Lebert, loco cit
6. Yerneuil, Mémoire sur l'inclusion scrotale et testiculaire : Archives ge'n. de me'd., 1833, vol. I", p. 641, et vol. II, p. 24, 191 et 299.
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puis à propos de diverses communications à la Société de chirurgie, donne à cette affection sa véritable interprétation pathogénique, en attribuant le kyste à l'emprisonnement d'un îlot du tégument externe dans une fente embryonnaire . Il ne reste plus qu'à réunir tous ces éléments épars pour en faire une étude d'ensemble. C'est ce qu'ont fait Régnier' (1869), Lamps^ (1874) et Cusset^ (1877) dans leurs thèses. Régnier fournit trois observations personnelles empruntées au service de Richet, et donne une description générale des kystes de Ja queue du sourcil. Gusset, dans une étude d'ensemble des maladies de l'appareil branchial, accorde une place à chacune des localisations des kystes branchiaux, entre autres à ceux qui nous occupent. Depuis dix ans, de nouveaux faits ont été publiés. Quelques-uns mettent en lumière certaines particula-* rites concernant le siège, la structure de la paroi et la nature du contenu. Nous avons nous-mêmes publié quinze observations recueillies à l'hôpital Trousseau, et nous en avons un certain nombre depuis lors.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
La dénomination de kystes de la queue du sourcil, souvent employée, indique le siège le plus commun de ces tumeurs. Elles occupent effectivement la région externe du sourcil dans un grand nombre de cas ; mais on peut aussi les observer un peu plus en dedans au milieu du sourcil , ou plus en dehors dans la région temporale. Wagstaffe '' rapporte deux cas de kystes dermoïdes de la région temporale rattachés manifes-
1. Régnier, Étude siw les kystes dermoïdes de la queue du sourcil, thèse de Paris, 1869, n" 177.
2. Lamps, Essai sur les kystes dermoïdes de la queue du sourcil, thèse de Paris, 1874, no 225.
3. J. Cusset, Etude sur Vappareil branchial chez les vertébre's et sur quelques affections qui en dérivent chez l'homme, thèse de Paris, 1877, u° 181.
, 4. "W. Wagstaffe, Congénital dermoid cysts occuring in the branchial and other clefts: Trans. ofthepathol. Soc. of London, vol. XXIX, 1878, p. 194.
tement à la région orbitaire par leur connexion profonde, ainsi qu'on va le voir dans la suite en étudiant les insertions du pédicule. Nous avons nous-mêmes observé trois kystes de la région externe du front : deux étaient situés immédiatement au-dessus des sourcils, le troisième en était éloigné de deux centimètres et correspondait à la partie inférieure de la bosse frontale gauche. La tumeur peut, au contraire, être située audessous du sourcil dans la région palpébrale. C'est en pareil cas qu'elle fournit assez souvent un prolongement intraorbitaire. Un de nos malades portait deux kystes de la partie externe du sourcil, un de chaque côté ; D. Mollière a vu sur le même sujet un kyste de la queue du sourcil et un kyste du grand angle de l'œil.
Enfin nous avons rencontré des kystes dermoïdes situés en dehors et au-dessous de la commissure palpébrale, à la surface de l'os malaire. On voit par là que ces kystes occupent en réalité les régions sourcilière externe et périorbitaire externe.
Le volume de ces kystes dermoïdes est ordinairement peu considérable. C'est celui d'une lentille, d'une noisette, d'un marron, d'un œuf de pigeon, d'une prune. Chauvel '■ a enlevé à un Arabe uji kyste de la grosseur d'un œuf de poule. Ce cas est exceptionnel ; car les malades se font opérer habituellement de bonne heure, pour être débarrassés d'une difformité aussi apparente.
