‹ Affections chirurgicales du tronc v.2Chapitre 38 sur 48 · XXII. — HvmatocHes. ^M · texte numérisé non relu

XXII. — HvmatocHes. ^M

27 cas. — 21 opérés ; 6 non opérés. mort. ^™

L'hématocèle d'emblée, quia pour cause un épanchement brusque de sang dans la cavité vaginale, est rare. Je n'en ai observé que 2 cas, à la suite, d'une chute et à la suite d'un coup de pied sur le scrotum. Presque toujours l'hématocèle est consécutive à une innammalion de la séreuse, laquelle ^ prépare l'épanchemenl sanguin.

Les conlusions des bourses, légères, mais souvent répé

tées, ont, pour effet, chez certains sujets prédisposés, de^

produire une inflammation plastique de la tunique vaginale

Celle-ci se vascularise et s'épaissit par le dépôt, à sa face^ interne, d'une couche de fausses membranes (obs. 309)^ En même temps un peu de liquide séreux ou séro-sanguim-

AFFKCTIONS ORGAMQUKS 213

s^épanche dans sa cavitr. Lrs malades remarquent que leur scrotum grossit, mais, n*en souffrant pas, continuent à s'exposer aux froissements et aux contusions. Peu à peu, le gonflement d'une des bourses se prononce. Elle devient plus vulnérable et un peu douloureuse. A ce moment Tliématocèle est établie.

C'est donc la vaginalite qui engendre rhématocèle. Lorsque, après la ponction et Tinjeclion d'une hydrocèle, le liquide irritant provoque une inflammation trop vive de la vaginale, l'hydrocèle devient facilement une hématocèle. 2 fois, après Tinjection d'un gramme d'une solution de chlorure de zinc au dixième, et 1 fois après une injection de teinture d'iode faite en ville, j'ai observé cette transformation.

Lorsque riiématocèle est constituée, les vaisseaux de néoformation des fausses membranes se rompent avec la plus grande facilité. Il suflit d'une pression du scrotum, d'une marche prolongée, d'un coup, d'un effort (obs. 309), pour produire cette rupture et déterminer des épanchements sanguins soit dans la cavité vaginale, soit entre les couches des fausses membranes. Ces épanchements se reproduisent plus ou moins souvent, selon les précautions que pren- '^ent les malades. Le sang se coagule. Le caillot forme des couches fibrineuses superposées, à peu près comme dans "Q sac d'anévrysme, et le sérum s'accumule dans la cavité Vaginale, où il subit diverses transformations. Chaque épauchement nouveau augmente le volume de l'hématocèle. ^ est ainsi que, chez l'un de mes malades, son volume dépassait celui de la tête d'un adulte (obs. 312).

L'hématocèle a une évolution lente, qui comprend des '^ois et des années. Elle reste longtemps tolérable. Ce ^ est qu'au déclin de l'âge mûr, vers cinquante et un ans en 'Moyenne, que les malades sont venus réclamer du secours.

, La tunique vaginale gauche a été plus souvent affectée ^ hématocèle que la tunique vaginale droile, dans la pro- P^Hion de 14 à 9. 1 fois Thématocèle avait envahi les deux ^^inales.

Les sujets affectés de hernie inguinale (obs. 171) (i), et surtout ceux qui sont affectés d'hydrocèle, sont prédisposés àriîéraatocèle. Entre Thydrocèle et riiématocèle il existe souvent un état transitoire qui constitue Thydro-hématocèle(obs. 310, n°-l et 2).

L'hydro-hématocèle présente tous les signes de Thydrocèle, sauf que la transparence manque.

L'hématocèle pure est une tumeur arrondie, sans bosselures, de consistance dure ou élastique, indolore ou presque indolore. On la dislingue des tumeurs malignes, surtout parce qu'on peut trouver, à sa surface, une région où la pression développe la douleur spéciale du testicule sain. Le diagnostic est quelquefois très difficile.

