J. BL Sutton, loco cit
142 KYSTES DERMOIDES ET MUCOIDES
naissance, elle avait ensuite grossi progressivement et elle gênait la succion. L'énucléation fut faite sans aucune difficulté.
Les attaches osseuses qu'on rencontre sont toujours primitives; la preuve en est fournie plus spécialement par les observations de Combalat et de Nicaise. Dans ces deux cas, le kyste était relié aux apophyses géni par un pédicule creux, cordon dur, résistant, rigide, de deux ou trois millimètres de largeur, qui légitimait la dénomination de kyste dermoïde canaliculé, employée par Nicaise. 11 y a, en effet, une analogie frappante entre cette disposition et celle que Larrey a décrite aux kystes sous-hyoïdiens. Ajoutons que la similitude de ce moyen d'attache avec celui que l'on rencontre dans certains kystes dermoïdes de la queue du sourcil est non moins évidente, et il est à peine besoin de rappeler que les adhérences de ce genre ne peuvent être le résultat de l'agrandissenient du kyste, qu'elles ne peuvent être qu'originelles. L'attache hyoïdienne n'a pas été rencontrée, que nous sachions, sous la forme d'un pédicule canaliculé, mais elle se fait aussi sur un point limité de la face postérieure de l'os. Il y aura lieu d'ailleurs de revenir sur l'interprétation qu'il convient de donner de ces insertions osseuses lorsque, à propos de la pathogénie des kystes médians sus-hyoïdiens, nous discuterons la théorie qui les fait naître" du canal embryonnaire thyro-lingual. Il suffit pour le moment de savoir que, parmi les kystes médians de la langue, les uns, les plus nombreux, sont libres de toute connexion avec le squelette, les autres sont fixés soit à la symphyse du maxillaire, soit, moins souvent, au corps de l'os hyoïde.
Même lorsqu'ils sont indépendants de l'os et qu'ils paraissent superficiels du côté de la bouche ou du côté du menton, il est de règle que la partie profonde de leur paroi s'insinue dans l'intervalle des muscles génio-hyoïdiens et génio-glosses. Ainsi un kyste qui distend la muqueuse sublinguale peut,
d'autre part, traverser la langue d'avant en arrière et devenir ainsi sous-muqueux vers la base de la langue. D'autres fois la tumeur, se développant vers la pointe de la langue, transforme cette partie de l'organe en un kyste qui a la plus grande tendance à s'avancer entre les arcades dentaires vers l'orifice buccal, comme c'était le cas chez un enfant dont Yerchère et Denucé ont recueilli l'observation. Caractère important, les kystes linguaux, en apparence superficiels, sont cependant encapsulés dans les muscles de la langue ; et quand ils apparaissent superficiels au niveau du plancher de la bouche, ils n'y arrivent qu'en faisant irruption dans l'intervalle des génio-glosses. Au contraire, dans l'épaisseur de la langue, ils sont coiffés par les muscles amincis, et disposés en membrane.