Uis, Anaiomie menschlicher Embryoneii
150 KYSTES DERMOIDES ET MUCOlDES
de la langue, n'est autre que le tubercule lingual, formé au niveau du sommet du triangle méso-branchial ; l'autre, postérieur et accessoire, ne devant former que la région de la base de la langue, dépend du tubercule laryngé situé au point d'union des deuxième et troisième arcs branchiaux. Ces deux rudiments s'avancent l'un vers l'autre en s'agrandissant. Le postérieur prend la forme d'un Y ouvert en avant; d'oii le nom de furcula (His), et emboîte l'extrémité correspondante de l'antérieur. Le Y lingual des papilles caliciformes est une trace de , cette disposition embryonnaire. Pendant la période de développement des deux portions de la langue, un organe particulier prend naissance dans leur intervalle sur la ligne médiane : c'est le canal thyro-lingual, décrit d'abord par Bochdaleck, bien étudié récemment par His. Il consiste en un simple cul-desac revêtu d'épithélium, qui s'allonge peu à peu et fournit par son extrémité profonde un organe glanduleux qui sera la portion moyenne du corps thyroïde. Cette masse est, à l'origine, appliquée à la surface du bulbe a'ortique. Plus tard, les organes d'origine branchiale changent de rapports : la tète, primitivement inclinée sur le tronc, se relève ; les arcs branchiaux, s'abaissant parleur extrémité antérieure, deviennent obliques; l'aorte quitte le cou et descend dans, le thorax ; la glande thyroïde enfin, suivant le même mouvement, descend dans une certaine mesure en s'éloignant des premiers arcs branchiaux et se place au-dessous du larynx. Nous ne parlons pas ici du développement des parties latérales du corps thyroïde qui naissent par le même mécanisme d'une invagination épithéliale au niveau des sinus branchiaux, c'est-à-dire de chaque côté de l'éminence laryngée primitive, entre cette éminence et le quatrième arc branchial. Les thyroïdes latérales, formant deux masses isolées d'abord, sont plus tard réunies ensemble et à la thyroïde moyenne qui nous occupe spécialement ici. Le canal thyrolingual s'ouvre à la surface de la langue, au niveau du foramen, derrière la grande papille caliciforme médiane ou sur une
dépression médiane plus postérieure ; puis il chemine obliquement de haut en bas et d'avant en arrière, descend au-devant du larynx et se termine sur la thyroïde moyenne ou pyramide de Lalouette. On sait que cette partie de la glande thyroïde offre de nombreuses variétés de forme, de volume et de rapports. Le canal thyro-lingual lui aussi peut suivre des évolutions diverses. Tantôt il disparaît sans laisser de trace, c'est le cas le plus fréquent ; tantôt il persiste sur une partie plus ou moins grande de sa longueur. His a constaté dans plusieurs cas un canal complet étendu de la surface linguale au sommet de la pyramide de Lalouette, interrompu seulement au niveau du ligament thyro-hyoïdien moyen. Beaucoup plus souvent, treize fois sur cinquante sujets, d'après Bochdaleck, on retrouve seulement la portion du canal faisant suite à l'orifice du foramen cœcum sur une longueur de dix à quinze millimètres. Le calibre de ce canal est très variable. Sa cavité est tapissée par un épithélium cylindrique à cils vibratiles. Son tiers profond est richement pourvu de prolongements rameux ; il émet aussi un ou plusieurs diverticules dans lesquels s'ouvrent également de petits acini glanduliformes; ces diverticules sont aussi revêtus d'un épithélium à cils vibratiles.
On rattache à une évolution anormale du canal de Bochdaleck la formation de glandes thyroïdes accessoires au voisinage de l'os hyoïde, au-dessous ou au-dessus, au-devant ou en arrière du corps de cet os; ces glandes ont été décrites par Gruber^ Yerneuil-, ZukerkandP, Kadyi\ On pourrait encore ajouter, pour compléter l'histoire anormale du corps thyroïde, que d'autres thyroïdes accessoires ont été rencontrées : 1° audessus de la crosse aortique, où leur présence est expliquée
1. Gruber, JJeber die Glanduia thyroidea accessoria, . ArcMv f. 'path. anatom., Bd. LXL 2.' Verneuil, Archives gén. de méd., 1853.
3. Zukerkandl, Uebe?^ eine bisher nochnicht beschriebene Drûse in der Regio siiprahyoidea; Stuttgard, 1879.