Chez 2 malades Thématocèle avait suppuré. L'abcès s'était ouvert et avait laissé une fistule donnant issue à un pus sanieux, d'odeur infecte (obs. 311, n" 1 et 2).

Le principe qui m'a guidé dans toutes mes opérations pour rhématocèle, a été la conservation du testicule. Dans 1 seul cas, Thématocèle était tellement volumineuse, le testicule était tellement perdu dans la masse des fausses membranes et des dépôts fibrineux, que j'ai dû le sacrifier (obs. 312).

16 fois la décortication du testicule a été faite d'après le procédé de Gosselin. Le malade, qui avait une hématocèlc double, subit successivement la décorlicaticm à droite et à gauche. La durée moyenne de la guérison a été d'un mois, durée beaucoup abrégée depuis que les pansements antiseptiques permettent d'éviter les longues suppurations.

8 malades ne voulurent pas être opérés, les uns craignant pour l'intégrité de leur testicule, les autres n'étant pas encore très gênés par la tumeur. Chez 3 d'entre eux, une simple ponction, en évacuant le liquide séro* sanguin, donna pendant quelque temps l'illusion d'une guérison.

(1) L'observation 171 a été publiée par M. Terson dans la Gazelle des Hôpitaux, n» 117, p. 989, 1890, sous le titre d'Hydrocèle enkyslée du cordon transformée en hématocèleé

Obs. 909. — Hydro-hèmatocèie de la tunique vaginale : d(^ cortkaHon ei excision den fausses membranes; guèrison (obs. publiée in Gaz. médv*.ah de Paris, n* 18, p. 2\iù, 1880). — Lo 27 janvier 1886, enti*e dans mon service de rhôpital de la Pitié, salie Broca, n* 14, le nommé P... (Théodore), pour une tumeur du scrotum.

Ils^agit d'un homme encore très vigoureux, malgré ses cinquante-sept ans. Il exerce une profession sédentaire, celle de cordonnier. Dans ses antécédents morbides, on ne trouve qu'une pneumonie, qu*il contracta à 1 âge de dix-sept ans. Il n'eut jamais ni blennorrhagie, ni orchite. Il est marié et père de trois enfants.

Une hydrocèle de la tunique vaginale gauche commença à se développer il y a environ cinq ans. Depuis cette époque, sans contusion, sans traumatisme reconnu, sans cause appréciable, liotre homme s'aperçut que le C(}té gauche du scrotum auginentait progressivement de volume. Il y a six mois, il avait atteint une grosseur égale à celle du poing. Cette tumeur ^tait, d'ailleui*Sf indolente et ne produisait qu'une gêne assez ^nsidérable pendant la marche. Mais le patient n'en souf- ^l'ait guère, puisque sa profession lui permettait un repos ''elatif.

La suite de cette observation démontrera que l'hydrocèle Pt*imitive s'était compliquée de vaginalite avec production de ^^usses membranes vasculaires. Sous l'influence des pressions ^t des contusions, inaperçues, que subit toujours le scrotum t^^ndant la marche et pendant l'exercice d'une profession, '^éme sédentaire, ces fausses membranes s'épaissirent par ^'^dition de nouvelles couches, et le scrotum augmenta de plus en plus de volume par l'accroissement de l'épanchement **ilra-vaginal. On avait dés lors affaire à une hydro-hématocéle ^^ la tunique vaginale.

Le 25 janvier dernier, en faisant un violent eflbrt pour dé- ^9^cher une bouteille, Théodore P... éprouve tout à coup une ^^^e douleur dans les bourses avec une sensation de craque- ^^nt, puis il voit subitement sa tumeur scrotale doubler de ^^Inme. Un quart d'heure après cet accident, il remarque que

MALADIES DES 0R6ANBS GÉNITAUX DE l'hOMME

la peau des bourses devient rouge violacée. Il se met alors au lit et se fait transporter ie surlendemain à la Pitié.

