‹ Affections congénitalesChapitre 91 sur 226 · OUier, thèse de Cusset, 1877, p · texte numérisé non relu

OUier, thèse de Cusset, 1877, p

ETUDE CLINIQUE 247

paroi fistuleuse peut occasionner en effet de la douleur, de la toux, un enrouement passager, des accès de suffocation analogues à ceux que détermine un corps étranger pénétrant dans le larynx.

Fischer rapporte qu'un jeune artiste observé par Heusinger introduisait lui-même un stylet dans sa fistule jusqu'à une profondeur de dix centimètres, de telle sorte que l'extrémité profonde de l'instrument pouvait être sentie du côté de la bouche. On ajoute qu'il en ressentait une impression agréable. Ce fait est doublement exceptionnel : et par la possibilité d'arriver jusqu'au pharynx avec le stylet, et par le genre de sensation éprouvée.

Le cathétérisme ne suffit pas d'habitude pour déterminer si la fistule est complète ou incomplète ; aussi doit-on recourir aux injections de liquides divers, et spécialement de liquides colorés ou sapides, comme une solution de bois de campêche, de carmin, de sulfate de quinine, de sucre, de sel marin, etc. La pénétration dans le pharynx est rare, en sorte que l'expérience n'est pas démonstrative le plus souvent.

Il est tout à fait exceptionnel que les aliments et les boissons s'engagent dans les fistules et sortent par l'orifice cutané : c'était cependant le cas du chanteur de Heusinger, dont il vient d'être question ; pendant le repas, de petits fragments de pain et une partie des liquides sortaient par l'orifice cutané. Chez un enfant âgé de quelques mois observé par de Santi^, et chez un autre de MeineP, il s'écoulait un peu de lait à Texte- . rieur lorsqu'ils étaient au sein.

La plupart des fistules n'occasionnent aucun trouble fonctionnel en dehors de l'écoulement du liquide. Chez quelques malades, la région du trajet devient rouge, congestionnée et douloureuse au moment des règles (cas de Manry), en même

1. Jeannel, Dict. international de chirurgie, art. Cou, 1883, t. V, p. 790,

2. Meiael, Beit. z. path. anat., Nov. ac. naturœ , cur., vol. XXIII, p. 487, et thèse de Gass.

temps que le liquide augmente d'abondance. Une malade d'Ollier^ atteinte de fistule consécutive, éprouvait des accès de suffocation surtout lorsque l'orifice fistuleux était oblitéré et que l'écoulement du liquide à l'extérieur se trouvait ainsi interrompu. HyrtP, Munclimeyer', Leuckart* ont noté la fréquence des catarrhes du pharynx; PluskaP, de l'enrouement et des accès d'asthme. Le malade de Leuckart éprouvait des douleurs lancinanles dans le pharynx.

Les difformités de l'oreille expliquent dans quelques faits les troubles de l'audition qu'on observe. Un des sujets de Heu- * singer ne distinguait pas la direction des sons; un autre d'Ascherson avait l'oreille paresseuse, bien que l'orifice fistuleux fût très éloigné de la région auriculaire, puisqu'il était placé au niveau de l'articulation sterno-claviculaire. Un certaia degré de surdité complique souvervt les fistules du pavillon de l'oreille. Le développement de l'oreille dans la première fente branchiale rend compte de ces particularités.

Les fistules branchiales constituent une affection le plus souvent insignifiante à cause du peu de gêne qu'elles occasionnent. Chez la femme, la présence même de l'ouverture fistuleuse à la surface du cou, et surtout l'écoulement muqueux, en font une difformité désagréable. Il est rare que les troubles fonctionnels, toux, enrouernent, dysphagie, accès d'asthme, prennent une gravité suffisante pour inquiéter le malade. L'inconvénient le plus sérieux est la difficulté d'obtenir la guérison ; mais, avant d'en parler, abordons l'histoire des fistules borgnes internes.

Page 1