II. yv///.s' (ht TiIkkI. — Les pays du Tchad sont mieux
LE SOUDAN. o7
peuplés que le Soudan oriental : on leur attribue 6 millions (rhaliitants pour 000000 kilomètres carrés. Au nord dominent les Tebou du sud ou Daza, à Touest des métis do Tebou et de noirs soudanais ; dans le Kanem les Arabes étaient maîtres jusqu'au jour où Tensemble de ces pays a été soumis à l'influence française par les missions Foureau- Lamy et Gentil. Depuis la mort du chef Rabah, la majeure partie des pays du Tchad dépend de la France.
III. Soudan occidental. — Entre le Bornou et le Niger la race noire des Haoussa est tombée sous la domination d'un peui)lo au teint clair, les FcUan (Peulh^, Foulbé, Foula., etc.) qui, dès la fin du xviii'' siècle, avaient fondé les États du Fouta-Djalonet du Fouta sénégalais, puis se répandirent au delà du Niger au début du xix" siècle, et jusqu'à la Bénoué, à partir de 1850. Actuellement ces pays sont répartis entre deux g-rands États peulhs: le Sokoto avec les villes de Kano et de Yakoba, puis V Amadoua avec la ville de Yola sur la Bénoué. Cette rég'ion est désormais sous la dépendance de la Grande-Bretagne, g-râce à la hardie conquête de l'ancienne Compag-nie royale anglaise du Niger qui a cédé son droit à l'État anglais.
Les Allemands occupent une partie de l'Amadoua qui forme l'arrière-pays de leur colonie du Cameroun. Gomme les Français, ils accèdent à la région du Tchad.
IV. Peuples et États du Haut-Niger. — Il ne subsiste plus aujourd'hui d'États vraiment indé])endants dans la région du Haut-Nig"er. Mais la France a respecté les institutions du plus gTand nombre des peuples soumis à ses lois. Ce sont :
1" Au sud, les Mandingue^^ g-roupés en majorité dans des villes telles que Kankan, Teiifjréla et Kong. La France les a délivrés de la cruelle tyrannie de Samory.
2° Au nord desMandingaes vivent {csBambaras, groupés en petites confédérations de villages {Bamako^ Koulikoro, Sansanding). Intellig'ents et vaillants, ils ont été alîranchis du joug' toucouleur par l'intervention française.
?>° Les ToncoiileurSy métis de Fellan et de nègres, énerg'iques, intellig-ents et musulmans fanatiques, ont cessé de tyranniser leurs voisins depuis que le g-énéral Archinard a battu leur chef Ahmadou.
4" Le peuple Sonrhai a longtemps dominé sur tous les
territoires compris entre Timbouctou et le pays Haoussa : cet empire a été détruit au xvi'' siècle. Timbouctou, l'antique métropole intellectuelle et commerciale des Sonrhaï, a été conquise par la France en 1804.
Géographie économique. — Le Soudan, très riche en vég-étation sur les confins du g'olfe de Guinée, devient de plus en plus pauvre à mesure qu'on se rapprochedu Sahara. Nombre d'arbres soudanais sont précieux |)our l'alimentation desindig-ènes. C'est d'abord le btuia /lier dont \e fruit est le pain du nègre, puis la noix de kola, précieux excitant dont la production est restreinte à une petite zone au sud du dixième parallèle, notamment au sud-est du Kong- et dans l'arrière-pays de Libéria. Le karlté ou arbre à beurre, très commun dans lu vallée du Niger, donne un produit qui sert à la fabrication des savons et des bougies. Dans les pays chauds et humides du sud, on rencontre le cocotier ; sur les confins septentrionaux, des acacias à gomme.
Les indig-ènes cultivent quelques céréales, par exemple le doukhm dans les terres sablonneuses du nord, le dourah dans les sols argileux du sud. Les pays secs du nord pourront donner d'abondantes récoltes de blé dès qu'on saura les irrig-uer convenablement : c'est ainsi que des essais de culture du froment ont donné d'excellents résultats dans la r'(''gion lacustre et maréciig-euse qui environne Timbouctou ; dans le Haoussa domine la culture du riz.
