‹ Affections chirurgicales du tronc v.2Chapitre 14 sur 48 · I. — Cystites · texte numérisé non relu

I. — Cystites

65 cas :

35 hommes: 15 guéris; 13 améliorés; 7 état station. 30 (erames : 16 — 11 — 3 —

C'est la blennorrhagie uréthrale qui a été la cause la plus fréquente des cystites. Sur 37 malades, qui ont pu me fournir des commémoratifs assez précis, j'ai compté 20 cystites blennorrhagiques, \2 d*origine tuberculeuse, '-^causées par le rhumatisme, 1 par la grossesse, 1 par la ^t.'|)licéraie puerpérale, 1 à la suite de la lithotritie.

'^l statistique comprenant une période de dix-huit années et demie, depuis le 1er janvier 1879 ]usqu»au 1« Juillet 1897.

De 1'") à ^T) ans il y a eu 35 cystites; de 36 à 55 ans, 24; au-dessus de 55 ans, seulement. Ce sont, en effet, les jeunes sujets, [dus que les personnes mûres, qui contractent les uréthrites blennorrhagiques, cause la plus commune de l'intlammalion vésicale.

Dans les formes subaiguë et aiguë, les envies fréquentes d'uriner, le ténesme vésieal et la douleur ont élé, à des degrés divers, les principaux symptômes. Les urines étaieul claires ou légèrement troublées par du mucus. Quelquefois elles étaient teintées par du sang. Elles n'exhalaient pas d^ mauvaise odeur.

Dans la forme chronique, les douleurs étaient moindre ^^î mais Turine était troublée par son mélange avec du pus o^ du muco-pus, qui se déposait en couche plus ou moins épaisse dans le fond du vase. Elle avait pris une odet^'^ ammoniacale et fétide. Chez 16 malades elle était franche' ment purulente, et 4 fois le pus était mélangé de sang.

28 fois l'inflammation était localisée au col de la vessi*^- C'est dans ces cas que j ai observé les ténesmes les plu^ ^ pénibles et les douleurs les plus aiguës. 13 malades avaler^'' de véritables crises à chaque émission de quelques goutter d'urine.

Les boissons alcooliques, les liquides et les mets qi:^ communiquent à l'urine des qualités irritantes, la statio ^ assise prolongée, les courses en voiture, les fatigues de lou genres, les excès vénériens, la constipation, en un mer toutes les causes qui amènent la congestion des organes d bassin, exaspèrent rinflammalion de la vessie ou occasion ncntune rechute de la cystite. J'ai observé que la périod menstruelle provoquait toujours une recrudescence du t^ nesme et des douleurs (obs. 269).

Chez les hommes, la cystite s*est compliquée 5 fois d'u rétrécissement de Turèthre et 6 fois d'une hypertrophie la prostate. Chez les femmes, la complication la plus com^ mune est la métrite ou la rétroversion de l'utérus.

Le diagnostic de la cystite n'a présenté quelque difficulté que chez les femmes. Pour elles, toutes les douleurs di:^ bas-ventre dépendent de la matrice. Si elles ont des mic^

tions fréquentes, du ténesme vésical, des douleurs s'exaspérant pendant les règles, elles rapportent tous ces malaises iunemélrite. Il est très vrai que Tinflammation de Tutérus se complique souvent d'un trouble dans les fonctions de la F€ssie,mai8 ce n'est là qu'une fausse cystite. Je me suis appliqué à faire la distinction entre les métrites, qui sont si nombreuses, et les cystites véritables, dont le nombre est l>eaucoup plus restreint. Chez mes 30 malades femmes, la ovstite se reconnaissait non seulement par le ténesme vésiczîal et la fréquence des mictions, mais surtout par une doul^ur au niveau du col et du bas-fond de la vessie, lorsque le c3oigt placé dans le vagin comprimait le col vésical contre la face postérieure du pubis. C'est cette douleur spéciale, très localisée, très nette, qui me mettait sur la voie de la cystite. Chez ces femmes l'utérus était, d'ailleurs, indolore, ainsi que les culs-dc-sac latéraux. L'examen des urines, qui contenaient souvent du mucus ou du pus, venait compléter le diagnostic.

