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XI. — Gigantisme utérin

0 mort.

onze fois et même jusqu'à dix-sept fois. La raétrile chronique peut aussi être une cause prédisposante.

J'ai rencontré le gigantisme utérin chez les femmes qui approchent de la quarantaine. 11 disparaît progressivement après la ménopause.

Les fonctions de ces utérus trop gros deviennent facilement des phénomènes morbides. Dans les cas légers, qui me paraissent fréquents, les règles sont seulement abondantes et prolongées. Lorsque l'hypertrophie est plus prononcée, les règles deviennent de véritables pertes, et les périodes intermenstruelles sont caractérisées par un écoulement presque continu d'un liquide séro-muqueux plus ou moins abondant. Enfin, dans les formes les plus avancées, les règles sont des métrorrhagies graves, qui durent dix et quinze jours, et ne cessent que pour faire place à l'écoulement séro-muqueux que je viens de signaler. Le coït, la marche, les secousses d'une voiture, déterminent presque à coup sur, de nouvelles pertes. Les patientes soufffrent dans le bas-ventre et rapportent leurs douleurs à une tumeur, qui atteint quelquefois le volume d'une grossesse à cinq ou six mois.

Un utérus géant, dont la muqueuse cavitaire a une étendue dix ou vingt fois plus grande que celle d'un utérus normal, verse à chaque menstruation une quantité de sang disproportionnée avec les forces de la femme affligée d'une pareille affection. Il en résulte, dans les cas légers,, un affaiblissement plus ou moins considérable, et, dans les cas graves, une anémie qui peut aller jusqu'à la mort.

L'écoulement séro-muqueux de la période intermenstruelle tient à la sécrétion exagérée des glandes hypertrophiées de la muqueuse utérine. Il constitue un accident fort désagréable pour les malades, et contribue encore à les affaiblir.

Le gigantisme utérin, arrivé au point de former une tumeur volumineuse et de menacer les jours des malades, est une affection rare.

Les signes qui permettent de le reconnaître sont : 1° la présence d'une tumeur régulière, uniforme, qui ressemble

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beaucoup à une grossesse de quatre, cinq ou six mois, tumeur qui augmente de volume pendant la période mens truelle et subit une sorte de retrait dans l'intervalle des menstrues; 2° l'hémorrhagie périodique coïncidant avec les règles; 3° l'écoulement séro-muqueux dans l'intervalle des règles ; i° l'agrandissement de la cavité utérine non seulement en profondeur, mais aussi en largeur, agrandissement appréciable avec l'iiystéromètre, qui pénètre à dix, treize et quinze centimètres, et qui peut s'incliner facile- ment à droite et à gauche.

Indépendamment de ces signes spéciaux, le gigantisme utérin se distingue du myôme et du tibro-myôme par la régularité de sa forme, et par sa consistance un peu élas- ■ tique, moins dure que celle du corps fibreux.

La ménopause met un terme aux hémorragies du gigantisme utérin. Mais ces hémorragies sont quelquefois si i graves, qu'il n'est pas prudent de temporiser jusqu'à i l'époque de la cessation des règles, et qu'il est impérieuse- • ment indiqué d'intervenir.

Quatre moyens s'offrent à nous pour produire la régression de l'utérus hypertrophié et, par suite, pour combattre les pertes de sang, ce sont : le seigle ergoté, l'électricité, la cautérisation intra-utérine et la suppression des ovaires.

L'ergotine, administrée en potion, en injections hypodermiques et en injections dans le parenchyme utérin, réussit ordinairement assez bien pour modérer l'abondance des règles et pour permettre aux malades d'atteindre l'époque curative de la ménopause. Mais, dans les cas graves, l'ergotine n'est qu'un palliatif insuffisant.

L'électricité, sous la forme de courants continus appliqués directement sur l'utérus, me paraît utile pour amener le retrait de son tissu hypertrophié. On sait que l'électricité n'a qu'une influence incertaine sur la régression des fibromes véritables. Mais il en est autrement pour les tumeurs formées de fibres lisses, et en particulier pour l'hypertrophie des parois de l'utérus. Aussi les courants continus doivent-ils être essayés.

2 de mes malades seulement furent soumises au trai-

A F F ECTIONS OH G A NIQU E S

tementparl'ergotine et l'électricité. Elles furent améliorées.

La cautérisation intra-utérine avec des flèches de chlorure de zinc, par le procédé que j'ai déjà indiqué (p. 270), est beaucoup plus efficace. Mais il ne s'agit pas, dans ce cas, d'une cautérisation modificatrice, comme dans lesendomélrites,mais d'une cautérisation énergique, propre à détruire la muqueuse et à oblitérer une partie de la cavité utérine par la cicatrisation de la plaie que laisse la chute des eschares. Ce procédé s'adresse aux gigantismes de moyen volume. Je l'ai employé chez 16 malades : 13 furent guéries après une première application du caustique, 2 durent subirent une deuxième et une troisième cautérisation pour voir cesser les métrorrhagies. Le traitement a duré dix-sept jours en moyenne. Au bout de ce délai, c'était seulement l'accident hémorragie qui avait disparu. Quant à la régression de l'hypertrophie, elle ne se produit que peu à peu au bout d'un temps que je ne peux déLerminer. Chez une malade, malgré deux cautérisations très énergiques, les pertes de sang continuèrent, et je fus obligé de recourir à la castration double (obs. 164).

Le remède par excellence du gigantisme utérin et des hémorrhagies concomitantes est l'ablation des deux ovaires. En effet, puisque la cessation des fonctions ovariennes entraîne, à l'âge critique, la suppression des règles normales, il est logique d'en conclure que l'ablation des ovaires, en produisant une ménopause précoce, donnera le même résultat pour les règles pathologiques. La castration double agit non seulement en arrêtant la fluxion mensuelle de l'ovulation, mais encore en supprimant, avec les trompes et les ovaires, un grand nombre de vaisseaux, dont l'absence contribue pour beaucoup à l'atrophie de l'utérus. Cette opération n'est indiquée que dans les cas les plus graves. Je l'ai exécutée 6 fois: 4 opérées furent immédiatement guéries (obs. 162 et obs. 163, n° 1) ; les 2 autres, qui conservaient un suintement sanguin, dû à la muqueuse hypertrophiée et enflammée, furent cautérisées avec une flèche de chlorure de zinc et obtinrent aussi une guérison

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