DES LÈVRES
lig-ne médiane, une longueur de sept centimètres d'une commissure à l'autre, et une épaisseur de ving-t-cinq millimètres au niveau du bord libre.
Sur un jeune enfant que nous avons observé, la tumeur n'avait pas envahi toute la lèvre. L'hypertrophie commençait à gauche au niveau de la commissure, atteignait son maximum sur la ligne médiane et cessait assez brusquement au-dessous de l'aile droite du nez (V. obs. LXXX et fig. 66). Dans un autre cas plus récent (V. obs. LXXXI), la tuméfaction était
Fig. 66. — Lymphangiome congénital de la portion gauche de la lèvre supérieure (V. obs. LXXX).
limitée à la partie moyenne de la lèvre supérieure et se prolongeait un peu dans les narines. Le sujet était affecté en même temps d'une hypertrophie des deux membres inférieurs.
Quels que soient son étendue et son volume, le lymphangiome de la lèvre supérieure offre des caractères cliniques tout à fait spéciaux. C'est une tumeur dure, élastique, peu dépressible, comme un fibrome dur. La peau est épaissie et plus adhérente. La muqueuse est également plus épaisse et moins souple que d'habitude. La coloration de ces deux membranes reste normale. Le frein de la lèvre supérieure était un peu hypertrophié chez un de nos malades. Ni les cris, ni les efforts du sujet,
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ni la compression des commissures ne modifiaient chez lui le volume ou la coloration de la lèvre, et nous n'avons constaté aucun dilatation veineuse ou artérielle des vaisseaux des lèvres.
La lèvre supérieure tuméfiée est en grande partie inerte; les mouvements sont empêchés mécaniquement, et elle se déplace seulement dans son ensemble.
Dhoste ' rapporte dans sa thèse le cas d'un malade opéré par Duplouy pour une hypertrophie congénitale de la lèvre inférieure dont l'origine remontait à l'enfance. Le volume de la lèvre, légèrement augmenté dans le jeune âge, commence à prendre à l'âge de trente ans des, proportions plus considérables; cet accroissement se fait surtout pendant la saison des chaleurs. Au moment de l'examen du sujet, la lèvre inférieure forme un énorme bourrelet; sa face cutanée regarde en bas et est appliquée sur le menton. La tuméfaction y est dure et comme fibreuse; elle est uniforme, sans sajUie ni dépression, exactement limitée à la lèvre. La muqueuse parait un peu violacée, mais il n'y a ni élévation de température ni pulsations; la coloration de la peau n'est pas modifiée. La lèvre malade ne possède que des mouvements d'élévation, pendant lesquels elle se déplace en bloc. Cette difformité désagréable se complique d'un écoulement continu de salive. La lèvre supérieure est en même temps un peu hypertrophiée dans sa partie gauche. „
Davies Colley^ a observé un malade atteint d'une hypertrophie de la lèvre inférieure ; c'est un homme de trente-cinq ans, ayant pris la syphilis à quatorze ans : un traitement par l'iodure de potassium et le bichlorure de mercure étant resté sans effet, on enlève sur le bord libre de la lèvre un lambeau en V, à. base supérieure. La pièce est constituée par un tissu fibreux assez vasculaire, avec de larges espaces probablement