Le 27 janvier, le scrotum a le volume d'une tête de fœtus à terme. La peau présente une vaste ecchymose, plus marquée du côté gauche que du côté droit. La douleur est assez vive quand on comprime la tumeur. Gelle-ci est fluctuante, non transparente. La palpatioa me fait reconuaître que le testicule gauche est situé à la partie supérieure et externe de l'ovoïde formé par la v£^in.ale distendue et épaissie. Les cordons, des deux côtés, paraissent normaux.

Il est évident que, sous l'influence de l'eftort signalé par le malade, et peut-être aussi sous l'influence de la pression du scrotum entre les cuisses pendant l'action de déboucher une bouteille, les vaisseaux des fausses membcanes de l'hématocèle se sont rompus, et que le sangs'eat épanché à la fois dans la cavité vaginale et dans les tuniques du scrotum. Ainsi s'expliquent l'accroissement subit de la tumeur et l'apparition de l'ecchymose quelques instants après.

Le repos au lit, l'élévation du scrotum par un coussin, les applications de cataplasmes et de compresses résolutives, amenèrent, en quelques jours, la disparition de l'ecchymose et la diminution de la tumeur. Mais il (allait préserver notre malade contre le retour de pareils accidents. 11 fallait surtout le délivrer d'une aSeetion gênante, qui ne pouvait que s'aggraver. La décortication du testicule avec l'excision de la tunique vaginale épaissie me parut tout à l'ait indiquée.

Celte opération fut pratiquée le Q février. Chloroforraisation. Incision longitudinale, avec le thermocautère, sur la.peau du scrotum, un peu à gauche de la ligne médiane. Cettc= incision mesure dix centimètres environ. Elle permet de dis»séquer les tuniques scrotales externes et de les sépai'er (i-la vaginale épaissie, jusqu'au voisinage de la racine d^^ bourses où se rencontre le testicule gauche.

La tunique vaginale étant incisée, on voit un flot de ■. quide couleur marc de caté et de volumineux caillots fai^t-"" irruption. En nettoyant la cavité vaginale, je trouve qu'eL ■ communique avec une autre cavité, creubée dans les fausa^^ membranes elles-mêmes et remplie de caillots, qui ressemble J^^

au raisiné d'un foyer apoplecti(iue. L'orifice, qui établit une communication entre les deux cavités, admet le pouce et a un contour déchiquelé. Le volume do la cavité vap:inale peut être évalué à celui d'une grosse orange. La cavité surajoutée est de moitié plus petite.

J'ai comparé cette dernière à un foyer d'apoplexie cérébrale; c'est qu'en effet sa formation est due, comme dans l'apoplexie, à la rupture brusque des vaisseaux (sous Tinfluence de l'efïort que le patient a signalé) et à l'épanchement du sang dans le tissu des fausses membranes, où il s'est creusé une poche. L'épanchement sanguin a même déchiré la paroi qui le contenait, pour se répandre dans la cavité vaginale, à la manière des épanchements cérébraux, qui rompent quelquefois la paroi d'un ventricule et font irruption dans sa cavité .

La position du testicule étant bien reconnue, je décortique avec les doigts les couches des fausses membranes, assez molles, qui le recouvrent. J'excise ensuite toute la poche vaginale, ainsi que sa cavité surajoutée, laissant le testicule adhérent par une de ses faces aux tuniques du scrotum. Le testicule paraît sain et son volume est normal.

Suture des lèvres de la plaie avec quelques poinls de fil d'argent. Drainage avec deux gros tubes de caoutchouc rouge. Pansement avec gaze iodoformée.

I^ouleurs assez vives pendant les heures qui suivent l'opération. Quelques vomissements de nature chloroformique. ^^txs la soirée, les douleurs disparaissent. Aucune fièvre.

Le 8 février. Pansement à l'iodoforme. Quelques gouttes à ^®ine de suppuration.

. Le 11. La partie supérieure de la plaie est réunie; la partie ^^férieure suppure un peu. Suppression d'un des drains. Pan- ^^ïxient à l'iodoforme.

lie 14. Un petit point de la peau du scrotum s'est sphacélé. *^ enlève les points de suture.

