Heineke, cité par Grosch, ibid., p
OSTÉO-PÉRIOSTIQUES CM
A propos de la communication de Reclus à la Société anatomique, Ch.-H. Petit donna la description d'un lipome véritable, recueilli à Clamart sur un sujet âgé de cinquantequatre ans, sans aucun renseignement clinique. Il avait le volume d'une noix et se trouvait placé à la partie externe du front, un peu au-dessus de l'arcade sourcilière gauche. Le muscle frontal le recouvrait superficiellement, et sa face profonde était adhérente au périoste de l'os frontal. La situation sous-aponévrotique de la tumeur et ses adhérences avec le périoste, caractères que l'on retrouve également dans tous les cas de kystes dermoïdes de la même région, méritent d'être notées. Mais ces dispositions anatomiques intéressantes n'indiquent nullement l'origine congénitale de la tumeur. On a observé, en effet, des lipomes périostiques à la surface du crâne sur des sujets de tout âge.
J. Cruveilhier^ avait déjà décrit une pièce anatomique analogue à celle de Ch.-H. Petit; il avait trouvé sur un cadavre, à la partie supérieure de la région frontale droite, une tumeur hémisphérique du volume d'une moitié de prune de reine- Claude. C'était un lipome encapsulé et situé entre l'aponévrose épicrânienne et le périoste. Cruveilhier exprime la surprise qu'il éprouva en constatant la structure graisseuse de la tumeur; il avait cru d'abord que ce devait être un kyste.
Nous avons nous-mêmes enlevé un lipome occupant la région médiane du front chez un jeune pharmacien de Paris. On avait aperçu la tumeur vers l'âge de dix-huit ans. Sa situation médiane et sa forme arrondie contribuèrent d'autant mieux à la faire prendre pour un kyste dermoïde qu'elle était profonde, indépendante de la peau et adhérente au squelette. La tumeur, grossissant peu, ne fut opérée que lorsque le sujet eut atteint sa vingt-quatrième année. Elle avait alors le volume d'une grosse cerise ; mais elle ne ressortait pas, était apla-
1. J. Cruveilhier, Anatomie pathologique générale, t. III, p. 307.
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tie et moins tendue qu'un kyste. L'extirpation fit reconnaître un lipome encapsulé, adhérent au périoste.
Nous observons actuellement un fait analogue chez un jeune officier de trente ans, qui vient de donner sa démission; il porte sur le front une tumeur dont il a reconnu la présence il y a un an. Cette tumeur a le volume d'une petite amande, mais elle est plus arrondie, non rénitente, et adhérente ; la peau glisse sur elle. Il y a de bonnes raisons de croire à un lipome, et non à un kyste.
J. Grosch ^ a pu réunir 37 observations de lipomes sousépicrâniens. Sur ce nombre, 25 siégeaient à la région frontale, 3 à la région pariétale, 4 à la partie postérieure du crâne, 3 à la région temporale. Cinq de ces lipomes étaient congénitaux; ce sont les cas de Fehleisen, Sydney Jones, Nancrede, Seerig, Heineke, précédemment cités.
La disposition anatomique des lipom^js de la surface du crâne paraît la même, soit qu'on ait observé ces tumeurs près de la naissance ou seulement dans l'âge adulte et jusqu'à soixante-quinze ans; leur situation et leurs rapports sont particulièrement remarquables. En effet, ces lipomes sont sousjacents à l'aponévrose épicrânienne et séparés par cette membrane du tissu cellulaire sous-cutané et de la peau; leur face profonde est en contact direct avec le périoste crânien et lui adhère plus ou m^ins. Le lipome que nous avons cité au débu de ce chapitre fait une exception très grande ; car, dans ce cas, la tumeur était dans le tissu osseux lui-même , au milieu des aréoles du diploé , et la lame compacte superficielle faisait défaut. Il est probable que la tumeur est née dans l'os primitivement et que les parties molles n'ont été envahies que consécutivement.
Le diagnostic des lipomes sous-aponévrotiques du crâne, parfois facile, est le plus souvent, au contraire, entouré de diffi-