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CHAPITRE III

KYSTES DERMOÏDES ET MUCOÏDES INTRA-ORBITAIRES : TRANS- FORMATION KYSTIQUE DU GLOBE OCULAIRE, KYSTES COLO- BOMATEUX ET KYSTES DIVERS.

Les kystes dermoïdes étudiés précédemment émanent d'un trouble survenu dans l'occlusion de la fente fronto-maxillaire. Aussi ne présentent-ils aucune connexité avec le globe de l'œil qui est normal, ou qui n'est altéré que tardivement par la compression due au volume exagéré du kyste. D'autre part, ces kystes sont presque toujours rattachés aux parois osseuses de l'orbite par une surface adhérente ou par un pédicule, fait

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intéressant en ce qu'il rappelle le mécanisme pathogénique de ces tumeurs. La variété de kystes qui va nous occuper maintenant présente, au contraire, des rapports assez immédiats avec le globe de l'œil, dont le développement est souvent troublé, tandis qu'elle est dépourvue de toute connexion avec le squelette. Les caractères de cette variété sont donc à ce point de vue tout à fait opposés aux caractères des autres espèces, ce qui semble indiquer une origine propre. Si on ajoute que ces kystes ont une constitution anatomique spéciale, on est conduit à les considérer comme un groupe à part, directement lié au développement de l'œil.

Manz a classé les kystes orbitaires congénitaux en trois catégories, d'après leur origine : la première se rapproche de l'hydrophthalmie, c'est une dégénérescence cystoïde du globe oculaire; la seconde comprend des kystes provenant d'un enclavement ectodermique ; à la troisième appartiennent les kystes d'une interprétation difficile, dits kystes séreux de l'orbite, qui coïncident avec la microphthalmie ou l'anophthalmie. Cette classification peut être réduite. La seconde variété, par exemple, comprend les kystes de l'orbite complètement indépendants du globe oculaire et n'affectant avec lui que des rapports de voisinage ou de contact. Rien ne les distingue donc des kystes orbitaires pariétaux internes, externes, supérieurs et inférieurs, étudiés précédemment. Ce sont, en effet, les mêmes : nous avons cité plusieurs exemples dans lesquels ces kystes émettaient un prolongement intra-orbitaire, suffisamment développé pour déplacer l'œil et entraîner même des troubles nutritifs et fonctionnels du globe oculaire. Il est vrai qu'une autre question se pose : celle de savoir si un kyste branchial développé dans l'orbite à une période très précoce de la vie embryonnaire peut arrêter le développement du globe oculaire. Talko admet le fait en se fondant sur une observation dans laquelle le kyste n'adhérait pas à l'œil, qui était cependant atrophié ; mais on verra plus loin l'interprétation

qu'il convient de lui donner. Quoi qu'il en soit, les kystes dermoïdes orbitaires, n'agissant sur l'œil que secondairement et mécaniquement, ne doivent pas être rangés à côté de ceux dont la pathogénie est liée à l'évolution même du globe oculaire ; ceux-ci forment un groupe véritablement à part, et il n'y a pas à s'occuper ici de la seconde variété admise par Manz et dont l'histoire a été d'ailleurs tracée plus haut. Il ne subsiste donc que deux variétés de kystes congénitaux du globe de l'œil : les kystes intra-oculaires , ou, si l'on veut, les transformations kystiques de l'œil , et les kystes avec microphthalrftie et anophthalmie.

TRANSFORMATION KYSTIQUE DE l'œIL

Dans l'hydrophthalmie congénitale, le globe oculaire est amplifié, mais tous ses éléments constitutifs : membranes, cristallin, iris, humeurs spéciales, sont conservés, quoique altérés plus ou moins profondément. Il n'y a pas transformation kystique de l'œil comme dans les faits suivants.

Lyfort* observa, en 1827, un petit garçon de huit ans qui se présentait avec un œil gauche faisant une saillie antérieure de plus de deux pouces. D'après le rapport de la mère, l'affection était congénitale. Le globe était volumineux ; ses mouvements étaient partiellement conservés. La vision n'avait jamais été bonne. Dès l'âge de douze mois, l'œil gauche était plus apparent que l'autre à l'extérieur. L'extirpation fut faite et la guérison obtenue. On trouva que cet œil n'était qu'une tumeur stéatomateuse du volume d'une noix, rattachée en arrière au nerf optique. « Aucune trace des humeurs ne put être retrouvée : elles avaient été résorbées , et toute la loge oculaire était distendue par la matière kystique. » L'observation de Sogliano^,

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