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XII. — OEdème de la vulve

1 cas. — 1 traité.

L'œdème de la vulve n'est qu'un symptôme de plusieurs maladies qui ressortent de la médecine et non de la cliirurgie. Cependant, je ne dois pas passer sous silence un cas d'œdème de la vulve qui me fut adressé comme tumeur à opérer (obs. 34).

Obs. 34. — Marie V..., âgée de 23 ans, ménagère, m'est envoyée, le 24 mars 1896, pour une grosse tumeur de la vulve.

VULVE ET VAGIN

Les grandes lèvres, et surtout la droite, présentent une énorme tuméfaction dure. La tuméfaction s'étend au périnée et aux petites lèvres qui masquent complètement l'entrée vaginale.

La peau est hypertrophiée, comme dans certains états éléphantiasiques. Le gonflement est survenu peu a peu, sans douleur, depuis un mois environ. 11 est limité à la vulve et ne s'étend pas aux cuisses (flg. 10).

Figure 10. — Œdème de la vulve (d'après une photographie).

La malade apprend qu'elle n'a pas vu ses règles depuis deux mois. Elle se sent faible, sans autre malaise. Le toucher vaginal fait reconnaître que le corps de l'utérus est volumineux comme à trois mois de grossesse. En analysant les urines, on trouve une notable quantité d'albumine.

Cet ensemble de signes ne permet plus de douter du dia-

gnostic. J'ai affaire à une albuminerie du début de la grossesse avec œdème symptomatique de la vulve, œdème qui présente ce caractère rare d'être isolé, sans anasarque concomitante, sans bouffissure de la face.

Le 30 mars, comme il n'y avait aucun traitement chirurgical à tenter, la malade fut évacuée dans un service de médecine. Le pronostic était grave, car l'albuminerie du début de la grossesse cède rarement.

En effet, j'ai appris que la malade avait eu des accideuts d'urémie et qu'elle avait succombé.

Malgré leur tendance à la prolifération et à la dissémination, les végétations, encore appelées condy lûmes ou papillômes, sont des tumeurs essentiellement bénignes. Je ne sache pas qu'elles prennent jamais les allures d'un épithéliôma.

On les rencontre surtout dans les services d'accouchements et dans les services de vénériennes, assez rarement dans les services de chirurgie proprement dits.

Les écoulements de la vaginite blennorrhagique (7 cas), la leucorrhée de la grossesse (4 cas), les écoulements vaginaux indéterminés (10 cas), la cicatrice d'un chancre non infectant (1 cas) et, dans tous les cas, la malpropreté, ont été les causes qui avaient engendré les végétations chez mes malades. L'inoculation d'un contage vénérien n'était pour rien dans leur formation. Elles étaient simplement le produit d'une irritation du derme par des écoulements quelconques, vaginaux ou vulvaires.

A la suite de cette irritation, les papilles s'enflamment, s hypertrophient et végètent, de manière à former des efflorescence semblables à des choux-fleurs.

Au début, les végétations se montrent comme de petites verrues disséminées en plus ou moins grand nombre sur les grandes et les petites lèvres, sur le vestibule du vagin.

Végétations.

22 cas

. — 3 traités; 19 opérés.

VULVE ET VAGIN

Leur volume n'excède pas, d'abord, celui d'une tète d'épingle ou d'une lentille. Mais ensuite, assez rapidement, la petite végétation grossit et bourgeonne. Les végétations voisines se rejoignent, s'agglomèrent, et forment des tumeurs grosses comme des noix, comme des oranges et même grosses comme le poing, tumeurs qui recouvrent < toute la vulve et oblitèrent l'entrée vaginale (obs. 35).

Parfois, les végétations envahissent les régions du voisinage. 14 fois, elles étaient limitées a la vulve; 3 fois, elles s'étendaient au périnée; 4 fois, à l'anus, et 1 fois la muqueuse du vagin avait aussi été envahie.

Elles tiennent à la peau par des pédicules qui supportent les efflorescences mamelonnées, divisées en lobules et en lobes, séparés par des sillons. Elles sont recouvertes par une couche d'épithélium blanchâtre, ramollie, macérée par les écoulements vulvaires, qui croupissent dans les interstices des lobes et exhalent une odeur repoussante. Leur tissu est friable, peu vasculaire, presque insensible. Les vaisseaux se rencontrent surtout au niveau du pédicule.

