‹ Afgar; ou, Les loisirs andalousChapitre 14 sur 61 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

OPORTO

C'est sur ce point qu'ô Zaydée Nous n'avons pas la même idée...

ZAYDÉE.

Eh bien voyons dis ton idée...

OPORTO

Je crois que tu traites l'amour A la façon des virtuoses, Au lieu d'aller au fond des choses, Tu te plais à tourner autour ; Tu pars pour le petit voyage Croyant avoir tout ce qu'il faut :

Le principal te fait défaut, Au moment de l'appareillage...

L'amour est comme un souper fin, Les desserts sont de circonstance, Mais c'est le plat de résistance Que Ton doit servir à la fin; Tes entremets c'est délectable, Pourtant bien qu'ils soient savoureux, Tu dois avoir le ventre creux Lorsque tu te lèves de table...

Or, ce qui te manque, je l'ai :

C'est au plus profond de mon être, L'ardeur que tu n'as pu connaître Auprès de ton époux gelé,

Goûte mes caresses subtiles Et j'y mettrai telle ferveur, Que tu trouveras sans saveur Le harem aux jeux inutile».

ZAYDÉE.

Ce chrétien Ne doute de rien, Il croit faire une découverte En ouvrant une porte ouverte !

OPORTO

Elle est ouverte Ah voilà qui me déconcerte!

ZA.YDÉE.

J'aurais peu d'appas Pour que jusqu'ici l'on n'ait pas Effeuillé ma marguerite,

Il a bien fallu Que je perde mon lanturlu, Puisque je suis favorite.

Il y a dix ans Ce n'était pas comme à présent Pour mon époux un problème,

Car en ce temps- là Afgar, avec l'aide d'Allah, Opérait encor lui-même !

Par lui je fis connaissance

De votre amour, De cette réjouissance J'ai fait le tour,

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