Les jours suivants, les pansements sont renouvelés tous les ^^atre ou cinq jours.

Le 3 mars. Le malade se lève depuis plusieurs jours. La plaie est presque complètement cicatrisée. Le pansement con-

MALADIES DES 0E0ANB8 «ËNITADX DE L'BOMME

sis(e dans une couche Ae gaze iodoformôe et de ouate b tenue par un suspensoir.

Le 7. La guérison est complète. La cicatrice est déprimée, peu étendue par suite de la rétraction du scrotum. Le testicule, englobé dans les tissus qui forment la cicatrice, paraît plus volumineus que celui du côté opposé. Mais il n'est aucunement douloui'eux. Théodore P... nous a exprimé à plusieurs reprises sa satistactiou de lavoir conservé.

Obs, 310. ih-ux fuiUd'îvnuccca de Vvijeclion irrilante dan* une kydro/tématocèle : difcorcication; guérison. — 1° Le nommé P... (Edouard), âgé de 23 ans, exerçant la profession de paleirenier, est reçu le 10 décembre 1890.

Ses antécédents héréditaires n'ofirentaucnn intérêt au point de vue de sa maladie.

Il y a deux ans et demi, une tumeur s'est développée lentement dans la bourse draite. Le malade n'y fit, d'abord, aucune attention; mais peu à peu la tumeur devenant gênante par son accroissement considérable, il entra à rhôpital. M. Polaillon ne trouvant pas de ti-ansparence, fit une ponction exploratrice, (lui donna un liquide brun chocolat. Comme la vaginale n'était pas notablement épaissie, il vida complètement sa cavité et injecta un gramme d'un© solution au dixième de chlorure de zinc. L'épanchement de i-etourse produisit ; mais, à l'inverse de ce qui arrive ordinairement, il ne se résorba pas. Quand le malade sortit de l'hôpital, la tuméfaction n'étaitnuUementdiminuée; cependant lessoulîrances étaient devenues moins vives, et il put reprendre son travail très pénible de palefrenier.

Il y a quelques mois, les douleurs reparurent. Elles s'irradiaient jusque dans l'aine droite et, quand la fatigue avait été un peu plus grande que de coutume, le malade avait parfois des étoufiements avec point de côté à droite. Il se décida alors à rentrer à l'hôpital.

Le 10 décembre 18',I0, la tumeur est nettement fluctuante, sans transparence. L'injection irritante avait complètement échoué. L'épaississement cle la tnnique vaginale avait probablement augmenté II était certain qu'une nouvelle ponction

AFFECTIONS OIUÏANIQUES 219

serait complètement inutile. L'incision et la décortication pouvaient seules amener la gm'Tison.

Le IG, sous le chloroforme, M. Polaillon pratique une incision elliptique surla bourse droite. 11 s'écoule un liquide brun chocolat. La vaginale, très épaissie, est décollée des téguments autour du testicule, puis est ré.^'équée. Pas d'hémorrhagie. La plaie est refermée par des sutures au crin de Florence. Un drain est placé à la partie inférieure. Pansement de Lister après un lavage complet de toute la cavité.

Le 20. Premier panseineut. Le malade n a pas eu de fièvre- Pas de suppuration . On enlève le drain après un lavage phéniqaé. Pansement à la gaze iodoformée.

Le 26. On enlève les crins de Florence. Le malade urine sans <lifBculté. Pas de tuméfaction à la verge ni au scrotum.

Le 30. On enlève les sutures restantes et on fait un panseiQeutà la gaze iodoformée, maintenu simplement par un bon suspensoir.

Le 5 janvier 1801. L'opéré est désigné pour aller à Vin-

cennes. Tout va bien. Il existe encore un peu de tuméfaction

^^ la bourse. La plaie est complètement fermée. Pas de dou-

^6urs spontanées ; la pression est seule un peu douloureuse.

Quant au testicule, il est complètement perdu dans l'empàte-

^®nt cicatriciel qui est la conséquence du traumatisme opé-

'•atoire. En somme, on ne peut dire ce que ce testicule de-

^'^'endra.

