‹ Affections chirurgicales du tronc [electronic resource]Chapitre 45 sur 65 · X. — Allongements hypertrophiques du col · texte numérisé non relu

X. — Allongements hypertrophiques du col

42 cas. j 3 non opérées. . l „ motl

( 9 opérées (comprenant 13 opérations). )

Dans tous les cas qu'il m'a été donné d'observer, celte malformation ne m'a pas paru congénitale, mais acquise.

A l'TKOTIONS ORGANIQUES

|e s'esl manifestée vers l'âge de trente-sept ans et demi. Ses causes nie sont restées inconnues. Sauf une, toutes les autres malades avaienl eu des enfants ;, mais les grossesses et les accouchements antérieurs n'ont qu'une influence bien incertaine sur cette hypertrophie.

8 fois le col se présentait entre les lèvres de la vulve, donnant l'idée d'un prolapsus utérin. Lorsqu'on voulait réduire ce prolapsus, le col remontait un peu au-dessus de l'entrée vaginale, puis résistait à toute nouvelle ascension. Cependant le doigt pouvait s'introduire profondément entre le col et les parois du vagin, jusqu'à atteindre les culs-desac situés à la profondeur normale. Le corps n'était pas augmenté de volume. Et, dans les cas où l'hystéromètre pouvait être introduit, j'ai trouvé que la dimension verticale totale de la cavité utérine variait de onze à quatorze centimètres. Or la longueur de la cavité cervicale y participait au moins pour les deux tiers ou les trois quarts.

5 fois l'allongement du col se compliquait d'une cystocèle, d'une rectocèle et d'un prolapsus utérin. Dans ces cas, l'hypertrophie affectai! surtout la portion sus-vaginale du col. En effet, si la portion sus-vaginale du col devient plus longue, les culs-de sac du vagin sont repoussés vers la partie inférieure, et pour peu que les liens suspenseurs de l'utérus soient relâchés, cet organe est lui-même entraîné vers la vulve.

Chez 3 malades, les lèvres du museau de tanche étaient ulcérées. Chez 1 malade, elles étaient volumineuses, irrégulières, indurées.

Les menstruations étaient régulières, sauf chez 1 malade qui avait des métrorrhagies dues à une endométrite, et qui avait été curettée par un médecin de la ville (obs. 161).

2 malades avaient une suppression des règles depuis deux mois, et le corps de l'utérus était plus gros qu'à l'état normal. Je m'abstins donc d'explorer avec l'hystéromètre. La grossesse se confirma, ce qui prouve que l'allongement bypertrophique du col ne met pas obstacle à la conception.

Entin 2 malades avait dépassé l'âge de la ménopause.

Cette malformation est une cause de pesanteur dans le

UTÉRUS

bassin, de douleurs dans les lombes et le bas-ventre, de gêne dans la station assise et dans les rapports sexuels, d'écoulements leucorrhéiques. En outre, le col, prohibe hors de la vulve ou près de la vulve, est exposé au contact des poussières et aux irritations diverses, qui engendrent l'inflammation de l'utérus.

Lorsque rallongement est peu prononcé, l'usage d'un pessaire rend quelques services. Mais lorsque le col arrive à la vulve, le seul traitement est l'arnpuLation sous-vaginale ou l'amputation conoïde sus-vaginale.

J'ai pratiqué l'amputation au niveau de l'insertion du vagin, 2 fois avec l'anse du serre-nœud galvanique (obs.l60j et 1 fois avec le couteau du thermocautère. J'en ai obtenu des résultats assez satisfaisants. Mais, si ces moyens d'exérèse ont pour avantage de modérer l'écoulement du sang, ils sont souvent insuffisants, et il vaut mieux recourir à l'amputation conoïde avec l'instrument tranchant (obs. 161).

6 amputations conoïdes m'ontdonnéô guérisons^de l'allongement du col. Mais, dans 4 cas, où l'allongement était compliqué de prolapsus utérin, de cystocèle etlerectocèle, il fallut faire des opérations complémentaires de colpopérinéorrhaphie, et je ne suis arrivé que 2 fois à bien maintenir l'utérus. Dans ces cas complexes et rebelles il vaudrait mieux faire d'emblée l'ablation de l'utérus, ou l'hystéropexic, après l'amputation conoïde.

