‹ Affections chirurgicales du tronc [electronic resource]Chapitre 19 sur 65 · X. — Esthiomènes de la vulve · texte numérisé non relu

X. — Esthiomènes de la vulve

3 cas. — 3 traités (2 améliorés \ 1 guéri).

Vestliiomène de la vulve, manifestation rare de la tuberculose, affection analogue au lupus de la face, n'a été observé, dans mon service, que sous la forme ulcéreuse.

La muqueuse vulvaire de mes 3 malades avait une teinte rouge sombre. Dans quelques points, elle était épaissie, œdémateuse, indurée; dans d'autres, elle était ulcérée et la perte de substance s'étendait en profondeur. Chez 2 malades, l'ulcération avait détruit le méat urinaire et s'étendait dans le canal del'urèthre. L'une de ces malades ne pouvait plus retenir ses urines. Chez la troisième malade, l'ulcération avait rongé les petites lèvres et atteignait l'anus et la grande lèvre gauche, qui était gonllée par un œdème dur.

Le caractère de ces ulcérations est d'envahir de plus en plus la muqueuse uréthrale, la muqueuse vaginale et même la muqueuse rectale. Quand on écarte les grandes lèvres, on ne voit qu'un infundibulum, dans lequel on reconnaît difficilement les parties de la vulve. Le fond de l'ulcère

AFFECTIONS OKGANIQUliS

sécrète un liquide séro-sanguinolent sans mauvaise odeur. Ses bords sont déchiquetés, avec Lendance à la cicatrisation dans certains points.

Chez mes malades, les ganglions inguinaux n'étaient pas engorgés et les douleurs étaient nulles.

Le diagnostic a été difficile au premier abord. J'ai hésité entre une ulcération syphilitique ou un épithéliôma, mais la lenteur de la marche, l'indolence, l'absence de ganglions engorgés, l'aspect de l'ulcère, dont les bords peu élevés n'éLaientpas décollés et présentaient dans quelques points un liséré blanchâtre de tissus qui tendaient à se cicatriser, le fond de. l'ulcère qui ne végétait pas, mais creusait et perforait, tous ces signes caractérisèrent suffisamment l'estliiomène de la vulve. Dans les cas très douteux, l'inoculation des sécrétions de l'esthiomène éclairerait le diagnostic, si les animaux inoculés devenaient tuberculeux. Mais je n'ai pas eu recours à ce moyen de diagnostic.

Les cautérisations avec le fer rouge pour modifier la muqueuse vulvaire, les pansements avec l'iodoforme, les injections et les lotions avec les solutions phéniquées ou boriquées, les bains sulfureux, le fer et les préparations iodurées à l'intérieur, m'ont donné des résultats favorables. Mais il faut que le traitement soit continué assidûment pendant plusieurs mois.

2 de mes malades furent seulement améliorées, l'une après deux mois et demi, l'autre après cinq mois de traitement.

1 fut guérie au bout de dix mois.

Page 1