Les complications ont été : 1 abcès de la grande lèvre, 1 adénite inguinale suppurée, 2 syphilides vulvaires et 1 chancre mou.

Il ne m'a pas paru prudent d'abraser les végétations chez 2 femmes enceintes qui, d'ailleurs, étaient peu incommodées.

1 femme, dont les végétations ne faisaient que débuter, fut traitée par des lotions astringentes et par l'assèchement des parties avec la poudre de sous-nitrate de bismuth. Les bains, les injections fréquentes, les soins de propreté, préviennent la formation des végétations, et peuvent même les faire régresser quand elles commencent à se développer. J'ai employé, dans 1 cas, sans succès appréciable, lesbadigeonnages avec la teinture de thuya.

Mais lorsque les végétations sont volumineuses, il faut en pratiquer l'excision. -19 malades ont subi cette opération, 13 sans anesthésie, 6 pendant le sommeil ehloroformique. Elles ont été guéries en dix-sept jours en moyenne.

Je me suis servi 14 fois des ciseaux pour trancher rapi-

A I I ECTIONS ORGANIQUES

dément le pédicule des végétations. Ordinairement, je ne pouvais pas les exciser toutes en une seule séance, parce que la douleur était trop vive, lorsque les malades n'étaient pas endormies. 3 fois j'ai combiné l'action des ciseaux avec celle du thermocautère. 1 fois, pour aller très vite, j'ai raclé les végétations avec une curette tranchante. 1 autre fois, ayant affaire à un gros champignon, j'ai enserré sa base avec une ligature élastique; mais c'est là un moyen peu expéditif et sans avantages.

La section des pédicules donne une hémorrhagie en nappe assez abondante, qui ne résiste pas à une légère compression.

Obs. 35. — Enormes végétations vulvaires; abrasions successives; guérison. — C... (Lucie), âgée de 20 ans, couturière, entre, le 14janvier 1897, pour des tumeurs aux parties génitales. Ces tumeurs ont débuté pendant une grossesse, qui s'est terminée par un accouchement normal, il y a six mois. Depuis lors, elles n'ont fait que s'accroître. La malade dit avoir eu une vaginite, dont elle n'est pas encore guérie.

La vulve est masquée par une masse de végétations dont le volume égale celui du poing (flg. 11). A sa partie supérieure on distingue encore l'origine des grandes lèvres, qui disparaissent bientôt sous un amas d'efflorescences papillômateuses, formant deux gros bourrelets qui se rejoignent au périnée. En écartant ces bourrelets, on ne reconnaît plus ni les petites lèvres, ni Je vesticule du vagin, ni la fourchette, on ne voit que des végétations, qui recouvrent toutes les parties et qui ont envahi le périnée et l'anus. L'ensemble de toutes les végétations forme une tumeur allongée parla pression des cuisses, semblable à une agglomération de choux-fleurs, de couleur rosée, humectée par un liquide muco-purulent qui exhale une odeur très fétide.

Comme la malade souffrait peu, et surtout comme elle redoutait beaucoup une opération, elle a laissé les végétations s'accroître au point que je viens de dire.

Pendant les examens au spéculum, j'excise rapidement, d'un coup de ciseaux, une grande quantité de végétations. Mais je

VOLVE ET VAGIN

reconnais qu'il est indispensable d'endormir la malade pour nettoyer complètement la vulve.

Le 26 janvier. Pendant la chloroformisation, j'abrase minutieusement les pédicules de toutes les végétations, sur les grandes lèvres, sur les petites lèvres, sur le périnée et au pourtour de l'anus. L'écoulement sanguin est considérable. Après une irrigation chaude d'une solution de sublimé, une compression avec des tampons de gaze iodoformée en vient facilement à bout.

Figure 11. — Végétations de la vulve (d'après une photographie).

Quotidiennement on fait des irrigations astringentes et des pansements avec la poudre de bismuth, et en même temps on supprime encore les végétations qui avaient échappé. La cicatrisation se termine rapidement.

Le 2 février, la malade peut rentrer chez elle, débarrassée de ses végétations, mais assujétie à faire des injections pour en éviter le retour et pour combattre les écoulements de la vaginite chronique, qui n'est pas guérie.

AFFECTIONS 0 RlïANÏQL'ES

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