Le coton est la culture industi'ielle la plus répamlue dans le Soudan : depuis deux ans des industriels français, encourag-és par le gouvei'neur général et par le lieutenantgouverneur du Sénégal, ont développé avec succès les cultures cotonnièros dans le Soudan français.
L'élevag-e prospère dans la l'ég-ion des savanes soudanaises. Chevaux, ânes qui sont excellents, servent au lrans[)ort. On élève des bœufs de différentes espèces, notamment des zébus ou bœufs à bosse.
La chasse est une grande ressource pour ce pays dont la production est encore; mal organisée ; c'est ainsi que les indigènes, séduits jiar lesoll'rcs descommerçantseuropéens, se livrent à inie chasse eIVrenée deréh'phant qui risque d'en faire disjjaraître la race. Dans nombre de districts on a commencé, au Soudan comme en Afrique occidentale, à domesti(pier les «uiti'uchcs.
Si l'on rencontre de l'or dans le Bouré, de l'argent dans le Baghirmi, du fer dans le Bornou, du sel gemme dans de nombreuses régions, on ne peut pas dire pourtant qu'il y ait une industrie au Soudan. C'est le tissag-e et la teinture en bleu d'indig'O des cotonnades qui occupe le plus grand nombre d'ouvriers de la petite industrie familiale : les étoiles de Kano dans le Haoussa sont les plus estimées. Il y a également une notable industrie du cuir dans la plupart des g-randes communautés indigènes ; fondeurs, forgerons, armuriers, orfèvres sont noml)reux sur les marchés de Kano et de Sokoto.
Au temps où l'esclavage était toléré dans les pays algériens et tunisiens, les caravanes soudanaises traversaient en assez grand nombre le désert : aujourd'hui le mouvement des caravanes se dirige de préférence vers le Maroc, la Tripolitaine et l'Egypte. Du reste, il n'est pas prouvé que le commerce du Soudan doive se faire avec les pays du nord.
11 devra ses progrès à l'amélioration des voies navigables et à la construction des voies ferrées. Le Niger olï're désormais aux chalands et aux bateaux plats une voie navig'able de plus de 2 000 kilomètres qu'interrompt malheureusement la série des cataractes de Boussa. Le chemin de fer du Haut-Sénégal, poussé d'abord de Kayes à Bafoulabé, aura atteint le Niger à la fin de cette année à Toulimandio. D'autres voies ferrées, l'une menant de Konakry au Niger, l'autre de Bassam et Bingerville à la région du Haut-Niger et au Kong, la troisième de Kotonou au Dahomey septentrional et au Niger, amèneront les denrées du Soudan dans les i)orts de Guinée.
Actuellement les principaux produits sont l'ivoire, l'or, les noix de kola, les peaux; on importe des cotonnades, des tapis, des draps, du sel, du sucre, des farines, des outils.
Allemands, Anglais etFrançaissedisputentce commerce. La Grande-Bretagne a l'avantage dans le Soudan central où elle accède aisément jiar le Niger et la Bénoué et dont elle draine aussi les produits par l'attraction de la grande voie du Niger. La France a pour elle la propriété de la plus grande étendue du Soudan occidental ; mais le régime d'échange qui est presque partout usité est tellement favorable à la navigation et au commerce des étrangers que la possession nous est beaucoup moins garantie que la pro-
pricté. L'Allemagne, quoique possédant des colonies peu étendues et médiocrement situées, a su se faire une large place dans les échanges par la bonne organisation et l'audace de ses armateurs et de ses marchands.
Le Soudan égyptien. — Le Soudan ég-yptien, reconquis en 1808-1890, se compose du Scnnar, du Dar-For, du Koi^dofan et du Dar-Fertil .
Les populations nubiennes du Sennar cultivent avec beaucoup d'habileté le doukn, le dourah, le tabac, le coton et les arachides. Le Dar-For et le Kordofan sont surtout des pays de savanes où réussira l'élevage. La vente des plumes d'autruche représente une valeur de i)rès de 3 millions dans le Soudan ég'yplien.
SOUOA.N MARITIME, SÉ.NÉGAMIilE ET GUINÉE. 01