Obs. 160. — Allongement hypertrophique du col; amputation avec l'anse galvanique ; guèrison. — L... (Justine), âgée de 35 ans, sans profession, entre le 20 octobre 1882. Rien dans ses antécédents de famille. EUe a eu un enfant à terme, à vingt ans, et depuis une fausse couche. Elle est très nerveuse, mais non hystérique.

Depuis un an, douleurs vagues dans le ventre, sensations de pesanteur au périnée, qui vont en augmentant. Ténesme vésical pendant le jour et pendant la station debout. Le ventre se ballonne de temps en temps. Les règles sont régulières, abondantes et durent huit jours. Pas de leucorrhée.

Par le toucher vaginal j i reconnais que le col mesure huit centimètres de longueur. Sa forme est régulièrement conique. Ses lèvres sont bien distinctes et limitent un orifice élargi. Quand la malade fait un effort, le col sort entre les grandes lèvres. Dans l'état ordinaire il reste inclus dans le vagin.

Le 21 octobre. Amputation du col avec l'anse du serrenœud galvanique, sans anesthésie chloroformiq.ue. Pas d'écoulement sanguin. Injections phéniquées.

La portion de col enlevée mesure une longueur de trois centimètres et demi. La surface de section est très nette. Elle est déprimée en cône du côté du canal cervical. Dans la lèvre antérieure je trouve un petit kyste suppuré. Le tissu du col est résistant, normal, avec des vaisseaux très développés.

Le 25. Les règles apparaissent en devançant leur époque.

Le 29. L'opérée se lève. Elle souffre un peu dans le basventre, mais n'a plus de pesanteur au périnée.

Le 31. La cicatrisation se fait très régulièrement. Pansement à l'iodoforme.

Le 4 novembre. Guérison. Exeat.

• Obs. 161. — Amputation conique sus-vaginale du col pour un allongement hyper trop hique ; guérison. — C... (Octavie), âgée de 42 ans, entrée le 18 juillet 1892, a un allongement hypertrophique du col simulant un polype fibreux. La lèvre antérieure donne la sensation d'une petite tumeur allongée. La lèvre postérieure est normale. L'orifice du col est entouré par une ulcération. La cavité utérine mesure treize centimètres, et dans cette longueur, le col figure au moins pour neuf centimètres. Lorsque la malade est debout pendant quelque temps, le col sort par la vulve. Elle a des douleurs lombaires et hypogastriques. Elle est incommodée par des métrorrhagies et par ies pertes blanches très abondantes. Elle a été curettée par un médecin de la ville, mais elle n'a pas été soulagée.

Le 27 juillet. Chloroformisation. L'insertion du vagin au col étant bien découverte à l'aide de valves, je pratique l'amputation conique du col d'après le procédé d'Huguier. J'évide la portion sus-vaginale en disséquant avec le bistouri un cône,

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dont le sommet va jusqu'à la cavité du corps. Plusieurs artères sont ouvertes et donnent beaucoup de sang. Je me borne à saisir ces artères avec des pinces que je laisse à demeure. Pansement avec la gaze iodoformée.

Le 29. J'enlève les pinces à forcipressure et je renouvelle le pansement.

Le 2 août. T. 39°5. Poussées de métro-péritonite, qui n'a pas de suites graves.

Le 18 août. Exeat. Guérison complète.

L'hypertrophie du corps de l'utérus en état de vacuité, que l'on confond généralement avec les myômes de cet organe, est une malformation analogue à l'allongement liypertrophique du col.

Elle est caractérisée anatomiqucment par une hypertrophie régulière de tous les éléments, fibres, vaisseaux, muqueuse, qui forment l'utérus, avec cette particularité frappante que la cavité utérine subit un agrandisement proportionnel à l'épaississement de ses parois. L'utérus acquiert des dimensions géantes tout en conservant sa forme normale, et le nom de Gigantisme utérin me paraît tout à fait approprié à cet état morbide [Union médicale n° 144; p. 745; 22 novembre 1887; et Bull, de la Soc. de méd. de Paris, p. 223; 22 octobre 1887).

Les ovaires et les trompes restent ce qu'ils sont à l'état normal, et ne participent pas à l'hypertrophie de l'utérus.

Il est probable que les grossesses répétées ont une influence sur la production du gigantisme utérin. 2 de mes malades seulement n'avaient jamais eu d'enfants; lesaulres avaient été mères plusieurs fois pour la plupart, jusqu'à

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