Grùber, Schmidt's Yahrbuch, 1841, Bd. XXX, s
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se faisait à la surface d'une excoriation. La masse de la tumeur avait deux fois le volume de la tête de l'enfant et pesait deux livres et demie, le poids de ce dernier étant de cinq livres et demie ; elle couvrait le coccyx et la partie inférieure du sacrum, et, en avant, entourait la paroi rectale. Le coccyx était enveloppé par elle comme dans le cas précédent. L'examen de la tumeur démontra que c'était un lipome avec des parties calcifiées et ossifiées ; mais comme il s'agit d'un fait relativement 'ancien , on ne peut être très affirmatif sur la nature exacte des parties dures.
11 nous a paru intéressant de rapprocher les uns des autres "ces divers groupes de lipomes crâniens, rachidiens et sacrococcygiens développés- à la surface du squelette et souvent plus ou moins adhérents au périoste. Il est vrai qu'ils ne sont pas les seuls à présenter cette d,ernière particularité, car il n'est pas de région du corps où l'on n'ait observé des lipomes ostéo-périostiques. Ainsi Thomas Smith* a enlevé sur un garçon de neuf ans un lipome, du volume du poing d'un adulte, aperçu dès l'âge de trois ans, situé au niveau de l'avant-hras et adhérent profondément au col du radius, qui fut dénudé par l'opération; des parcelles osseuses se trouvèrent enlevées avec le pédicule de la tumeur. D'Arcy Power" a observé, chez un garçon âgé de neuf ans comme celui de Smith, une tumeur indolente, élastique, indépendante de la peau et occupant la face externe du tiers supérieur de la cuisse. L'opération démontra que la tumeur, solidement attachée au fémur au-dessous du petit trochanter, était en partie fibro-lipomateuse et en partie simplement lipomateuse ; elle avait IS centimètres de diamètre sur 12 et pesait 425 grammes. Un autre lipome, enlevé par Th. Smith ^ sur une fillette de cinq ans,
i. Th. Smilh, Trans. of the pathol. Soc. ofLondon, 1868, t. XIX, p. 344.
2. D'Arcy Power, Congénital lipome : the Lancet, 1888, I, p. 371.
3. Th. Smith, Spécimen of a firm, bilobed fatty Tumor, weighing ten ounces, removed from a Utile girl,'œt. S : Trans. of the pathol. Soc. ofLondon, 1866, t. XVII, p. 286. • •
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était situé profondément au niveau de la fesse et de la racine de la cuisse, et contractait une adhérence solide avec l'ischion. Un fait analogue appartient à Heyfelder*. Une petite fille portait, quelques semaines après la naissance, une tumeur do la fesse gauche, du volume d'une noix, probablement congénitale. Cette tumeur se mita grossir rapidement; à trois mois elle était large de 10 pouces dans un sens et de 8 pouces dans l'autre; elle était indolente , mobile, fluctuante : caractères d'une tumeur bénigne. On en fit l'ablation, et on trouva un lipome sous-jacent aux couches musculaires, adhérent à l'os ihaque et au fémur. Ce lipome, de structure uniforme dans toutes ses parties, pesait 4 livres. L'enfant succomba rapidement aux suites de l'opération.
Butlin" a observé chez une fille de sept ans un lipome de la partie supérieure et postérieure de la jambe au-dessous du genou; cette tumeur, du volume d'une tête de fœtus, avait été aperçue dès l'âge d'un an. Pendant l'ablation, on put voir qu'elle se prolongeait jusqu'à la partie antérieure, en passant entre les deux os de la jambe. Un lipome enlevé à un enfant par Pearce GoukP était situé sous l'extrémité inférieure du muscle sterno-mastoïdien ; il adhérait si fortement à la clavicule , qu'on dut enlever le périoste de cet os pour l'extirper complètement. J. Wood' a vu un autre cas de lipome périostique intéressant par son siège. Un garçon âgé de dix ans portait depuis cinq ans au moins une tumeur située dans la fosse temporale et grossissant peu à peu. On pouvait la sentir par la bouche en dehors de la branche ascendante du maxillaire inférieur ; le massé ter soulevait la peau au-dessous de l'apophyse zygomatique ; l'arcade dentaire supérieure était :pepoussée en dedans, l'inférieure en dehors. Pendant l'abla-
1. Heyfelder, cité in thèse de Sénac, du Lipone congénital, Paris, 1883, p. 54. "^..Builm, Path. Soc. Trans., vol. XXVIII, p. 221, et Bl. Sutton, Medico-chir. Jm»i5acit20?z5, 1885, vol. LXVIII, p. 295.