Les 12 cystites tuberculeuses se caractérisaient par des douleurs et un ténesme insupportables, avec des urines le plus souvent claires ou à peine teintées de sang. 4 fois la proslale présentait une induration suspecte ; 4 fois le testicule, et 1 fois les poumons étaient envahis par les tubercules. Les sujets maigrissaient, et le traitement ne parvenait pas à amener une amélioration du ténesme ni des douleurs. Cette inefficacité du traitement est un bon signe de la cystite tuberculeuse. J'ai suivi, pendant six ans et demi, un jeune homme de vingt-six ans qui revenait, de temps en temps, faire un séjour dans ma salle, sans que j'aie pu améliorer sensiblement sa tuberculose vésicale. Le signe certain de la cystite tuberculeuse n'est donné que par la présence du bacille de Koch dans l'urine. On l'a rencontré 2 fois chez mes malades.

Lorsque l'inflammation était légère, le repos au lit, les bains, les applications émollientes et narcotiques sur le ventre, le copahu ou l'essence de térébenthine, le salicylalede soude ou le salol à Tintérieur, suffisaient pour amener la guérison.

70 MALADIES UKIWAIRES C0MMUSK8 AUX DEUX SEXES

Dans les cas plus rebelles, j'agissais sur la vessie par des injeclions d'eau boriqiicc tiède, répèfiies chaque jour, cl même [iliisieurs fois [lar jour, de manière à faire un lavage prolongé.

Si l'eau bori(|uée restait sans effet, je poussais dans la vessie une injeelion d'une solution de nitrate d'argent ^ 1 pour 500 ou mi^mu k i pour ;500 d'eau. Celte injection, renouvelée à huit jours dinlorvalle. u rtMissi souvent. Quelquefois j'ai clierclié à niodilier la muqueuse vésii'ale par de injeelions de permanganate: de potasse au millième. '

L'injeition une fois faite, le liquide olait laissé dans la vessie aussi longtemps que le palient pouvait le parder, car il éprouvait ordinairement des douleurs et un virbes-oii^ d'expulser le liquide injecté.

Si la cystite se compliquait d'un ivirécissc-meot de 1'* 'i'^" tlire, ce qui est arrivé 5 l'ois, je commençais le traîlem *ii* par la dilatation du canal.

31 niiiladcs sortirent gucris après un IraiU'me^tde vir"*S^ six jours en moyenne; 2i mnladea furent améliorés en viii^'t et un jours ; 10 malades, n'étant reslésdans le ser^i-'ÇÇ que cinq jours, étaient à peu prés dans le même état c^ià leur entrée.

Obs. 269. — Cyslile aigvê, probablement de nal-jre rhum^!^"'maie, eœaspèrée par les règles; i/uêiison. — La nommée ^ulalie B...,âgëe de 44 ans, journalière, est entrée le 27 mai 'M SSJ à la Pitié.

Sonpére est mort d'accident. Sa mère a soixante-dix-lii'J( ans et se porte bien. Jamais de rhumatii^me dans la faini"fl. Elle a sept sœurs et un fréi-e qui sont bien portants. Leur* S'tlants sont aussi de booue santé.

Elevée à la campagne jusqu'à quinze ans, elle a été réglée à quinze ans et demie. Depuis lora les menstrues sont revenues toutes les trois semaines céguliêreraent. Elle n'a jamais eu de grosse.'^se ni de fausses couches.

A vingt-cinq ans, B... vient à Paris, se marie et se met II faire des ménages en ville. Elle habite une chambre, qui n'est ni froide ni humide, et se nourrit sufllsammeiit bien. Elle u'a

AFFECTIONS ORGANIQUES îî

jamais eu de maladies des organes génitaux, jamais de rliumatismes, ni de douleurs quelconques dans les membres pouvant faire penser à une maladie médullaire ou autre. Depuis 1882, petite hernie inguinale gauche, noa contenue par un bandage et ne gênant pas la malade. Elle paraît, en somme, jouir d'une très bonne santé.

Au mois de décembre 1883, elle commença, sans cause connue, à uriner fréquemment avec des douleurs légères et un peu d'épreintes après la miction. Les urines étaient tantôt claires, tantôt troubles, jamais sanglantes. Elle continua néanmoins à faire ses ménages, à laver le linge, «'exposant fréquemment à des refroidissements. Pendant janvier et février 1884, ses occupations ne lui occasionnèrent pas trop de fatigues; mais, à la fin de février, les douleurs devinrent presque continues, localisées aux parties génitales et à la région sus-pubienne. En outre, sensations de brûlure dans le canal au moment de la miction. L'appétit était conservé, mais le sommeil se perdit.