^** M... (François), âgé de 59 ans, palefrenier, a subi deux ^^is une injection irritante d'un gramme d'une solution au ^^Xiéme de clilorure de zinc pour le guérir d'une hydrocèle ^^ginale à droite. Deux fois répanchement a récidivé. La dor- "^^re injection a eu lieu eu février 1885. Après cette injection ^^e vaginalito se produisit et l'hydrocèle se transforma peu à P^u en héniatocèle. Il faut noter que cet homme portait une ^^rnie inguinale du même côté et que la pression du bandage ^^^it contribué à l'inflammation de la vaginale.

Le 15 septembre 1885, M... (François) revint dans le service. ^ bourse droite était tuméûée, dure, douloureuse, sans trans-*

Il fut soumis au repos, l'opération étant retardée par une glycosurie prononcée. Au bout d'un mois et demi, la quantité de sucre avait assez diminué pour qu'il pût être opéré.

Le 31 octobre. Pendant la chloroformisation, décortication du testicule et excision du feuillet pariétal de la tunique vaginale indurée. Pansement de Lister,

L'opéré, trÈs indocile, dérauge ses pansements et se lève pour se promener dans la salle. La plaie s'infecte et un phl^mou des bourses se déclare. Fièvre violente. Suppuration abondante.

Le 15 décembre. La cicatrisatiou étant à peu prés complète, le malade va en convalescence à Vincennes.

OiiS. 31L — Deux faits dkématocèle auppttrée ; décortication; guérison. — 1° G... (Claude), emballeur, âgé de 59 ans, est admis le 10 septembre 1884.

Rien dans ses antécédents de famille- A l'âge de vingt-quatre ans, H eut des adénites au cou, qui furent soignées par Malgaigne, à l'hôpital Saint-Louis. A trente ans, il contracta une blennorrhagie. Depuis aix ans, une hernie inguinale est apparue du côté droit. Actuellement, cette hernie, devenue volumineuse, descend dans les bourses. Elle est maintenue par un bandage. En outre, le malade porte un suspensoir pour une tuméfaction def* bourses, qu'on lui a dit être un varicocêle, et qui n'est autre chose qu'une hématocéle.

Le 4 septembre. Le bandage herniaire détermina une inflammation des bour.fes. La peau rougit, les bourses se tuméfièrent beaucoup et devinrent un peu douloureuses.

Le 10. A l'hôpital, je constate le gonflement et l'inflammation du scrotum, La bourse gauche est surtout tuméfiée et présente une dureté élastique, Un petit orifice, situé à sa partie inférieure, laisse échapper du pus fétide. En introduisant un stylet par cet orifice, je pénètre dans la cavité vaginale, dont les parois sont très épaissies. Le diagnostic d'hématocèle suppui-ée découle de cette constatation et de la tuméfaction que le malade prenait pour un varicocéle.

Le 25. Une nouvelle collection de pus se forme dans Ja bourse gauche.

Le 9 octobre. Chlorofoniiisation. Incisions sur le scrotum avec le thermocautère, dans retendue de dix à douze centimètres, circonscrivant une large tranche de la tumeur. Je pénètre dans une cavité anfractueuse remplie depussanieuxet fétide. Je reconnais le testicule, je décortique et je dissèque autour de lui toute la paroi épaissie delà vaginale. Lavage de la plaie avec la solution phéniquée forte. Pansement ouvert.

Le 22. Un petit point de sphacéle à la surface du testicule. Tout le reste de la plaie bourgeonne et se cicatrise de plus en plus.

Le 11 novembre. La cicatrisation est achevée. Exeat.

2» Jean P..., âgé de 52 ans, menuisier, entre àTHôtel-Dieu le 28 novembre 1895.

Ses antécédents héréditaires sont bons. Lui-même n'a eu aucune maladie jusqu'à présent.

