansements iodoformés.
J'ai gardé les malades en traitement pendant dix- sept jours en moyenne, voulant qu'elles ne fussent pas une cause de propagation du chancre en sortant prématurément de l'hôpital.