Un médecin diagnostiqua, en mars, un prolapsus utérin, et appliqua, à trois reprises, un pessaire annulaire.il ordonna ensuite des pilules de fer, des injections vaginales d'eau de feuilles de noyer, des bains et des cataplasmes. Mais il n'y eut aucun soulagement. La malade ne pouvait plus marcher ni dormir, ni travailler à cause des douleurs atroces, spontanées et provoquées, qu*elle ressentait. Le médecin fit une cautérisation du canal avec le crayon de nitrate d'argent, sans résultat. L^s régies, pendant tout ce temps, restaient régulières, mais apportaient une notable exaspération aux symptômes douloureux de la vessie.

A l'hôpital, la malade dit souffrir dans les parties génitales, dans la région sus-pubienne, dans l'aine, dans les cuisses. Les douleurs sont exaspérées par les mouvements. Le nombre des mictions dépasse trente dans les vingt-quatre heures. L'envie d'uriner doit être satisfaite immédiatement sous peine d'uriner dans le lit. Avant la miction 1^ malade éprouve une douleur vive et cuisante. Pendant lu miction, sensation de brûlure insupportable dans le canal. Après la mie-

tiou, téiiesme vésical, qui occasionne 'les sortes de cramp clans les cuisses et les mollets indépendamment de la douleu dans les parties génitales et le bas-ventre. La quantité d'urin rendue à chaque miction est très faible. L*urine est troubl muco-purulente, rougeâtre, mais sans traces de sang. Elle ^^ une odeur de décomposition ammoniacale très prononcée. Le mouvements, même au lit, amènent une recrudescence dan les douleurs et dans la fréquence des mictions. La malade est obligée de rester immobile sur le dos ; dans cette position^ elle trouve un calme relatif. Depuis plusieurs jours, elle n'a pas de sommeil. L'appétit est fort diminué. Cependant elle conserve une apparence très robuste et n'a pas de fièvre.

Lavage, matin et soir, de la vessie avec de l'eau boriquée à 2,5 p. 100. Salicylate de soude deux grammes. Un bain chaud tous les deux jours. Cataplasmes sur le ventre. Repos au lit.

Le 3 juin. Même état. Eau boriquée à 4 p. 100 additionnée de quelques gouttes de laudanum. Onctions à l'entrée du vagin avec une pommade belladonnée. Bains chauds prolongés.

Le 12. Elle commence à se lever, allant un peu mieux. Mais l'arrivée des régies, qui coïncident avec un refroidissement, exaspère notablement la cystite. Ce sont surtout les douleurs spontanées et provoquées par la miction qui sont exagérées, plutôt que la fréquence des mictions. Eau de Vichy aux repas.

Les jours suivants, la malade commence à voir la fréquence des mictions diminuer et, de jour en jour, l'amélioration se continue. Les douleurs deviennent moins vives; les urines sont plus claires. La malade commence à se lever, avec la précaution de ne pas trop marcher dans la salle.

Le 15 juillet. Les règles, qui sont peu abondantes, ravivent les douleurs. La malade garde le litpendantles trois jours qui suivent.

Le 17. Suppression du salicylate de soude, parce que la malade se plaint de gastralgie.

Le*25. La malade qui se lève, marche et sort dans la cour, quitte l'hôpital presque guérie, mais gardant encore un peu de douleurs après chaque miction.

IL — Rétention d'urine pa?' atonie.

7 cas \ ^ hommes : 4 guéris; 2 améliorés.

( 1 femme : 1 — —

lin est pas question ici des rétentions d'urine symptoma-

tiques d'un obstacle au cours de Turine, d'une lésion de la

mèlleou d'une péritonite, mais de quelques rétentions

essentielles, dans lesquelles la vessie ne fonctionne plus ou

fonctionne mal par atonie ou par spasme de ses fibres

musculaires.

2 fois, à la suite d'une contusion sur le ventre, sans lésions internes appréciables, sans péritonite, les blessés n'ont plus eu le pouvoir d'uriner.

3 fois, des sujets ayant résiaté pendant longtemps au l)esoin d^uriner, la vessie s'est distendue outre mesure et n'a plus été capable de se vider spontanément.

Chez 2 sujets, la faiblesse des contractions vésicales remontait à la première enfance. Ils ne pouvaient pisser que dans certaines conditions, souffrant tantôt de rétention, tantôt d'incontinence urinaire. Ils présentaient un exemple de ce qu'on appelle le bégaiement ou la chorée de la vessie.

