SCÈNE VII
Les Mêmes, ZAYDÉE.
OPORTO
Toi... ah î je comprends tout...
ZAYDÉE.
Tu y as mis le temps...
OPORTO
Eh bien ! oui, c'est vrai, l'Espagnole est ma maîtresse...
ZAYDÉE.
Tu n'as pas besoin de le dire... je l'ai su des qu'elle est entrée ici...
GOUGOURLI, prenant l'accent.
Pardon... moi je suis de bonne foi... je garantis que je l'ai achetée...
ZAYDÉE.
Toi Técuver... d'abord remets donc ta barbe...
COUCOURLI, la remettant.
Cette fois-ci c'est moi qui ai gaffé...
ZAYDÉE.
Et lâche-nous la jambe...
COUCOUKLI.
On ne peut qu'obtempérer à. une invitation aussi gracieuse... (a part, en sortant.) Ça sent de plus en plus mauvais...
ZAYDÉE, à Oporto.
Et maintenant expliquons-nous... Si tu as introduit ta maîtresse et ton écuy'er ici, c'est dans le but de préparer ta fuite.. . Ne proteste pas je trouve ça très naturel... Quel est le prisonni3r qui ne songe pas à se donner di l'air ?... jusque-là rien à dire, tu as agi très honnêtement...
OPORTO
Je suis un noble cavalier castillan...
Et moi je suis une noble cavalière mauresque... Si j'avais été une rosse, j'aurais pu te dénoncer à Afgar et alors sais-tu ce qui te serait arrivé...
OPORTO
Non...
ZAYDÉE.
Je vais te le dire, on t'aurait coupé les oreilles, les paupières, le bout du nez... et j'en passe; on t'aurait fait quelques entailles sur le corps avec la pointe d'un cimeterre; on aurait mastiqué les fissures avec du miel et l'on aurait exposé ton beau corps tout nu en plein soleil à la gourmandise des mouches...