Il y a vingt-cinq ans, Jean P..., qui faisait beaucoup d'équitation, s'aperçut par hasard que la bourse du côté gauche était plus grosse. Gêne dans la marche, mais point de douleurs véritables.

Pendant dix ans, la tumeur augmenta petit à petit, sans s'accompagner de troubles fonctionnels. Un médecin diagnostiqua une hydrocèle et, ayant fait une ponction, retira un litre environ de liquide séreux. Quelques jours après la tumeur se reforma et resta stationnaire. Le malade continua à travailler comme à l'ordinaire, mais il était de plus en plus gêné et éprouvait des douleurs assez vives pendant la station debout prolongée.

I^ans ces derniers temps, les douleurs ayant augmenté, il retourna chez son médecin. Celui-ci, constatant une collection purulente, fit une incision de quatre à cinq centimètres ^ la partie antérieure du scrotum. Il s'écoula un verre environ ^ ^n liquide grisâtre, fétide. Depuis, un écoulement séro- P^inxlent d'odeur fétide persista.

-A. THôtel-Dieu, je constate une tumeur grosse comme les ^^X poings, douloureuse à la pression. La tunique vaginale ^^^ble considérablement épaissie. Elle est remplie par une

collection purulente qui communique au dehors par une fistule dont le suintement sanieux est extrêmement fétide. On »ent une fluctuation profonde et, par places, des plaques indurées qui résistent sous le doigt. J'ai donc affaire à une hématocéle suppurée, consécutive à une ancienne hydrocèle.

La malade a maigri de vingt livres environ dans ces derniers temps.

Lie 3 décembre. Anesthésie par le chloroforme. Incision, avec le bistouri, du scrotum et de la vaginale épaissie, indurée et présentant Taspect d'une semelle de vieux cuir. Par places les fausses membranes ont subi une transformation crétacée. Je décortique ces couches, qui forment une vaste coque autour du testicule. Les plaques crétacées présentent retendue de la paume de la main. Elles sont épaisses de deux à trois millimétrés, rugueuses et tout à fait semblables aux plaques athéromateuses de Taorte.

Lavages phéaiqués, abondants, de la pi aie opératoire. Suture partielle avec des crins. Drainage. Pansement iodoformé.

Les jours suivants Tétat général est bon. Pas de température, pas de douleurs. La suppuration est peu abondante.

Le 8. La réunion s*est faite dans une grande étendue. Lavag«« phéniqués. Pansement iodoformé.

Le 28. Guérison. Exeat.

Obs.312. — Enorme hématooèle de la tunique vaginale ; ablation et castration. Présentation du malade^ guéri^ à la Société de chirurgie le 6 août 1 S 84. (Obs. due à M. Janet, interne, résumée d'après le Bull, de la Soc, de chirurgie, p. 649, 1884.) — Le nommé S... (J-eMi), âgé de 57 ans, vitrier, entre le 9 juin 1884 à rfeôpital de la Pitié.

Les renseignements sur la santé de ses parents sont très ineomplets. A l'-exeeption d'une fièvre typhoïde, lui-même a toujoura joui d'une excellente santé.

Il y a deux ans, il reçut une violente contusion dans Taine gauche pendant qu'il portait une caisse de verre. Il attribue à cet accident Torigine de sa tumeur.

Le scrotum se gonfla peu à peu sans devenir très douloureux

et sans erapéclier l'exercice île sa profession. G'ei depuis quinze jours que le volume des bourses est assez considérable poui" obliger le malaile à rester couché.

Son faciès est pâle, cachectique. Depuis longtemps il digère mal. tousse, maigrit; mais il ue présente rien d'anormal â la poitrine. Il n'a pas d'ascite, ui d œdème aux membres inférieurs. L'auscultation du ccur révèle un léger souffle au premier temps et à la pointe

e héeiatocèle de la tuuiqiie vaginale, i pu M Janel i

Le scrotum est le siège d'une énorme tumeur, arrondie, mesurant eioquante-liuit cenlitnùtres de drconlérence (fîg. 45). Une hernie inguinale, volumineuse, réductible, coifî"e la tumeur et semble se confondre avec elle. Le malade s'est apeiiçu [le cette hernie après la contusion de l'aine signalée plus haut. 11 portait un bandage, mais il a dû l'abandonner à cause du développement des bourses.