Avant tout il faut vider la vessie par le cathétérisme, renouvelé à intervalles rapprochés, de manière à permettre aux fibres musculaires de revenir sur elles-mêmes et de reprendre leur contractibilité. On institue ensuite un traitement médical. Je me suis bien trouvé du seigle ergoté dans les cas d'atonie. Dans les cas de mictions irrégulières, les antispasmodiques sont indiqués.

in. — Calculs de la vessie.

iQ (5 hommes: 4 opérés (lmort);l non opéré(l mort) . ^ ^^^ I 7 femmes : 7 —1—0 — —

Les malades affectés de calculs de la vessie étant dingos dans les services où l'on s'occupe spécialement des voies urinaires, on n'a qu'exceptionnellement l'occasion de les

80 malaihp:s urinajkes communes aux deux sexes

observer dans lesaiilres services. Malgré la pauvreté de ma slalislique, j'ai à signaler linéiques laits qui peuvent intéresser.

Chez une femme, fi laquelle j'avais pratiqué une liystéreclomie abdominale, une sonde laissée trop longtemps à de ^meure provoijua la formation d'un calcul (obs. 271). Danr- ^^s ce cas, aucune partie de la sonde ne s'était brisée et n'a..*r3V' vail pu formuler le noyau du calcul. Mais dans un autre ca^^ jls. chez un homme, le calcul s'était développé autour d'u m^m w^^ fragment de sonde en caoutchouc abandonné dans la vessii -^^s\< (obs. 27;V.

W malades ont été opérés par la taille, faite Tune au pér-n ^v née, l'autre par le vagin et la troisième à l'hypogastre.

!.a laille périnéale a été faite, en 1878, en partie avec F Ihermocauléro, à une époque où Ton vantait beancoir fineision presque exsangue du couteau de l'appareil Paqu^ u Ii lin, Le résultat fut médiocre : lopéré conserva une fistu «:i Jti périnêaie qui se fermait et se rouvrait de t<^mps en tempi ^^^^ (obs. in Union médicale. 1S79, p. 282). Il revint dans ^s service, en 1879, avec une pyélo-néîdîrite à laquelle il su s » si eomba.

La taille vaginale fut d'une exécution 1res facile. Mais ^^s réparation de la fistule vésico-vaginaleéchoua une premiè: ^^ i^i fois, et une seconde tentative opératoire fut suivie d'ui» «^Jw« péritonite qui tua la malade (voyez les obs. de fistule vésic ^^ -co vaginale).

La taille hypogastrique ne fut pas achevée, parce que cul-de-sac du péritoine s'étendait, chez mou opéré, jusqu'î pubis, fait (|ue j'ai communiqué à la Société de chirui'j (t. XI, p. 521, iSS5 . Je me proposais de pratiquer pli* tard la taille périnéale, puisque la taille hypogastriqi n'était pas possible en raison de l'anomalie anatomique péritoine ; mais le sujet, qui était très épuisé, succomba des accidents urémiqnes i^obs. 270).

8 malades furent lithotriliés, 4 par moi, i par mon ai le IV Dnbue, (jue j'avais appelé à opérer dans mon scrvii voulant faire profiter mes malades de son habileté spécia pour la lithotrilie. L'un des malades que j'avais opéré, femi

AFFECTIONS OROANIQUES 81

^e soixante dix-sept ans, succomba le cinquième jour à une Ironcho-pneumonie (obs. 274); les autres opérés guérirent. 1 malade succomba, sans avoir été opéré, à une pyélo-néphrite ascendante (obs. 275).

Obs. 270. — Taille hypogastrique empêchée par le prolongement anormal du péritoine jusqu'au pubis \ plus tard^ accidents urémiques ; mort. — Le nommé Camille D.. ., âgé de 21 ans, domestique, entre à la Pitié le 23 juin 1885. Il est affecté d*un calcul compliqué d'une cystite probablement de nature tuberculeuse. Mes explorations avec la sonde métallique et avec le cathéter me font reconnaître que le calcul a une position fixe et qu'il est probablement enchàtonné. Ou le sent avec la concavité de la sonde, et il parait être situé derrière la symphyse du pubis, n est impossible de le saisir entre les mors du cathéter. Le toucher rectal indique que la prostate est volumineuse, mais ne donne aucune notion sur l'existence du calcul. Ce jeune homme, qui souffre depuis 1 âge de onze ans, a une vessie rétractée et intolérante. Les urines sont notablement purulentes.

