P. — TOMB II
114 MALADIES URINAIRES COMMrNES AUX DEDX SEXES
Ohs. 280 iîï. — Néphrite et cyaliie suppvrées, consécutives à uràlhiotomia intertte mal soignée ; êniptian .■carlaiimfornm parotidite auppwée ; étal infectieux ; urémie ; mart. (Obs. 111& tionnôo à la Société Ue chii'urçie, le 9 juin 1886; t. XL p. 400.) — Il y a environ quinze jours, le nommé F. toine, âgé de 68 ans, veilleur de nuit, a été consulter dans "tSM n service consacré spécialement aux maladies arinaires, pour a x:»* rétention d'urine. On lui pratiqua l'tiréthrotomie interne, ^?t comme il n'ysvait pas de lit disponible, on le renvoya ct»^^ lui. Depuis lors, il est retoamé deux fois au même hôpi t^' sans pouvoir être admis. 11 raconte que pendant ses tr<:>is voyages il a beaucoup saigné. La sonde à demeure, qu'on Xt«' avait mise, fut retii-ée au bout de deux jours.
Depuis huit jours, urinant avec une grande difficulté , ^ a été obligé de se faire sonder par un médecin de la vil 1^-
Au moment de son admission à la Pitié, le 11 décembre 18^^—3, on constate une voussure de la région hypogastrique, qt '■-'' remonte jusqu'il l'ombilic, et qui est formée par la vessie su» "ï^' distendue par Turine. Le cathétérisme est relativement fac»-*^ avec la sonde n" 14 de la Dliêre de Charrîére. Le touct»-^^^ rectal lait reconnaître que la prostate est un peu plus vol •-^' mineuse qu'à l'état normal.
En somme ce malade a eu un rétrécissement pour lequel rf^^" a pratiquée l'uréthrotomie. A sa suite, au lieu du rétablis^^^" ment de l'acte physiologique de la miction, il y a eu paré^ *-^ vésicale, d'où nécessité du cathétérisme de l'uréthre.
Les urines sont troubles, et d'une grande fétidité. Les d^^*"' uiéres gouttes donnent du pus mélangé d'un peu de sang. Ot* ^ trouve un peu d'albumine. Les poumons sont le siège d'''"-*^ emphysème généralisé. U n'y a rien au cœur, rien dans 1^^^ autres organes. Le malade a eu ia syphilis, il y a vingt ax*^' Aucune antre maladie du côté des organes génito-urinaî f^-
On place une sonde à demeiu-e dans la vessie.
Le 12 décembre. Injection d'eau boriquée dans la vess/^' 1 gramme de salycilate de soude, à l'intérieur. On évacue l^ vessie toutes les deux heures.
Le 14. La langue est devenue sèche. Le pouls est petit, msi^
Normal qnant à la fréquence. Le malade ne mange pas. Il est *^es abattu.
1«G 16. Autour de l'anus et sur les fesses, on constate des ulcérations, dont quelques-unes ont la grandeur d*uno pièce de Cinquante centimes. Leur fond est grisâtre, leurs bords décollas pour la plupart. Autour des ulcérations la peau est le siège d'une éruption rouge, à bords un peu élevés, qui ressemble absolument à l'éruption de la scarlatine. Sous la pression ^u doigt la rougeur disparaît pour revenir aussitôt après. 11 ^'y a point de douleur locale.
La parotide du côté droit est un peu gonflée à sa partie in* ^^^rieure; elle est aussi un peu douloureuse, sans changement ^^ couleur de la peau.
Les urines et la température ne donnent pas Texplication
^^ ces symptômes infectieux. En effet la température est nor-
et les urines à peine albumineuses. Elle sont devenues
peu moins troubles.