La peau des bourses est violacée^ fortement tendue, lisse, sillonnée par de grosses veines. La pression est assez dou-

234 MALADIES DES ORGANES GÉNITAUX DE L'HOMMË loureuse, mais il n'y a pas, ou presque pas, de douleurs spontanées. C'est le poids tie cette tumeur et la gCne qu'elle occasioime, qui poussent le malade à réclamer une interveation chirurgicale.

Par la palpation on découvre que le testicule droit est situé un peu au-dessous de l'aoneau inguinal du même côté, et qu'il paraît sain. Quant au testicule fjauche, il est impossible de le reconnaître au milieu de la masse morbide.

En explorant le pédicule de la tumeur, on en sépare complètement la hernie, qui se réduit facilement, et on peut introduire le doigt dans le canal inguinal, qui est très élargi. On constate en même temps que le cordon gauche est énorme et que les vaisseaux, dont on sent les battements, ont pris un développement extraordinaire.

La consistance de la tumeur est uniforme, sans bosselures, élastique, fluctuante, mais la fluctuation est profonde, difficile à séparer du phénomène de l'élasticité. Point de transparence.

La miction se fait normalement. Au dire du malade, les fonctions génitales sont abolies depuis assez longtemps.

M, PolailîoD porte le diagnostic û' hématocèle de la tunique vaginale, mais avec quelques réserves au point de vue de l'existence d'une tumeur de mauvaise nature constituant un hydro-sarcocéle. En efiet.la maigreur et le fades cachectique du malade commaudentdene pas se prononcer d'une manière absolue.

Le 11 juin. Ponction exploratrice avec l'appai'eil Potain : issue d'un liquide épais, de couleur chocolat, contenant des paillettes brillantes et une pulpe brunâtre, formée par des grumeaux de fibrine coagulée, comme on en rencontre dans les anciens foyers héraorrhagiques. Le diagnostic d'une hématocèle est alors pleinement confirmé.

Le 12. Le patient est chloroformisé. M. Polaillon circonscrit sur la peau du scrotum une large tranche par deux incisions curvilignes, pratiquées d'avant en arriére avec le thermocautère. La peau et les tissus sous-jacents sont si vasculaires qu'il faut appliquer de nombreuses pinces hémostatiques. La poche est alors disséquée en remontant vers la racine des bourses,

AFFECTIONS ORGANIQUES 'i'io

puis ouverte avec le bistouri. Immédiatemeiit uiie grande gaantité de liquide rougeâtre et de matière fibriawuse en gi-umuauxfait irruption.

Après avoir constaté que les fausses membranes sont très épaisses, dures, et qu'elles emprisonnent le testicule dans un point qu'il n'est pas facile de déterminer, M. Polailion juge que la décortication du testicule est impraticable sans produire de graves lésions sur cet organe. Considérant, en outre, qu'il a affaire à un homme qui n'est plus jeune (cinquante-sept ans), il se détermine à faire la castration.

Le cordon spermatique présentait au moins le volume d'un iotestin grêle distendu. Il tut traversé avec un fli double en soie phénjquôe et lié en deux faisceaux. Une autre, ligature en masse fut appliquée au même niveau. Puis le cordon fut coupé à un centimètre au-dessous de ces ligatnres. Par mesure. de prudence, trois grosses artères, dont on voyait la lumière béante sur la section du cordon, furent liées avec un fil de catgut.

La plaie opératoire fut exactement lavée avec la solution pbéniquée au vingtième. Suture avec des flis d'argent. Établissement de deux gros drains. Pansement de Lister.

Le lendemain de l'opération, le malade ne peut uriner. Cathétérisme de l'urétlire.

Le 15. La réunion par première intention est obtenue dans une grande partie dH la plaie. Le reste suppure un peu pendant les jours suivants.