Le 7 juillet. Camille D... est chloroformisé. Le ballon de Pe* tersen est introduit dans le rectum. Puis la vessie est distendue par une injection de cent vingt grammes d'une solution d'acide borique, après avoir pris la précaution de placer sur la verge une ligature en caoutchouc pour prévenir l'issue du liquide. Cela fait, le ballon de Petersen est gonflé par l'injection d'environ quatre cent cinquante grammes d'eau tiède. La région hypogastrique semble alors convenablement tendue, et dans de bonnes conditions pour la taille sus-pubienne.

Je fais une.incision do six centimètres à partir du pubis sur la ligne médiane. J'arrive sur le tissu cellulaire qui sépare la paroi abdominale de la vessie. En écartant avec précaution ce tissu cellulaire, je trouve une membrane qui glisse sur le globe vésical en réalité peu saillant. Cette membrane, qui n'est autre chose que le feuillet pariétal du péritoine, semble s'étendre jusqu'au pubis. Pour en avoir le cœur net, et convaincu, d'ailleurs, que je n'ajoute rien à la gravité de l'opération, j'incise le péritoine près du pubis dans l'étendue de quelques

P. — TOMK II. 6

«ALADIES lîiilNAIRES COWMrNBS AUX DEUX SEXES

millimètres. Je vois, par cette petite boutonnière, que le péritoine se proloûçe jusqu'au pubis. En y introduisant une sonde, je constata que la roflexion du péritoine se fait au niveau du bord supérieur du pubis, et qu'il n'y a pas place entre ce bord et le cul-de-sac du péritoine pour faire la taille bypogastrique.

La boutonnière du péritoine est immédiatement fermée par tine suture au catgut. L"incision abdominale est suturée par quatre fils d'argent. Un drain est établi entre les lèvres de l'incision. Aucun accident n'a suivi cette tentative opératoire.

La couclusion à tirer de ce fait est que la taille hypogastrique n'est pas toujours prafîcable, parce qne le péritoine recouvre, dans certains cas, toute la face antérieure de la vessie, bien qu'on ait distendu cet organe par une injection et qu'on l'ait soulevé avec le ballon de Peterseo,

Quelque indiquée que fut la taille hypogastrique chez mon malade, je fus obligé d'y renoncer, pour recourir à la taille périnéale, que je considère comme moins siire et plus dangereuse. J'attendis plusieurs semaines avant d'y procéder, parce que l'état général du malade était mauvais. Il avait de la diarrhée et des vomissements, que je ne pouvais attribuer qu'à un empoisonnement urémique. On fit des lavages de la Vessie. Je prescrivis le régime lacté.

Le S7 août. Mort par urémie. J'ai présenté à la Société de chirurgie (décembre 18S5, p. 898 ia$ulteiin] les pièces anatomiques représentant la paroi abdominale et le pubis de ce ïnalade, qui n'avait pu être opéré par la taille hypogastrique, en raison d'un prolongement anormal du péritoine sur toute la (ace antérieure de la vessie.

ObS. 271. — Cakuîconsécutif à une cystite catisée par !s séjûuy profonffê d'une sonde aprèx une opération d'hystèrectomîe; liihotritiepar M. Dubuc ; guêrison. (Obs. communiquée à la Soc. de médecine de Paris, le 12 juillet 1890; iu Union médica!e, 1890). — Sophie A,.,, âgée de 34 ans, ménagère, a été, opérée avec succès d'une hystérectomie abdominale, par M. Polaillon, dans les derniers mois de 1 S87. ■ Après l'opération, on lui a laissé pendant plusieurs jours une sonde à demeure, qui semble avoir été la cause détermi-

AFFECTIONS ORGANIQnES 83'

nanie d'ane cystite, qui a ensiiife persisté avec une grande ténacité.

Quatre mois après le début de la cystite, les symptômes d'on calcul vésical se sont manifestés : apparition du sang d&os l'urine à la suite de marches prolongées ou de courses en voiture. Les urines étaient devenus glaireuses et d'odeur rétîde. Les besoins étaient très fréquents avec épreinte douloureuse en finissant ,

La malade étant rentrée à l'hôpital le février 1889, c'està-dire treize mois et demi environ après l'opération d'hystérectoniie, M. Polaillon, ayant constaté la présence d'un calcul vésical, me confia le soin d'en débarrasser la malade par la lilhotrttie.

