IX. — Affections syphilitiques
24 cas. — 23 traités ; 1 opéré.
De toutes les manifestations de la syphilis, les plus ordinaires, le chancre induré et la plaque muqueuse, sont les seules que j'ai eu à soigner.
Les chancres indurés, au nombre de 12, se sont présentés 10 fois sous la forme d'une ulcération isolée avec induration spéciale à la base, 2 fois, sous la forme d'ulcérations chancreuses multiples sans induration. Dans 1 cas, où le diagnostic de chancre syphilique me parut incertain, l'inoculation négative vint lever mes doutes.
11 fois les chancres avaient pour siège la vulve, 1 fois le col de l'intérus.
Les plaques muqueuses, au nombre de 12, étaient disséminées sur les grandes lèvres et sur les petites lèvres, et chez 3 malades s'étendaient encore à la région anale.
J'ai vu 2 fois des ulcérations de vésicules d'herpès s'inoculer et se transformer en plaques muqueuses sans passer par la forme du chancre induré.
Une autre malade que j'avais traitée pour un chancre non infectant, dont le diagnostic avait été établi par une inoculation positive, revint au bout d'un mois avec des plaques muqueuses et une éruption papulo-squammeuse. Elle affirmait ne s'être exposée à aucune contagion depuis sa sortie de l'hôpital. Il faut donc admettre ou que le chancre simple, que j'avais guéri, contenait les deux virus, le virus du chancre simple inoculable et le virus du chancre syphilitique donnant lieu plus tard à l'évolution de la syphilis ; ou que la malade, déjà syphilisée à la suite d'une inoculation dont elle ne s'était pas aperçue, avait contracté ensuite un chancre simple.
Le diagnostic des excoriations chancreuses est quelquefois extrêmement difficile chez les femmes, parce qu'on ne peut guère se fier à leur dire et parce que les soins de toilette altèrent souvent la nature de l'ulcération.
VULVE ET VÀGIW
Les éruptions de roséoles ou de papules, la pléiade ganglionnaire des aines, sont venues confirmer le diagnostic dans presque tous mes cas.
1 seule fois l'adénite inguinale suppura et nécessita une incision.
Chez toutes mes malades le traitement spécifique (frictions mercurielles, iodure de potassium) fut institue, et ce traitement devait être continué encore après la sortie de l'hôpital. Eu effet, les malades n'étaient gardées dans le service que pour les guérir des accidents locaux. Quelques cautérisations superficielles avec le nitrate d'argent, quelques pansements avec la poudre d'iodoforme, des injections, des bains sulfureux, amenèrent ce résultat en dixhuit jours. 3 fois il fallut traiter une vaginite concomitante.