Langenbeck, Archiv f. Klin. Chir., Bd. V
de la fissure pour juger de sa gravité; il faut tout aussi bien considérer l'état de ses bords. Pour ce qui concerne les divisions du voile seul, les deux moitiés de cet organe sont parfois assez développées pour qu'on puisse facilement les amener au contact sur la ligne médiane; d'autres fois elles sont réduites à des vestiges presque nuls. La staphylorrhaphie, sans difficulté dans le premier cas, peut être presque impossible dans le second. En outre, ce n'est pas la largeur seulement des deux moitiés du voile qu'on doit considérer; c'est aussi leur longueur. L'organe divisé est très souvent atrophié dans les deux sens à la fois. C'est une des raisons qui expliquent pourquoi ses fonctions restent plus ou moins imparfaites après la staphylorrhaphie. De même, pour les divisions de la voûte la gravité de la malformation au point de vue opératoire dépend en grande partie de l'atrophie des deux moitiés de la voûte. Plus l'atrophie est prononcée, plus la fente est large, et plus le terrain sur lequel on doit chercher les lambeaux autoplastiques fait défaut.
La cloison des fosses nasales peut être modifiée de diverses manières. Tantôt, atrophiée, amincie, diminuée de hauteur, elle se dissimule dans la partie supérieure des fosses nasales ; tantôt, au contraire, épaissie, hypertrophiée, elle fait saillie du côté de la bouche et prend point d'appui sur la langue; la première alternative est de beaucoup la plus commune.
Les divisions du palais sont des malformations qui se présentent souvent isolément chez des sujets bien conformés d'ailleurs. Nous ne reviendrons pas sur* l'association du becde-lièvre compliqué et de la fissure palatine, qui constitue la forme la plus grave des divisions buccales ; mais nous noterons certaines particularités qui n'ont pas suffisamment fixé l'attention, et qu'on ne trouve même pas mentionnées. Les sujets atteints de fissure palatine ont fréquemment une certaine asymétrie du crâne avec développement inégal des bosses frontales (obs. XLYI, XLYII et XLIX). Nous avons aussi
constaté chez une enfant rachitique et fille d'un père syphilitique, outre la fissure palatine, une asymétrie des plus marquées de la base du crâne; les fosses antérieure, moyenne et postérieure étaient sensiblement plus larges d'un côté que de l'autre. Le même enfant présentait des lésions rachitiques de la voûte du crâne, des côtes et des os des membres* (obs. XL VI).
Les fissures palatines congénitales persistent toute la vie avec la même étendue au moins et la même forme qu'au moment de la naissance. On a cité un certain nombre de cas faisant exception à cette règle. Une division palatine peut se rétrécir et même se fermer après l'opération du bec-de-lièvre qui l'accompagnait. Le fait est déjà signalé par Desault^, qui vit une fissure du palais, large d'un demi-pouce, fermée vingt-sept jours après la réunion de la lèvre. Gérard ^ rapporte qu'une fissure palatine de la largeur du doigt était complètement fermée chez une jeune fille de dix-neuf ans opérée d'un bec- de-lièvre dix ans auparavant. Une fille opérée à l'âge de 'huit jours, par AVagner '% d'un bec-de-lièvre latéral gauche, était affectée aussi d'une fente palatine admettant le doigt. Un an plus tard les bords alvéolaires étaient réunis, ainsi que les apophyses palatines, sur une étendue de trois lignes. Plus loin, la fente n'avait plus que la largeur d'une plume d'oie. Busch/ rapporte deux faits analogues : une fente palatine se ferme complètement d'avant en arrière chez un jeune enfant dans l'année qui suit l'opération du bec-delièvre ; une division de la voûte osseuse était fermée également un an après l'opération du bec-de-lièvre chez un jeune homme de vingt-quatre ans ; mais la division du voile restait.
1. Cette observation a été déjà publiée dans les Archives gén. de méd., avril 1883 : Quelques anomalies congénitales, obs. VI.