L'opéi'atîon est pratiquée le 9 février avec toutes les précautions antiseptiques usiiées. Le vagin a été lavé, au préalable, aYecune solution de sublimé à 1/1000^.

La malade est soumise à la chloroformisation. Le calcul mesure trois centimètres et demi dans son diamètre saisi; il est friable, mais les prises sont difficiles à cause de l'irrégularité de la cavité vésicale. Quatre introductions snccessives du lithotriteur sont faites ; chacune, ayant amené OD certain nombre do prises, est suivie de l'évacuation des débris par le lavage et deux fois par l'aspiration.

L'opéi-ation a duré en tout quarante minutes. Le chloroforme a été bien supporté.

U pierre, d'après son aspect, est constituée par du phosphate ammoniaco-magnésien .

Ui-ge cataplasme laudanisé sur le bas-ventre. les suites de l'opération ont été des plus simples. Lî lendemain, la température est de 3(j»,6. 11 y a eu, la «ille, quelques vomissements dus an chloi-oforme. Un certain Mmbpede débris ont été expulsés. L'urine n'est déjà plus «nguinolentê.

UlK février, je fais une exploration de la cavité vésicale; j y trouve encore un fragment du volume d'une noisette, que le broie et dont je lais sortir les débris à l'aide du lavage.

Avant ce complément de l'opération, la situation de la maladeétait déjà excellente; elle n'urinait plus que toutes les

84 MALADIES DRiNAlRES C0WMDXE8 ADX DEUX SEXES

quatre heures le jour, et trois fois la nuit ; l'urine était à pein- -^^^ trouble.

Le 4 mars, la malade est sortie de rhôpilal entièremeii^ i guérie.

Depuis lops. M. Polaillon a eu, à diverses reprises, de s )" "^ ^^ nouvelles, la guérison ne s'est pas démentie.

Les fragments, qui étaient poreux et friables, ayant étz^Pt^ égarés, nous n'avons pu avoir le poids total du calcul.

- Obs. 272. — Detia: calcuh ctacide urique; /Itholrilie pc^c^^^'' M. ftiibuc ; guérison. (Obs. communiqué à laSoc. de médecine -*e, 1::; juillet 1890.)— .\délaïdeB-., âgée de 64 ans, blanchisseuse -^se, entrée le 2 avril 18(K), est attiîinte, depuis longtemps, d'un»:^» f^^ descente de matrice pour laquelle elle afait usage de pessaireï^;^»es. A diverses reprises, elle a rendu de petits graviers rougit "^ges d'acide urique, qui n'excédaieut pas le volume d'une tê^ i^^etf d'épingle. Elle souffre de la vessie depuis au moins quatre an «rar ns, et, assez fréquemment, ses urines ont été teintées de sar:«-^nf après la marche ou après une course en voiture. Son état c» dt souffrance était devenu tel qu'elle avait dii renoncer à exer ^^evcer sa profession.

Il existe de la cystite ; les urines sont glaireuses. Même ^ S" repos, la malade conserve encore de la Iréquence des besoi: -■ ■•'is et de la douleur en urinant. Sa santé générale est restée ass^^-Mez bonne ; elle n'a jamais eu d'accès de fièvre.

Son médecin, qui d'abord avait considéré la cystite corne:*" -*ma une conséquence de la descente de matrice, s' étant décidé ^=^* ^ faire une exploration vésicale, reconnaît l'existence d'r "^ - "" calcul et l'adresse à M. PolaiUon, qui, après vérification '^"

diagnostic, veut bien me charger de faire la lithotritie.

Le 12 avril 189i1, je procède à l'exploralion méthodique ^^

la cavité vésicale. Je reconnais qu'il existe au moins deux es- -^^a'culs : l'un mobile, qui mesure deux centimètres; l'autre B^^^^> occupant le bas-fond, dont le diamètre dépasse quatre cen*:;^^''" mètres. La vessie, intolérante, n'admet pas plus de cinquaE^*''^ grammes de liquide.

L'opération a lieu le lendemain 12 avril. Le vagin est re» ^^ aseptique au moyen d'une injection de sublimé à 1 / 1000°. Tou *^

AFrBOTIONS ORGANIQUES 85

^s précautions antiseptiqaes d*usage sont prises pour les ins« "^ ^ments et la cavité vésicale. La malade est soumise au chlo« i^:^ forme.

