‹ Afrique, Asie, InsulindeChapitre 12 sur 86 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l'abyssixie ou Ethiopie

Sommaire.

Pays lie liautos torros et do plateaux (lac Tana). Trois zones : tropicale (.lu-di'ssniis de 1 800 m.). moyenne (de 1 80O à 2 400 m.), froide (au-dessus lie 2 400 m.). RivitTcs torrentueuses du Bahr el Azvek (Nil lîleu) sorti du lac Tana; contUieLit à Kartoum. L'Athara, l'AouacIie sont moins importants. Chaque zone a sa flore spi'ciale. La faune empiète un i)eu d'une zone sur fautre (hippopotame, éléphant, zèlire, lion, etc.). Les villes sont peu nombreuses en Abyssinie et se trouvent surtout dans les zones moyenne et supérieure {Gondar, Ma</dala, Adouci, Asmara, Axoum). La capitale actuelle est Addis-Abaha. Productions : céréales, légumes, fruits. — Élevage et chasse. Très peu de mines. Le commerce est rendu diflicile par labsencc de bonnes voies de communication. ChiMiiiu de fer (le Djibouti à liarrar. Sur la cote de la mer Rouge se trouvent (pn-bpies bons ports, Massaouah (à ITtalie) ; Obock, Djibouti, Tadjourah [k la France) ; Zeilak (à rAngleterre).

Position. — Le pays éthiopien auquel nous avons Thabitudc de donner le nom d'Abyssinie, en dépit de l'aversion des habitants chrétiens pour ce terme, est une région que son relief et son climat placent à part dans Tensemble du continent africain.

Relief. — L'Kthiopio est une énorme citadelle de monlagMies qui domine de haut les plateaux de l'Afrique orientale. La masse compacte de ses montagnes, reposant sur un socle de plus de 1 000 mètres au-dessus des rivages de la mer Roug-e, va se létrécissant vers Test et s'inclinantvers le Nil. Sur le rebord oriental estdoncla grande arétoquicourt du nord au sud et qui culmine à 3 300 mètres dans le massif (VAmjol. Sur le versant ouest se développent des plateaux d'altitudes fort dillerentes etqui forment la masse princif)ale de l'Etliiopie, par exemple celui de Bogos haut de *i 000 mètres, celui du Tujrô, celui du Simien. La dépression du lac Tana échancre au sud-ouest ses hautes tétos, tandis qu'.-ui suil se dressent à 'i 11(10 mètres Ir massif volcani(pi('(le

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Godjam, et dans le pays montueux de /û///'^' des hauteurs de plus de 3 500 mètres.

Climat. — L'Ethiopie reçoit ses pluies de la mousson de l'océan Indien par des vents d'est et de sud-est, mais ce pays de mousson, c'est-à-dire de pluies d'été, est d'un relief si varié, que, de la plaine au sommet, on rencontre à peu près toutes les variétés de climats connus.

1° Des bords de la mer jusqu'à 1800 mètres d'altitude se trouve la zone appelée Oolla ou Koualla. Là règ'nent de fortes chaleurs et tombent des pluies d'été caractérisées comme dans tout le reste du Soudan. La Koualla est surtout développée à l'ouest.

2" De 1800 à 2400 mètres s'étend la Vo'ina-Degn : c'est dans cette zone qu'est comprise la majeure partie de l'Ethiopie. Voïna-Dega veut dire plateau de la vig-ne : par conséquent, on rencontre là une chaleur constante qui n'est pas sans analog-ie, pendant la saison de l'hiver, à celle qu'on éprouve sur les bords de notre Méditerranée. Mais la Voïna-Dega d'Ethiopie diffère de nos climats méditerranéens en ce qu'elle reçoit des pluies d'été. A Gondar, par exemple, il pleut du 20 juin environ jusqu'à la fin de septembre, tandis qu'au nord d'Adoua, les seuls mois pluvieux sont juillet et août.

3° ÏjSl Der/a ou zone froide, au-dessus de 2400 mètres, est moins bien connue. L'armée anglaise qui fit campag'ne contre le nég-us Théodoros eut à supporter à 3200 mètres, une g-eléede — 4°le28mars. Gommepartout, la hautemontag-ne reçoit une fortp quantité de pluie non seulement en été, mais presque pendant toute l'année. La limite des neiges, qui est à 4400 mètres pendant la saison sèche et froide, descend à 3500 mètres en été.

Fleuves et lacs. — L'extrême inclinaison des pentes donne à tous les tleuves de l'Ethiopie le caractère torrentiel : ce caractère est encore accentué par l'irrégularité des pluies qui, sauf dans la haute montagne, ne tombent que pendant quelfjues mois d'été. En général les vallées éthiopiennes sont inclinées vers l'ouest. h'Athara descend du rebord du plateau de Tana, mais ses affluents dévalent toute la pente éthiopienne d'est en ouest. Le Mareb sort du plateau d'Asmara, le Tnkaszé descend du massif d'Ang-ol dans la

chaîne orientale et serpente sucessivcment vers l'ouest, le nord et le nord-ouest, séparant par un abîme le Gondar et le Simien de l'Ethiopie orientale et du Tigré. L'Alhara est en été un redoutable fleuve d'un demi-kilomètre de large et de 3 à 6 mètres de profondeur ; pendant la saison sèche, son cours inférieur est à sec, son affluent l'Atbara, capté par les irrigations, arrive rarement jusqu'à son confluent avec le fleuve principal. Le Balir-cl-Azrek ou Nil bleu sert d'émissaire au lac Tana (2980 kilomètres carrés, c'est-à-dire cinq fois le lac de Genève); il doit à ce lac un débit régulier qui lui permet d'atteindre le confluent à Kartoum en toute saison, si maigre qu'il soit.