La tumeur est en contact avec le squelette. Pour la mettre à nu, il faut inciser la peau et la couche musculaire formée par l'orbiculaire au niveau du sourcil et de la paupière, par le muscle frontal plus haut, par le muscle temporal plus en dehors. Elle ne contracte que rarement des adhérences avec le tégument externe, et ces adhérences sont consécutives à des complications inflammatoires ou bien dues à un développement excessif. Petite ou grosse, d'origine récente ou
1. Chauvel, m Charvot, Did. encyclop. des sciences me'd., art. Sourcils, p. 660.
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ancienne, la tumeur a presque toujours des connexions intimes avec le frontal. Elle lui adhère assez fréquemment sur une étendue plus ou moins grande, et, de plus, elle est rattachée directement à la surface osseuse, tantôt par un pédicule creux, diverticule de la cavité kystique, tantôt par un pédicule plein formé seulement par des tractus fibreux. L'extrémité de ce pédicule est reçue dans une dépression osseuse, en forme d'entonnoir et d'une profondeur variable, pouvant atteindre un centimètre, un centimètre et demi même (Richet). On n'a pas observé d'exemple de communication du kyste avec le sinus frontal, dont le développement est beaucoup trop tardif pour cela. La forme et la disposition de la dépression frontale démontrent que l'attache osseuse du kyste ne résulte point d'une compression, mais qu'elle est, au contraire, primitive. Ce n'est pas à dire que la tumeur ne puisse, par compression, se creuser à la surface du frontal une cavité de réception adaptée exactement à sa face profonde . Mais il n'y a aucune analogie entre cette dépression secondaire et l'attache du pédicule au fond d'un petit cône osseux à sommet dirigé obliquement vers la dure-mère. Il pourrait arriver que la perforation du frontal fût. complète, mais on n'en connaît pas d'exemple. Le noyau ectodermique, point de départ du kyste, est primitivement en rapport direct avec l'enveloppe fibreuse de l'encéphale, et à ce moment le crâne osseux fait défaut. Plus tard, le développement du frontal a pour effet de séparer le kyste de la duremère. Le trou d'insertion du pédicule kystique reste comme une trace qui témoigne de cette évolution.
Le siège de l'attache osseuse n'est pas exactement déterminé dans la plupart des cas. Wagstaffe spécifie pour deux kystes de la région temporale que le pédicule s'insère au niveau de la suture fronto-malaire ; mais ce sont là des faits exceptionnels, et il est de toute évidence que l'adhérence occupe assez rarement la partie inférieure de l'apophyse orbitaire externe du frontal. On la trouve généralement en un point plus élevé, au
niveau de l'extrémité externe du sourcil ou un peu plus en dedans, à quelques millimètres au-dessus du rebord orbilairo. C'est donc bien à la surface du frontal lui-même et non au niveau d'une suture que s'attachent les kystes.
Les rapports profonds des kystes dermoïdes de la paupière supérieure méritent une mention à part.
Le fait suivant est un exemple intéressant à plusieurs titres. Un jeune garçon de douze ans portait un kyste dermoïde volumineux de la queue du sourcil empiétant sur la paupière supérieure. La tumeur avait un prolongement intra-orbitaire. Un autre kyste de même nature, accolé au précédent, mais indépendant de lui, proéminait près du bord libre de la paupière supérieure. On enleva les deux kystes et on vit pendant l'opération que la poche intra-orbitaire adhérait en haut à la paroi supérieure et externe de l'orbite et en bas à la glande lacrymale. Richard^ présenta à la Société de chirurgie, en 1855, un enfant auquel il avait ouvert un kyste dermoïde de la paroi supérieure de l'orbite qui repoussait l'œil en bas et en avant. L'incision de cette tumeur avait donné issue à une matière mélicérique sans poils, et le doigt porté dans la plaie avait pu sentir la surface dépressible de la dure-mère à travers une perforation de la voûte orbitaire. Holmes^ rapporte que dans une opération dont il fut témoin Prescott Hewett put constater une dénudation semblable de la dure-mère. « La tumeur s'étendait en bas sur la voûte orbitaire, qui présentait une lacune considérable, et après l'opération on voyait distinctement le soulèvement rythmique des membranes du cerveau. » Cette complication n'a pas été rencontrée dans sept autres cas de kystes dermoïdes de la paupière, pourvus d'un prolongement orbitaire que nous avons pu réunir. Parmi ces faits, le plus caractéristique est celui de MoUière ^ : un kyste du volume d'une noix, aplati, occupait la
i. Richard, Bull, de la Soc. de chir., t. V, p. 346, 18S4-1835.
2. Holmes, Thérap. des maladies des enfants, trad. de 0. Larcher, 1870, p. 50.