La vessie, intolérante, comme je l'ai dit» ne peut admettre 1 us de cinquante grammes de liquide, encore est-il presque vissîtôt expulsé en grande partie le long de l'instrament, Le sorte qu'il m*a fallu opérer presque à sec.

Je saisis d'abord le calcul de deux centimètres de diamètre; I e le broie ainsi que ses fragments.

Après quelques tentatives infructueuses, j'arrive ensuite à prendre, dans l'espèce de cavité où il est logé, en arrière du col, le gros calcul, qui mesure un peu plasde quatre centi* mètres de diamètre ; je le saisis par la manœuvre des mors renversés directement en bas. Le lithotriteur employé était le n"* 2 fenêtre (mors Reliquet).

Les mors chargés du calcul étant ramenés en haut, je constate que le calcul résiste absolument à la pression de la vis. J'ai recx)urs au marteau et ce n'est qu'après un nombre considérable de coups que le calcul finit par céder et que les mors peuvent être rapprochés.

Je fais ensuite de nombreuses prises et, jugeant qu'avant de continuer le broiement il vaut mieux déblayer la vessie, j'introduis un tube évacuateur droit n"" 28 pourvu d'une large ouverture au voisinage de son extrémité et je procède à un lavage h grande eau avec la solution boriquée, suivi d'une tentative d'aspiration.

Malgré le sommeil chloroformique, la vessie n'admet que la quantité peu importante de liquide, que j'ai indiquée précédemment, et lorsqu'on veut l'augmenter, le liqtiide ressort entre la paroi uréthrale et le tube évacuateur.

J'essaie néanmoins de l'aspiration. Chaque pression sur la poire en caoutchouc de l'aspirateur a pour résultat la sortie de la vessie d'une certaine quantité de liquide le long du tube évacuateur, de sorte qu'après un petit nombre de ces pressions l'aspirateur est presque vide ; force m'est donc de m'arréter. Nous avons trouvé nonobstant un certain nombre de fragments dans la boule de verre de l'instrument.

Je réintroduis le même lithotriteur; je saisis, les mors ren*

MALADIES DRINAIRES COMHDHES AUX DEDX SEXES

versés en bas, un très gros fragment qui mesure plus de tro5 centimètres de diamètre et qui ne cède encore qu'au man teau, mais plus facilement que le calcul ÎQtact.

Je fais ensuite un grand nombre de priaesitoutes très dures et pour lesquelles il me faut plus d'une fuis i-ecourir au mai teau. Lorsque la quantité de débris assez fins me parait sufG. santé, Je procède à leur évacuation à l'aide de la sonde petite courbure n' 25 et du lavage fait largement avec la solia tion boriquée.

La vessie déblayée, je réintroduis une troisième fois I — même litholriteur; je fais encore de nombreuses prises d fragments mesurant de un à deux centimètres, Iragments tou - — très dure. Je m'arrête loi-sque je ne sens plus de débris d'u^^ volume important.

Je procède, comme les autres (ois, à un grand lavage ave"»— " la solution boriquée. Je renouvelle la tentative d'aspiration le résultat est le même, c'est-à-dire qu'après un certaine* nombre de pressions sur la poire de caoutchouc, celle-ci s^^ vide rapidement parce que le liquide poussé dans la cavité' vésicale s'écoule entre la paroi de l'urèthre et la sonde évacua — " trice. Pourtant quelques fragments sont encore venus tombei^^ dans la boule de verre de l'aspirateur.

La séance ayant duré près d'une heure, je m'arrête là, cer- — tain qu'il ne reste dans la vessie aucun fragment quiDepuiss^^ sortir par l'uréttire.

Ce qui a prolongé la séance, c'est l'extrême duretéducalcu — principal et des fragments qui en provenaient.

Le chloroforme a été parfaitement supporté et, après avoi^C^ un peu vomi, la malade s'est assez rapidement réveillée sans^ présenter de phénomènes de dépression- Large cataplasme laudanise sur le bas-ventre, tilleul chau^^ avec un peu d'eau-de-vie, et, comme alimentation, du bouillon^^

Les suites de l'opération ont ëté des plus simples et des plu favorables.

La malade n'a pas eu la moindre fièvre. Elle a expulsé uz^

cerlain nombre de fragments assez volumineux et très dui

dans les jours qui ont suivi.