3. Pearce Gould, m Bl. Sutton, Medico-chir. Transactions, 1885,,t. LXVIII, p..293. >' 4. J. Wood, Trans. ofihe pathol. Soc. of London, 1875, t. XXVI, p. 191.
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tion, on vit que la tumeur se laissait détacher facilement partout sauf en un point, où elle adhérait à la grande aile du sphénoïde, près de l'apophyse zygomatique. C'était un lipome du volume du poing d'un enfant.
Une origine congénitale est établie pour quelques-uns des faits précédents; elle ne l'est pas pour tous; mais tous du moins sont apparus dans le jeune âge, soit dans les premiers mois, soit dans la première ou la deuxième année. L'attache de ces tumeurs à la surface des os constitue l'une des particularités les plus intéressantes de leur histoire; dans l'âge adulte, en effet, le périoste est souvent le siège de fibromes, de fibro- sarcomes ou de tumeurs plus ou moins malignes , mais l'on y rencontre bien rarement des lipomespurs.
La plupart des lipomes dont nous avons rappelé les observations ont certains caractères spéciaux dans leur marche ou dans leur structure, qui les distinguent du type commun du lipome observé dans un âge plus avancé. Plusieurs ont une évolution rapide : ils acquièrent en quelques mois, par exemple, des proportions telles que l'extirpation en devient indispensable ; quelques-uns cependant n'ont été enlevés que dans l'adolescence ou dans l'âge adulte. Leur structure est d'habitude celle du lipome pur, sans mélange d'autres éléments, sans tissu fibreux en quantité assez grande pour qu'on puisse dire qu'il s'agit de fibro-lipomes , sans éléments embryonnaires. Tel était le cas du lipome que nous avons opéré dans la région frontale, chez un jeune enfant. Plusieurs fois cependant on a constaté une proportion notable de tissu conjonctif ou une certaine quantité de cellules jeunes.
Les' infiltrations calcaires ne sont pas rares. Rappelons aussi notre observation de lipome de la région sacro-coccygienne dans la composition duquel entraient du tissu lipomateux pur et des masses kystiques. Mais le fait dominant de l'histoire de ces lipomes est leur rapport avec les surfaces
osseuses ; or il ne s'ag-it pas là d'un simple contact accidentel. La tumeur adhère au périoste et se confond avec lui à tel point que le pédicule contient parfois des parcelles ossifiées et que , pour en faire l'extirpation , on est obligé d'enlever le périoste lui-même. De plus, le point de contact avec les os ne semble pas être indifférent. Nous ne reviendrons pas sur les lipomes crâniens qui siègent de préférence au niveau des fentes embryonnaires ; sur les lipomes sacrés qui contractent avec le rachis des connexions assez intimes pour englober entièrement le coccyx, ou qui pénètrent dans le canal médullaire à travers un orifice du sacrum; sur les lipomes des membres qui sont fixés par leur pédicule au voisinage des épiphyses : nous avons vu un lipome congénital se développer dans l'épaisseur du frontal, qui se trouvait envahi et déformé; c'est là encore un caractère entièrement étranger aux lipomes de l'âge adulte, qui ne pénètrent pas dans les os. Enfin, dans quelques observations, les lipomes, 'après avoir pris naissance à la surface des os, au lieu d'écarter les muscles voisins, se sont propagés dans leur épaisseur, et on a trouvé des faisceaux musculaires normaux ou atrophiés, épars au milieu du tissu lipomateux.