Virchow, Traité des tumeurs, t. IV, p
les dimensions monstrueuses que nous avons signalées ; à la puberté, l'accroissement du lymphangiome se montre de nouveau plus actif. Plus tard la tumeur augmente très lentement et d'une manière insensible, ou elle reste stationnaire. Telle est, du moins, la marche du lymphangiome de la langue et des lèvres. On a vu que les tumeurs éléphantiasiques des paupières, observées dans un âge avancé, continuent à s'accroître avec lenteur; mais ce sont ces cas dont l'origine est discutable. Malgré un début lointain, rien ne démontre que la tumeur existât à la naissance ou dans l'enfance même, sous la forme d'une simple augmentation de volume mise sur le compte d'une variété de conformation. On peut le supposer , comme aussi on peut prétendre également que les traumatismes accidentels ou opératoires, invoqués comme cause de l'affection, n'ont fait autre chose que provoquer l'activité d'une lésion minime et méconnue, à l'état latent en quelque sorte. Mais lorsqu'il s'agit de f-aits rares, anciens et incomplètement étudiés , les déductions qu'on en tire en un sens quelconque doivent être très réservées.
Quelles que soient l'ancienneté et l'étendue des lymphangiomes congénitaux delà face, ce ne sont toujours que des lésions locales, n'entraînant que des troubles locaux et non susceptibles de produire une infection de l'organisme ; le lymphangiome est essentiellement bénin. Les complications qu'on observe, à part les déformations secondaires, sont surtout de nature inflammatoire : ce sont des conjonctivites et un état granuleux de la conjonctive exposée au contact de l'air; ce sont aussi des gerçures, des ulcérations, des inflammations de la muqueuse des lèvres et de la langue, par suite encore de l'exposition de ces parties à l'air extérieur et de diverses irritations mécaniques.
Malgré tous ces accidents souvent fort pénibles, malgré des troubles fonctionnels parfois sérieux, les lymphangiomes des paupières, des joues, des lèvres et de la langue appellent
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surtout l'attention, après la première enfance, par la difformité désagréable et plus ou moins choquante de la figure des sujets. La vie n'est jamais menacée, même lorsqu'il s'agit de macroglossie. On cite le cas d'une femme de Leyden qui vécut jusqu'à quatre-vingts ans avec une macroglossie énorme ; elle avait été traitée à diverses périodes de sa vie par plusieurs médecins de l'époque. Pendant de longues années elle avait caché sa tumeur linguale dans un étui d'argent.