Le 18. L'éruption scarlatiniforme a fait des progrès et s'é-
sur la face interne des cuisses. Sur le reste du corps,
l^s taches varient depuis la grandeur d'une tète d'épingle
J ^squ'à celle d'une pièce d'un franc. Leur grandeur moyenne
^st celle d'une lentille. Elles disparaissent par la pression et
^oxit un peu surélevées. A leur périphérie, la peau conserve ses
^^x*actères normaux. Cette forme nouvelle d'éruption siège
^^f la poitrine et sur les membres, les mains et Jes pieds ex-
^^ptés. Sur les membres inférieurs, les taches sont d'autant
ï^lxis confluentes qu'on se rapproche davantage de Tabdomen.
^Xitoùr de l'ombilic, il y a une tache qui rappelle la scarla-
e; elle est large comme la paume de la main.
Xa parotide est très douloureuse, surtout à sa partie infé-
ture ; elle est grosse comme un citron. La peau est devenue
^ovjge à sa surface.
La langue est sèche, racornie. Les dents sont fuligineuses* -t^^s lèvres tremblotantes. Le pouls est petit, mais de fréquence normale. La température est de 36o,8. Le malade, très ^flfaibli, répond nettement aux questions qui lui sont posées. Le 20. La parotide gauche se prend à son tour. La droite Pt*ésente de l'œdème et de la fluctuation. Il y a évidemment"
Lp] étant 1
]16 M1.LADIES milNAmGS COMMUNES AUX DEUX SEXES de rioflltration purulente. L'œiièine parotiilien s'étend jusqu'aux parties inférieures du cou. L'iûspîration est sifflante et sonore, comme s'il y avait un peu d'œdème de la glotte. Il n'y a pas eu d'accès de suffocation.
Incision de la parotide droite avec le thermocautère ; il s'écoule à peine quelques gouttes de pus.
Le malade a de la diarrhée ; il est plongé dans la somnolence. Ses urines sont dans les mêmes conditions. La température du matin prise avec soin donne toujoui's 3(1°, 8,
Le 21, Le malade va de plus en plus mal. Il n'y a pas eu d'accès de sufifocation.L'érythémescarlatineux persiste toujours. Le 23. Le malade tombe dans le coma et meurt. Le 24. Autopsie, L'uréthre présente plusieurs ulcérations au niveau de la région membraneuse ; mais on ne retrouve pas les traces de l'uréthrotomie interne. La portion membraneuse est très épaisse et d'une dureté presque cartilagineuse. En pressant sur la prostate, qui a un peu augmenté de tolume, on fait sourdre du pus par l'orifice de l'ulricule prostatique. Celui-ci est élargi et transformé en abcès. Dans l'épaisseur de la prostate on trouve aussi de petits abcès railîaires ; aucun d'eux ne communique avec le rectum.
La capacité de la vessie est augmentée. Ses parois sont épaissies. Sa tunique musculaire, considérablement hypertrophiée, soulève la muqueuse et se dessine sous forme de colonnes. En certains endroits les faisceaux musculaires sont tellement hypertrophiés qu'ils présentent l'aspect des ventricules du cœur. La muqueuse est rouge ardoisée, sans ulcérations. Ses vaisseaux se dessinent nettement. Kon contenu est purulent.
Les uretères sont rouges, mais il n'y a pas de pus dans leur intérieur.
Les deux reins sont considérablement augmentés de volume : le droit pèse trois cent trente grammes, le gauche deux cent quatre- vingt. Tous les deux sont le siège d'une néphrite parenchymateuse. Le rein droit présente à son extrémité inférieure un kyste gros comme un œuf de pigeon, et un voluriiineuxabcès, qui occupe surtout la substance corticale en empiétant un peu sur la substance médullaire. Le rein gauche
Sent de nombreux abcès miliaires, dont lo plus gros ne
dépasse pas le volume d'une noisette. Il y a, en outre, de ce
cMé, deiiï ou trois kystes corticaux. Les abcès miliaires
existent dans les deux portions du rein.
Les autres organes, poumon, foie, rate, cerveau, articula-
. lisais, sont sains.
a. Tumeurs bénignes