Tachard, Rev. médicale de Toulouse, 1878, p
5. Després, Kyste dermoïde de la fossette sus-sternale : Gazette des hôpitaux, 1888, p. 393.
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à structure cutanée, pourvue de papilles aplaties et presque effacées en certains points, mais saillantes et normales en d'autres, revêtue d'un épithélium pavimenteux. Cette structure ne permettait pas de s'arrêter à l'hypothèse d'un kyste sébacé, qui aurait pu se présenter à l'esprit tout d'abord, à cause de la présence d'une petite dépression qui occupait le sommet du kyste. C'est un exemple de kyste branchial consécutif à l'occlusion d'une fistule.
Le sujet de l'observation de Jouon était un homme de vingt-cinq ans entré dans le service de Yelpeau, en 1859, pcîur une tumeur du volume d'une noix, située immédiatement au-dessous du larynx, sur la ligne médiane, au-devant des premiers anneaux de la trachée, arrondie et mobile sous la peau. Cette tumeur avait débuté quinze ans auparavant. Restée longtemps avec le volume d'une noisette, elle s'était accrue depuis un an. Une ponction faite deux mois avant l'entrée à l'hôpital avait retiré un liquide comparé à de l'huile. L'énucléation fut faite sans difficulté, le kyste n'étant pas adhérent. La paroi, épaisse d'un demi-millimètre, était revêtue d'un épithélium cylindrique à cils vibratiles.
Giraldès a eu l'occasion d'extirper à un jeune homme de vingt et quelques années un kyste médian du cou situé à égale distance du cartilage thyroïde et de la poignée du sternum. Ce kyste, dik volume d'une grosse noix, mobile sous la peau, fluctuant, ne suivait pas les mouvements d'ascension du larynx au moment de la déglutition. Une ponction donna issue à un liquide crémeux, puriforme, dans lequel se trouvaient quelques poils blancs. Après l'extirpation, on trouva une paroi- à surface libre , blanche et nacrée, sur laquelle étaient encore implantés quelques poils blancs, comme ceux qui avaient été extraits par la ponction. La nature dermoïde de ce kyste ne saurait donc être l'objet d'un doute.
Les observations des kystes de la fossette sus-sternale ont beaucoup de ressemblance entre elles. Les malades de Bidder
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et de Tachard étaient deux femmes de vingt-cinq et vingthuit ans. Leurs kystes, datant de l'âge de douze ans dans le premier cas, de l'âge de huit ans dans le second, avaient acquis un volume assez considérable. Celui de Bidder n'avait pas moins de six centimètres de hauteur sur sept de largeur et pénétrait dans le médiastin en arrière du sternum. Le malade de Després, jeune homme de dix-neuf ans, avait sa tumeur depuis l'âge de six ans. Après un accroissement lent durant quelques années, cette tumeur avait atteint le volume d'un œuf de poule, remontait vers le larynx et empiétait en bas sur le sternum. Elle ne s'élevait pas avec le larynx. Pendant l'extirpation. Després put constater une adhérence de la paroi avec le sternum. Tachard avait trouvé une adhérence avec la trachée.
Un exemple complexe de double kyste sous-laryngé et rétrosternal avec fistule congénitale s'est offert à nous récemment et a présenté tout d'abord de sérieuses difficultés de diagnostic. Une petite fille portait sur la région médiane du cou une tumeur du volume d'une petite orange, sphérique, empiétant sur le larynx et descendant au-dessous de la fourchette sternale. Cette tumeur, d'origine congénitale, s'était déjà enflammée il y a deux ans; prise alors pour un goitre kystique, elle avait été incisée. Un examen attentif fit porter le diagnostic de kyste dermoïde. Mais en outre un orifice fistuleux s'ouvrait au-devant du sternum, sur la ligne médiane, à un centimètre et demi audessous de la fourchette sternale. Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, un stylet engagé dans la fistule ne pénétrait pas dans la poche précédente; il suivait un trajet ascendant sur le côté droit du cou, au-devant des gros vaisseaux. Le kyste fut incisé; il en sortit du pus mélangé à du sang et une matière solide ressemblant à du mastic. Ensuite on procéda à l'extirpation du trajet fistuleux; quand on fut arrivé au-dessus du sternum, l'extrémité du stylet s'engagea dans un nouveau kyste, situé en partie sur la fourchette sternale et en partie dans le
thorax. Sa paroi était accolée à l'aorte. Cette seconde poche contenait de la matière sébacée et des poils follets.
En résumé, un trajet canaliculé, ouvert au-devant du sternum, aboutissait profondément à un kyste intra-thoracique. On peut supposer que la poche sous-laryngée s'est développée primitivement dans ce même trajet, ou qu'elle représente un kyste indépendant (V. obs. IX, p. 190).
Le contenu de ces kystes était constitué par de la matière sébacée épaisse, comparée à du fromage blanc. Dans un cas, celui de Tachard, il y avait aussi des poils. Bidder n'arriva à évacuer le contenu qu'après l'avoir liquéfié au moyen d'injections répétées d'acide phénique. II fit ensuite une injection iodée, et la guérison aurait été complète au bout de quinze jours. Sans discuter ce résultat opératoire, on doit le réserver, quinze jours ne suffisant pas pour donner l'assurance qu'il n'y aura pas de récidive ultérieurement.
Un certain nombre de kystes dermoïdes ont été observés sur la ligne médiane au-devant du' sternum : six observations de ce genre ont été réunies dans le Traité des kystes congénitaux^ \ H. Clutton en a publié une nouvelle en 1887. Ces kystes médians peuvent être adhérents au sternum plus ou moins profondément déprimé (cas de Nélaton), ou complètement indépendants de la surface osseuse, d'ailleurs restée normale (cas de Chitton)^ Ce rapport profond est, avec la situation médiane, la seule particularité à noter.
Chrétien % de Poitiers, a publié récemment, dans les Bulletins de la Société anatomique , l'observation d'une femme de vingt-six ans, atteinte d'un kyste congénital de la région présternaTe. A l'âge de dix ans, une rupture spontanée du kyste
1. Traité des kystes congénitaux, p. 23 i, et obs. XXVIII, p. 19S. — Obs. de Venot, Gaz. médicale de Paris, 1837, p. 618 ; de J. Cloquet, Bull, de la Soc. de chir., 183S, t. V, p. 235 ; de Ed. Simon, Bull, de la Soc. anatom., 1858, p. 129 ; de Nélaton, thèse deDumoulin, Paris, 1866, p. 26 ;de Landrieux,Bi</i. delaSoc. anatom., 1868, p. 439.