Dans le sud de l'Ethiopie on a reconnu le fleuve AounrJie qui prend naissance dans le sud-ouest du Ghoa : misérable en hiver, démesurément gTossi par les pluies d'été, l'Âouache n'arrive pas jusqu'à la mevAjQiimo, reconnu par MM. Borelli, le comte Teleki et von Hohnel, coule du nord au sud et se jette dans le lac Rodolphe ou Basso-Narok .

Vie végétale et animale. — Rien de varié comme la végétation et les animaux de l'Ethiopie à difl'érentcs altitudes. Dans la Qolla au climat chaud et humide, foisonnent des taillis de. palmiers^ de bambous, de sycomores, de tamaris et d'acacias. Le naturaliste Schweinfurth a comparé la flore de la Voïna-Dega, au-dessus de 1 800 mètres, à celle du sud de l'Europe. Avec la vig-ne on y voit l'olivier, le myrte, le citronnier et le g^renadier. Dans la Dega ou zone froide, ce sont des ifs et des genécriers gigantesques, des rosiers, des bruyères et souvent de magiiiliques gazons. Sur les cimes des hautes montagnes on trouve comme dans nos Alpes les rhodode?idrons, les inousses et les lichens. Dans les régions basses on chasse Véléphant et Vhippopotame ; le //on, le zèbre, la girafe (U le chameau se rencontrent aussi dans la .'^égion chaude ; le cheval, ]e bœuf gHg mouton sont caractéristi(iues de la zone moyenne.

Géographie politique. Populations. — Gest dans les zones moyennes et su[)érieurosqu(; se grouj)e la population et que s'élèvent les villes d'ailleurs assez rares de l'Ethiopie : (iondar sur le |)lHleau de Tana ; Magdala au-dessus d'im affluentdu Nil Bleu, ancienne capitale du négus Théodoros; Adoud au ci'oisoment des roules du nord venant, l'une de

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la baie d'Adulis par la passe de Koumaïli, l'autre de MassaouahparKeren.il faut encore citer.l6'?n«/'« etAxoum.

Le nég'ous ou négus d'Ethiopie est le suzerain des gouverneurs de province ou ras. Le nég'ous actuel Ménélik a très habilement resserré son autorité, surtout depuis la victoire d'Adoua (189G) grâce à laquelle il repoussa l'invasion italienne. Sa capitale actuelle est Addis-Abaha dans le Choa où s'élève aussi le grand marché d'Ankober, ville de 7 000 habitants.

Les Éthiopiens sont chrétiens depuis le iv" siècle.

Géographie économique. — L'Ethiopie a des ressources agricoles très variées, mais, en raison du caractère très âpre de ses montagnes, ne produit guère au delà de ses besoins de consommation. Dans les régions basses et chaudes, on cultive de mieux en mieux le coton, la canne à sucre et le riz. Le caféier pousse à l'état sauvage dans le Godjam aux environs de (iondar. Dans les parties tempérées prospèrent le blé, Vorf/e, et laplupartde nos arbres fruit iersdeVÈuvo])e méditerranéenne ou de nos pays tempérés de l'ouest. Dans les hautes régions se développent de beaux pâturages. Il y a foison de bétail en Ethiopie. On élève les chameaux dans les régions basses jus<[u'à i200mètres d'altitude : ânes, chevaux, moutons et chèvres sont les ressources du haut pays.

A part ({xxçXqnes mines de fer d\x Choa et du Tigré qui sont excellentes et les dépôts de sel des pays des Danakils, l'Ethiopie ne compte pas de grandes richesses minérales : c'est dire qu'elle n'a pas d'autre industrie que l'ensemble des métiers à mains usités dans les tribus et les familles.

Il y a beaucoup plus de pistes et de chemins muletiers en Ethiopie que de véritables routes : la crainte des Italiens étabUs à Massaouah et des Anglo-Égyptiens du Soudan a détourné les Éthiopiens de construire des voies de communication perfectionnées soit vers le Nil, soit vers les villes d'Adulis, de Massaouah et de Souakim ; pourtant il semble que tôt on tard les Éthiopiens auront bénéfice à construire une voie ferrée qui les mette en relation avec la riche vallée du Nil. En attendant ils ont autorisé et encouragé la construction d'un chemin de fer entre le Choa et la colonie française de Djibouti. C'est bien de ce côté en effet que sont les débouchés naturels de la province du Choa, patrie du négous Ménélik.

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