II. — Bydrocèles de la Imiique vaginale
190 cas
31 ponctions simples; 149 injections irritantes;
10 cures radicales. mort.
La sérosité s'est épanch ée à peu prés aussi souvent dans la tunique vaginale droite que dans la tunique vaginale gauche (78 hydrocèles à droite, 82 à gauche ; dans 25 cas le côté n'a pas été mentioané). Exception nellement l'épancheraent occupait les deux vaginales (5 cas).
Bien que l'iiydrocèle ait été observée à tous les âges, c'est surtout vers le déclin de l'âge mûr et le commencenieat de la vieillesse que la maladie apparaît. L'âge moyen de mes malades était de quaranle-huit ans.
De 15 à 25 ans j'ai compté 23 liydrocèles vaginales.
Au-dessus de 76
AFFECTIONS oROAMQUES 205
7 fois Thydrocèlc vaginale avait eu pour cause un traumatisme des bourses. Vn garçon de dix-huit ans vit apparaître son hydrocèle aussitôt après un effort pour sauter. Chez 4 malades, la pression d'un bandage herniaire avait déterminé répanchement.
Mais la cause, de beaucoup la plus fréquente, est une lésion chronique du testicule ou de lépididyme. 61 fois j'ai constaté, après l'évacuation de la sérosité, une induration qui remontait à une ancienne épididymite ou à une ancienne orchile, ordinairement de nature blennorrhagique ou tuberculeuse.
Dans 122 cas la cause est restée inconnue. *
Sous le rapport du volume, j'ai rencontré 23 hydrocèles grosses comme un œuf d'autruche et même plus grosses. Les autres étaient de volume moindre, offrant toutes les variétés de grosseur jusqu*aux plus petites, qui avaient les dimensions d'un œuf de dinde.
Le caractère typique de toutes ces hydrocèles était la transparence.
L'évacuation de la sérosité est le premier temps du traitement de Thydrocèle. Chez 31 malades, je me suis borné à cette évacuation par une ponction avec un trocart. Mais la ponction simple n'est qu*une opération palliative, destinée à supprimer momentanément la gène d*un scrotum volumineux. Bientôt répanchement se reproduit, et la ponction est à recommencor. Pour éviter une récidive, il faut provoquer une inflammation non suppurative de la séreuse, inflammation qui modifiera sa sécrétion ou produira des adhérences entre son feuillet viscéral et son feuillet pariétal. On y parvient en injectant dans la vaginale une certaine quantité de liquide aseptique irritant, dont la teinture d*iode représente le type ^généralement adopté.
J'ai opéré 12 malades par la ponction suivie d'une injection de cent grammes environ de teinture d'iode iodurée.que j'évacuais presque en totalité après un séjour de quelques minutes dans la vaginale. Les malades ont guéri et ont quitté l'hôpital au bout de deux semaines en moyenne. Ce procédé a l'inconvénient de provoquer des douleurs, qui
206 MALADIES DKS ORGANES GÉNITAUX DE L'HOMMK
sont quelquefois extrùmemcnt intenses^. Il est vrai que Ton peut atténuer et niùme supprimer la douleur, comme je l'ai fait 6 fois, en injectant, avant la teinture d'iode, une solution contenant trois à quatre centigrammes do cocaïne. Mais celte double injection est une complication, et je crois qu'on peut arriver à la cure de l'hydrocèle par un procédé beaucoup plus simple.
Dès janvier 1879 (1), j'ai eu Tidée de remplacer l'injection de teinture d'iode par l'injection d'une très petite quantité d'une solution de chlorure de zinc au dixième. Voici comment je procède : l'hydrocèle est ponctionnée avec un fin Irocart; après l'évacuation aussi complète que possible de la sérosité, j'injecte, avec une seringue de Pravaz, parla canule, qui est restée en place, un gramme d'aune solution de chlorure de zinc au dixième. Je malaxe le scrotum pendant une à deux minutes environ, afin de bien faire pénétrer la solution chlorurée dans toutes les anfractuosités do la vaginale; puis je fais ressortir par la canule une partie du liquide injecté, qui a pris une couleur blanche parla coagulation de l'albumine, et je retire cette canule, immédiatement le scrotum se rétracte. Le patient n'éprouve qu'une sensation de chaleur. Le lendemain, la réaction inflammatoire commence à se produire. Elle devient plus ou moins intense les jours suivants, mais il est rare que le malade soit obligé de garder le lit.
Sur 137 hydrocèles traitées par l'injection de chlorure de zinc, j'ai constaté 118 guérisons, 14 récidives et 5 insuccès.
Les guérisons ont eu lieu sans accident, sans menace de suppuration, après un repos de seize jours en moyenne, tandis que j'ai vu, en 1896, un garçon de vingt-trois ans, qui avait eu une suppuration de la vaginale et une perte du testicule après une injection de teinture d'iode faite en dehors de mon service.
Quant aux récidives, je ne crois pas qu'elles soient plus nombreuses qu'après l'injection iodée.
Chez les 5 opérés, qui n'ont pas guéri, Tépanchement de
(1) Bull, de la Soc. de chirurgie, 16 juillet 1879, t. V, p. 648; et France médicale^ n'' 98, p. 741, 1879.
retour ne s'est pas résorbé, une vaginalite s'est formée et il a fallu faire Tincision et la résection de la tunique séreuse. (Obs. 306, n«M, 2,3.)
Lorsque Thydrocùle était très volumineuse, j'ai quelquefois pratiqué une ponction évacuatrice préalable pour diminuer le volume du scrotum, puis j'ai fait l'injection trois ou quatre jours après. Le succès de l'opération m'a paru mieux assuré par cette manière de procéder.
Gomme l'injection d'un liquide irritant, teinture d'iode ou solution de chlorure de zinc, m'a donné des succès, je n'ai employé que rarement l'incision et la résection de la tunique vaginale, autrement dit la cure radicale deThydrocèle. C'est surtout dans les cas où l'injection irritante a échoué, que la cure radicale me parait indiquée (obs. 306).
La cure radicale, moins simple que la ponction et l'injection d'un liquide irritant, consiste à inciser le scrotum, à laver la cavité vaginale avec une solution phéniquée forte et à suturer l'incision. Si la tunique vaginale est très distendue, si elle est épaissie, il faut, en outre, réséquer son feuillet pariétal presque en totalité, et même réséquer une zone de la peau du scrotum. Ce qui reste de la tunique vaginale est ensuite suturé. Sur 10 cures radicales d'hydrocèle, 1 fois je me suis borné à l'incision simple, 8 fois j'ai excisé la vaginale, et 1 fois j'ai réséqué une portion du scrotum en morne temps que la vaginale. Chez 9 opérés, la réunion a été immédiate et la guérison s^est faite en seize jours. Chez 1 opéré, du sang s'est épanché entre le testicule et la suture; il a fallu couper celle-ci, tamponner la plaie, qui s'est guérie par suppuration.