Le 16 juillet. Évacuation du malade à la maison de convalescence de Vincennes. Les érections, qui ne se produisaient plus depuis plusieurs mois, sont revenues. Les bourses ont actuellement leur volume normal. On voit sur leur face antérieure une cicatrice linéaire, se terminant en haut par une cicatrice déprimée. La hernie inguinale est facilement maintenue par un bandage. Le testicule droit est volnmineux. La perte de son voisin semble lui avoir donné une nouvelle activité fonctionnelle.

- Examen de la pièce. La paroi de l'hématocéle mesurait jusqu'à trois centimètres d'épaisseur. Les fausses membranes, qui la composaient, se séparaient facilement on ti-ois ou quatre J'. - T. II. 15

MALAUIBS DES OROÂNBS OËNITAOS DE L'HOMME

feuillets. Le testicule était situé à la partie supérieure et esterue de la poche. Il était environné de toutes parts par des fausses membmnes épaisses, très dures, et qui auraient rendu la décortication impraticable.

XXIH, — Vahcocêies.

27 cas. — ISnoonpéràs; 14 opérés- mort.

C'est dans la jeunesse, à l'époque où les fonctions testlculairiis ont le plus d'activité, qu'apparaissent les varices du cordon. Sur mes 27 malades, 16 avaient moins de vingtcin([ lins. Les autres ne s'éloignaient pas beaucoup de cet âge. ExeepUonnolleoient j'ai trouvé un aaricocé/e douloureux chez un homme de cioquanLe-six ans.

Le sii-ge du varicocôle était 2'S fois à gauche, 3 fois à droite, 1 fois des deux c6tés bien qu'il fût plus volumineux à gauche.

Chez i malades une hernie inguinale coïnoiilail avec le varicocèle, et je cmis que la dilatation des veines du cordon prédispose à la licrnic-

A l'âge de la puberté, les veines testiculaires prennent souvent un développement assez considérable pour simuler le varicocèle. Mais, en général, ce gonllement veineux disparait avec le fonctiounen^ent régulier des organes génitaux. Il ne persiste que chez un petit nombre d'individus. On voit alors le varicocèle s'établir sous forme de paquets variqueux le long du cordon, et occasionnerde la gène, de la pesanteur, des douleurs et quelquefois l'atrophie du testicule.

Chez 11 de mes malades, le varicocèle était très tolérabte. Je me bornai à leur conseiller l'usage d'un suspensoir.

Chez IG malades, au contraire, le volume du varicocèle, les douleurs dans le scroLum, l'aine et les reins, allant jusqu'à empêcher la station debout et la marche, indiquaient une opération. 2 malades refusèrent de s'y soumettre; 14 furent opérés.

Toutes mes opérations de varicocèle furent faites d'après le même procédé : résection d'une largo zone de la peau du scrotum, dissection du groupe externe des veines du cordon en ayant soin de repousser en dedans le canal déférent, Tartère spermatique et les veines qui raccompagnent; application de deux ligatures sur les veines isolées, l'une au-dessus de Tépididynae, l'autre au-dessous de l'anneau inguinal, et résection des troncs veineux entre ces deuxligatures. Suture de la peau du scrotum, qui se trouve ramené à des proportions normales par l'ablation d'une partie de son enveloppe cutanée. Pour la ligature des veines je me suis toujours servi de fils de catgut qui ont la propriété de se résorber.

La durée de laguérison a été de vingt jours. Chez 12 opérés, la cicatrisation s'est faite par première intention. Chez 2 opérés, il y eut un peu de suppuration.

Je n'ai observé aucun accident du côté de l'épididyme et du testicule après mes opérations. Mais j'ai reçu un malade dans mes salles pour une orchite et une épididymite consécutives à une résection de varicocèle faite dans un autre

hôpital.

Chez 2 malades, dont le varicocèle était compliqué d'une

hernie inguinale, l'opération a été modifiée en ce sens que

la résection des veines testiculaires a été précédée de la cure

radicale des hernies.

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