- Elle a conservé pendant trois ou quatre jours des eovù

du fait da chloroforme; elle accusait en même temps manque d'appétit ; puis ce léger malaise a cessé. s phénomènes de cystite ont rapidement disparu sans itement spécial, une fois la vessie débarrassée. L'urine a recoayré une limpidité normale.

CJette femme a commencé à se lever au bout d'une semaine. 11 e est sortie de lliôpital le 30 avril, entièrement guérie. Xiepois hum on a eu de ses nouvelles; elles sont restées tout fjBit faygraUes.

Obs.273. — > Calcul développa autour d^un fragment de sonde \ ^'i^^olrtiU] guiruon. — Edouard K..., âgé do 59 ans, tailleur, so-uffre de la vessie depuis de longues années. Il a eu un ré- ^r*^cissement de Turèthre pour lequel on lui a passé des sox^des.

XjOi*s de son entrée dans le service, le 10 juin 1890, il prédes douleurs yésicales, des urines troubles et sanglanaprès un exercice fatigant. La miction était souvent gêet quelquefois impossible. Le malade indique très bien ^il commence à uriner facilement, puis que tout-à-coup le d'urine s'arrête brusquement. Le cathétérisme fait recon- -'^^ître qu'il existe un calcul.

X^e 1" Juillet. Pendant la chloroformisation, lithotritie avec ^'^^sistance de M. Dubuc. Il s'agit d'un calcul phosphatique ^^ trois centimètres et demi de diamètre. Lavage de la vessie ^"v- ^c aspiration. Parmi les fragments expulsés, nous décou- ^^■^ons des morceaux de caoutchouc rouge incrustés de sels icaires. Il n'est pas douteux qu'à une époque où le malade a soigné pour son rétrécissement, un fragment de sonde briest resté dans la vessie et a servi de noyau au calcul. Xe 15, l'opéré sort guéri.

Xe 6 novembre 1891, il rentre avec une pyélo-néphrite du

droit. Il est soumis au repos et au régime lacté. Xe 12 janvier 1892, il retourne chez lui très amélioré.

Obs. 274. — Lithotritie chez une femme dgée^ albuminurie ^'Ue ; broncho-pneumonie] mort. '^ La nommée M... (Marie),

MALAMES URINAIREB COMUUÏIES ACX USTTS. SEXKS

âgée de 77 ans, ménagère, est admise le 6 jaavier 1S86, Elle |

Fiounc 36, — Cystile avec hypertruphie des paroU Téaicaleî. UretËres, bassinets et cnlicee pldos de pus, C, abcis ayant dÉcoUé la capsule du rein gauclie A. Cslices contenant du pii9 ti (Dessin de M. Grilbanlt des Fontaines, eïterne du service).

souffre d'un calcul dont le volume égale celui d'un gros oeuf

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AFFECTIONS OROANIQUKK

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f^oule. Dysarie très pénible. .Hématurie. Malgré que les uriDes *^<=>xi. tiennent une grande quantité d'albumine. Je me crois autor^isé à pratiquer la lithotritie.

T..a malade est soamise pendant douze jours au repos et an ■^^Sime lacté. La quantité d'albumine diminue peu à peu Jus- <3.va.*à devenir presque nulle.

XjO 10 Janvier. Chloroformisation. Lithotritie très laborieuse ^xi. raison de la difBculté à saisir le calcul.

X^ 23, toux, dyspnée, broncliite.

X^ 23, la dyspnée a augmenté. La bronchite s'est géuérali- ^ê^ aax deux poumons et a envahi les petites bronches.

X^e 24, mort.

Obs. 275. — Calcul non opéré ; pyélo-néphrtte des deuxcûté» ; »»«■«>*■(. — Le nommé P..., âgé de 39 ans, entre dans le service 3.-v-ec ane pyélo-néphrite très grave, à laquelle il succombe le

FisvBE 31. — Cslcul eoolenu dao» la Tciiie ; »rrand«ur niitumllf , {DcMtn par 11. GrilhauU dci FoDUinei.;

*^« janvier 1880. L'antopsie fait trouver dans la vessie un SPos calcul, qniaétdtrés probablement lorigine d'une cys- «te purulente et d'une pyélo-néphnte ascendante des deux ^tés, A gsnche, le rein contenait un vasto abc«s Bous-capsu- >i»Pe(ag. 3Ôet37).

90 MAI.ADiER DKINAIRES COMMUNES ADX IlEDX SEXKS

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